lundi 14 novembre 2022

En noir et blanc


Trois elfes, prenant la corde, ouvrent la voie à Ludmilla pour le premier passage, se débarrassant d'un autre nurgling rôdant entre deux eaux.
Ludmilla plonge à son tour, mais le passage n'est pas libre : ce qui ressemble à une très grosse anguille s'approche d'elle. Mais ce n'en est bien sûr pas une : sa tête ne semble composée que d'un œil unique, rouge. Elle tente de frôler Ludmilla avec son ventre qu'on dirait comme fait de lames de rasoir. Heureusement, Ludmilla le remarque et parvient à la chasser avant de s'engouffrer dans la matrice, à la suite des elfes.

L'entrée

Le second voyage de la barque ne tarde pas, surtout lorsque le corps du nurgling remonté à la surface est repéré. Lorinoc, Tarja, Théodéric et un autre elfe suivent donc et arrivent dans la caverne humide à l'air vicié. Un mélange étrange d'odeur d'ordures, d'excréments et de putréfaction. Les murs, le sol et le plafond sont d'une teinte gris sombre et couverts d'humidité. Des espèces de filaments orange spongieux qui ressemblent à des racines, mais en plus charnus, pendent çà et là du plafond. Quelques flaques d'eau huileuses parsèment le sol, et des choses bougent dans ces flaques, à en croire les rides qui apparaissent par moments à leur surface.
Lorinoc à l'impression d'être à l'intérieur d'un corps gigantesque.

Une fois la lumière faite, ils aperçoivent à quelques pas... une belle nappe à carreau posée à même le sol sur laquelle a été posée une tarte à la grenade. Comme chez les Vonreuter.
Tarja refuse d'en croire ses sens et pense être victime d'hallucinations. Collectives, puisque les autres voient, eux aussi, la tarte.

Le temps de deviser sur ce qui ressemble à un cadeau de bienvenue, la corde qui les reliait à l'extérieur disparaît brusquement. Quelque minutes après, un plop se fait entendre.
C'est Vigor qui apparaît soudain. Il n'avait finalement pas le cœur à laisser Tarja seule et a décidé de les accompagner !
Cette dernière, surprise, semble ravie.

Une fois secs, ils commencent prudemment l'exploration, car "l'entrée" donne sur un tunnel. Lorinoc, talonné de deux de ses hommes, est en éclaireur. Deux autres elfes ferment la marche.

Un spectacle écœurant

Le lieu est un véritable labyrinthe.
Au détour d'un tunnel, Lorinoc aperçoit, pendus au plafond, des sortes de viscères. Il reste à quelques mètres et décoche une flèche. Un jet de sang jaillit, le tout tremblote quelques instants.
Plus étrange et même carrément effrayant, cela déclenche au milieu de la petite troupe une explosion de couleurs que se dissipe rapidement. Ceux pris dans cette lumière deviennent littéralement gris !
C'est comme si la couleur s'était échappée de leur être !
Seul Lorinoc et deux de ses équipiers n'ont pas été affectés.
À part leur couleur disparue, ils ne ressentent pas d'effet. Mais qui sait comment cela va évoluer ?
Il n'est pas l'heure de tergiverser, ils reprennent leur exploration.

Rubans de chair

Les tunnels s'élargissent et Lorinoc aperçoit une très belle femme aux longs cheveux noirs qui se tient la bouche, de surprise, ou d'horreur. Une rapière baissée en main, elle baisse son regard vers des rubans de chair rose recouverte d'une épaisse couche de graisse qui jonchent le sol.
Sa tenue est étrange, inadaptée au lieu. Une très belle robe bouffante noire percée de blanc. Son port et sa mise ne laissent aucun doute sur le fait qu'il s'agit là d'une aristocrate de haut rang.
Elle se retourne vers ceux qui s'approchent d'elle. Lorinoc et elle se présentent. Elle dit être la baronne Margrave.
Tarja connaît ce nom. Il s'agit d'une mécène finançant à Altdorf toutes sortes d'artistes, principalement des musiciens et chanteurs. Mais elle ne l'a jamais vue et serait incapable certifier l'identité de la femme qui est devant eux.
Elle semble un peu hébétée et complètement perdue.
Elle demande où elle et s'ils ont les clés.
Elle raconte qu'elle pense avoir été victime d'un enchantement. Elle assistait à la première d'une pièce dans son théâtre. L'histoire se déroulait dans une atmosphère crépusculaire, les personnages n'étaient que des ombres et le fait de voir des personnes sans couleur ne la choque pour ainsi dire pas. Ce sont des personnages de la pièce, à part l'elfe à qui elle parle. L'histoire mentionnait une prophétie dans laquelle la froide nuit s'unissait à l'innocence de l'aube. Ils cherchaient un émissaire pour leur rapporter au plus vite des clés d'importance cruciale pour cette union. L'histoire ne disait pas encore pourquoi, mais il y avait un sentiment d'urgence qui accompagnait cette recherche, c'était une question d'heures. C'est là qu'elle a eu un évanouissement et s'est retrouvée transportée ici, au milieu de la pièce. Elle s'est convaincue après quelques minutes qu'il lui faut trouver, rapidement, les clés pour se libérer.

Lorinoc lui répond qu'ils n'ont pas de clé, mais l'invite à se joindre à eux, les lieux étant terriblement dangereux. Elle n'est pas dans une pièce, mais dans le fin fond du Kislev.
Tarja, toujours autant sur ses gardes, ne cache que modérément son manque d'approbation et lui propose de lui indiquer la sortie, car une sortie existe.
La baronne choisit de les suivre, les enjoignant à trouver rapidement les clés.

Nuées

Rapidement, ils arrivent près d'un corps entouré d'une nuée de papillons mauve.
C'est un ungol, sans autre blessure apparente que deux orbites vides à la place de ses yeux.
Lorsque Lorinoc s'approche du corps, en agitant une torche pour tenir les papillons à l'écart, l'essaim commence à le prendre à partie. Il s'éloigne à grandes enjambées.
Ludmilla tente d'allumer sa bouteille d'eau-de-vie et de la lancer au centre de la nuée, mais l'alcool se répand au sol. Tarja tente d'emprisonner les papillons dans sa cape mouillée, mais la manœuvre est vaine. Théodéric protège la baronne de son corps et finalement, un elfe met le feu à l'alcool avant qu'il ne soit entièrement absorbé.
Le mur de flammes ainsi créé permet à Lorinoc de battre en retraite pendant que la nuée le laisse un peu tranquille.
Ils s'éloignent de l'endroit sans avoir pu inspecter le corps.

lundi 10 octobre 2022

Aux portes de l'enfer

Donc... la porte de devant ?

L'ombre des Dents laisse le lac dans l'obscurité la majeure partie de la journée. La surface est pourtant recouverte d'algues égaillées de cadavres de mouche. La couche d'algues est ouverte par endroits et révèle au-dessous des eaux noires.

Sous la cascade qui alimente le lac, une crevasse sombre s'ouvre dans la paroi rocheuse.

Vigor examine l'endroit en réfléchissant à la meilleure méthode pour atteindre l'endroit.

Ils entendent alors un cri étouffé venant de l'autre côté du lac.

En y allant pour inspecter, une flèche est décochée aux pieds de Théodéric, en signe d'avertissement. Un homme tenant un arc lui intime, en reikspiel, l'ordre de ne plus avancer.

L'homme est méfiant.

Après plusieurs minutes de négociation ou l'homme, se présentant comme Lorinoc, cherche à savoir si les prêtres d'Ulric font partie de la Croisade : ils finissent par s'entendre.
Ludmilla dit qu'ils sont là pour arrêter la Sorcière Noire et ils apprennent que Lorinoc et ses compagnons sont là pour tuer le mutant qui se fait passer pour la réincarnation de Sigmar.
Leurs buts sont différents, mais conciliables : ils veulent bien faire équipe. Mais personne ne sait exactement où est l'entrée du repaire de la Sorcière Noire.

Lorinoc leur montre un homme qu'ils ont capturé et qui se cachait là. C'est Piotr.
Lorinoc et son groupe sont des elfes, ils ne parlent pas kislévarin et n'ont pas pu l'interroger.
Ludmilla et Théodéric le font.
Il dit qu'il est là pour sauver Anya du sacrifice. Bien sûr, c'est lui qui l'a décrété avec le conseil municipal, mais Celle-Dont-On-Ne-Parle-Pas avait lancé son appel. Les signes étaient là et il fallait préparer une fête sacrificielle. Ils n'avaient pas le choix ! Lui souhaitait seulement sauver Anya et partir loin d'ici avec elle.

Personne ne le croit.

Ils décident de la mettre dans la barque dans l'espoir d'attirer la fille du lac. Malgré ses dénégations et son appel à la clémence, c'est ce qui est fait.
Mais il ne se passe rien.

Dans le lac

Ludmilla, avec un sentiment d'urgence, finit par plonger dans l'eau glaciale et nage jusqu'à la barque. De là, elle peut apercevoir une très vague lueur rouge au fond du lac.
Elle plonge. Le fond du lac est en effet fait ici d'une matière différente. La roche semble rosâtre ici.
Mais elle n'a pas le temps d'inspecter la protubérance.
Un bébé ? Non, une créature humanoïde ressemblant à un gros poupon nage vers elle.
Ce n'est pas un gros bébé.
De près, ça ressemble à une créature venue des enfers, la peau ridée par l'eau et pleine de pustules et de bubons et les doigts griffus. Ces doigts essaient de la lacérer. Ludmilla remonte rapidement sur la barque et crie.
Vigor décoche une flèche au démon, mais c'est celle de Lorinoc qui l'envoie par le fond.

Ludmilla, congelée, se sèche et explique sa découverte, indiquant en outre que la protubérance vaguement ovale a un peu de la substance de la chair !

La membrane

Deux elfes se déshabillent et, armés uniquement d'un couteau, se proposent de protéger Ludmilla qui est volontaire pour retourner en exploration.
Elle y retourne. La protubérance est spongieuse. En appuyant dessus, sa main s'enfonce. Elle peut y passer le bras, et même l'épaule, et finalement la tête. Et là, elle ressent l'eau couler : il y a de l'air de l'autre côté !

Elle remonte pour faire part de sa découverte. Les elfes s'équipent sans hésiter pour y aller, laissant Tarja et Vigor ébahis, eux qui ne veulent pas entendre parler de l'idée d'aller dans l'eau. Elle est froide, sans doute contaminée, et ils ne savent pas nager ni respirer sous l'eau.
De plus, Vigor est passablement énervé de l'attitude de Théodéric envers lui, qu'il estime peu respectueuse.

Pour lui, hors de question d'y aller.
D'ailleurs, il rassemble ses affaires pour revenir sur ses pas.
Tarja est un peu perdue, hésitant entre sa loyauté envers Vigor et le devoir moral qui la pousse à détruire la Sorcière.
Ludmilla explique qu'il est possible d'y aller sans savoir nager, s'ils font descendre une corde. Tarja se laisse convaincre et elle rejoint l'expédition vers cet endroit qui pourrait, lorsque l'on regarde les Dents d'ici, faire penser à deux cuisses entrouvertes laissant apercevoir un sexe féminin.

Ils vont pénétrer dans la matrice de la Sorcière Noire !

mardi 27 septembre 2022

Le départ des Champions

Les trois Champions se réunissent à l'écart d'Olav, à l'extérieur, et discutent de leurs options.

Lors qu'ils inspectent leurs artéfacts, Tarja est très suspicieuse sur le fait d'avoir retrouvé, trop facilement selon elle, Blütylda, mais surtout sur le fait que trois objets seraient taillés spécifiquement pour eux. Elle craint un piège.
Théodéric et Vigor semblant accepter plus aisément cela - Théodéric y voit un signe d'Ulric - elle consent à essayer de se comporter en Championne, tout en avertissant les autres de rester bien sur leurs gardes.

C'est là qu'une jeune femme, ressemblant de façon troublante à Tarja, s'approche de Vigor en s'émerveillant de son armure runique. La ressemblance est remarquable, mais ne les fait pas tiquer plus que cela. Elle les invite à revenir chez Olav pour y discuter plus au calme.

Une fois à l'abri, elle se présente : elle s'appelle Ludmilla, une fille du village.
C'est elle qui, s'ils le veulent bien, va les accompagner jusqu'au lac. Elle pense avoir le courage qu'Olav a perdu et se propose de les aider.

Questionnée, elle explique qu'elle n'est de retour que depuis peu, qu'elle est revenue pour se venger de la Sorcière Noire après s'être aguerrie loin du village.
Elle devait être sacrifiée il y a 13 ans de cela, mais Olav l'avait sauvée avant la fête, et lui avait permis de quitter le village pour faire sa vie ailleurs.
Ce que n'avait pas prévu Olav, c'est qu'ils allaient choisir une autre victime et que le sacrifice a bien eu lieu. Et là, Olav n'a pas eu le courage d'agir une fois la nouvelle victime laissée sur le lac.
Une autre a donc été sacrifiée à sa place et elle compte réparer cela.
Olav, revenu pendant leur discussion, acquiesce.
Les Champions ne crachent pas sur une aide validée par Olav.

L'après-midi avance.
Théodéric, allé chercher du koumiss à la Tétine de Taal, voit que les préparatifs de la fête vont bon train. La place est un peu plus dégagée malgré la résistance, souvent passive, des croisés. Les femmes décorent les rues du mieux qu'elles le peuvent et les hommes déblaient croisés, détritus et cadavres pour laisser un accès au puits qui sera le centre de la cérémonie du lendemain.

Quant à eux, ils réfléchissent à la façon d'aborder leur croisade, au meilleur moyen de détruire la sorcière.
Cela semble impliquer, aller sous l'eau et, c'est bien connu, il est impossible d'y respirer. Comment aller dans un repaire sous les eaux ?
Faut-il être en place et passer à l'action au moment où la fille sur la barque doit être emportée ? Le problème est que ce n'est pas la sorcière elle-même qui cherche la fille, mais, d'après Olav, la prédécesseure de la jeune vierge sacrifiée.
Le plan d'action n'est pas encore clair, mais ils s'accordent à devancer la cérémonie et à partir à l'aube pour au moins être sur place.

Ils passent donc la nuit à se recueillir, à prier, à se purifier, sous la supervision d'Olav - qui insiste sur ce point, mais qui finalement ne sait pas trop en pratique comment mener cette nuit purificatrice.

Backertag 8 vorgeheim

Par monts et par bois

Le jour point. Ludmilla et Vigor partent faire quelques derniers préparatifs et tout le monde prend le chemin du nord.
Ludmilla estime qu'il leur faudra plusieurs heures avant d'être sur les lieux.
Il n'y a pas de route, ils serpentent à travers les bois de conifères maigrelets, guidés par la silhouette sombre des Dents.
La terre se met à trembler sous leurs pieds avant que le calme ne revienne. Une chute de pierre ? Si c'est le cas, elle devait être d'importance, mais rien n'est visible.

Tarja est toujours sur ses gardes, plein de méfiance. Se laissant guider par son instinct, elle explique aux autres qu'elle est certaine que la sorcière est au courant de leur venue. D'ailleurs, n'ont-ils pas entendu son rire ? N'est-il présent que dans son esprit ?

Même si les autres sont sceptiques, il faut bien reconnaître que le pied des Dents de Shargun est gorgé de vents surnaturels. Il essaie de les repousser. Ils se retrouvent même, sans transition, à marcher sur des chemins qu'ils avaient déjà empruntés quelques secondes plus tôt. Ils ne se sont pas perdus, mais tous ont la sensation perturbante de, tout à coup, avoir reculé, d'être revenu en arrière dans le temps et l'espace.

Cela n'arrête pas leur détermination. Menés par Théodéric, ils repartent et commencent l'escalade pour les dernières centaines de mètres avant le lac, là où les derniers arbres laissent la place à la montagne, où ils doivent remonter un ruisseau jusqu'à sa source.

Mais encore une fois, la montagne, la sorcière, essaie de les arrêter ou de les mettre en garde.
Le ciel est bleu, mais un coup de tonnerre se fait entendre et, quelques secondes plus tard, une pluie de grenouilles tombe du ciel pendant de longues minutes. Elles explosent pour la plupart en s'écrasant au sol, laissant après l'averse un spectacle répugnant.

C'était le dernier avertissement.
Ils arrivent enfin au lac de la Sorcière Noire. Sa taille est modeste. Une cascade s'y jette et l'ombre des Dents qui forme devant eux une paroi verticale assombrit complètement l'endroit alors que le soleil est déjà haut...

lundi 5 septembre 2022

Blütylda


Ne voulant plus loger dans une maison hantée, ils louent un box à l'écurie pour y dormir, au milieu des animaux.

Le conseil

Se préparant pour la nuit, ils entendent un branle-bas de combat issu de la taverne. Comme ils se renseignaient sur Piotr, ça tombe bien, c'est lui qui arrive bruyamment. C'est un gros bonhomme, répugnant et puant le graillon, à qui il ne reste qu'un chicot et qui ponctue la plupart de ses phrases par un chapelet de pets !
Comme il chuchotte fort à l'aubegiste, Théodéric comprend qu'il le convoque pour une réunion du conseil.
L'aubergiste le rejoint donc. Il y a une petite dizaine de personnes qui se rendent en la demeure d'Hanna, suivis discrètement par Théodéric, Vigor et Tarja. Mais ils ne sont pas seuls à suivre les membres du conseil. Un grand costaud de près de deux mètres, une chapka profondément enfoncée sur sa tête, surveille aussi de loin ce qu'il se passe, puis se place près d'une feneêtre pour écouter ce qui se dit. Théodéric et Vigor se placent à une autre fenêtre tandis que Tarja restent plus loin.
Il n'est pas possible de comprendre tout ce qu'il se dit, mais c'est clairement Piotr qui parle le plus. Ils parlent beaucoup d'une fête.
Avant que le conseil ne se retire, le géant passe le coin du mur et regarde dans les yeux, sans un mot, le prêtre et le nain, puis s'en va.
Après une longue hésitation et une discussion avec un Vigor réticent, Théodéric décide de suivre le colosse. Problème, ce dernier ne les a pas atendu et n'est plus là. Heureusement, Tarja a vu où il se dirigeait et Théodéric parvient à le retrouver peu avant qu'il n'entre dans une maison, celle-ci étant ornée d'une rune naine.

Théodéric rejoint ensuite les autres pour se coucher, plus tard qu'ils ne l'avaient prévu après leur nuit blanche. La rune naine sur la devanture repérée par le prêtre d'Erengrad convainc les autres qu'il faudra s'y rendre le lendemain.

C'est vers la fin de la nuit que Vigor quitte les lieux en hurlant. Comprenant ce qu'il se passe, Théodéric, tout en enfilant ses guêtres, essaie de le suivre. Il n'a pas trop loin à aller : le nain, essouflé et en train de reprendre ses esprits, l'a vu et l'attend.
Malone lui a encore rendu visite, lui rappelant qu'il a oublié son rendez-vous avec Lydia.
Vigor accepte que Théodéric le suive discrètement de loin.
Le nain rejoint une petite silhouette féminine et les deux discutent quelques minutes.
Lydia semble agacée mais aussi un peu amusée du retard du nain et la peur bleue qu'il a subit en revoyant Malone, La Mort. Elle lui demande s'il sait où est l'Enfant.
Devant la réponse négative, elle explique que, elle, elle a fait sa part du marché : elle sait où est le corps du prêtre d'Ulric, qui l'a tué, et pourquoi. Vigor sait ce qu'il lui reste à faire s'il veut l'information.

La préparation en hâte de la fête

Retrouvant ensuite Tarja, tous trois décident de se rendre à la maison avec la rune.
Il y a de l'agitation sur la place : les habitants tentent de reprendre possession de leur place. Ils se groupent pour chasser les croisés la plupart trop faibles pour se défendre physiquement. Mais les tensions montent et certains résistent. On propose à Théodéric qui se renseigne sur ce qu'il se passe d'aider les habitants. Ils doivent organiser une fête et ils ont besoin que la place soit nettoyée. Théodéric se propose de revenir plus tard dans la journée.

L'arrivée des Champions

Ils arrivent finalement à la maison dans laquelle est entré le colosse la veille et Vigor cherche la rune : elle est bien en évidence et est déçu de ce qu'elle représente. Il s'agit simplement de l'équivalent de la lettre O.
Par contre, c'et Tarja qui s'inquiète : les gargouilles de bois sculptées au bout des poutres maîtresses de la maison semblent trop réelles. De plus, les veines du bois des poutres lui semblent mouvantes et représenter des visages démoniaques !
Ils se décident tout de même à toquer et sont accueillis, froidement, par le colosse de la veille.
Il explique qu'il tient un magasin d'antiquités et les laisse se promener au milieu d'une grange remplie de camelote, de vestiges de champs de bataille, de livres, d'armes anciennes, de pièces d'armure et de toutes sortes de curiosités pour la plupart brisés et sans valeur. Olav, c'est son nom, explique qu'il les a collectionnées sur d'anciens champs de bataille.
Interrogé par Vigor sur la rune naine, il dit que c'est simplement un O pour Olav.
Malgré le ton peu amical et l'air suspicieux d'Olav, qui répond du tac au tac avec un air de mépris, ils parviennent à échanger quelques mots avec lui par rapport au conseil de la veille. Ils en viennent à mentionner l'Enfant et la Sorcière Noire, en expliquant le danger qu'elle représente, pour l'Enfant et la région.
Au fur et à mesure de la discussion, l'attitude d'Olav change. Elle se transforme rapidement en un mélange de révérence, de gratitude, d'espoir et d'enthousiasme rappelant à la fois l'attitude d'un enfant et celle d'un vieillard lorsqu'il réalise avoir devant lui "Ceux Qui Devaient Arriver".

L'histoire d'Olav

Il explique longuement alors toute son histoire avant d'en venir au but.
Olav est un kossar qui a gagné des médailles et trouvé la fortune et la gloire lors de la dernière Incursion du Chaos. Mais quand les forces des Puissances de la Corruption ont été repoussées au nord, il a perdu le goût du combat. Il a vendu ses médailles et son cheval, et erré dans l'oblast pour trouver un sens à sa vie. Il est alors tombé sur un vieux champ de bataille où il a découvert nombre d'étranges trésors. Désireux de trouver d'autres caches aux trésors, il a échangé certaines de ses trouvailles contre un chariot et commencé une nouvelle vie de collectionneur de vieilleries. Il avait commencé à stocker une grande partie de ses biens à Praag où il avait de la famille, mais les gens commençaient à se plaindre de phénomènes curieux près de son entrepôt. Aussi, Olav quitta la ville, engagea des porteurs et dériva vers l'ouest. Après avoir cherché quelques mois d'autres caches aux trésors, il tomba sur un paquet de vieux parchemins parlant d'une créature appelée la Sorcière Noire. Ayant autrefois habité Praag, la cité d'origine de la sorcière, il trouva son histoire particulièrement troublante et passa plusieurs saisons à harceler les érudits et à arpenter les collines du Kislev en quête de moines et d'anciens qui l'aient vue. Finalement, après bien des tribulations, il tomba sur une références aux Dents de Shargun et l'histoire d'un vieux moine errant qui parlait "d'une sombre dame dormant sous les eaux qui dorment sous les Dents qui dorment sous les cieux".
Il visita la stanitsa de Zhidovsk tandis qu'il recherchait cet endroit.
Sa première visite eu lieu par hasard le jour d'une grande fête, et il vit une jolie jeune fille qu'on escortait dans les bois. Plusieurs jours plus tard, tandis qu'il se promenait dans les bois au pied des Dents, il arriva aux eaux noires d'un lac et vit un étrange serpent émerger de la surface, la robe de la fille entre ses crocs.
Horrifié mais déterminé, il fit venir ici toutes ses possessions et commença à bâtir sa maison. Il passa dix ans à vivre en tant que commerçant tout en explorant les Dents, le village et les bois, se voyant comme un chasseur de sorcières indépendant, un sauveur du Kislev. Quand la fête fut de nouveau organisée une décennie plus tard, Olav se cacha dans les bois autour du village et suivi le petit groupe qui escortait la victime du sacrifice jusqu'au lac. Il les vit l'abandonner, ligotée à une bûche de l'autre côté du lac et il serra le poing sur sa fidèle hache, ses doigts se crispant et se décrispant sur le manche tandis qu'il rassemblait le courage de se précipiter jusqu'à la rive, de ramer jusqu'à l'autre bord et de sauver la belle jeune fille.
Mais ce courage lui manqua. Pendant qu'Olav observait la fille qui poussait des gémissements pitoyables, la nuit tomba et les eaux du lac se mirent à onduler. Avec une effroyable lenteur, une belle femme émergea des eaux et s'avança à grandes enjambées, nue à l'exception de la boue qui s'accrochait à sa peau et des algues lacustres emmêlées dans sa chevelure. Elle s'avança vers la fille menottée dont les hurlements s'étaient curieusement interrompus et l'embrassa. Ensuite, déverrouillant ses menottes d'un simple geste, la femme du lac prit la jeune fille par la main, se retourna et l'entraîna dans les eaux.
Le visage de la dame du lac n'était autre que celui de la fille sacrifiée dix ans auparavant !
Ni le visage ni le corps de la fille n'avaient vieilli, mais ils semblaient néanmoins avoir subi quelques affreuses altérations : ils étaient horribles, blancs et ridés comme les doigts de quelqu'un qui aurait passé trop de temps dans de l'eau. La victime la suivit néanmoins dans les eaux sans un bruit.
Depuis cette nuit d'il y a dix ans, Olav n'est plus jamais sorti de chez lui quand il pouvait l'éviter et il ne s'aventura plus jamain dans les bois ni près des eaux de la dame du lac. Il en a conclu que la Sorcière Noire devait être la créature que les villageois surnomment Celle Dont On Ne Parle Pas et sait qu'elle représente un terrible danger pour le Kislev. Il est certain que tous les villageois sont contrôlés par la Sorcière Noire. Il pense aussi que le Givre Noir l'observe toujours depuis les bois, et il vit de petit gibier qu'il capture dans les clairières proches, vérifiant toujours ses pièges aux premières lueurs de l'aube, au moment où il croit que le Givre Noir ne peut pas sortir.
Pendant tout ce temps, il a lu et relu tous les parchemins qui l'ont guidé jusqu'ici. Il a fait le tour de toutes ses antiquités, les a nettoyées et fouillées, découvrant deux authentiques reliques. Une troisième lui a été apportée et vendues par Piotr les dernières semaines. Il a mis de côté ces objets et les a conservés en attendant le jour où "Ceux Qui Devaient Arriver" frapperaient à sa porte.
Les deux Champions ne se sont pas montrés il y a trois ans, lorsqu'a eu lieu le dernier sacrifice, et Olav commenca à perdre espoir. Mais avec l'apparition de la troisième relique, la programmation d'un nouveau sacrifice et l'arrivée de ses trois visiteurs, il a comme une nouvelle jeunesse !
Tarja, Vigor et Théodéric sont donc pour Olav les Champions qui doivent détruire la Sorcière Noire !

Il leur présente donc les trois reliques : un talisman en forme de tête de loup, une cotte de maille gravée de runes, faite pour un nain et une épée que Théodéric reconnaît comme étant... Blütylda !
Il ont retrouvé l'épée !
Tarja voit une certaine puissance émaner de l'épée et ne doute pas qu'il s'agit de celle qu'elle recherche depuis des semaines.
Spontanément, Théodéric prend le talisman et donne Blütylda à Tarja, lui faisant promettre que l'épée serve à chasser le mal qui hante la région. Celle-ci accepte et prend l'épée en main, sentant sa puissance.

La cotte de maille est taillée pour Vigor.
La talisman sied parfaitement à Théodéric, prêtre d'Ulric.
Là où certains y voient des coïncidences inouies, et même louches, Olav explique que c'est le Destin.

Olav explique ensuite, face à l'insistance de Tarja, qu'il ne les accompagnera pas, il a perdu tout son courage et est terrorisé par le lac. Il les guidera, bien sûr, mais même cela lui demandera à surpasser sa peur.
Tarja veut y aller rapidement, mais Olav indique qu'il faut se préparer et se purifier auparavant. Ils partiront demain, après une nuit de prières et de jeûn.

jeudi 4 août 2022

Une vieille connaissance


Vigor est réveillé par la Mort !
Un petit bruit, il ouvre ses paupières. À une coudée de son visage, il voit celui de la Mort !
Épouvanté, il sort précipitamment de sa chambre avant de revenir suite aux appels de Tarja qui lui demande ce qu'il se passe.
Il lui explique sa vision, qui, naturellement, n'est plus.
Tarja le croit, ferme les yeux et laisse aller son esprit à ressentir l'atmosphère de leur chambre.
Des images se superposent rapidement dans son esprit : celles d'un pendu, juste au-dessus du lit de Vigor.
Pour elle, la maison est hantée.

Ils réveillent Théodéric et lui explique.
Décision est prise de dormir dans la chambre de Théodéric en montant la garde, Vigor en premier.

À peine les autres ont-ils fermé leurs paupières que Vigor aperçoit à nouveau le visage spectral qui sort de la cloison donnant sur la chambre voisine. C'en est trop pour Vigor qui quitte le Vieux Matou en prenant les jambes à son cou.

Tarja et Théodéric, devinant ce qu'il se passe, prennent le temps de s'équiper. Tarja se poste dans la salle à manger du bas et Théodéric sort pour rechercher Vigor qui a disparu. Il parcourt les bosquets à l'ouest en criant son nom. Personne...

Il finit par rejoindre Tarja qui boit du lait chaud en compagnie d'Helga.
Réveillée par le bruit, elle venait aux nouvelles. Tarja, traduite par Théodéric se plaint du fait que la maison soit hantée. Ils ne peuvent plus dormir ici.
Helga évoque la mort d'un de ses maris, Shenk, qui s'est suicidé. Il ne faut pas croire ce que raconte les gens, elle ne l'a pas tué, ni ces autres maris. Elle ne les a pas empoisonnés avec sa cuisine. Pour Shenk, c'était juste un bon vieux suicide !
Les offuscations de Tarja pour l'âme de son mari semble laisser de marbre cette dernière qui n'y voit qu'une triste histoire.
Helga les laisse pour regagner sa chambre. Mais eux, n'osant pas regagner la leur, ils finissent la nuit dans la salle à manger en veillant.

Vigor, lui, s'est installé non loin, dans un bosquet d'arbre, tentant de se faire un abri improvisé et restant éveillé pour ne pas mourir de froid.
Mais il voit une silhouette arriver vers lui.
Lydia !
Il se cache vainement : elle arrive droit sur lui. Il se prépare à combattre, mais elle veut discuter.

Elle vient le voir, car elle voulait savoir comment lui et Tarja l'avait retrouvée. Elle explique que c'est son ami Malone qui l'a envoyé cherché. Elle voulait le voir seule, suspectant la prêtresse de ne pas être ouverte à la discussion.
Vigor n'a pas à craindre Malone, il lui a dit que ce n'était pas encore son heure. Bon, elle n'a pas demandé ce qu'il en était de Tarja...
Vigor lui raconte succinctement pourquoi ils sont là, qu'il n'y a pas de rapport avec Lydia. Elle ne le croit pas, persuadée qu'il l'a suivie.
Ils reparlent de Helfurt et Vigor se dédouane de son attaque sur la personne de Lydia : il était forcé par les chevaliers de Morr. Elle explique que c'est elle la victime, et surtout son mari Ahmed et que ce serait à elle d'être en colère et qu'elle a droit de savoir pourquoi ils la suivent.
Pour l'heure, elle explique bien vouloir admettre son histoire. Comme il a l'air débrouillard, ils pourraient s'aider mutuellement : il l'aide à retrouver Karl et elle pourrait retrouver le corps du prêtre qu'il cherche - et même le réanimer s'il le souhaite. Quant à trouver le coupable, ils n'ont qu'à appliquer la loi ungol : c'est un étranger mort à Zhidovsk, la stanista est coupable. Il suffit de faire payer un villageois de la mort du prêtre et justice est rendue.

Karl est autrement important pour elle, et pour eux, assure-t-elle.
La Sorcière Noire - celle que les gens du cru surnomment Celle Dont On Ne Parle Pas - essaie de le faire venir à lui. Elle est emprisonnée dans cette région.
Il faut éviter qu'elle y parvienne. Cela, tant pour les vivants que pour les dirigeants de Sylvanie.
Lydia pense que la Sorcière Noire pourrait se libérer grâce à Karl. L'Enfant est spécial, sans doute pas divin, mais il a un lien entre les vivants et le monde des esprits. Certaines prophéties sur l'Âge des Mille Trônes prédisent que les circonstances de la venue de Karl en ferait le vaisseau idéal pour accomplir la prophétie.
Si la Sorcière Noire la réalise, elle se libérera et cela signera la fin du monde tels qu'ils le connaissent. Ni l'humanité, ni Lydia et les siens ne veulent de cela.
Or, il est possible qu'à cause de la Malédiction de Sang dont elle souffre, elle ne pourra atteindre l'antre de la Sorcière si Karl y est déjà. C'est pour cela qu'elle aurait besoin de gens débrouillards.
Elle lui conseille de ne pas parler de leur petite conversation à ses congénères, ça risquerait de mal tourner pour lui. Et oui, le beau Valin, le jeune homme bien vêtu qui passe sa journée à l'auberge, est de sa famille !
Rendez-vous demain soir, même lieu pour faire un point, dit-elle en le quittant.

Marktag 7 vorgeheim

Le matin, la recherche de Vigor est encore vaine alors que ce dernier est parti se réchauffer à la Tétine de Taal. Ils le retrouvent alors qu'ils allaient abandonner et sont partis se reposer !
Vigor raconte sa nuit. Pour les prêtres, il est hors de question de collaborer avec un vampire !
Il est plutôt question de reprendre leur enquête et ils discutent de leurs options : il va bien falloir parler aux gens pour enquêter.

 Le sanctuaire de la Dame Miséricordieuse

Ils vont essayer de commencer leur enquête chez Hanna. Pas de réponse à sa porte, ils retournent à l'auberge pour demander où elle serait. On leur désigne une ivrogne dans la salle, la robe tâchée, puante de crasse. Affligés par ce qu'ils voient, ils se dirigent tout de même vers elle pour lui parler.
Voyant qu'elle a affaires à des compatriotes, elle accepte de lever le nez de son kvas et de leur parler.
Ils finissent par aller chez elle - non sans avoir pris une demi-douzaine de bouteilles.

La masure est tout aussi mal entretenue que la prêtresse elle-même.
Hanna est une femme extrêmement déprimée, qui ne supporte plus sa vie au Kislev et en éprouve un fort ressentiment pour les gens du cru, et même peu de compassion pour une shaléenne qui pense que les kislévites n'ont pas d'âme.
Les seuls qui trouvent grâce à ses yeux, ce sont Piotr Tomorov et Anya.
Piotr venait tous les jours autrefois et lui apportait de gentils cadeaux. Lui aurait une âme. Dommage qu'il soit ainsi, dit-elle, sans en préciser plus...
Anya est gentille. Elle venait pour recevoir ses conseils et pleurer dans son giron, la pauvre petite. Elle avait peur que son père ne la marie contre son gré avec quelqu'un qu'elle détestait. Elle lui rappelle qui elle était avant de venir dans cet enfer.
Questionnée sur Ulric, que Théodéric annonce être son frère, elle dit que c'est une histoire d'une banalité à pleurer. Le prêtre a voulu faire du prosélytisme, ce que les locaux n'ont pas supporté. Ils étaient une dizaine, ils l'ont bousculé pour le faire taire et il est tombé dans un feu en se cognant la tête. Ces êtres sans âme n'ont même pas jugé bon de le sortir du feu et il est resté là, brûlé à mort. Le pire, c'est que ce n'était même pas de la méchanceté, ils n'en avaient juste rien à faire !
Elle n'était pas sur place et est arrivé par la suite. Elle s'est occupée d'enterrer le prêtre derrière sa maison. Avec ses affaires.
Interrogée sur l'épée d'Ulric, Hanna dit qu'elle n'était pas près de son corps. Les villageois l'ont sans doute dépouillé une fois qu'ils ont compris qu'il était mort. Mais elle n'a vu personne porter l'épée depuis.
Eux qui étaient prêts à creuser pour exhumer le corps abandonnent l'idée et se contentent de se recueillir quelques instants en se demandant s'ils ne vont pas lui donner une autre sépulture.
Ils reconsidèrent aussi leur idée de dormir chez Hanna lorsqu'ils apprennent qu'elle héberge des croisés hérétiques à l'agonie et rongés par la maladie. Dès qu'elle aide l'un d'eux à se remettre sur pied, il succombe à une autre maladie ! Elle pense que les Dieux Sombres sont à l'œuvre ici.

Les réserves de Tomorov

Ils continuent leur enquête chez Piotr.
Le magasin est bien achalandé, mais l'odeur de graisse d'oie est intenable. Piotr n'est pas là, c'est Gregor qui tient la boutique. Il est à moitié débile et ils ne parviennent pas à en tirer grand-chose. Ils quittent donc le magasin, dépités et s'invectivent sur la suite des investigations lorsque Théodéric émet l'hypothèse d'aller parler à Valin...

mardi 26 juillet 2022

Le village des damnés

Maintenant qu'on en est arrivé là

Un jeune garçon rapporte de la rivière deux seaux d'eau.
Un chien lui tourne autour, grand, sale. Serait-ce celui qu'ils avaient croisé il y a quelques jours ? Ses yeux ne brillent pas de la même lueur maléfique...
Le chien aboie et saute dans tous les sens, le garçon l'ignore d'une façon étrange : il ne regarde pas le chien et ne réagit nullement à lui.
La bête finit par sauter et renverser les seaux d'eau et lape le sol. Le garçon est bien sûr excédé de devoir ramasser les seaux et repartir à la rivière, mais il ignore toujours le chien.
Lorsque Théodéric s'approche pour l'aider après avoir chassé la bête, il repousse l'aide de l'étranger. Mais Théodéric ne lui laisse pas le choix et prend les seaux. Lorsqu'il lui parle et lui demande par exemple qui est le chien, le garçon refuse d'en parler : pour lui, et il est tombé par la faute de sa maladresse.
Théodéric demande qui est l'ataman de la stanitsa. Il n'y en aurait pas, seulement un conseil dont font partie leur baba, qui est partie depuis quelques jours, Piotr et Hanna, une impériale.
Voyant ses compagnons arriver, Théodéric laisse finalement le garçon derrière lui, suivi par le chien crasseux.

Aperçu de la stanitsa

La place du village

Le chemin est boueux, portant le signe de nombreux passages. Ils comprennent rapidement que Zhidovsk n'est pas aussi calme de ce qu'il est attendu pour un endroit de ce type. La place centrale, assez grande, est littéralement bondée. Il y a facilement cinq-cents personnes ici ! C'est le reste de la Croisade de l'Enfant qui est réunie.
Un étroit sentier rempli de saletés serpente parmi la foule compacte et souffrante. Parmi ces gens, on voit se déplacer les chefs autoproclamés et volubiles qui invoquent sans cesse le but de la Croisade, prêchant le retour de Karl et l'imminence du Salut. Des gens sont couchés à même la boue, certains dorment, d'autres sont peut-être simplement morts ! Beaucoup, sinon tous, sont très affaiblis et de nombreux sont malades.
Vigor demande son chemin pour rejoindre une auberge.
L'homme semble dément et voit un démon derrière eux puis reprend la conversation comme si de rien n'était... Le chien qui les suivait ayant disparu, est-ce lui le démon ?
Il y a la Tétine de Taal à un bout de la place. Ils s'y rendent en longeant le bord de la place pour éviter de se mêler à une foule assez impassible à leur arrivée.

La Tétine de Taal

La Tétine de Taal est une taverne fraichement construite ; elle ne montre presque aucun signe de dégradation. Bâtie en bois de pin sur des fondations de roche noire, elle a un toit pointu en chaume. Une cheminée tordue se dresse sur le toit derrière le bâtiment. Le foyer de la cuisine émet une fumée épaisse.

L'entrée principale est une simple porte placée sur une vaste dalle qui sert de porche. Une enseigne représentant un homme cornu sont un loup tête le sein est suspendu au-dessus de cette porte. Derrière le bâtiment se trouve une petite écurie où ils peuvent laisser leurs mules au jeune palefrenier contre une modeste somme.

Juste derrière la porte, on trouve une vaste salle au plafond particulièrement haut, à l'exception d'une zone près du fond. Des tables et des bancs sont disposés en ligne et le sol est un mélange boueux de vieille paille, de divers fluides et de mottes et morceaux impossible à identifier. On voit un âtre pourvu d'une broche à rôtir dans le mur du fond, et un garçon se trouve juste à côté, occupé à cuire un cochon, une chèvre ou quelque autre animal sur le feu. La bar n'est qu'un tas de pierres devant un amas de fûts bouchés et renversés sur le côté. Mais il y a aussi du koumis pour Théodéric et du fromage de chèvre, sec, très sec, pour Vigor, dès lors qu'ils ont pu payer d'avance.

Malgré la nombreuse présence d'étrangers, la seule taverne de la stanitsa est occupée très majoritairement par des autochtones, bruyants et plus ou moins éméchés. Il n'y a que deux tables d'étrangers, sans doute des notables de la Croisade.

Pendant que Théodéric et Tarja se renseignent et se désaltèrent sur un lieu pour dormir - le patron leur parle de Yevid le Vieux Matou en face sur cette même place - Vigor quitte précipitamment la taverne.
Assise face à un beau jeune homme d'origine impériale, bien et proprement vêtu, une femme se lève, en colère, et quitte la taverne.
C'est elle que Vigor suit : il a reconnu Lydia !

La vampire qui s'est échappée de son manoir à Helfurt à cause d'eux est là et ne semble pas - heureusement - les avoir remarqués tant elle était préoccupée de la discussion houleuse avec l'homme en face de lui qui, une fois seul, regarde la salle avec un air narquois.

Le campement

Vigor la suit. Elle se dirige vers le nord et entre dans un campement dans lequel règne un silence inquiétant. Environ une douzaine de chariots, coches et autres attelages se tiennent prêts. Des tentes noires ont été dressées autour du périmètre et des gardes aux manteaux impénétrables s'y tiennent immobiles, scrutant les environs depuis les ombres qui dissimulent leur visage.
Les étalons noirs, harnachés, sont parfaitement immobiles, comme s'il s'agissait de statues d'obsidienne. Aucune buée ne sort de leurs naseaux et rien ne suggère que ces créatures soient vivantes.
Vigor ne s'approche pas plus et coupe à travers bois pour rejoindre la pension de famille.

Yevid le Vieux Matou

Les autres se rendent à la pension de famille pour sécuriser leur place hébergement puis attendent Vigor.
Yevid le Vieux Matou est un bâtiment de bois affaissé et au toit pourri. Il semble accroupi sur ses fondations comme une vieille bique obèse, pleine de sinistres secrets. La porte d'entrée, qui n'a jamais très bien fermé, est tenu d'un lien de cuir, qu'Helga Yevid, la tenancière, attache à un piquet en guise de loquet. Un petit couloir ouvre sur une minuscule salle à manger et la cuisine qui la jouxte. Un escalier étroit mène aux dix chambres à l'étage, lesquelles font toutes face à un couloir central orné de grossiers portraits.
Les chambres seraient plutôt confortables sans l'odeur de pourriture et de vieux fromage. Les coins des pièces sont noirs de moisissure.
Helga avertit d'ailleurs ses hôtes de ne pas regarder sous les lits, car aujourd'hui, ayant quarante-cinq ans, elle est bien trop vieille pour aller fureter en dessous et en extirper les vieilles saletés...
 
Tarja apprend auprès d'Helga qu'un prêtre d'Ulric aurait logé là, il y a deux semaines. Il était tout en noir, avec une armure complète et un casque à cornes le faisant ressembler à un démon. Deux semaines, c'est trop court. Ce n'est sans doute pas celui qu'ils cherchent.
Lorsque Vigor, arrivé peu après, leur apprend pour la présence de Lydia, ils se demandent si cela pourrait être plutôt un templier de Morr.
Ils s'enferment alors dans leur chambre pour discuter de leurs options. Rapidement, Tarja surprend Helga à écouter à leur porte et la renvoie à sa cuisine...
Ayant peur d'être reconnus par Lydia, ils se disent qu'ils doivent faire profil bas. Ils prennent soin aussi, peut-être un peu tard, de cacher leurs symboles ulricains.
Ils repartent manger à l'auberge et Vigor demande à un des croisés depuis combien de temps, ils sont arrivés. Il ne sait pas trop, une ou deux lunes. En plus, tout le monde n'est pas arrivé en même temps.
Vigor veut savoir depuis quand Karl serait arrivé. Il va manger et promet au croisé une récompense à son retour s'il obtient l'information.

Ils mangent à l'auberge et discutent à voix basse.
Outre les locaux, qu'on ne voit pas dehors, le beau gosse est là, seul, semblant s'amuser de la présence cosmopolite en ces lieux.
Il y a aussi une table de croisés un peu plus fortunés qui occupe une table à part.
 
S'étant sustentés, ils rentrent à leur pension de famille. Vigor repère le croisé avec qui il avait discuté et lui demande s'il a son information. L'homme le regarde, l'air ahuri, comme s'il ne comprenait pas de quoi il s'agissait. Puis son regard s'allume : " 33 ", dit-il, " ça fait 33 jours ! " Vigor le récompense avec un peu de fromage de chèvre.

Tarja et Vigor se couchent à même le sol, ayant peur d'attirer à eux les vermines qui peuplent leur lit.
 
Théodéric entreprend de son côté de nettoyer un peu sa chambre. La besogne est répugnante et il redescend chercher un peu d'eau pour se laver. L'odeur qu'il a soulevé en faisant le ménage lui en a fait perdre l'odorat, sans doute pour plusieurs jours !
Il en profite cependant pour discuter un peu plus longuement avec Helga et parvient sans peine à lui délier la langue, en payant très cher pour cela.
Il semblerait que le chien, on n'en parle pas. Tout comme on ne parle pas de Celle-Dont-On-Ne-Parle-Pas. Il existe visiblement une crainte face à quelque chose d'extérieur, qui n'a rien à voir avec la Croisade. Est-ce la banshee que mentionnaient les striganys ?
Helga raconte qu'ils vivent une bien triste époque, qu'il paraîtrait que le dernier cadeau n'a pas suffi.
Quel cadeau ? Quand ?
Deux fois par génération, ils font une grande fête et font des offrandes - assez conséquentes (impossible d'en savoir plus) - pour attirer la bonne fortune. La dernière a eu lieu il y a environ trois ans, c'est donc un peu tôt à son sens pour en refaire une nouvelle.

Malgré la crasse, il dort somme toute assez bien.
Il sera temps d'enquêter demain sur ce qu'est devenu Ulric, le Grand Prêtre d'Ulric tué à Zhidovsk.

mardi 12 juillet 2022

Troll des glaces


De son côté, Tarja fait face à la vieillarde qui a visiblement la peau dure.

La vieille crie des paroles incompréhensibles à Tarja. Tout juste comprend-elle qu'elle mentionne Zhidovsk. Elle invoque à nouveau ses grands dieux avant de tenter de fuir en grimpant la paroi derrière elle. En vain.

Elle force alors le passage, mais Tarja lui plante son épée dans le dos. Elle tombe ; morte.

Théodoric, la tête en sang, sonné par sa chute, se relève péniblement.

Dans la grotte, Vigor joue au loup avec le troll des glaces qui lui détruit méticuleusement son bouclier.

Tarja court vers la grotte, mais n'y voit rien. Elle allume sa lanterne, voit le troll et crie à Théodoric de chercher des torches sur les mules.

Théodoric lui aussi doit grimper pour arriver aux mules et s'y prend à deux fois.

Tarja recule lorsque Vigor quitte la grotte avec le troll à ses trousses. Il voit Tarja reculer précipitamment : elle tente de s'échapper en grimpant hors de portée, mais retombe lourdement. Le troll se désintéresse alors du nain, bien trop remuant, pour inspecter celle qui vient de tomber comme un fruit bien mûr et qui a l'air plus docile.
Pour adoucir le repas, le troll se penche sur elle et... régurgite le contenu de son estomac sur sa proie. Tarja se protège comme elle peut de son bouclier de la substance corrosive qui l'asperge !

Vigor charge la bête prête à engloutir son amie. Et Tarja qui s'est armée se défend aussi. Roué de coups, le troll finit par faiblir et tombe lorsque Tarja lui porte le coup fatal.
Vigor continue à frapper la bête, même morte. Il réclame du feu. Il dit qu'il faut la brûler sinon elle va se relever.
Théodéric arrive justement avec le feu.

Ils l'allument, mais le blizzard se lève maintenant franchement.

Vigor découpe la bête et n'a le temps que de mettre cette partie au feu.
Théodéric et Tarja explorent une autre grotte où ils pourront mener les mules à l'abri. Mais celles-ci refusent de rentrer. Ils doivent les forcer. La grotte est pourtant vide, mais ils y ressentent une atmosphère malsaine.
Vigor n'a pas le temps de les rejoindre avant la tempête - qui éteint le feu - et se réfugie dans la cave du troll.

Heureusement, les deux cavernes communiquent et ils peuvent monter leur campement dans la grotte du troll pendant que l'homme de garde reste près des mules dans l'autre caverne.

Aubentag 6 vorgeheim

Les Dents

Le lendemain, le ciel est bleu.
Le troll est bien mort, recouvert de neige. Tout comme la vieille sorcière.

Ils peuvent donc reprendre la route.
D'étranges créatures volantes convergent vers les sommets des Dents de Shargun.
Plus tard, la terre tremble. Heureusement, pas d'éboulement ni d'avalanche !

Les voyageurs

Le petit chemin de montagne est cependant bloqué un peu plus loin : un chariot bigarré, tiré par deux chevaux et conduit par deux cochers dont le visage est caché sous un chapeau à large bords.

Théodéric les aborde : ce sont des strigany, Sven et Giorgi, qui se dirigent vers le nord et déconseillent Théodéric d'y aller, car un grand mal s'y cache.
Un troll ?
Non.
La légende prétend qu'une banshee hante les pics, sortant à la nuit tombée pour boire le sang des vivants.
Sven dit cela en regardant Théodéric droit dans les yeux, pour bien lui faire comprendre le message.

Les strigany n'étant pas très causants, et le chariot dépourvu de fenêtre semblant pour le moins mystérieux, ils quittent les voyageurs dès que la route leur permet de les dépasser.

Ils font bien, car ils arrivent juste avant la nuit en vue de Zhidovsk !

lundi 27 juin 2022

Rivière gelée


Pendant que les autres lèvent leur camp, Vigor tente de retrouver les armes perdues.
Il suit d'étranges traces dans la neige, mais elles s'évaporent et il ne peut aller plus loin.
Le seul point positif, c'est qu'il semble que l'étrange chien les aurait conduits sur un sentier. Ils le suivent donc.
Très rapidement, ils traversent un ruisseau. Vigor, toujours aux aguets les remarque : leurs armes ont été jetées dans ce ruisseau, intactes - bien que gorgées d'eau.

Le sentier finit par traverser une petite rivière, prise par les glaces présentes à cause de cet étrange froid qui règne en plein été. Le pont est coupé, récemment détruit par le feu.
Comment passer, surtout avec les mules ?
Vigor teste la glace, elle risque d'être trop fragile. Ils décident de chercher un guet.

La progression vers l'aval est délicate.
Ils n'ont fait qu'une centaine de mètres avant que, dans un sinistre craquement, la glace ne se lézarde puis se brise.
Un cri retentit.
Une jeune femme se débat dans les eaux et tente vainement de se rattraper aux blocs de glace glissants.
Vigor y va, rampant sur la glace.
Il prend la main que lui tend la femme et... la retire aussitôt. Le contact est glacial, mouillé et surtout... il est clair qu'elle essaie de l'entraîner dans l'eau de son étreinte puissante.
Il recule vivement et la voit se transformer en vague et ne faire plus qu'une avec la rivière. Il pense avoir eu affaires avec un esprit de l'eau.
Ils remontent alors la rivière pour reprendre leur recherche, puis reviennent sur leurs pas pour sonder l'aval. Ils se résolvent à revenir au pont calciné pour établir leur camp.

Festag 4 vorgeheim 

Comment passer la rivière ?
Vigor prend les choses en mains et mène les travaux pour couper du bois et fabriquer des sortes de bouées guidées par des cordes.
Théodéric passe le premier pour accrocher la corde, puis Tarja, tirée, à cheval sur une buche.
Enfin, Vigor prépare les mules, qui restent assez calmes. Leur traversée se fait sans encombre.
Vigor, en dernier, a un peu plus de mal. Le nain se mélange mal à l'eau !

Un feu pour se réchauffer et ils passent leur seconde nuit près de la rivière.

 Wellentag 5 vorgeheim

Tempête de neige

La forêt s'éclaircit à mesure que la pente augmente.
Ils gravissent les premiers contreforts des Dents de Shargun. Le sentier se transforme en piste de montagne.

Vigor le sent : le vent se lève. Il annonce sans doute un fort blizzard.
Il n'est pas midi, mais il faut vite trouver un abri. Ou faire un camp, compliqué dans cette situation.
Heureusement, Vigor repère deux grottes non loin. Elles seraient parfaites pour les abriter, si elles ne sont pas occupées par des ours !

Les mules sont attachées à un arbuste pendant qu'ils approchent de l'une des grottes. Celle où ils ont brièvement vu des flammes dansantes, vites éteintes, et entendu des voix, vite étouffées.
L'approche de la grotte est périlleuse. D'ailleurs aucun d'eux ne s'en tire sans quelques égratignures.

Vigor s'approche de l'entrée et appelle, sur ses gardes. D'autant qu'il voie quelques gouttes de sang et des traces de pas de quelqu'un s'aidant d'un bâton.
Il finit par entrer et faire quelques pas. La puanteur est affreuse. Un grognement puis une masse surgit du fond de la grotte en grognant : un troll !
Vigor, qui n'en a entendu que des descriptions, n'imaginait pas la chose si imposante !
Il crie qu'on lui passe du feu et recule. Prudemment d'abord, puis en courant.

À l'extérieur, Tarja entend une voix féminine récitant des mantras.
Elle va rapidement voir et tombe sur une vieille femme couverte de sang, accroupie dans les roches.
Le sang qui la couvre est le sien : son œil est crevé, sa main droite est coupée !
N'hésitant pas, Tarja voit en elle une ennemie et commence à la larder de coup.
La vieille lui crache au visage et se défend de son bâton.

Théodéric n'est pas en reste. Il n'a pas vu ce qu'il se passait, mais arrive en courant, prend appui sur une pierre, saute dans l'idée de retomber sur ce qui fait face à Tarja. Mais la glace, déjà polie par leurs précédentes chutes, est extrêmement glissante. Il dérape, se cogne l'arrière du crâne et tombe sans connaissance.

De son côté, Vigor quitte la caverne, espérant que Théodoric l'accueille avec du feu. Mais il n'y a plus personne. Le troll est trop rapide, impossible de fuir.
Il arrive sur lui et attaque. Lourdement, mais maladroitement. Vigor le blesse, mais il blêmit lorsqu'il voit que la blessure qu'il vient d'infliger se referme sous ses yeux !

lundi 30 mai 2022

Un pays sauvage


Backertag 33 sommerzeit

Le groupe passe deux jours sur place, le temps que Théodéric soigne sa main et que Vigor, aidé de Tarja, préparent la destruction de la ferme. Ils font en sorte qu'elle brule et qu'elle s'écroule afin que la pierre maudite soit perdue, sinon à jamais, du moins le plus longtemps possible.

Vorgeheim 2524

Bezahltag 1er vorgeheim

Givre noir


Au milieu du second jour, tout à coup le brouillard tombe rapidement. Il dévale du haut de la montagne, à la vitesse du cheval au galop. Vigor, craignant même que ce soit une avalanche, trouve un abri. Ce n'est pas une avalanche, mais un brouillard glacial, extrêmement épais.
Le silence, le froid, puis deux feux verts se matérialisent dans la nuit. Ils s'avancent, un nuage noir prend forme. C'est un molosse, avec une longue fourrure noire et emmêlée, pleine de morceaux de glace boueuse. Sa tête effilée semble presque composée d'une mâchoire immense remplie de crocs incurvés vers l'intérieur. Il gronde en fixant les voyageurs, qui restent pétrifiés.
Vigor finit par sortir son arc.
Le chien se retire dans la brume... Puis réapparait brusquement en grognant. Surpris, Vigor prend peur et s'enfuit à toutes jambes. Tarja tente vainement de le rattraper.
Lorsqu'il se retourne, le chien le suit et s'arrête à bonne distance.
Il le laisse retrouver le prêtre puis le suit.

Pas le choix, ils montent le camp sur place, en compagnie du chien qui reste là, à les surveiller.

Konistag 2 vorgeheim

Théodéric, dernier à prendre la garde, essaie de parler et donne à manger au chien qui est toujours là.

Conciliabule. Tarja veut bouger, n'importe où, mais pas rester sur place. Les autres finissent par se résoudre à son choix, quitte à se perdre.
Le camp levé, le chien s'éloigne, grossièrement dans la direction où Vigor pensait les mener.
Ils se rendent rapidement compte que la bête les guide et ils finissent par accepter cet état de fait, à contrecœur.
La pente s'élève et une fine couche de neige recouvre par endroit le sol, la température devient glaciale.
Il les guide et finit par disparaître dans le brouillard en milieu d'après-midi.

La brume finit par s'éclaircir. Vigor pense qu'ils sont sur la bonne route.

La cabane de Shabrak


Au moment où le soir finit par tomber, ils finissent par voir une silhouette féminine et s'approchent : une très belle jeune femme dans les hautes herbes. Ils lui parlent et en souriant elle leur fait signe de les suivre. Théodoric s'empresse, Tarja boude. Ils arrivent en bas du vallon et Shabrak, c'est son nom, les invite dans sa hutte misérable, c'est spongieux. Ils n'avaient d'abord pas remarqué, mais elle pue. Ses cheveux ont blanchi. Tout cela ne semble pas gêner Théodoric qui la suit. Depuis le seuil, il voit étonnamment un intérieur luxueux.
Mais ses compagnons flairent et lui expliquent qu'ils s'en vont. Ils ne tentent que mollement de le convaincre puis ils partent, voyant qu'il n'est pas convaincu.

Affligé par le devoir, il finit par les rejoindre en promettant à Shabrak de la retrouver.
Elle ne veut pas les accompagner à Zhidovsk qu'elle a fui lorsqu'elle était jeune fille. Son père, Georgev, avait refusé de la laisser vivre avec celui qu'elle aimait et a cherché à la marier de force à une horreur des montagnes. Elle est donc arrivée ici où elle a attendu toutes ces années que l'amour la retrouve. Elle a pensé un instant que Théodoric pourrait être celui-là... mais il s'éloigne déjà.

Ils campent un peu plus loin.

Angestag 3 vorgeheim

Sommeil mortel

Au matin, toujours lors de son dernier tour de garde, au moment où il ravivait le feu et cherchait des vivres, Théodoric voit trois magnifiques oiseaux fouiller dans son feu de camp. Chassés, ils s'envolent avec des braises dans les serres et les lâchent sur leur yourte. Théodoric les disperse rapidement et son raffut réveille les autres.
Les prêtres s'aperçoivent, en s'équipant, qu'ils sont désarmés. Un Leshii pensent Tarja et Théodoric, ces esprits des forêts sont des voleurs d'armes.

Vigor part dans les bois tout proche pour trouver de quoi fabriquer des lances, mais revient rapidement : il entend des bruits.
Les morceaux de bois dont ils disposent ne sont pas les meilleurs et il n'a guère le temps de les durcir au feu qu'une meute de loups débarque, sans un bruit ni un hurlement.
Les loups se ruent sur les prêtres d'Ulric, délaissant Vigor.

Un combat s'ensuit. Un loup parvient à mordre sérieusement le bras fragile de Théodoric, sans doute attiré par le sang séché sur son bandage. Mordu et le secoué, Théodoric hurle de douleur, à en perdre connaissance. Mais le loup doit lâcher sa proie au sol pour laisser le chef de meute prendre sa place. Pendant ce temps, Tarja et Vigor éliminent deux loups. Devant l'agressivité des humains, un premier loup bat en retraite. Il est vite suivi par le chef de meute lorsque ce dernier a constaté que la proie qu'il convoitait n'était pas encore morte, puis par le reste de la meute.

Une fois la blessure de Théodoric à nouveau traitée grâce aux cataplasmes miraculeux de Tarja, il est temps de penser à reprendre le chemin vers le sommet des Dents de Shargun. Seul le grand prêtre regrette peut-être intérieurement d'avoir laissé Shabrak pour, à la place, se retrouver à moitié dévoré par les loups...


mardi 17 mai 2022

Zombicide


Vigor remarque vite l'affreuse vérité : les métayers qui attaquent les guides ne sont plus vivants. Ils ressemblent bien plus à des zombies vu de près, à la faible lueur de la torche que tient encore Fyodor.

Dans un coin de la grange, il est submergé par les non-morts alors qu'un autre métayer tire en arrière le corps d'un autre des guides. Pour le dévorer.

L'irruption de Vigor, vite suivi par Théodéric, change la donne. Ils restent sur le seuil et sont aussi pris à partie par les zombies dont ils essaient de vite se débarrasser pour sauver ce qui peut encore l'être. Mais hélas, Fyodor ne peut être sauvé. Il est d'abord sévèrement touché au bas-ventre avant d'être exécuté par une lame plantée directement au fond de sa bouche ouverte !

Le reste de la meute peut se concentrer sur les deux intrus.

Théodéric, un court instant distrait par une éraflure, ouvre ses défenses et est frappé au niveau de sa garde. Il lâche son arme, la main en sang, éclaboussant Vigor. La blessure semble grave, il se recule.

C'est à ce moment-là que Tarja arrive en courant et, d'un coup d'épée, détruit le zombie qui menaçait Théodéric.

Vigor faisant de son côté bloc, tel un nain, il ne bouge ni ne faiblit pas : un tas de cadavres s'amoncelle à ses pieds.

Les six zombies finissent par être terrassés.

Tarja aide Théodéric à panser ses plaies. Heureusement, la blessure n'est finalement que superficielle. Théodoric peut toujours remuer ses doigts et il ne devrait plus rien y paraître, à part une vilaine cicatrice, dans les prochains jours... Si la blessure ne s'infecte pas.

Par contre, les guides sont tous morts dans l'embuscade.

Mais il y a plus urgent : Tarja explique qu'elle a vu Kara dans sa cave. Il pleurait sur une sorte de stèle. Il était entouré de cadavres et elle pense que c'est lui qui contrôlait les zombies ou que la pierre à un rapport avec ces réanimations de morts. Elle a bloqué la sortie de la cave et il faut vite y retourner.

Ils se rendent donc à la cuisine et déplace le meuble bloquant la trappe d'accès à la cave pour ouvrir. La puanteur est atroce. Ça sent la vieille charogne.
Ravalant un haut-le-cœur, Vigor descend un premier l'échelle d'accès, suivi par Tarja qui porte une torche.
La cave est telle que décrite par Tarja : sur une très vieille pierre plate ornée de bas-reliefs usés à en être illisibles, un corps, sans doute un ungol. À côté de la pierre, une demi-douzaine de cadavres sont posés en tas, les uns sur les autres !
Mais il n'y a pas de trace de Kara.
Il y a une porte. Il l'emprunte. Elle mène à une salle humide qui débouche sur un puits.
Kara s'y cache et finit par se montrer une fois qu'il a été vu.
Ses yeux sont humides de larmes et il commence par se répandre en excuses pour avoir fait tuer ses guides. Cela lui cause du chagrin. Il ne comptait bien sûr pas faire tuer ses invités de marque.
Tarja lui demande de s'expliquer.
Il raconte qu'il a découvert cette pierre. Peu à peu, ses larmes sèchent et un léger sourire gêné se dessine sur ses traits.
La pierre a permis de faire revivre sa défunte épouse. C'était une bénédiction. Oh, elle n'était plus tout à fait la même après avoir reposé dessus, mais elle était là. Depuis, il ressuscite les gens qui sont alors heureux de travailler pour lui. Sa ferme est prospère grâce à leur bon travail et il peut ainsi nourrir les villes voisine, dont Erengrad !
Tarja est horrifiée. Elle lui dit que c'est de la nécromancie. Il ne semble pas connaître le mot, son reikspiel est un peu fruste. Mais c'est ce détachement d'avec ce qu'elle et ses compagnons ont toujours cru de sacré qui la révulse : il ne parait pas vouloir se repentir ni regretter ses actes, car il ne comprend tout simplement pas leur nature impie !
Révoltée, elle ne le laisse pas s'exprimer plus avant et lui plonge sa lame dans le cœur.

Ils réfléchissent à la manière la plus efficace pour détruire la pierre. Vigor pense pouvoir faire s'écrouler la cave et la maison dessus pour l'ensevelir à tout jamais, mais cela prendra un ou deux jours. Il faut qu'ils se reposent de toute façon.

La fouille de la maison ne révèle que la présence d'un zombie momifié dans le lit de Kara. Sans doute sa femme qui ne résiste pas lorsqu'ils la détruisent.
Vigor met la main sur une véritable petite fortune en or et argent.
Il y a également bon nombre d'équipements pris certainement aux anciens voyageurs devenus métayers zombies. Ils prennent deux boucliers de la réserve.

Pendant que Théodéric soigne sa main, Tarja aide alors Vigor à faire les préparatifs nécessaires pour l'écroulement de la maison dans la cave.

mardi 26 avril 2022

Blütylda en ligne de mire

Erengrad

Erengrad est un grand port dans l'estuaire de la Lynsk, donnant sur la redoutée Mer des Griffes. Une partie de la cité est construite sur pontons et pilotis, une autre est faite que de tentes et les réfugiés hors les murs sont légion. Certaines parties du quartier pauvres sont inondées par une crue de la Lynsk.
Peu de rues ne sont pas envahies d'échafaudages. Les travaux après la guerre sont nombreux et l'activité intense. Contrairement à d'autres, la ville n'a pas été détruite lors de la Tempête du Chaos. L'assiégeant n'est resté que peu de temps avant de mettre le cap sur l'Empire.
Guidés par Sergor, ils prennent directement la direction du petit temple d'Ulric au nord de la cité.
Leur guide, une fois payé, leur donne alors congé.

Au temple, ils tombent directement sur celui qui se présente comme étant, depuis peu, le responsable : Théodéric, un homme aux longs cheveux noirs, d'une trentaine d'années, assez frêle pour un prêtre ulricain. Il parle reikspiel sans accent et n'a pas du tout le type kislévite, il s'agit sans doute d'un impérial.
Tarja laisse Vigor faire les présentations puis va directement au but : elle souhaite, avec l'accord de Hadran Nyl Valas, dont elle a pu rencontrer l'esprit - elle explique son parcours - récupérer Blütylda pour la rapporter à Sudfast où elle servirait de symbole : l'épée de la compagne d'Ulric au sein d'un temple composé de femme. En contrepartie, elle rapporte les restes, non de Nyl Valas, mais de ses proches, pour qu'ils reposent au temple.
Elle espérait que le fantôme d'Hadran puisse se manifester pour appuyer sa requête.
Étonnamment, Théodéric ne réagit pas négativement à cette idée féministe, contraire à la doctrine ulricaine en cours qui voit Sudfast comme une anomalie.
Mais Théodoric et le temple n'ont plus l'épée. Il pense toutefois savoir où elle est. Et il a reçu un signe : il a entendu la nuit passée hurler un loup, ici, aux portes de la cité.
Pourtant, pas question de céder Blütylda comme cela, c'est aussi un symbole fort du Temple de d'Erengrad.
Théodéric explique que l'ancien Grand Prêtre a été sauvagement assassiné dans un village montagnard, dans les Dents de Shargun, lorsqu'il y était en mission de prosélytisme. C'est lui qui portait Blütylda.
Il a obtenu de la tsarine les autorisations pour rendre justice pour ce meurtre, à la manière impériale.
Il a tous les papiers et a monté une expédition avec des guides ungols pour aller y rendre justice. Tarja et Vigor sont invités à le rejoindre.
Quant à Blütylda, si elle est retrouvée, Théodéric laissera à Ulric le soin de choisir à qui elle devra revenir : lui et Tarja devront se battre en duel pour la remporter.
Tarja accepte l'offre et pousse même à partir le plus tôt possible, dès demain.

Ressortez votre bonne vieille kibitka

Théodéric explique qu'il n'est pas possible de partir comme cela, bien que lui et ses guides soient prêts.
Il s'apprête à partir dans la montagne, plus au nord. Même en été, ils rencontreront de la neige. Il faut qu'ils s'équipent.
Demain, le temple leur fournira des ressources ainsi qu'un des guides pour acheter le nécessaire.

Angestag 28 sommerzeit

Vigor et Tarja passent une partie de la journée à s'équiper et à préparer l'expédition.
Finalement, ils seront donc 7 avec deux mules pour l'équipement, dont 4 petites kibitkas pouvant chacune accueillir 2 personnes ; des vêtements chauds locaux, une pelle et une pioche ; de la bouse de yak séchée pour le feu ; du kvas, du koumiss et environs 14 semaines de rations variées.
Tout est prêt pour partir le lendemain.

Ils peuvent maintenant s'occuper, au cours d'une cérémonie menée par Théodoric, de mettre en terre les restes de l'épouse et de la fille de Nyl Valas, ainsi que ceux de son compagnon elfe Aethillianis.

Wellentag 30 sommerzeit

Nouer de saines relations

Sur la route des Dents de Shargun, le climat est inhospitalier : d'un côté, le soleil est brûlant, de l'autre un vent glacial souffle sans arrêt du nord. Il faut marcher en subissant d'incessants écarts thermiques causant un inconfort certains pour les non natifs.
Théodéric semblait indiquer que certain des guides seraient des streltsis formés à Erengrad, chose assez rare chez les ungols.
Ils ne parlent pas un mot de reikspiel et sont présentés dans cet ordre par Théodéric :
  • Fyodor Ptoryn : c'est le plus âgé du lot, le peu de cheveux lui restant sont grisonnants, tout comme sa longue barbe, il parle trop vite pour être bien compris par Théodéric
  • Yarogni Ivanyn : on dirait un loup en surpoids, toujours affamé, et s'exprimant avec une voix de gorge, comme un loup
  • Chagin Valantynyn : c'est le plus jeune, un peu turbulent et bavard ; il porte la moustache
  • Mitri Mitrisyn : grand et maigre, il est très effacé et semble bégayer les rares fois où l'on entend sa voix étrangement douce
Lors du campement, au second soir, Fyodor s'approche de Vigor, hache en main, faisant mine de la lui lancer.
Après une période d'incompréhension, Vigor comprend qu'il souhaite simplement le défier au jet de hache. Tarja s'inquiète pour la garde lorsqu'elle remarque que les trois autres prennent des paris à base de verres de kvas. Fyodor gagne pendant que les trois autres finissent assez éméchés.
Heureusement, la nuit est calme.

Aubentag 31 sommerzeit

Une ferme

À la fin de la journée, ils parviennent jusqu'à une grande ferme isolée.
Une dizaine de personnes travaillent dans les champs, mais se retirent dans la grange lorsque la petite troupe approche. Pas de signe de panique, mais leur mouvement est étrange, car il paraît lié à leur arrivée.
La perspective d'avoir un toit sur la tête pour la nuit les pousse tout de même à s'approcher pour demander l'hospitalité.
Les champs ainsi que le potager et les bâtiments sont remarquablement tenus, la ferme paraît florissante.
Un homme sort du logis pour les accueillir. Il est souriant et prévenant et se présente : Kara.
Une fois la raison de leur visite expliquée, Kara les invite à faire étape chez lui et leur réchauffe une marmite de soupe à base de betterave : du bortsch.
Leur hôte est charmant et souriant et le repas bienvenu.
Questionné sur ses hommes, Kara explique qu'ils dorment dans la grange. Ce sont des manouvriers. Ils sont rentrés des champs, car ils avaient terminé leur journée de travail. Sa ferme est très prospère parce qu'il a ici de la très bonne terre et de bons ouvriers et il vend bien ses produits à Erengrad et Krakjunov. Lui vit hélas seul dans sa grande maison depuis le décès de sa femme.
Il se demande si les prêtres d'Ulric suivent les pas de la croisade impériale.
Elle est passée non loin, mais heureusement pour lui pas par là, sinon il aurait dû défendre sa ferme. Kara a entendu dire que les croisés, une centaine tout au plus, ne sont que des voyous et des pilleurs.
À l'issue de la soirée, les ungols sont ensuite conduits à la grange pour la nuit, tandis que Tarja, Théodoric et Vigor ont chacun une chambre dans le logis.

Théodoric est cependant réveillé durant la nuit. Des bruits issus de la grange. De sa fenêtre, il a vu sur la grange et est sûr qu'il s'y passe quelque chose d'anormal. Il va réveiller Tarja et Vigor puis descend et attend du renfort. Vigor ne tarde pas alors que Tarja prend son temps pour enfiler son armure.
Vigor et Théodoric pénètrent dans la grange. Trois des ungols sont au sol pendant que Fyodor se bat contre des manouvriers pour sauver sa vie...

jeudi 24 mars 2022

La brute et le truand


Alors qu'il subit une salve de flèches et de carreaux de la part de Sergor et Vigor, Phineas fait deux passes vaines sur Tarja avant de s'arrêter face à Sergor, cabrant son lourd destrier.

Il est suivi par un Franck attaché au cheval par une corde.

Le chevalier arrête sa monture au milieu de ses trois ennemis. Deux s'en prennent à sa monture lourdement caparaçonnée pendant que Vigor s'en prend à Phinéas. Les coups pleuvent et peinent à traverser l'armure. Phinéas se concentre sur la seule cible qui semble digne de lui : Vigor.

Tarja parvient à venir à bout du cheval qui s'effondre sur place, sans entraver les mouvements de Phinéas qui se met en position défensive le temps de reprendre un combat brutal face au nain.

Phinéas parvient à porter un coup dantesque. Un voile de sang jaillit immédiatement. Lorsque la brume rouge retombe l'intant d'après, Vigor est toujours debout, ayant esquivé le coup d'un cheveu. Le cheval est lui littéralement coupé en deux.

Peu à peu, les combattants faiblissent et Phinéas pense avoir enfin le dessus lorsqu'il manque de trancher la main du nain. Serrant les dents, malgré le sang qui jaillit à flots, Vigor contre-attaque et tranche, lui, proprement la main du répurgateur qui tombe au sol.

Tarja se rue sur Vigor pour le soigner : le pic d'adrénaline passé, il est tombé inconscient au sol, voyant son adversaire vaincu.

Phinéas n'est pas mort et Sergor le tient en joue, interrogeant Tarja du regard.

Elle lui dit de faire comme bon lui semble. Sergor perce la carotide de Phinéas.

Vigor n'est pas mort, le saignement de sa main a pu être stoppé à temps.

Ils campent sur place dans la crainte d'un retour de Franck ou d'une attaque des bêtes sauvages. Heureusement, la nuit est calme.

Marktag 24 sommerzeit

Le temps d'enterrer le chevalier, avec la plupart de ses possessions, ils reprennent la route.

Ils parviennent en 4 jours à Erengrad où ils se rendent directement au temple d'Ulric.

Vigor est soulagé de voir que sa main blessée est toujours en vie, il parvient à nouveau à remuer les doigts...

lundi 28 février 2022

Retour à la nature


Le prêtre est effaré de ce qu'il entend de la bouche d'Heffengen et ne sait comment réagir.
Il lui annonce qu'il va chercher de l'aide pour le soigner en le laissant sur place.
Seul, Heffengen peut laisser aller ses pensées et décide que ce n'est finalement pas forcément une idée brillante : il quitte le temple, mais est alpagué à la sortie par Sergor qui l'amène au fond d'une ruelle obscure avec une certaine rudesse.
Là, au calme, Sergor traite Heffengen d'imbécile. Que croit-il aller chercher au temple de Morr ? L'absolution ? Il ne la trouvera pas, mais sera tout de même emmené devant Morr. C'est le seul remède connu.
Sergor lui explique qu'ils ont besoin l'un de l'autre et compte sur lui et son savoir au niveau de la prophétie pour rejoindre la Croisade.
Elle est en Kislev. Là-bas, les mutants ne sont pas hors-la-loi - bien qu'ils ne soient pas plus tolérés que dans l'Empire, ils ne sont au moins pas pourchassés tant qu'ils restent à l'écart de la civilisation. Il peut encore servir Morr pour le moment et Sergor lui promet d'achever ses souffrances lorsque son petit changement deviendra trop problématique !

Sergor lui dit qu'il va le mettre dans la cave de l'Anguille, une péniche qui doit partir le surlendemain pour Zavstra, une stanitsa frontalière, très fréquentée par les impériaux. Il paiera le capitaine pour qu'on lui fiche la paix et va prévenir ses compagnons. S'ils posent trop de question, Sergor leur expliquera qu'Heffengen a subi avec succès l'ordalie de Morr et qu'il est libre - après avoir passé du temps enterré vif dans un cercueil.

Heffengen accepte et prend place au fond d'une cale.

De son côté, Vigor, assisté par Tarja, cherche à s'équiper d'une cotte de mailles.
Il n'y en a naturellement aucune à sa taille et il se résout à en commander une sur mesure, promise par l'armurier pour dans deux semaines.

Festag 14 sigmarzeit

Sergor retrouve Tarja et lui explique qu'il a été envoyé par Heffengen. Il les attend pour partir le lendemain à Zavstra par bateau, il a réservé sa place. Il se présente à elle : Sergor von Stein - guide.

Seulement, Tarja a des obligations et ne peut partir tout de suite.
Elle se renseigne sur l'état de santé d'Heffegen. Est-il guéri ? Que lui est-il arrivé. Sergor feint d'ignorer de quoi elle parle et se contente d'indiquer qu'il a subi avec succès l'ordalie de Morr et qu'il est donc purifié.

Sergor lui propose alors de les rejoindre à Zavstra. Ils attendront, si Heffengen le souhaite en tout cas, jusqu'au 15 sommerzeit.
S'ils vont à Kislev, Sergor explique qu'il ne faut pas s'attendre à trouver des routes pavées. Au mieux, il y a des pistes. Là-bas, ils auront trois possibilités : ne pas prendre de guide et errer indéfiniment dans les steppes ; prendre n'importe lequel des guides qui pullulent à Zavstra et être amenés non pas là où ils veulent aller, mais là où le guide veut les conduire ou, enfin, prendre un guide sérieux qui les amènera à bon port. Il aime à penser faire partie de la dernière catégorie.
Après un aller-retour pour consulter Heffengen d'un côté et Vigor de l'autre, c'est bien ce qui est conclu.

Aubentag 24 sigmarzeit

Heffengen arrive à bon port à Zavstra.
Sergor lui trouve une pension de famille tenue Madame Hendrich, qui fait une excellente soupe fortifiante à la vessie de brebis.
Il ne doit plus sortir de là et ne pas se montrer.
Les jours passent, monotones, en attendant Tarja et Vigor.

Sommerzeit 2524

Konistag 3 sommerzeit

Heffengen ne peut plus se cacher, ni se le cacher. Les Seigneurs du Changement ont travaillé sur ses chairs. Son visage n'en est plus vraiment un : les canines poussent et il ne peut plus fermer sa bouche, sa gueule, sans qu'elles menacent de dépasser ; la barbe lui mange toute la face ; les oreilles ont reculé derrière la tête et grandissent en pointe. Il est inquiétant à voir.

Sa décision est prise. Il va laisser tout le monde, sans prévenir, pour qu'ils ne le retrouvent pas et voient sa déchéance.
Il retourne à la nature, sentant son appel.

Sergor retrouve une chambre vide lorsqu'il rentre en soirée. Pas un mot.
Après deux jours, il se rend à l'évidence. Heffengen l'a quitté.

Festag 5 sommerzeit

Vigor et Tarja accostent à Zavstra.
Ils retrouvent Sergor et apprennent de sa bouche la disparition d'Heffengen. Sergor confirme que les craintes étaient fondées, il est en mutation !
Il se retrouve donc sans emploi, leur annonce-t-il.
Il pense qu'il faudra deux à trois semaines pour atteindre Erengrad et il leur propose de les guider pour une couronne la journée. Le marché est conclu.

Angestag 20 sommerzeit

Leur voyage confirme que même près de la frontière, la langue est un handicap. Peu sont capables de baragouiner un reikspiel compréhensible.
Sergor leur sert d'interprète et Tarja comprend, par ses questions et ses retours d'informations, qu'il semble intéressé par la Croisade de l'Enfant.
Il pense qu'il y a des opportunités pour se faire de l'argent dans son sillage, se justifie-t-il.
Toujours est-il qu'ils sont bien dans le sillage de la Croisade. En fait, ils suivent sa route depuis quelques jours, peu avant Emsk. Mais cela fait tout de même quelques semaines qu'elle est passée.
Les rumeurs disent qu'elle était pourchassée par le Grand Théogoniste lui-même pour en écraser les restes. Elle se serait déchirée à Wolfenburg, les uns se tournant contre les autres, et s'est morcelée et ne serait plus constituée que de mendiants, de mutants et d'hommes-bêtes qui errent dans le Kislev.

Les fuyards

Ils sont d'ailleurs arrêtés par une troupe de quatre mendiants sales et puants, menée par un certain Frank.
Ils réclament l'aumône et disent qu'ils ne sont que des pèlerins qui ont perdu leur chemin.
Interrogés plus avant par Vigor, ils avouent avoir quitté la Croisade pour rentrer chez eux, à Talabheim, ayant perdu leur foi.
Vigor leur laisse deux pistoles sorties de sa bourse rebondie avant de rejoindre Tarja et Sergor restés à l'écart avant de reprendre leur chemin.

Le répurgateur

À peine une lieue plus loin, ils entendent le son de ferraille d'une armure lourde et la respiration d'un destrier. Un cavalier chevauche un immense étalon noir. Les flancs de la bête ont été profondément entaillés et il a l'écume aux lèvres. Ses yeux roulent en tout sens, pleins de douleur et d'effroi.
Le cavalier est grand et sinistre, une apparence qu'accentue son casque à cornes. Des parchemins et des sceaux de vertu flottent sur son armure noire estampée de symboles de Sigmar, Verena et Myrmidia. Une belle épée au pommeau en forme de crâne est suspendue à la selle dans son fourreau. Son casque est conçu pour ressembler à un crâne grimaçant et cornu. La touche finale de cette imposante panoplie est une cape noire bordée de soie rouge.
Tarja, Sergor et Vigor étant à moitié cachés, ou du moins en retrait, l'homme les hèle en dégainant vivement sa lame acérée et en l'agitant vers eux :

" Montrez-vous, coquins. "

Tarja s'avance et se présente comme une prêtresse d'Ulric en lui demandant ensuite à qui elle a affaires. Les autres se montrent.
Il semble un peu se détendre et rengaine son arme et relève sa visière, se présentant comme Phinéas Vanderhoff, Saint Templier de Sigmar.
Il considère longuement Sergor et Vigor, ignorant ostensiblement Tarja avant de déclamer :

" Hommes de l'Empire, aujourd'hui la Providence a frappé à votre porte. Ce n'est nullement par hasard que se croisent nos routes. En vérité, je vois que le destin lui-même est à l'oeuvre. "

D'un geste théâtral, il lève alors les yeux aux cieux et ses traits se relâchent. De longues secondes passent, durant lesquels Tarja et ses compagnons paraissent abasourdis par l'attitude de l'homme. Les yeux de Phinéas redeviennent clair, son extase passée, et il embrasse les voyageurs du regard comme s'il les voyait pour la première fois.

" Oui, je le vois bien maintenant. Vous ferez parfaitement l'affaire ! Venez ! Les hérétiques sont tout près ! "

Il tire à nouveau son épée et crie :

" Pour Sigmar ! Pour l'Empire ! " et s'élance pour poursuivre sa route.

Il n'est naturellement suivi par personne. Après quelques instants sous l'effet de la surprise, Tarja sonne le départ vers Erengrad.

Confrontation

Mais à peine quelques minutes après, des bruits de bataille se font entendre dans la direction prise par Phinéas.
Ils reviennent sur leurs pas voir de quoi il en retourne : Phinéas combat du haut de son destrier Ham, l'un des mendiants aperçu plus tôt, le plus crasseux. Celui-ci est comme fou et charge Phinéas pendant que les trois autres en profitent pour prendre la poudre d'escampette. Sans prendre le temps de faire leurs adieux, tous trois partent dans des directions différentes pendant que Ham... se fait hacher par Phinéas.

Tarja, Vigor et Sergor tournent les talons et évitent de se faire remarquer.

Le soir, au campement, avant la nuit complète, Phinéas réapparait. Il traine Frank au bout d'une corde.
En voyant le campement, Frank hurle :

" Ce sont eux, ce sont eux ! "

Phinéas leur ordonne sèchement de lâcher leur armes, sans condition ni discussion. Mais ils refusent.
Il éperonne son cheval et charge en direction de Tarja...