lundi 9 janvier 2023

Dans les tréfonds


Des goules monstrueuses

Lorsque Lorinoc aperçoit un être en guenilles, aux ongles longs et sales, accroupi en train de rogner quelque chose sur son bras, il s'avance en silence.
Des goules ?
D'autres sont aussi là, encore non en vue, mais il entend les grognements.
Il décide de passer à l'attaque et décoche deux flèches qui atteignent leur but. La créature sursaute et se met à l'abri.
Elle commence à râler et à menacer et demander ce qu'ils veulent.

Lorinoc est surpris d'entendre ce qu'il pense être des goules parler. Il demande à passer. L'être sort de sa cachette et leur demande de baisser leurs armes, ce qu'ils font pour la plupart.
Il est d'accord pour les laisser passer, en échange de la jeune femme appétissante - il désigne Ludmilla.

Théodora interrompt la discussion et s'avance. La goule recule un peu, surprise.
La baronne leur demande qui les a amenés là. Orlock ? La goule acquiesce !
Prenant brièvement un air dépité, Théodora se reprend : elle ordonne aux goules de se mettre dans un coin de la salle, de les laisser passer et de ne pas les suivre.
Contre toute attente, la goule grommelle un peu, indiquant que son maître n'était pas trop d'accord, mais finit par obéir.

Théodora se retourne vers les autres, sachant bien qu'elle leur doit une explication.
Elle connaît Orlock. Contrairement à elle, il n'est pas fréquentable, totalement ingérable.
Elle n'est pas là par hasard, mais leurs buts sont conciliables. Elle cherche la Sorcière Noire pour obtenir d'elle certains secrets. Peu lui chaut que la sorcière soit ensuite éliminée, ce serait même un bienfait.
Tarja montre son mécontentement devant les informations que cache Théodora et insiste pour tout savoir.
Théodora rappelle qu'elle en a déjà beaucoup dit, que le temps presse et qu'ils n'ont encore trouvé aucune clé qui permette d'entrer dans le repaire de la sorcière. Ludmilla suggère que les objets magiques donnés par Olav pourraient être ces clés, mais Tarja objecte que son épée n'est pas magique : c'est une relique. Quant à Théodora, elle explique que bien qu'elle ne sache pas à quoi les clés ressemblent, ça n'en reste pas moins des clés pour ouvrir une porte.

Tas de chair

Toujours guidés par Lorinoc, ils reprennent leur chemin en passant les goules, qui étaient à côté d'une salle avec un monticule de morceaux de chair. Même les goules n'en ont pas voulu !

Murs bavards

Au détour d'un couloir, murs et sol de chair sont tapissés... de milliers de bouches qui, détectant la présence de Lorinoc, se mettent à chanter en chœur une mélopée triste, entêtante, mais surtout puissante.

Cela semble attirer une étrange créature : seule la silhouette est humaine, mais elle est couverte de plumes d'un orange vif, avec une tête de loup. Sa crinière tombe dans son dos, mais se fait plus épaisse, jusqu'à devenir épineuse, avec des gros dards barbelés sur le bas de dos. Ses bras sont étrangement souples et munis de ventouses.
Elle s'approche sans un mot pour se ruer sur Vigor qui, l'ayant vu venir, décoche une flèche sur elle. Peu ralentie, elle ouvre littéralement ses bras pour entourer Vigor d'une sorte d'amour désespéré. Son étreinte est puissante et coupe le souffle au nain, un instant sonné. Tarja se rue à son secours, mais la créature ne se défend pas et semble accueillir la mort que lui donne Blütylda avec bonheur. Le tout rythmé par le chœur tout proche.

Ils s'éloignent vite pour faire cesser le bruit.

Le silence, enfin.

Bassin de joie

Autre désagrément des lieux, la puanteur qui y règne. Mais comme le silence a succédé peu à peu au bruit, l'odeur nauséabonde cède sa place à une plus autre, douce, sucrée, agréable. Lorinoc débouche sur un lac de miel. Cette vision qui pourrait être apaisante ne lui dit rien qui vaille et il fait vite demi-tour.
Théodora leur rappelle qu'ils ont des clés à trouver, qu'il faudrait fouiller.
Elle demande un outil pour sonder le lac. Ludmilla lui donne sa barre à mine. Théodora la plonge dans le lac... mais ne la ressort pas entière. La barre est rongée, quasiment instantanément. Il serait préférable de ne pas toucher ce "miel" !
"Encore de l'équipement gâché", marmonne Ludmilla.

Authentique bizarrerie

Un spasme secoue alors les murs, faisant tomber presque tout le monde sur son séant. Le spasme est accompagné d'un bref éclair gris.
La surprise passée, ils se regardent : ils ont retrouvé leurs couleurs ; ils ne sont plus gris.
C'est un soulagement.

Ils repartent alors dans une autre direction, à explorer ces sortes d'intestins géants, ou tout du moins l'intérieur chaotique d'un organisme géant.

Arrivés à un croisement, les compagnons de Lorinoc l'avertissent d'un courant d'air. Le temps d'évaluer la situation, ils sont projetés, écrasés, puis à nouveau projetés contre les parois par des spasmes. L'organisme est pris d'une sorte d'éternuement colossal. Seuls les elfes sont sur le passage. Ils sont couverts de mucus de la tête aux pieds. Mais, plus grave, ils sont surtout très fortement secoués. À tel point que deux d'entre eux sont morts, littéralement disloqués !
Malennoc est lui inconscient alors que Lorinoc et Aeslorarha s'en tirent avec des grosses contusions, mais rien de cassé.

Théodéric et Lorinoc prodiguent rapidement des soins. Tarja prie pour l'elfe inconscient, lui permettant de reprendre ses esprits, mais guère plus : il est incapable de se lever, ses jambes ne lui obéissent plus pour le moment. Lorinoc l'aide à se relever pour le porter. Il ne peut plus mener le groupe.

Qui va le faire ? Grand silence.
Théodora, habituellement si calme, entre dans une colère froide.
Elle explique que leurs chemins se séparent ici. Ils ne comprennent pas l'urgence et elle sera plus efficace sans eux, qui ne semblent de toute façon pas vouloir de son aide. Elle leur souhaite toutefois d'atteindre leur but et tourne les talons pour emprunter un autre couloir.

Théodéric glisse un mot à l'oreille de Tarja et tourne, lui aussi, les talons...