jeudi 19 décembre 2019

L'anus de la peste

La bagarre fait rage mais les cultistes finissent par la perdre.
On croit un instant Piwi tué par un nouveau coup reçu à la tête par la femme-gargouille, mais Dame Esther a pu rassurer tout le monde, il n'a été qu'assommé.

Que faire maintenant ?
Banek prend le seau des mouches pour tenter de se faire guider vers une des sorties de la clairière mais Piwi, qui finit par recouvrer ses esprits grâce aux soins de la prêtresse, leur instille le doute. Il pense être là au centre du labyrinthe, donc potentiellement à l'entrée du temple.
Entre Banek et Piwi, tout autant pour la force brute que pour le sens de l'orientation, il est aisément possible de discerner lequel des deux est le meilleur. Sachant que le nain est resté perdu 5 jours entre quelques haies, la remarque fait donc réfléchir.
Sans doute voulaient-ils ne pas l'admettre, mais une seule entrée est évidente : celle par où sont apparus les cultistes, excrétés soudainement de l'espèce d'anus géant auquel ils font face !
Faut-il réellement passer par là, et comment ? Le seau des mouches ne semble pas provoquer par sa simple présence l'ouverture de cet orifice.

Le temple

Banek se met au sale - très sale, puant, et répugnant travail. De sa hache, il "tue" la chose, entaillant tout le pourtour. Une fois les dernières convulsions passées, rien ne s'ouvre comme par magie, mais le sphincter semble relâché.
Naturellement, tout le monde refuse de passer.
Après un long moment, Alido finit par craquer et se porte volontaire. Elle passe une jambe, puis la seconde et s'enfonce dans la chair molle, puante et suintante, comme dans des sables mouvants. Finalement, prise de panique, elle se ravise et ressort - non sans que Banek ait essayé de l'en empêcher.
Nouveau conciliabule pour savoir qui va y aller. Dame Esther qui en a vu d'autres se porte volontaire. Il n'y a pas de corde pour la maintenir. Tant pis, Banek finit par se proposer. Lui ne recule pas. Il se laisse engloutir, la hache levée vers le ciel.
La hache finit par ne plus descendre et rester la seule partie visible. Elle semble immobile un long moment, puis elle s'agite. Alido l'attrape pour la tirer et sortir Banek mais elle est tirée violemment vers le bas, manquant d'emporter Alido.
Le signal n'est pas clair : y a-t-il danger, ou faut-il suivre ?
Tous finalement se décident à passer et se retrouvent de l'autre côté de la chair morte, sur un palier d'escalier sombre qui descend. Les murs ne sont pas faits de chair, mais d'une roche veinée de bleu qui pourrait la rappeler.
A l'odeur de merde se mélange celle très forte de la sueur et de l'urine. Cela ne fait qu'empirer en descendant.

Antichambre

Au bas de l'escalier, des petits replis cachent des paillasses remplies d'asticots, mais autrement vides.
Au delà, une grande pièce, une sorte de salle commune assez vaste pour abriter de nombreux cultistes. Ça et là des reliefs de repas moisis restent sur les tables. Une pièce contient une cellule privée, tout aussi vide, mais avec quelques vêtements de type paysan. Une autre pièce abrite une petite bibliothèque, bien sûr axée sur Nurgle. Le livre le plus ouvragé est nommé, d'après la tranche, le Liber Pestilencia. Personne n'y touche !

Salle d'attente

Un nouvel escalier mène plus bas. On y perçoit des marmonnements lointains, sans doute des chants étouffés.
Au bas de l'escalier, après un coude, une lumière indirecte. Alido cache sa lumière et Banek s'avance doucement dans l'obscurité lorsqu'un bras décharné se tend, manquant de l'attraper.
Le nain est entré dans une pièce remplie de cages où végètent divers prisonniers - sans doute la plupart à l'état de cadavres, décomposés pour certains.

Le dément

Mais la première abrite un homme bien vivant, couvert de sang. Les yeux exorbités, il s'agite et crie :
Libérez-moi !
Les injonctions de silence et de calme que profèrent Banek n'y font rien. L'homme est soit déjà dément, soit en panique totale et il continue de crier la même rengaine.
La présence horrifiée de Dame Esther n'y change rien : Banek, par deux fois, abat sa hache sur l'homme pour le faire taire !
Le résultat est convaincant : l'homme, dorénavant mort, se tait !
Mais Dame Esther et les autres n'ont pas le loisir de discuter de l'acte car les chants continuent mais maintenant une lumière vacille et des bruits de pas approchent. Tout le monde se met en embuscade...

(pour votre santé mentale, et la mienne, j'ai évité toute image d'illustration sur ce post, je laisse votre imagination travailler...)

jeudi 5 décembre 2019

Lucius

Aubentag 19 Ulriczeit 2523

Bien que la villa incarne l'infâme influence de Nurgle, elle reste néanmoins calme et il est possible de s'y reposer la nuit sans y être dérangé.
Au matin, Banek est à nouveau opérationnel, il peut à nouveau marcher et parler.
La question est de savoir s'ils vont essayer de voir le grand-père de Geneviève où aller directement dans le labyrinthe de haies pour trouver le temple.
Ils ont perdu du temps par rapport à Manfred et à Gregor : les cultistes sont donc déjà prévenus de leur présence, mais ils ne sont pas venus. Quant à Karl, s'il est trop tard, ce n'est pas le fait qu'ils rendent visite ou non à Lucius qui va les retarder. Tous décident donc de se rendre chez Lucius, seule Alido est réticente.
Piwi fait promettre à Geneviève ne de pas dire à son grand-père qu'il a tué Erich, le fils préféré, et sa femme. Le but reste tout de même, indirectement, d'aider la famille Hahn en nettoyant le temple. Geneviève négocie alors le fait de ne pas être amenée au temple, ni ligotée seule dans la maison.

Dans la cave à vin

Elle les conduit donc à la cave. Celle-ci est dans l'obscurité complète. Elle pue l'urine, le vin rance et l'humidité. Un tapis de scarabées s'éloigne avec célérité à chaque pas que Piwi et Geneviève, en première ligne, font.
Une voix cassée et hésitante leur intime l'ordre de ne pas approcher. Celle de Lucius. L'homme reste prudemment caché derrière une étagère de bouteilles.
Piwi lui demande ce qu'il sait des cultistes, car il est là avec ses amis pour rechercher un enfant enlevé par eux, et aussi si possible, pour les détruire. Il lui demande comment faire - tout en essayant de s'approcher, mû par une curiosité malsaine pour apercevoir le monstre que Geneviève leur a à peine décrit.
Évidemment, Lucius n'a aucune idée sur comment détruire la secte. Ne l'aurait-il pas fait lui-même autrement ?
Il sait juste que le temple est protégé par la magie noire et que le nombre de cultistes est plus limité en ce moment, depuis la chute d'Archaon.
Il se lamente de la situation, expliquant que c'était de sa faute. Ruprecht n'aurait jamais pu accéder à tant de pouvoir si lui, son père, n'avait fait le commerce d'objets "rares" dans ses entrepôts. Il aimerait bien aider, mais ne sait comment.
Son comportement reste étrange, il alterne les imprécations pour demander à Piwi de s'éloigner puis lui demande, d'une drôle de voix, de s'approcher.
Peu à peu, il s'approche, pour essayer de voir l'homme, ou ce qu'il en reste.
Une fois assez près, la conversation s'arrête. Le monstre lui bondit dessus en hurlant :
Libérez-moi !
Presque nu, décharné, il ne ressemble plus qu'à une marionnette manipulée par un énorme insecte qui recouvre tout son dos. Les pattes de la bête sont enfoncées dans le corps de l'homme, semblant manipuler ses membres. Une langue ou un tentacule a l'air de se nourrir de la sueur et du pus que Lucius excrète par ses blessures.
Sur ses gardes, Piwi recule prestement. Dame Esther aide Geneviève à remonter au rez-de-chaussée. Lucius renonce à les suivre.

Piwi tient alors sa promesse. Ils indiquent qu'il se rendent au labyrinthe, laissant Geneviève libre dans la maison. Mais Piwi la suit discrètement afin de s'assurer de ses actes : elle remonte pleurer sur le corps de ses parents, marmonnant des paroles incompréhensibles.

Le verger

Le chemin vers le labyrinthe passe par un verger délabré.
Une seule pomme, rouge, parfaite, reste accrochée à un arbre, au milieu de l'hiver. Sans réfléchir, par réflexe, Dame Esther tend la main pour la cueillir. Elle attrape la pomme qui aussitôt se désagrège, relâchant un suc pourri et acide sur sa main. Malgré les soins, elle ne peut plus la bouger !
Mais il faut continuer, l'entrée du labyrinthe végétal est juste là, à quelques mètres.

Le labyrinthe végétal

Se fiant au seau des mouches, mis en évidence par Piwi, bras levé, le hobbit avance au milieu des haies hostiles. Banek ayant expliqué qu'il ne fallait pas toucher les fleurs, qui dégagent un pollen aveuglant. De même, les haies sont pleines de ronces agressives. N'étant pas entretenue, il est difficile de circuler au milieu de la végétation sans la toucher.

Au milieu du chemin, un corps. Face contre terre.
Il s'agit de celui de Manfred !
A part quelques égratignures, il n'a qu'une blessure évidente, à la jugulaire. Son corps est blanc comme un drap, il s'est vidé de son sang. Pourtant, il n'y en a que peu sur le sol gelé. Pour Alido qui se remémore ce qui l'a amenée à quitter Pfeifeldorf, il lui semble évident que celui-ci a été tué par un vampire !
Voilà une nouvelle peu rassurante...

Trônant au centre du labyrinthe, un petit monticule d'un pied de haut semble fait d'une chair huileuse et bleuâtre. Des vrilles ou des racines noires qui en émanent s'enfoncent dans la terre alentour. Le monticule tressaute régulièrement, comme s'il était vivant et des fluides jaune verdâtre semblent circuler à travers la surface translucide de la peau.
Lorsque Piwi s'approche, le monticule s'ouvre compulsivement depuis son centre, la chair se contractant vers l'extérieur, laissant échapper un bruit répugnant et humide et une affreuse odeur.
Puis, sont éjectés, avec un nouveau bruit ignoble, trois mutants. Ceux-ci sont semblent tout aussi surpris que Piwi et ses compagnons.

Le seau des mouches ne les arrêtent pas : une fois remis de leur surprise, ils se mettent à l'attaque, motivés ou effrayés par la présence d'une prêtresse de Shallya.
Une créature à la peau bleue, mi-femme, mi-gargouille, allonge sa langue sur plusieurs mètres vers Piwi. Le manque de peu.
Mais ce n'est pas le cas d'un homme grotesquement obèse qui, "protégée" par un être malingre à tête, littéralement, de rat, décoche une flèche qui éclate le cuir chevelu du hobbit, laissant s'écouler un sang rouge et abondant devant ses yeux...



lundi 25 novembre 2019

Geneviève

Tout le monde sort de l'infâme pièce, la fillette de force, le nain trainé par Alido.

Il est alors l'heure de s'expliquer avec l'inconnu. La discussion avec l'homme est tendue.
Il dit s'appeler Gregor Schlossberger.
Il est arrivé ici en suivant les hobbits et la prêtresse de Shallya qui passaient sur la route alors qu'il quittait Wolfenburg.
Il se demandait ce que faisait ce groupe hétéroclite dans le coin et est resté discrètement derrière lorsqu'ils sont entrés dans cette villa abandonnée. Lorsqu'ils sont ressortis avec un nain et le corps d'un des hobbits, il est cette fois entré dans la villa à leur suite lors du second passage. Lorsqu'ils sont entrés par l'arrière, il les a suivi et est passé discrètement au premier, lumières éteintes, pour voir s'il y avait des choses intéressantes à récupérer. Après la guerre, les temps sont durs, et la villa, bien qu'en mauvais état, recèle sans doute d'objets de valeur. Mais en haut de l'escalier, il a entendu des pleurs. Il est entré dans la chambre, a vu la fillette près du cadavre et s'est approché. Et là, le monstre tapi a surgi et lui a bloqué la sortie. Heureusement que juste après un moment de stupeur qui lui a paru une éternité, le nain a ouvert la porte et attaqué la chose.
Alido ne le croit pas, Piwi a aussi du mal, mais ils le laissent partir. Piwi surveille qu'il quitte bien la maison, pas très tranquille de se retrouver blessé et seul avec un Grégor limite menaçant au rez-de-chaussée.

Ils se rendent ensuite dans la pièce d'en face de la pièce de l'horreur pour faire le point. C'est une chambre, depuis longtemps abandonnée et inoccupée, elle est sale, mais moins touchée par les bénédictions de Nurgle.
Des soins sont prodigués et Dame Esther essaie d'enrayer l'empoisonnement de Banek. Il est vivant, semble conscient avec ses yeux grands ouverts, mais incapable de bouger. En tout cas, une mobilité revient très lentement au bout des doigts, mais il ne peut pas parler.
C'est l'heure d'interroger la fillette. C'est principalement Piwi qui s'en charge.
Après les soins de Dame Esther, il a été constaté qu'elle ne semble pas souffrir de mutation évidente.
Elle est sale, maigrichonne, avec une peau parsemée de bleus et d'éraflures, mais rien qu'un peu de repos, de soins, d'alimentation équilibrée ne pourraient régler.
Bien qu'elle se débatte, elle ne refuse pas de parler. Elle ne pleure pas mais n'oublie pas de rappeler à la moindre occasion à quels assassins elle a affaires : celui qu'ils traitent de monstre n'était que son père et sa mère réunis. Ils étaient vivants, seulement un peu malades et elle s'occupait d'eux. Les nourrissait. On comprend alors qu'elle insinue que Grégor n'était qu'une proie qu'elle a amené vers elle par ses pleurs !
Alido n'y croit pas vraiment, elle est sure que Grégor fait partie des cultistes et est reparti dans le labyrinthe prévenir les autres de leur présence, des fois que Manfred ne l'ait pas déjà fait.
Elle s'appelle Geneviève Hahn et a toujours vécu dans cette maison, sans trop sortir. Elle croit que son grand-père Lucius est encore dans la maison. Mais il est lui aussi malade, avec une sorte de gros insecte sur le dos, et se terre le plus souvent à la cave. Il ne veut pas qu'elle s'approche de lui. Sa grand-mère Irmella est là aussi, mais elle a perdu la tête, elle ne fait que répéter "Tuez le tueur" !
Tout ce qui s'est passé ici, c'est à cause de son oncle, Ruprecht, qui vient encore de temps en temps.
C'est lui qui a rendu tout le monde malade et a ensuite amené ses amis, des brigands crasseux. Ils ont fait des travaux à l'extérieur, du côté du labyrinthe végétal et la tienne prisonnière ici.
De temps en temps, certains viennent la voir, prendre des nouvelles et semblent curieux et respectueux à son égard. Ils lui apportent un peu de nourriture, mais pas assez pour la nourrir elle et ses parents. Ce sont eux qui lui ont donné le collier qu'elle a autour du cou, le même que celui que portait Manfred - qui s'est enfuit avec.

La chambre de Ruprecht Hahn

Elle les amène ensuite dans la chambre de son oncle Ruprecht. Elle n'est plus utilisée depuis un moment et a été vidée. Il reste cependant des boites vides et un certains nombre de déchets.
Parmi ceux-là, des fragment d'un journal intime qui permettent de reconstituer une partie de l'histoire de Ruprecht :


Il faut aller le plus vite possible au labyrinthe. Karl y est et il risque d'être trop tard et le collier d'Irmella est sans doute un sceau des mouches, qui leur permettra d'entrer dans le temple. Mais sans Banek, c'est un suicide. Dame Esther ne sais pas s'il survivra et récupérera l'usage de ses membres, mais le pense, mais ne sait pas quand. Certains mouvements reviennent, mais lentement.
Ils décident de passer la nuit dans la chambre.
Quant à Irmella, elle devra les accompagner.
Cette dernière ne veut absolument pas aller dans le temple, ni rester sur place ligotée et mourir là parce qu'ils ne reviendront pas.
La décision est remise au lendemain.

lundi 21 octobre 2019

Le manoir

Le combat fait rage. Les nurglings sortent peu à peu de la mare et submergent les visiteurs de la villa.
Ils se contentent de se recroqueviller en défense mais après que quelques nurglings tombent, ces derniers se retirent dans la mare. Mais non sans avoir fait des dégâts auparavant. Piwi est gravement blessé et, surtout, Dame Esther se penche sur Zora : elle n'a pas survécu aux nombreuses petites morsures !

Entre dans la danse, depuis l'arrière de la villa, un nain. Manifestement de la secte des Tueurs, il porte un chapeau de répurgateur sur la tête.
Que fait-il donc ici ?
Il dit s'appeler Banek Blackboar. Il accompagnait un répurgateur pour détruire le culte de Nurgle dont c'est ici le quartier général. Malheureusement, ils se sont perdus dans une sorte de labyrinthe végétal derrière la villa vivant dont ils n'ont pu se sortir. Le répurgateur qui l'accompagnait a succombé à une embuscade de cultistes. Quant à lui, ça fait 5 jours qu'il était coincé dans le labyrinthe, les bruits extérieurs de combat l'ont aidé à s'en sortir.
Lui, ce qu'il veut, c'est retrouver de suite les cultistes.

Le moment de stupeur passé devant l'apparition, Piwi n'a pas le temps de pleurer sa cousine Zora. Il faut évacuer la dépouille de Zora. Ils apportent le corps, soigneusement emmailloté loin de la propriété, le cachant dans un bosquet près de la route principale et espérant pouvoir faire des obsèques plus tard.
Dame Esther récite une homélie, mais on voit qu'elle n'en a pas l'habitude, Shallya s'occupant plutôt en temps normal des naissances et des mariages.

Sans attendre le lendemain, Banek, Dame Esther, Piwi et Alido retournent vers la Villa Hahn pour déraciner le mal qui l'habite.
Ils hésitent entre l'exploration de la villa elle-même et celle du labyrinthe où Banek indiquait qu'il était la source de toute corruption. Ils décident de visiter la villa, dans l'espoir d'obtenir des indices ou aides permettant de trouver, par exemple, le plan du labyrinthe.

Banek donne un coup de hache par l'entrée de service. La porte ouverte, l'odeur qui s'échappe est épouvantable. La noirceur à l'intérieur est presque surnaturelle. Malgré la lanterne allumée par Alido, la lumière reste faiblarde. L'intérieur était luxueux mais est abandonné. Les moisissures ont recouvert les anciens papiers peints. Des sons étranges semblent provenir de partout et nulle part. L'odeur est si repoussante qu'elle rend difficile l'entrée dans le manoir à cause des hauts-le-cœur.

La salle à manger

Alido essaie de trouver l'origine des sons entendus : l'ancienne salle à manger semble-t-il.
Un nuage de mouches recouvre des restes depuis longtemps disparu du dernier repas servi dans la demeure.
Tuez le tueur ! Tu es le tueur ! Tuez le tueur ! Tu es le tueur !
Cette petite phrase ambigue, répétée à l'infini, provient d'une apparition qui prend peu à peu forme. Le fantôme d'une femme dont la tête bouge spasmodiquement de droite puis de gauche. De la bile noirâtre s'échappe de sa bouche.
Piwi épouvanté, qui était le plus avancé dans la pièce, s'enfuit promptement. Le fantôme ne quitte pas la pièce mais finit par s'effacer une fois tout le monde sorti.

Le reste du rez-de-chaussée est composé d'une librairie encore emplie de livres, principalement d'histoire et de commerce ; d'un grand bureau sur lequel sont encore posés des livres de comptes ; d'une cuisine remplie de mouches dont certaines sont croquées par Banek ; de quartiers pour les serviteurs et d'un bel escalier double menant à l'étage.

C'est cet escalier qu'ils empruntent. Ils suivent un couloir, entendant faiblement des pleurs. Il y a quelqu'un à l'étage.

La chambre de Geneviève

Les pleurs proviennent d'une jeune fille en sueur qui se trouve derrière une créature venue tout droit des enfers. Le chose semble être formée par la fusion de deux êtres, un homme et une femme, dans des angles impossibles. La peau de la créature est d'un noir huileux et a l'aspect de celle d'une limace couvertes d'horribles pustules infectés. Des piques acérées et des tentacules sortent ça et là de l'être.
Derrière tout cela, un homme, grand, tient une épée ensanglantée, regardant d'un air ahuri la fille et la créature, le corps d'une femme en sang gît à ses pieds.

Banek n'hésite pas une seconde et frappe le monstre présent dans la pièce.
Ce dernier réplique mais ne se contente pas de frapper en retour. Il semble plutôt errer entre les différents ennemis qui se présentent, déplaçant avec lui un nuage de mouches.
L'homme à l'épée, sans mutation apparente, rengaine et sort un arc. Il semble se mettre du côté des nouveaux arrivant et concentre ses flèches sur l'Immonde.
Banek ne résiste pas longtemps : un des tentacules possédant une pointe acérée l'érafle et, très rapidement ses mouvements se font lents, très lents. Il met les genoux au sol et ne parvient plus à bouger. Son regard montre qu'il est bien conscient et voit ce qu'il se passe. Il est empoisonné !
A partir de ce moment-là, la bête l'ignore.

Dame Esther semble vouloir invoquer des miracles shalléens mais perd un peu contenance et n'arrive pas à se concentrer pour prier. Elle finit par essayer de terrasser la créature de son bâton.

La fillette, elle, essaie de faire barrière de son corps frêle entre les coups portés par la bête - qui n'attaque pas le petite - et les autres :
"Arrêtez, je vous en supplie" crie-t-elle
Tous les protagonistes l'ignorent, en évitant de la blesser, jusqu'à ce qu'elle profite d'un mouvement où elle peut fermer la porte de la pièce dans laquelle elle se trouvait et laisser derrière elle Piwi, Dame Esther et Alido. Elle n'est plus qu'avec la créature qui s'acharne sur l'inconnu, et le nain qui agonise.

Piwi ne parvient pas à rouvrir la porte, il faut que Alido lui prête main forte. La créature est au contact de l'inconnu.
Dame Esther regagne un peu de contenance et parvient à imposer les mains sur un Piwi bien affaibli qui était à deux doigts de passer de vie à trépas au moment où la créature lui a foncé dessus quelques secondes auparavant.
C'est d'ailleurs lui qui, profitant de l'ouverture de la porte, terrasse finalement la créature d'une flèche.

La fillette hurle, enrage, et se rue avec ses petits poings sur le hobbit :
"Assassin, vous avez tué mes parents !"
Puis, d'une voie plus gutturale :
"Je vais vous massacrer !"
Elle ne représente cependant pas une grande menace et Dame Esther, presque maternellement, l'écrase sous son poids, permettant à Piwi de l'immobiliser avec sa ceinture.

Quelques claques faites au nain et l'expertise de Dame Esther lui font dire qu'il ne va pas mourir. Il commence d'ailleurs à pouvoir bouger l'extrémité de ses doigts et à ouvrir la bouche pour parler, mais il ne parvient qu'à se baver dessus sans pouvoir articuler.

L'homme ramasse pendant ce temps l'arc qu'il avait fait tomber. Il n'a pas encore dit un mot et Alido se positionne afin de l'empêcher de quitter la pièce.

La fillette se tortille vainement pour se défaire de ses liens.

Le corps de la créature se vide lentement de son sang infecte, attirant toutes les mouches présentes.
On croirait presque, au-delà du bourdonnement, les entendre se repaître de ce sang mêlé de pus...

jeudi 19 septembre 2019

Les métamorphoses de la Villa Hahn

La nuit à l'auberge se passe finalement bien. Piwi parvient à quitter l'auberge avec Manfred sans se faire remarquer, laissant juste quelques mouches et une odeur pestilentielle derrière eux.
Les filles les rejoignent bientôt et ils partent vers Hergig.

Arrivés à Hergig, Manfred leur fait comprendre qu'ils doivent entrer, traverser la ville et la Louve par le Pont de la Porte de l'Est, toujours debout et gardé.
Il leur propose alors de leur dire exactement où est le Temple de la Peste en échange de sa libération, car ils n'arriveront pas à passer Hergig avec lui !
Dame Esther ne s'en laisse pas compter : hors de question de lui faire confiance. Elle demande à Piwi... de le tuer. La surprise de ce dernier n'est pas feinte. Il sort son surin et semble hésiter. Il ne fait qu'enfoncer légèrement la lame en restant interrogatif face à ce que demande Esther.
Cette dernière ne fléchit pas et devant l'hésitation de ce dernier Manfred finit par craquer : très bien, il sait comment passer. Il connait certains gardes qui laissent le passage en ville pour 10 pistoles par tête. Alido, comme souvent, avance les fonds.
Ils campent en attendant le milieu de la nuit pour passer. Tout se passe comme convenu, portes de la ville et péage au pont sont laissés ouverts, et ils terminent donc leur nuit de l'autre côté de la Louve, en Ostland.

Le matin, le groupe reprend la route vers le Nord, en direction de Wolfenburg.
Il est rapidement clair, à l'étonnement d'Alido, que la Croisade est passée par là avant eux !
Ils pressent le pas et arrivent à Kienbaum à bout de souffle. Zora traine la patte et voudrait se reposer. Mais Alido et Esther poussent à continuer au plus vite.
Ils ne peuvent pas s'arrêter au village dévasté par la guerre à cause de Manfred et doivent se contenter, aux frais d'Alido, de refaire leurs réserves de nourriture, une dizaine de semaines de rations.

Le pont en ruine

La route vers Wolfenburg repasse par un pont mais, hélas, ce pont n'est plus qu'une ruine. Ristedt, le petit hameau sur l'autre rive semble abandonné mais une barque reste attachée en face.
Zora décide de se jeter à l'eau afin de ramener la barque.
L'eau, pas loin d'être gelée, le tétanise. Arrivée au milieu, elle ne peut plus avancer et commence à paniquer. Piwi entre et ressort de l'eau aussitôt, Dame Esther dit à Alido qu'elle n'y arrivera pas et cette dernière prend sur elle et part aussi à la nage pour sauver Zora. Elle poursuit jusqu'à l'autre rive et ramène la barque pendant qu'Esther allume un feu pour les réchauffer. Ce sera un miracle si elles ne tombent pas malades !

Villa Hahn

Ils poursuivent leur route, toujours sans se reposer, vers Château Lenkster.
Il n'y a là plus trace de la Croisade qui a continué plus au Nord.
Manfred leur expliquent qu'ils sont maintenant arrivés, avant le château. Un petit chemin forestier au bord de la route mène après 200 pas à l'entrée de la Villa Hahn, toujours habitée par la famille Hahn de ce que Manfred en sait. C'est ici, le Temple de la Peste. Il tente, vainement, de négocier sa libération mais il est, au contraire, outre ses menottes, encore plus attaché. Zora lui lie les jambes de manière à lui empêcher de courir.

Le portail

L'entrée du domaine est marquée par des portes en fer rouillées soutenues par des murs délabrés. Une plaque de bronze apposée sur l'un des piliers soutenant les portes indique "Villa Hahn". L'enceinte est en piètre état. Les portes se sont progressivement affaissées et ont sombré sous la boue de la moitié de leur hauteur.
De l'autre côté, la boue laisse la place à une petite route pavée encadrant un bassin et menant au manoir.
Il ne reste presque rien de la splendeur d'antan du manoir. Les murs agrémentés autrefois de vives couleurs ont déteint et la couche graisseuse virant sur l'ocre qui les recouvre à présent lui donne un aspect maladif. Les fenêtres ont toutes été murées.
Les superbes jardins qui semblaient entourer autrefois le manoir ont disparu. Les terres sont boueuses, puantes, et envahies d'effroyables entrelacs de mauvaises herbes et de plantes hideuses, gelées par les frimas hivernaux. Malgré le froid, quelques insectes bourdonnent dans l'air de désolation qui imprègne ces lieux.

La mare

Piwi est le premier à pénétrer en faisant grincer les portes, bientôt suivi de Zora.
Ils se faufilent dans les jardins, se cachant dans les bosquets, vers l'aile ouest du manoir.
Piwi arrive au bord d'une petite mare. Sa surface opaque et huileuse renvoie un arc-en-ciel partout où un rayon de lumière l'atteint. Le vieux banc en bois près de lequel Piwi passe suggère que ce lieu était autrefois tranquille et apaisant mais il a laissé la place à un puits de pure immondice.
Et il y a même un mouvement sous le banc. Une petite créature d'un pied de haut sort et s'approche de Piwi, avec les bras ouverts et un grand sourire espiègle éclairant un visage... immonde, un corps nu, vert et boursoufflé, le tout parsemé de tumeurs cancéreuses et suantes de pus.
Piwi ne laisse pas le petit être l'étreindre et plante son couteau dans son corps putride.
Voyant cela, Dame Esther perd son calme et court vers Piwi. "Un immonde nurgling", crie-t-elle en abattant son bâton sur le petit être. Il n'a pas le temps de faire quoi que ce soit que Zora, depuis son bosquet, déclenche une flèche. Le nurgling ne survit pas.
Alido, elle, tente d'attacher Manfred à la grille.
Seul, le nurgling n'était pas une menace, mais, alertés par le brouhaha, d'autres mettent leur nez hors de la mare et ont l'air moins amicaux face au massacre que leur frère a subi !

jeudi 5 septembre 2019

L'Assommoir

Bezahltag 15 Ulriczeit 2523

La crainte de Dame Esther se confirme, le village n'est pas guéri. Après son inspection matinale, il s'avère qu'il y a une rechute.
Le puits a été rouvert, mais il est de toutes façons inutilisé car gelé. L'approvisionnement en eau se fait toujours à la rivière.

Konigstag 16 Ulriczeit 2523

Deux nouvelles rechutes sont à déplorer.

Angestag 17 Ulriczeit 2523

Pas de nouvelle rechute, mais Piwi s'impatiente. L'adrénaline lui manque. Il a accompagné Dame Esther à la demande de Zora et elle est bien arrivée. Il veut aller en découdre avec le culte de Nurgle.
Alido lui explique qu'elle ne partira pas sans l'accord de la prêtresse, suite à la promesse qu'elle lui a faite (et surtout parce que c'est aussi avec elle que Manfred a conclu un marché).

Piwi s'étonne en outre que Manfred leur disait que les cultistes l'attendaient pour effectuer le rituel sur Karl.
Il va clarifier le point avec Manfred.
Il tombe de haut : Manfred dit qu'il n'est pas une pièce essentielle en lui-même, mais que ses prières, ajoutées à celles-des autres, facilitent le rituel. Voilà pourquoi il disait être attendu. Mais dans les faits, il n'est pas indispensable à l'accomplissement du rituel !
Piwi pense donc qu'il faut repartir sans attendre.

De retour à Kietchdorf, Piwi supplie Dame Esther et finit par avoir gain de cause, contre l'assurance qu'elle puisse retourner ensuite à Kietchdorf afin de voir si le village est effectivement bien guéri.
Dame Esther passe le reste de la journée à enseigner les soins à prodiguer pour préparer le village à son départ.

Piwi repart dans une séance de négociations. Cette fois avec Gerhard Dietrich, le propriétaire de la taverne du village, l'Assommoir.
Il négocie 10 semaines de nourriture avec lui alors qu'ils ne sont officiellement que 3 à partir (Zora et Manfred sont toujours cachés et inconnus au village).
Avec le temps glacial à l'extérieur et les supplications du hobbit, Gerhard finit par accepter, mais il demande alors qu'il fasse tout pour lui ramener son fils.
En effet, il a disparu il y a environ 5 mois. Gerhard est sûr que ce sont les cultistes qui lui ont pris. Il s'appelle Johann et a 19 ans. Il porte peut-être encore un anneau familial à la main droite. Gerhard donne à Piwi celui qu'il possède, l'autre a été fait en même temps. La bague est de facture plutôt médiocre et représente de toute évidence une tentative maladroite pour se conférer un vague sentiment d'importance.
S'ils trouvaient Johann, Gerhard promet à Piwi une belle récompense : il rapporte de sa chambre un objet enveloppé dans un tissu. Il le dévoile théâtralement : il s'agit d'une vague pierre brunâtre, pas très impressionnante. Gerhard affirme qu'il s'agit là d'un grenat d'une grande valeur.
Piwi n'est pas convaincu, mais accepte tout de même de bon cœur de libérer Johann s'il est tenu par les cultistes.

Festag 18 Ulriczeit 2523

Cela fait des jours que l'eau ne dégèle pas, même en pleine journée. La rivière est entièrement prise par les glaces, mais cela n'arrête pas le petit groupe. Esther, Alido et Piwi quittent le village et rejoignent Zora et leur prisonnier, Manfred.
Il se mettent en route pour le Temple de la Peste !

Mais, avant d'arriver à leur première étape, Müden, où se trouve l'Auberge du Chat Noir, ils doivent passer un pont. Sous celui-ci, Zora y repère un troll et pense qu'elle a été vue.
Piwi, avec un Manfred en laisse et récalcitrant, s'avance sur le pont vide, espérant pouvoir passer.
Mais, lestement, le troll y grimpe et bloque le pont avant qu'il ne puisse le franchir.
Il réclame un péage.
Piwi qui a d'abord reculé à sage distance négocie de la nourriture. Accord conclu.
Le troll veut toutefois qu'elle soit déposée avant qu'ils ne passent.
La quantité est trop faible pour le troll et, malgré les ruses de Piwi pour l'embrouiller, le troll commence à s'énerver.
Voyant que cela tourne mal, Alido, restée en retrait avec Zora et Dame Esther, décide de tenter le passage plus loin, en marchant sur la rivière gelée.
Vous z'avez pas le droit !
hurle le troll en traversant le pont.

Piwi suit le mouvement d'Alido et tous passent la rivière tant bien que mal - Manfred a manqué de faire tomber Piwi dans l'eau glacé à un endroit où la couche de glace commençait à se fendre sérieusement. Le troll qui commençait à les suivre au pas de course (au lieu de passer par son pont) prouve que l'épaisseur était finalement ténue : la glace cède sans coup férir dès qu'il s'éloigne du rivage.
Pendant qu'il se débat pour sortir de l'eau gelée, les autres se carapatent et atteignent au soir Müden et la promesse d'un lit chaud... Sauf pour Manfred et son gardien.
Manfred n'est pas le chef de ses mouches, qui sont collées à lui pour se réchauffer, il ne les contrôle pas et il ne pourra pas passer inaperçu. Il faut donc qu'il dorme à l'extérieur. Piwi espère pouvoir aller dans l'écurie. Mais l'auberge est fortifiée, gardée de nuit par Helmut.

Alido, Zora et Dame Esther se présentent donc à l'auberge tenue par Max, le strigany. Il semble sincèrement heureux de voir Alido mais cette dernière est assez sèche. Elle finit par expliquer qu'elle a perdu ses compagnons lors de sa chasse aux cultistes et que Zora et Dame Esther ont été rencontrées sur la route et l'ont aidée.
Elle espère faire boire Helmut pour perturber sa garde. Mais celui-ci, refroidi par l'accueil d'Alido, mais aussi sérieux quant à son travail, ne mord pas à l'hameçon et reste sobre comme un chameau.

Pendant ce temps, Piwi crochète la porte arrière de l'auberge et passe sans se faire remarquer, avec Manfred, dans l'écurie vide.
Ils se font un petit coin, cachés, pour la nuit.

Zora qui allait dehors pour leur ouvrir sans remarque tout de suite leur présence et va directement aux écuries. Elle leur explique qu'ils ne peuvent pas rester là, qu'il vont être remarqués surtout avec l'odeur et l'apparence de ce "vieux porc" de Manfred. Alido peut même lui prêter une tente.
Piwi refuse cependant d'affronter l'hiver et préfère risquer de se faire remarquer. Ils restent donc, cachés, dans l'écurie.

Zora retourne dans l'auberge. Elle essaie de convaincre Alido d'occuper Helmut avec son entrejambe et sa poitrine généreuse, essayant de faire passer le garde boiteux pour un homme séduisant. Comme elle s'y attendait, c'est une fin de non recevoir qui l'attend.
Elles prennent donc leur chambre, offerte par la maison, prêtes à être réveillées lorsque Helmut découvrira les vagabonds dans l'écurie...

mercredi 7 août 2019

Kietchdorf

Backertag 31 kaldezeit 2523

La nuit fut affreuse. Alido est seule avec son ennemi, gelée, ligotée et au milieu de la puanteur de Manfred et de ses mouches. Ce dernier en plus pérore sans arrêt en lui vantant les bienfaits de Nurgle, sûr qu’il est qu’elle viendra à épouser ses vues. Après tout, Karl, qu’elle prie, n’est qu’un serviteur de Nurgle, comme elle le découvrira au Temple de la Peste à la Villa Hahn, où il retrouvera Tobias, un des proches du Grand Prêtre.

Ils arrivent péniblement le soir à Ruhrhoff ou Manfred récupère quelques biens pendant qu’Alido est laissée attachée à un arbre à l’extérieur. En revenant, il lui assure que ses amis vont bien : ils nourrissent actuellement les préférées de Grand-Père, les mouches. Ils participent donc à multiplier la vie, comme le souhaite Nurgle.
Il lui explique aussi qu’il a ramené une fiole contenant  un peu de la précieuse substance d’un portepeste. Il en ajoute dans l’eau d’Alido, afin que sa transition vers Nurgle soit plus facile. Autant dire qu’elle refuse de boire. Manfred la force mais, même si elle en a en bouche elle parvient à ne pas en avaler.
Le voyage sera long et elle devra boire, ou mourir ! Il ne la forcera plus pour ne pas perdre en vain la précieuse substance. Lorsqu’elle sera prête à boire, il lui donnera.

Bezahltag 32 kaldezeit 2523

Toujours aussi peu reposée, Alido attend la levée du camp. Manfred lui explique qu’il doit se rendre d’abord à Kietchdorf pour terminer le travail qui l’a amené ici d’abord, lui et ses hommes, qu’Alido a tués.
Le village va bientôt basculer dans l’adoration de Nurgle, lui aussi, lorsqu’il comprendra que tout autre espoir est perdu. Leur puits est régulièrement béni par la substance du portepeste. Manfred doit y verser son dernier flacon avant de devoir se réapprovisionner. Il est prêt à recevoir l’aide d’Alido pour cela si elle le souhaite.
Il a cependant un autre problème. Après Kietchdorf, le pont est gardé depuis quelques semaines par un troll. Il ne se voit pas l’affronter, d’autant qu’on ne peut les défaire par les armes. Au pire, il pensait lui troquer Alido contre son passage, mais il préférerait la ramener vivante au Grand Prêtre, à moins qu’elle n’ait une idée lumineuse. Alido évoque un mouton. Pourquoi pas, mais Manfred n’est pas sûr qu’il en reste à Kietchdorf. L’avenir le dira !

Mais l’avenir de Kietchdorf n’est pas forcément lié à Nurgle. Le village a envoyé vers Middenheim deux émissaires : Kaspar Schmeichel, le chef du village et Eduard Sacher, un bûcheron bourru.
Ils devaient plaider leur cause auprès d’un temple de Shallya dans l’espoir que les pouvoirs de la Martyre puissent briser la malédiction de Kietchdorf. Le village se relevait à peine, plutôt correctement, de la guerre, lorsque la maladie l’a étrangement frappé. Kaspar est convaincu que certains villageois se sont tournés vers Nurgle !
Leur périple n’a pas été vain. Leur histoire a touché Esther, une jeune novice de Shallya à qui l’on prête la possibilité de réaliser les miracles de Shallya.
Le petit attelage est reparti plein d’espoir dans les bois sombres de la Drakwald.
Rencontrant une petite troupe de patrouilleurs, ils sont accompagnés sur quelques lieues mais l’un deux, une hobbit du nom de Zora, a été émue par leur histoire.
Sachant que la Drakwald est dangereuse, elle sait que le trio, surtout avec une prêtresse de Shallya, a peu de chances de voir le bout du voyage. Zora tente en vain de persuader ses compagnons de les accompagner. Elle doit donc déserter de la patrouille de Krudenwald.
Ils font cependant un détour vers Bergsburg car Zora y a un de ses cousins qui s’y morfond.
Piwi Morte-Burnes est en effet en forte déprime dans les faubourg de Bergsburg. Il s’était découvert pendant la guerre, luttant avec une force qu’il n’avait jamais cru posséder en lui. Devenu un véritable héros du peuple, la fin de la guerre l’a déprimé. Il est donc tout à fait prêt à suivre Zora pour un autre challenge.
Et l’attelage hétéroclite part pour Kietchdorf et parvient, grâce aux talents de Zora, à éviter de nombreux dangers.
Ils ne sont maintenant plus qu’à un jet de pierre de Kietchdorf où Esther pourra dispenser ses miracles !

Ils entendent soudain des voix. Piwi va explorer avec Kaspar mais ils ne sont pas vraiment discrets et tombent sur un couple étrange. L’homme et la femme discutent en levant leur campement. Mais, chose étrange et peu rassurante, le couple est entouré d’un nuage de mouches. Des milliers d’insectes tournoient autour d’eux sans que cela ne semble les déranger !
Ils n’ont pas le temps d’en voir plus que la femme se lève et court vers eux en implorant leur secours. Elle est menottée.
L’homme, lui, tourne les talons.
Piwi laisse un Kaspar terrifié avec la jeune femme pour poursuivre le fuyard qu’il ne tarde pas à rattraper et à engager avec son surin. L’homme ne se laisse pas faire mais contre toute attente, le hobbit téméraire a le dessus et provoque la reddition de l’homme aux mouches.
Du côté de Kaspar, le bourgmestre demande des secours et Zora finit par arriver pour tenir la femme en joue. Elle dit s’appeler Alido et être prisonnière de Manfred, un cultiste.
Ce dernier, une fois ramené, ne nie pas être un disciple de Nurgle, le Seigneur de la Vie, mais indique qu’Alido est sa femme et qu’elle lui a désobéi, d’où les menottes.
Les dénégations de cette dernière ne lui font bien sur pas changer de discours. Il avoue même, après les accusations d’Alido, qu’ils sont les auteurs de l’empoisonnement de Kietchdorf - via adjonction régulière des fluides d’un portepeste au puits du village - afin de permettre au plus grand nombre de voir la lumière du Seigneur. Le village était bientôt mûr.
Cependant, il réfute l’idée d’être un mutant et lorsque Piwi lui demande de le prouver en se déshabillant, il tente une nouvelle fuite. Il est à deux doigts de réussir, échappant parfois à la vue de Piwi, mais il finit par manquer de souffle.
Pendant ce temps, Esther apparaît à Alido et l’interroge un peu pour confirmer son sentiment. Alido explique sa présence en ces lieux par une chasse aux cultistes responsables de l’enlèvement de Karl. Esther pense que l’histoire d’Alido est vrai car elle colle à la raison de sa présence en ses lieux.
Puis, en présence de Manfred ramené à nouveau par Piwi, la prêtresse surprend son monde en promettant au cultiste une vie sauve s’il les conduit à son chef après qu’elle ait traitée la maladie qui touche Kietchdorf. Manfred ne se fait pas prier pour accepter mais reste vague sur la localisation du Temple de la Peste : à l’écart de la civilisation, caché dans la végétation dans la direction de Wolfenbourg. Encore plus étonnant de la part d’une adepte de Shallya, elle lui promet de la liberté - il ne pourra pas être surveillé en permanence - mais lui demande de ne pas rater son évasion s’il la tente car elle n’hésitera pas alors à le tuer et à le faire souffrir !
Le camp est monté sur place, en périphérie de Ruhrhoff, pour permettre à tout le monde de souffler, panser les plaies et à régler les détails de la suite du voyage ensemble.

Ulriczeit 2523

Aubentag 4 ulriczeit 2523

Kietchdorf est en vue. Pendant le trajet, Piwi s’est longuement entretenu avec Manfred pour tenter de comprendre ses motivations. Pour Manfred, c’est simple : Nurgle est le Seigneur de la Vie et cherche à la multiplier sans accorder plus d’importance à une forme de vie qu’à une autre. Il aime la vie de manière universelle et c’est pour cela qu’il est si bon ! Les maladies peuvent faire peur, mais elles propagent la vie. La mort propage aussi la vie.

Entrer dans la ville

A Kietchdorf, Kaspar et Eduard sont accueillis en héros et Alido et Piwi restent en retrait.

Manfred est caché dans une grotte proche que connaît Eduard qui y a délogé un ours. Il reste sous la garde de Zora.

Esther organise la gestion des soins après avoir fait son diagnostic. Cela demandera beaucoup de travail de cueillette en plein hiver. La plupart des plantes à trouver sont sèches, sous la neige, ça ne sera pas optimal mais il n’y a pas d’autre choix, les malades n’attendront pas l’été.

Le Bras et le Marteau

Elle demande aussi à faire boucher le puits empoisonné pour au moins une semaine. Il faudra s’approvisionner à la rivière. C’est Timm, un forgeron déprimé mais non malade, qui est chargé de le faire. Piwi se penche sur le cas de Timm, le forgeron, qui a perdu sa femme et sa fille parties aux champignons et, pense-t-il, enlevées par des hommes-bêtes. Il lui laisse croire qu’il pourrait les retrouver et lui demande de lui montrer où elles ont disparu. Bien sûr, après presque trois semaines, il n’y a plus de traces. Piwi demande s’il n’y a pas un lieu particulier dans les environs qui pourrait servir de refuge. La caverne aux ours bien sûr ! Il se rend vite compte de sa bourde et parvient avec peine à le faire rentrer au village car c’est dangereux. Eduard rattrape le coup en disant qu’il va voir avec Piwi, sans Timm.
Ils partent pour la nuit porter des provisions à Zora et Manfred. Eduard interroge Manfred sur l’enlèvement des filles. Manfred nie cela. Ceux qui l’ont suivi l’ont fait de leur plein gré. Interrogé sur le temple, il ajoute juste qu’il est… organique.

Marktag 5 ulriczeit 2523

Piwi et Eduard reviennent à Kietchdorf, annonçant à un Timm abattu qu’il n’ont pas trouvé la trace de sa femme et ses enfants.

Angestag 9 ulriczeit 2523

Alido retire son strapping et peut respirer enfin sans douleur

Wellentag 11 ulriczeit 2523

Les symptômes reculent enfin visiblement sur tous les villageois, mais Esther souhaite rester en surveillance car elle craint des rechutes.

mercredi 12 juin 2019

Au bout du chemin


Sitôt les plaies pansées, Elsa fait une reconnaissante rapide du village quasiment abandonné - Karl-Heinz aperçoit une silhouette s'éloigner de lui lorsqu'il tente d'approcher. Ruhrhoff est traversé par un chemin de nord en sud. Karl-Heinz commence à vouloir fouiller plus avant mais les deux filles prennent rapidement la route du nord, espérant rejoindre château Lenkster, mais sans vraiment savoir où ils vont arriver...

Mais le froid et la douleur costale qui handicapent Alido les obligent à monter le campement assez tôt, au milieu des collines humides et inhospitalières.

Ils font un feu de camp et Karl-Heinz monte la première garde, mi-assis, mi-allongé dans sa couverture. Il parvient à ne pas s'endormir et son attention est attirée par un étrange bourdonnement : de nuit, en plein hiver, quelques mouches passent devant ses yeux.
Alerté par ce phénomène étrange, il est aux aguets et parvient à parer l'attaque : un homme tente d'abattre un lourd gourdin dans la nuque de Karl-Heinz, mais ce dernier parvient à se retourner et se servir de sa couverture levée pour amortir le coup.
Les mouches viennent de là, un nuage entoure l'homme, les insectes sortent de sa bouche, entrent dans ses narines et vrombissent tout autour. Cela ne semble pas le gêner. Par contre, lorsqu'elles s'attaquent à Karl-Heinz qui sonne l'alerte, le dégoût et la gêne sont bien réels.
L'homme ne semble pas avoir de complice et Karl-Heinz se relève armé de sa hache pour lui faire face. Mais, lourdement blessé comme il est, ses gestes sont lents et lourds.
Elsa se saisit d'un brandon et se rue sur l'homme. Mais son geste précipité, alors qu'elle n'était pas tout à fait réveillée, est maladroit et elle trébuche dans sa couverture.
Pour tout arranger, alors que Alido fait une rapide prière à Karl, Kalr-Heinz se roule de douleur, se recroquevillant sur ses pieds comme s'il venait de marcher ses des charbons ardents.
L'agresseur se retrouve avec deux personnes à ses pieds !
Il compte bien profiter de l'aubaine et distribue ses coups, mais Elsa dégaine son pistolet et le décharge. La balle ne fait qu'effleurer le flanc de l'homme aux mouches !

Karl-Heinz parvient à se relever mais la peur de l'homme décuple ses forces. Il porte alors un coup magistral sur Karl-Heinz et... lui défonce la cage thoracique et l'envoie voler dans le feu !
Karl-Heinz ne se relève pas et ne s'en relèvera plus.
Il a joué avec le feu en ne se ménageant pas malgré son état, il est mort juste avant de tomber dedans !

Se sentant en supériorité, l'homme propose aux filles de se rendre, mais elles l'ignorent. Alido sort enfin péniblement de ses couvertures avec ses armes en mains pour aider Elsa.
Elsa abat son épée sur l'homme mais ce dernier arrête l'épée qui se plante dans son gourdin et de force repousse l'arme vers le cou de la jeune fille.
Il presse avec force. Elsa peine à résister.
La lame s'approche du cou... Le sang finit par gicler, à flots.
Elsa s'écroule, sans vie, dans la mare vermillon de son propre sang !

C'est la catastrophe. Deux fidèles soldats de l'enfant-dieu viennent de tomber, coup sur coup.
Les espoirs de Karl ne reposent sans doute plus que sur une seule personne !
Alido préfère se rendre.

L'homme, Manfred, désarme Alido et la ligote. Il s'assure ensuite que ceux qui sont tombés sont bien morts, y plantant l'épée d'Alido dans leur cœur.
Il finit par l'interroger sur ses buts.
Face à la répugnance que lui inspire l'homme constamment entouré de mouches, Alido n'a pas besoin d'être poussée pour révéler ce qu'elle faisait à Vormanhaus : elle est sur la trace de l'enfant.
Manfred la rassure, il est en sécurité au Temple de la Peste.
Manfred est d'ailleurs embêté de la situation. Que faire de sa prisonnière ? Tobias savait qu'il était suivi et lui avait demandé de s'occuper de ce problème pour que le rituel ne soit pas interrompu puis le rejoindre.
Il pense donc ne pas tuer Alido. Tobias sera sans doute ravi de récupérer une prisonnière de valeur. Étant une inconditionnelle de Karl, le voyant comme un dieu - Manfred a entendu les prières qu'elle a lancées à Karl - elle pourra peut-être finir par être des leurs lorsque Karl les aura rejoint. Sait-elle si c'est Karl qui répond à ses prières, et non pas Grand-Père Nurgle ? Ne seraient-ce pas ses prières qui ont terrassé inexplicablement son compagnon ?

Karl et Nurgle. Les deux ne feront bientôt qu'un !

mardi 28 mai 2019

Les Cultistes de la Maladie Éternelle

Sur leurs gardes à cause de la silhouette que Alido a aperçu, les deux filles finissent par quitter la maison pour essayer de rencontrer celui ou celle qui rôde.
Leurs recherches et leurs appels ne mènent à rien et elles se résolvent à retourner sur leur pas pour terminer, aux aguets, leur nuit.
Le petit jeu du chat et de la souris se poursuit une bonne partie de la nuit : la fenêtre est attaquée à coup de pierre, une ou deux flèches sont décochées sur la porte. Bref, la nuit est loin d'être de tout repos et seule une silhouette fuyante a pu être aperçue dans la nuit sans lunes.

Marktag 30 kaldezeit 2523

Au matin, il est temps de chercher la maison d'Ansel Vorman.
Ça tombe bien, la seule maison possédant un étage est toute proche.
La chaumière a miraculeusement survécu à la guerre. D'apparence modeste, c'était certainement un lieu tout à fait idyllique à l'époque où la ville était prospère. A présent, le toit et une bonne partie du premier étage ont disparu, les portes et les fenêtres ont été condamnées, les murs sont décrépis et le jardin n'est plus qu'un parterre désordonné de mauvaises herbes.
Les planches qui condamnaient la porte principale de la maison ont été arrachées et jetées à terre dans le désordre le plus complet. La porte est encore grande ouverte.
Alido, suivie de ses trois compagnons, y pénètre après avoir fait une reconnaissance de l'extérieur. L'intérieur de la maison est parfaitement vide. Tout ce qu'elle abritait a depuis longtemps été emporté par les propriétaires ou volé par des pillards. Le sol est recouvert d'éclats de bois brisé et de pierres acérées suite à l'écroulement d'une partie du premier étage, auquel un escalier permet d'accéder. Les lieux sont tapissés d'une épaisse couche de suie et de poussière et une odeur infâme imprègne toute la maison. Elle est assez forte pour obliger Elsa à sortir pour régurgiter son déjeuner avant de pouvoir poursuivre, un tissu devant le nez.
Une fois une torche allumée, direction la cave dans l'espoir de retrouver le collier. A l'entrée, on devine que la source de l'odeur pestilentielle est la cave. Le spectacle est plus horrible encore : les murs et le sol sont couverts de sang ; des esquilles d'os et de petits quartiers de chairs étrangement conservés sont répandus au sol comme une éclaboussure.
L'odeur et la vision sont insupportables, forçant toute le monde sauf Karl-Heinz a rebrousser rapidement chemin pour respirer de l'air frais.
Karl-Heinz se retrouve seul dans le noir et, imperturbable, tente de sortir une torche de son sac pour l'allumer.
Mais il est vite alerté par les bruits au rez-de-chaussée : Alido, Elsa et Devin sont pris dans une embuscade. Quatre hommes leur barrent la sortie : deux frappent Devin qui était le premier à passer le seuil, deux autres tirent à l'arc.
Le combat est acharné : Devin tente de forcer la sortie, Elsa esquive d'un cheveu un gourdin qui manque de lui écraser le crâne, Alido sent un autre coup de gourdin lui briser l'une ou l'autre côte.
Le renfort d'un Karl-Heinz avec ses béquilles n'empêche finalement pas Devin de tomber sous les coups des assaillants mais ils finissent tout de même par avoir le dessus, parvenant à faire un prisonnier dont la jambe a été brisée. Cependant, l'un des hommes, Mannfred, a pu s'enfuir.
Ce sont à nouveau des mutants. Dieter, le prisonnier, regarde ses bourreaux avec sa peau parsemée d'une bonne centaine d'yeux horrifiés.
Face à un Karl-Heinz n'hésitant pas à torturer sa jambe cassée, il ne met pas longtemps à parler : ils sont là sous les ordres du Grand Prêtre du Temple de la Peste. Ils avaient pour ordre de surveiller la maison et d'éliminer ceux qui y fouinaient.
Karl-Heinz insiste pour savoir où est le Grand Prêtre : au Temple de la Peste, bien sûr. Le temple serait établi à la villa Hahn, au nord-ouest vers Wolfenburg, non loin du château Lenkster.
Pensant que les explications de Dieter sont suffisantes et énervé parce que ce dernier lui promet que Karl-Heinz sera bientôt des leurs, il le n'interroge pas d'avantage et met fin à ses souffrances !

mardi 7 mai 2019

La Colombe et l'Épée (3)

La Colère de Shallya

Valdric propose à Karl-Heinz de tenter d'utiliser la salle d'opération du temple pour soigner un peu mieux son genou avant qu'il ne reste boiteux à vie, car elle est équipée des outils et produits nécessaires.
Karl-Heinz accepte de prendre le risque et il se fait donc charcuter son genou. Valdric enlève quelques esquilles d'os et referme ensuite la plaie.
Tous retournent ensuite vers l'auberge du Chat Noir, Hieronymous dans l'espoir de confondre l'aubergiste et Karl-Heinz, malgré son état, dans l'espoir de reprendre la route vers Ruhrhoff et la maison natale d'Ansel Vorman.
Valdric s'entretient à voix basses avec son maître pendant quelques minutes, l'air préoccupé.

Arrivés au Chat Noir, la composition du groupe présent sur place est assez étonnante : Max, le strigany est là, discutant tranquillement avec deux autres hommes, l'un à la jambe de bois et le second en tenue de cuisinier.
Hieronymus tente d'éclaircir la situation : Wilhelm, le cuisinier a découvert vers midi, en allant à la cave pour récupérer des vivres, le strigany ligoté et bâillonné. De l'or et quelques armes étaient rangés non loin. En libérant Max, ce dernier expliqua qu'il ne savait pas ce qu'il faisait là, il s'était réveillé dans cet état.
Quant à l'argent et aux armes, ce sont ceux qui avaient été dérobés.
Tout le monde est donc heureux de retrouver ses possessions disparues.

Hieronymus fait part de sa théorie.
Dekmar fournit, au prix fort, la Colombe et ses mutants en toutes sortes de biens et vivres.
Se sentant piégé, il a vu en la présence d'un strigany et en l'arrivée de Karl-Heinz, Alido, Elsa et Devin une aubaine pour lui sauver les fesses.
Il a fait disparaître le strigany en l'enfermant dans sa cave et volé Karl-Heinz, Alido, Elsa et Devin. Il a ensuite fait porter le chapeau du larcin à Max et a profité de la colère des victimes du vol pour les diriger dans un nid de mutant.
Il espérait donc que les mutants soient éliminés afin qu'ils ne puissent pas parler lorsqu'ils finiront par tomber sous les fourches caudines de l'inquisiteur.
Sentant peut-être les faiblesses de son plan, il s'est aussi fait la malle, abandonnant son auberge mais laissant derrière lui le fruit de ses larcins, sans doute dans l'espoir de ne pas être poursuivi.

Le Destin du Chat

Ensuite, il a été impossible d'en parler à Dekmar. Celui-ci était parti avec toutes les montures et la vieille carriole toute bariolée dans laquelle il était arrivé il y a quelques mois lorsqu'il était venu l'auberge. Vu les questions de l'inquisiteur peu avant et la position du strigany, Wilhelm le cuisinier, Helmut le garde de nuit et Max ont conclu que Dekmar avait définitivement mis les voiles - sans leur payer leurs gages. Ils discutaient alors de reprendre l'auberge ensemble.

Les nouveaux propriétaires proposent donc un prix pour la nuit à Alido, Elsa et Karl-Heinz.
Les inquisiteurs eux veulent repartir directement à la recherche de Dekmar avant que les traces de l'aubergiste ne refroidissent. Ils conseillent à Karl-Heinz de venir avec eux pour se faire soigner à Hergig. Valdric pense qu'il y va de sa vie s'il ne se fait pas soigner correctement. Mais Ruhrhoff n'est plus très loin et il refuse.
Les inquisiteurs en tout cas leur disent qu'ils pourront les retrouver à Talabheim à leur chapitre, s'ils avaient besoin d'aide dans leur chasse.
Hieronymus prend, avant de partir, Alido à part pour l'entretenir puis ils prennent la route ; Heironymous fixant intensément quelques secondes Karl-Heinz de ses yeux bleus perçants avant de la saluer.

Durant le reste de la journée, Alido fabrique une paire de béquilles pour Karl-Heinz et les deux dorment dans la même chambre qu'ils verrouillent soigneusement.

Festag 27 kaldezeit 2523

C'est parti, direction la dernière étape avant Ruhrhoff selon Devin : Kietchdorf.Seulement, sur le pont qui permet de traverser la Kiefer, Devin a pu voir qu'un troll avait fait son repaire.
Hors de question de passer par là, surtout dans leur état.
Devin explique qu'il n'y aura sans doute pas de guet proche mais qu'ils peuvent longer la Kiefer s'ils faisaient une croix sur une halte à Kietchdorf. Il croit se souvenir que Ruhrhoff est sur la  même berge qu'eux, car un autre pont traverse la rivière peu avant Ruhrhoff.
Par contre, cela signifie qu'il marcheront hors piste, ce qui peut être problématique avec le genou de Karl-Heinz.
Ils décident tout de même de sortir des sentiers battus.
Effectivement, Karl-Heinz les ralentit beaucoup.
Par contre, il ne semble étrangement pas souffrir de trop - bien que son genou gonfle beaucoup.

Aubentag 29 kaldezeit 2523

Vormanhaus

Laborieusement, peu avant le coucher de soleil après trois jours passés dans les Collines Blanches, une contrée dangereuse qui mêle coteaux et marécages, ils arrivent dans les ruines de ce que Devin leur présente comme Ruhrhoff.
Les pavés des routes ont été retournés et le sol a subi des ravages dont il ne se remettra pas de sitôt. La plupart des bâtiments et des maisons ont été brûlés et rasés et les rares structures ayant survécu ont vu leurs portes et leurs fenêtres condamnées. De temps à autres, un grand "X" est peint en jaune sur les portes.
Alido aperçoit toutefois un mouvement dans les rues désertes. Peut-être un homme en guenilles. Elle court pour le rattraper mais lorsqu'elle atteint l'angle de la maison où il a disparu, il n'y a plus trace de lui.

La nuit étant tombée, il décident de s'abriter dans une maison condamnée. Ils commencent à forcer la porte lorsque Alido entend des bruits à l'intérieur. Ils poursuivent et finissent par entrer. La maison est occupée, sans doute par des mendiants vu l'odeur fétide et les paillasses à l'intérieur.
La fenêtre opposée est ouverte. Ils ont quitté les lieux.
Ils s'installent en montant des tours de garde.
Alido débute et, au bout d'un long moment, elle entend des bruits suspects à l'extérieur. Discrètement, elle jette un œil et finit par apercevoir une silhouette dans la pénombre, qui se déplace vers la maison.
Elle réveille discrètement ses compagnons...

lundi 22 avril 2019

La Colombe et l'Épée (2)

La discussion parvient toutefois à s'installer autour du compromis suivant, plus à cause d'un rapport de force du côté des mutants que par la persuasion de Dame Isolde : ils quittent les lieux en paix mais reviendront plus tard - sous-entendu non voilé : avec du renfort.
Mais cela laissera le temps aux mutants de déguerpir.
Dame Isolde propose des soins à Karl-Heinz et Alido, qui les refusent.

Arrivée inopportune de la Justice

Elle demande alors qu'ils aident à enterrer Otfried et Hans : alors qu'ils s'apprêtaient là aussi à refuser, la porte du monastère s'ouvre brusquement et Hieronymus apparaît, flanqué de ses deux acolytes. Tous trois ont leurs armes tirées. Les yeux gris de Hieronymus balaient l'assemblée de mutants et finalement s'arrête sur Karl-Heinz et gronde d'une voix sourde :
Que faites-vous là ?

L'Épée ou la Colombe


Karl-Heinz se défend en criant qu'il s'apprêtait à les détruire.
Alido hésite.
Elsa prend Dame Isolde avec elle en lui disant de se mettre à l'abri. Elle suit Elsa, faisant signe à Gert, le mutant à tête de brute qui la suit partout, de rester sur place.
Hieronymus reprend :
Je vois. Je vous donne une chance de prouver votre innocence, purgez-moi la terre de la présence de ces hérétiques et ramenez moi la fille vivante.

Combat pour l'Épée


Les mutants, passé un moment de stupeur, savent qu'ils n'ont plus rien à perdre et s'engagent dans un combat contre les nouveaux arrivants.
Karl-Heinz s'en prend à Gert et il ne tarde pas à être encerclé et se faire rouer de coups pendant que le reste de la meute essaie de faire face à Hieronymus et Ragen.
Dame Isolde fausse alors compagnie à Elsa et va aider ses amis par des prières qui referment leurs blessures, mais moins vite qu'elle n'apparaissent !
Alido finit par se joindre à la mêlée et Elsa un peu plus tard également pour aider un Karl-Heinz submergé et sévèrement atteint qui bat en retraite mais qui est poursuivi par Gert qui commence à l'étrangler.
Les mutants ont cependant le dessous et seuls restent debout Dame Isolde et Gert, une force de la nature. Dame Isolde lui demande de fuir mais elle est abattu en fuyant d'un coup brusque par Hieronymus qui regrette immédiatement son geste réflexe alors qu'il essayait auparavant de la maîtriser.
Gert n'abandonne pas et ramasse le corps de sa maîtresse pour partir avec elle, mais il finit par être mis à terre par le surnombre.
Aucun mutant n'a survécu, ni Dame Isolde.
Karl-Heinz est lui sérieusement touché au genou et à l'épaule gauches.

Valdric lui administre les premiers soins et doit même effectuer une opération sur le champ de bataille sur son bras, fracturé au niveau du coude.

Pendant ce temps, Hieronymus demande des explications sur leur présence en ces lieux. Elsa indique qu'ils cherchent leur argent qui a été volé par le strigany, selon l'aubergiste. Ils ont suivi la piste et se sont retrouvés sur place.
Ragen hoche discrètement la tête à Hieronymus et ce dernier accepte leur version, et leur explique même qu'il pense comprendre la motivation de Dekmar.
Il soupçonnait ce dernier d'une collusion avec les mutants qu'il recherchait. Il pense que ce roublard a berné Karl-Heinz, Alido et Elsa en les mettant sur la piste du monastère afin qu'ils détruisent les mutants avant qu'ils ne soient trouvés par Hieronymus. Mais il n'en aura hélas pas la preuve, il n'y a pas de survivant pour témoigner.

Il demande de l'aide pour sortir les corps afin de les brûler ce qu'Elsa refuse dans un premier temps. Hieronymus se fend tout de même d'expliquer qu'il représente l'autorité et que sa requête n'est que purement rhétorique. Les cadavres sont donc sortis et Alido et Elsa se proposent de fouiller le monastère pendant qu'il s'occupe des corps. Requête acceptée.

Exploration du monastère

La fouille du monastère révèle que l'étage est inutilisé, sauf pour une pièce reliée au rez-de-chaussée qui sert de dortoir pour les mutants.
Au rez-de-chaussée, ils trouvent notamment le bureau de Dame Isolde qui sert aussi de laboratoire alchimique. Il renferme de nombreuses notes, mais elles sont en bretonnien, que personne ne sait lire.
Dans la cuisine, un ragoût de légumes aux herbes mitonne, laissant planer un appétissant fumet. Mais personne n'a l'idée de goûter un plat préparé par les mutants. Sur la table, un livre de philosophie a été laissé ouvert.
Il y a également, découverte trop tard pour Karl-Heinz, une salle d'opération avec une pièce de réveil parfaitement fonctionnelles.
Plus angoissant, jouxtant la salle d'opération, une porte est barricadée par des planches clouées. La mention "Danger" y apparaît, peinte en rouge.

Elsa se précipite, un peu vite, pour écouter à la porte sans prendre la peine d'observer. En moins d'une seconde, une chatière à laquelle elles n'avaient pas prêté attention s'ouvre. Un tentacule en sort et attrape la jambe d'Elsa et la cloue contre la porte !
Un second tentacule sort et s'attaque à Alido venue prêter main forte à Elsa. Les deux filles parviennent difficilement à se libérer et chaque camp se retire.

Ils discutent alors avec Hieronymus de ce qu'il convient de faire par la suite. Elsa propose de tout brûler. La question qui se pose est celle du mode opératoire.
Ils décident de bloquer la chatière, de mettre le feu à la porte avec les fioles d'huile d'Elsa et d'attendre à l'extérieur, à l'abri des fumées, la sortie de la bête pour le détruire.
Le plan est plus qu'efficace puisque, une fois la porte brûlée, rien ne sort : la bête a suffoqué et Hieronymus s'assure bien de sa mort en la transperçant plusieurs fois. Il explique qu'on appelle cela un enfant du chaos. Un mutant tellement déformé par ses mutations qu'on ne peut presque plus deviner sa part d'humanité. Les autres mutants ne pouvaient sans doute plus le contrôler et l'ont enfermé, se refusant à le tuer.

Hieronymus permet à Karl-Heinz et aux filles de prendre ce qu'ils trouvent sur place, même s'il le déconseille - surtout pour les potions dites de soin qui pourraient s'avérer néfastes. Mais il comprend qu'ils ont aidé et sont dans le besoin s'ils viennent d'être volés, perdus en pleine nature.
Hieronymus prend les notes de Dame Isolde et laisse donc les autres se servir : il y a là principalement 10 couronnes, 5 potions de soin, une rapière, une armure de cuir et deux nécessaires de chirurgie et d'alchimie.
Hieronymus et son groupe vont maintenant retourner vers l'auberge du Chat Noir pour interroger plus avant Dekmar, en espérant qu'il soit toujours là. Il conseille fortement à Karl-Heinz de les suivre pour se faire soigner à Hergig. Voyager plus loin risquerait de lui être fatal !

mardi 2 avril 2019

La Colombe et l'Epée (1)

Angestag 26 kaldezeit 2523

Un voleur dans la nuit

Après une très bonne nuit de sommeil, Elsa se réveille et, en rassemblant ses affaires, remarque la disparition de sa bourse. La porte de sa chambre n'est plus verrouillée, la clé est tombée au sol.
Folle de rage, elle rassemble ses affaires et descend dans le but de se plaindre à l'aubergiste.
En bas, elle tombe sur Devin qui est en train de se préparer pour la journée. Dekmar Falkenheim, l'aubergiste, n'est pas en salle. Une fois informé, Devin vérifie ses affaires : sa bourse est aussi absente.
Il réveille sans ménagement Karl-Heinz qui constate lui aussi la disparition de sa bourse et de sa hache de guerre, Olga, ainsi que de quelques drogues.

Conversation avec le Chat

Elsa monte prévenir Alido pendant que les hommes vont frapper à la chambre de Dekmar.
Ce dernier leur ouvre, les yeux rougis, un mouchoir en main. Il s'avère qu'il a lui aussi été volé et est complètement défait en apprenant que c'est aussi le cas de ses clients.
Tout en pleurnichant, il explique qu'il connaît le coupable :

    Le vieux Gregor, le garde de nuit, m'a réveillé peu avant l'aube. Il m'a dit avoir aperçu quelqu'un escaladant la porte arrière, qui donne vers la forêt. Il dit qu'il l'a pris en chasse mais Gregor a une jambe de bois, il n'a pas pu le rattraper. Je suis sorti du lit pour vérifier que rien ne manquait. Mon coffre a été ouvert et vidé. On a vérifié a l'extérieur pour voir si rien ne manquait. Lorsqu'on a regardé si tous nos invités étaient là, bien sûr, plus un signe de ce type sournois qui voyageait seul ! Je le savais, une mentalité de peau-verte !
    J'ai bien sûr pensé que Heironymus et ses gars aideraient leur hôte dans le besoin, ou au moins le prétendraient. Je lui ai même donné la direction où Gregor avait vu le voleur courir. Droit vers les ruines dans les bois. Mais s'en souciait-il ? Pas le moins du monde ! Il avait des affaires soi-disant plus urgentes. Putain de patrouilleurs ! Que Morr les emporte au plus profond de son royaume !
   
Karl-Heinz demande à voir la piste où Max, le strigany a disparu.
Ils s'apprêtent à sortir de l'auberge lorsqu'ils sont rejoints par Elsa et Alido. Alido a aussi été délestée de sa bourse et de quelques babioles.
Karl-Heinz demande alors à parler à Gregor, mais Dekmar explique qu'à cette heure, il doit être en train de cuver son vin.
Elsa s'énerve encore plus, menaçant l'aubergiste si jamais la piste ne mène à aucun voleur.

La chasse à Max Eggrad

Dans la forêt

Ils empruntent un sentier dans la forêt.
Devin remarque que le chemin n'est pas si inusité qu'il le semble de prime abord. La végétation qui empiète sur le chemin est abîmée. Il y a aussi de vieilles traces plus profondes de roues, mais plus de traces de pas après une centaine de pas. La neige qui tombe doucement les a recouvert.
En progressant, la forêt devient plus épaisse mais la route est toujours là et au bout d'une paire d'heures Devin réalise subitement que les deux arbres de part et d'autre de la route n'en sont pas. Ce sont les restes d'une vieille arche, les ruines d'une porterie. Au-delà, dans la cour, se tient un temple sur deux étages avec un dôme. Les murs sont grêlés et tâchés de vieux graffitis. Le temple en lui-même, malgré son âge, apparaît remarquablement solide.
La cour est à l'abandon, envahie par les herbes folles mais dans un coin sur la gauche du temple il y a un petit jardin bien tenu et encerclé par une petite palissade.

Le monastère de Saint Grunwald

Il y a une entrée secondaire. Aucun bruit. Elsa la garde, non loin de Devin, pendant que les autres empruntent l'entrée principale dont les double-portes sont à moitié tombées.
L'antichambre est vide. Il y a deux passages latéraux (dont les portes sont au sol) et un grand passage protégé par une vieille couverture qui fût blanche.
Karl-Heinz jette un œil au-delà : c'est le temple lui-même.
Deux hommes sont agenouillés, en prière, devant un autel de fortune couvert d'un drap blanc et surmonté d'une statuette de colombe. Un autel dédié à Shallya ?
Le premier est entièrement chauve et porte de vieilles robes brunes. Le second est blond hirsute et porte un uniforme jaune et rouge, sale et usé.
L'homme entend les chuchotements de Karl-Heinz et se retourne et, terrorisé, il hurle :
Des intrus !

La seconde bataille de Saint Grunwald

Un petit malentendu

Karl-Heinz court vers lui. L'homme attrape un pistolet qui était devant lui au sol. Devin essaie, d'une flèche, de lui faire lâcher l'arme. En vain. Karl-Heinz arrive sur l'homme et le frappe à la jambe.
L'homme chauve s'est emparé d'un gourdin et s'approche.
Karl-Heinz a un instant d'hésitation devant une vision dérangeante : le chauve a un visage sans aucun trait : pas de poils, pas d'yeux ni d'ouverture au niveau du nez et de la bouche. Ils sont dessinés mais il n'y a que de la peau !
Profitant de l'hésitation, l'homme au pistolet tire dans le ventre de Karl-Heinz mais la balle ne fait que l'effleurer.
Elsa puis Alido se joignent au combat. Le mutant et le soldat ne se rendent pas, malgré les invitations formulées par Karl-Heinz. Les intrus ont rapidement le dessus.
Pendant qu'Elsa et Karl-Heinz inspectent les cadavres, Alido et Devin gardent l'entrée mais Devin se fait surprendre par un nouvel arrivant surgi d'un des passages latéraux.
Celui-ci ne montre aucune émotion. D'un regard de glace, il attaque Devin puis Alido, qu'il blesse. Lui aussi est un mutant, sa peau est étrange, et même mouvante. Son visage acéré est barré du même type de cicatrice qu'Elsa.

Arrivée à temps de la Miséricorde

Stop !
Arrêtez-vous, je vous en supplie !
L'injonction vient d'une voix féminine. Une jeune femme vient d'arriver par l'entrée principale depuis l'extérieur. Belle, armée d'un bâton et vêtue de robes blanches sur lesquelles est accrochée une broche à l'effigie d'une colombe. Aucune trace visible de mutation sur elle. Mais derrière elle se tient une brute avec un air abruti, mi-homme, mi peau-verte.
L'homme aux cicatrices baisse son arme et parle avec déférence à la jeune femme, lui disant que les intrus ne les laisseront pas vivants.
Alido se recule mais Karl-Heinz qui arrivait en courant ne s'arrête pas et tente, vainement, de frapper l'homme.
Mais alors que le combat partait pour s'engager à nouveau, deux nouveaux mutants arrivent.
Voyant l'inversion de l'équilibre des forces, Elsa parvient à raisonner Karl-Heinz mais la situation reste tendue.
Dame Isolde, c'est le nom de celle qui semble être une fidèle de Shallya, va d'abord voir les victimes et accuse leur meurtriers.
Elle avoue sans honte s'occuper des malades : ce ne sont pas des engeances du Chaos comme Karl-Heinz les accuse, mais des malades qu'il faut soigner. Et elle a déjà réussi en soigner.

Conversation avec la Colombe

Karl-Heinz ne recule pas au niveau de ses arguments et la discussion ne semble pouvoir aller nulle part. Ils veulent quitter le temple, mais ils sont "invités" à rester...

lundi 18 mars 2019

La piste du cultiste (2)

Aubentag 5 kaldezeit 2523

Villes notables


Talagaad

A l'aube, Elsa descend dans la pièce commune de l'Anguille pour y retrouver Devin mais c'est Alido qu'elle croise.
Elle lui explique qu'ils ont un guide et, lorsque Devin apparaît, le lui présente.
L'homme explique qu'il leur a trouvé un bateau jusqu'à Hergig, qui part le matin même : le Kador. Il leur a négocié le transport pour 15 pistoles par personne et par jour et 30 pistoles par jour pour Boris, sa monture. Il attend bien entendu que la traversée lui soit payée.
Alido part alors réveiller Karl-Heinz avec un seau d'eau : ça tombe bien, il cuvait dans son vomi !
Le capitaine explique qu'il faut compter une semaine jusqu'à Hergig et régler d'avance.
Karl-Heinz propose de partir plutôt à pieds : il n'a pas les fonds nécessaires et pense s'être fait volé pendant la nuit.
Alido, qui ne doute pas qu'il ne se souvienne plus de ce qu'il a fait de son argent dans l'état d'ébriété avancé qui le caractérisait, avance les fonds pour lui, tandis qu'Elsa paie sa part.
Ils peuvent donc à nouveau quitter terre et Karl-Heinz baptise le bateau avec ce qu'il lui restait dans l'estomac : un peu de bile à l'odeur âcre d'alcool.

Festag 11 kaldezeit 2523


Hergig

La traversée jusqu'à Hergig sur la Louve prend finalement 7 jours et se déroule sans histoire. La rivière est beaucoup plus étroite que la Talabec, enserrée la plupart du temps par la sombre Drakwald. La circulation est maintenant très rare, tout comme les signes de vie, même en arrivant en périphérie de Hergig.
La capitale provinciale est d'ailleurs en reconstruction lente : elle est tombée pendant la Tempête du Chaos, les murs d'enceinte en témoignent, et a perdu 95% de sa population. De nombreux réfugiés sont toutefois revenus mais la majorité des maisons sont abandonnées et souvent en ruines.
L'appontement pour amarrer le bateau est reconstruit, mais c'est encore du provisoire. Une seule auberge est ouverte sur les quais, le Rat Muet. Ils s'y installent donc.
Après une longue négociation avec Devin, Alido consent à y passer 2 nuits, le temps de se reposer et préparer l'excursion : la suite se fera à pieds.

Wellentag 12 kaldezeit 2523

C'est une journée de repos marquée par divers achats - Karl-Heinz y laisse sa dernière couronne : provisions, couchage, vêtements chauds et tentes.
Ils peuvent ainsi rapidement gouter à l'ambiance de Hergig : les habitants s'inquiètent des rats et des maladies qu'ils peuvent apporter. Il semble que ceux-ci quittent massivement leurs égouts à l'approche de l'hiver pour venir chercher leur pitance en surface, par nuées entières. Des victimes d'attaques de rats auraient même été signalées dans les quartiers les plus pauvres !

Aubentag 13 kaldezeit 2523

Ils sont finalement bien contents de quitter cette atmosphère délétère pour s'enfoncer à pieds dans la Drakwald, direction Stöckse.
Ils ne suivent pas toujours le chemin car Devin doit éviter quelques rencontres, mais au prix d'une progression plus longue.
L'étape à Stöckse est expresse mais, après le village minier, le paysage change. La Drakwald cède la place à des petites collines, parsemées de vaux marécageux. Le chemin, lorsqu'il est suivi, est parfois difficile à pratiquer.

Konigstag 25 kaldezeit 2523


À l'enseigne du Chat Noir


Un accueil moins que chaleureux

Ils parviennent toutefois sans encombres, en soirée, à Müden au bord de la Kiefer, après 13 jours de marche au lieu de la semaine prévue. A l'entrée du village, l'auberge fortifiée du Chat Noir a étonnamment ses portes grandes ouvertes, malgré l'heure.
Le logis est éclairé mais pas un son ne sort de l'auberge.
Devin est inquiet et Alido part en éclaireur. Elle jette un oeil à l'intérieur et voit seulement deux hommes assis chacun à une table différente. Ils ont l'air calmes. Par contre, aucun personnel n'est visible. Elle revient sur ses pas en passant par l'écurie : elle est fermée mais elle entend au moins la présence d'un cheval.
Ils décident d'entrer en restant sur leurs gardes.

A l'ouverture de la porte, l'homme qui était placé dans une semi-obscurité, à une table sous un escalier, se lève pour les accueillir, bras ouverts. Il est très jeune, porte de lourdes robes au-dessus d'une maille. Un tatouage lui barre le front. Karl-Heinz reconnaît en lui un jeune initié de Verena, le tatouage représentant une balance stylisée.
Bienvenue au Chat Noir, je suis Valdric Boehm. Je crains que l'aubergiste ne soit occupé mais il pourra répondre à vos besoins dans peu de temps. Prenez donc un siège.
Puis il va pour se rassoir mais Karl-Heinz le questionne sur son appartenance à Verena, sur la notion d'inquisiteur et de répurgateur, sur ce qu'il se passe.
Valdric semble vouloir en dire le moins possible, mais ils apprennent tout de même que l'aubergiste est en entretien avec son maître et que lui-même est effectivement un disciple de Verena. Ce qui intéresse le plus Karl-Heinz est la sémantique : il semblerait que les sigmarites utilisent des répurgateurs alors que les verenéens appellent leurs forces d'enquête les inquisiteurs.
Puis ils se tournent vers l'autre homme présent, qui suivait intensément ce qu'il se passait. Il porte des vêtements de voyage crasseux et dit se nommer Max. Il a un accent strigany mais affirme être seul et ses vêtements ne sont pas à la mode strigany. Ce qui ne colle pas avec leurs habitudes. La discussion est brève puisque aucune des deux paries ne semblent vouloir sortir de sa réserve.

Finalement, alors que Karl-Heinz s'impatiente, une porte s'ouvre. Valdric se relève pour accueillir son maître : un grande homme barbu aux yeux gris portant lui aussi de lourds habits de voyage et armé jusqu'aux dents. Une armure de plaques apparaît sous sa cape. Autour de son cou pend à une corde de cuir le symbole de l'épée vérénéenne, à la garde dorée en forme de balance. Il adresse un sourire sombre aux nouveaux arrivants et dit pour quelqu'un derrière lui :
Herr Falkenheim, on dirait que vous avez des nouveaux invités.
Valdric, va voir si les portes sont closes pour la nuit, on dirait que le soleil est déjà couché.
Valdric sort fermer l'auberge et deux autres hommes apparaissent derrière ce que Karl-Heinz suppose être un inquisiteur. Le premier, grisonnant, a un visage marqué par les années passées à l'extérieur. Mais malgré son apparence, il porte un beau pistolet à sa ceinture sur lequel il laisse reposer sa main gauche. Le second est un homme corpulent vêtu simplement, mais ses habits bien coupés sont quelque peu froissés. C'est l'aubergiste, il prend place derrière le bar.
L'homme aux yeux gris approche de la table des croisés et les salue :
Bonsoir voyageurs. Je m'appelle Heironymus Lang et voici mon compagnon de voyage, Ragen Schaffer. Pouvons-nous nous joindre à vous ?
Karl-Heinz accepte et les deux, rejoints ensuite par Valdric, s'installent. Hieronymus leur commande une bière pour se faire pardonner du retard à leur prise en charge.
L'aubergiste les sert puis quitte quelques minutes la pièce pour préparer le repas.

Conversation avec l'Épée

La conversation avec Heironymus est presque à sens unique, mais au moins il leur offre aussi le repas.
Ils apprennent peu mais racontent beaucoup, faisant confiance à l'inquisiteur. Alido et Karl-Heinz lui expliquent assez précisément ce qu'ils font ici. Heironymus est très intéressé mais ne fait pas mine de vouloir les aider ou les accompagner.
De l'autre côté, ils n'apprennent de Hieronymus que peu de choses :
  • il vient de Talabheim ;
  • il est là pour faire régner l'ordre ;
  • il parcourt les endroits ou les patrouilleurs ne vont pas, ou seulement une fois l'an avec le bailli pour lever l'impôt.
Ses compagnons n'ont pas desserré les lèvres. Ragen a l'air renfrogné alors que Valdric boit la parole de son maître.
Avant de les quitter pour dormir, car la fatigue se fait fortement ressentir pour tout le monde, Heironymus refroidit l'ambiance :
Attention à vous, vous me parlez de cultistes. Mais jusqu'à preuve du contraire, vous en êtes vous-même aussi. Vous appartenez à une secte qui, à ce que je sache pour le moment, n'est pas reconnue par le clergé !
Sur ces paroles, ils montent se coucher dans leur chambre à l'étage.

Alido et Elsa prennent chacune une chambre.
Karl-Heinz et Devin négocient la pièce commune. L'aubergiste, Dekmar Falkenheim, ne les place pas près du feu mais à un coin de la pièce où ils ne gêneront pas le lendemain matin.
Alors qu'une fine couche de neige recouvre les toits, l'auberge s'enfonce dans un profond sommeil...