mercredi 31 janvier 2024

Fantanbad libérée


Le jeune homme termine sa course, les quatre fers en l'air, dans l'eau. Il a juste le temps de se relever dans l'espoir de se joindre à la mêlée que son compagnon parvient à venir à bout de l'homme-rat qui tentait de fuir par une conduite.

Plus loin, ils entendent de l'agitation et ne perdent pas de temps et s'engouffrent dans la conduite. Un peu plus loin sur leur gauche, le mur latéral est tombé, révélant la présence d'un couloir creusé dans la roche calcaire, d'où proviennent des bruits, des appels à l'aide. D'autres hommes-rats sont là aussi et détalent devant les deux hommes lourdement armés.

C'est Baqir qui appelle à l'aide et qui profite de l'agitation des hommes-rats. L'un d'eux essaie de l'attraper par le cou avec la pince avec laquelle il les avait fait prisonniers dix minutes plus tôt. Mais d'un coup sec, Baqir propulse ses jambes dans le poitrail de la créature des ténèbres et la pousse au fond du trou au bord duquel elle se tenait. C'est une petite victoire. Mais les rats se regroupent avant que Sasquash ne se fasse rattraper par l'un des deux hommes venus leur prêter main forte.

Sasquash, qui est encombré par quelques cages et fioles qu'il tente de sauver, ne peut éviter que son sang ne coule d'un coup du bout de l'épée de leurs sauveurs. Sasquash leur parle alors rapidement. Bien que ses compagnons montrent des signes de peur, comme des rats qui tournent en rond pour trouver un chemin de fuite, lui essaie de prendre le dessus par la parole.
Il lui explique qu'il va libérer les prisonniers, mais à deux conditions :

  • qu'ils laissent les hommes-rats partir par le trou qu'ils ont creusé ;
  • que personne ne remonte à la surface tant que tous les prisonniers ne sont pas libres ; ils en libéreront tous les jours.

Outre les deux prisonniers visibles, il y en aurait donc d'autres ?

Le guerrier qui tient Sasquash au bout de son épée accepte le marché.

Les hommes-rats libèrent alors Baqir et Ahmed puis reprennent avec eux l'appareil leur permettant de creuser des tunnels et le font descendre par le trou, puis ils s'évanouissent avec lui.

Les deux hommes, qui parlent arabien avec un fort accent, se présentent rapidement : il s'agit d'André de Mayenne, chevalier de Bretonnie, accompagné de Germain d'Armignac, son écuyer.

Ahmed leur explique qu'il ne faut pas faire confiance aux hommes-rats. Ils vont revenir en masse, il faut partir vite.

Ils ne tergiversent que peu. Le temps de récupérer leurs affaires, de brûler les rats et les fioles restants, ils regagnent la surface.
Cela signe sans doute l'arrêt de mort des autres prisonniers, si les hommes-rats tiennent parole !


Une fois rendus à la mosquée, ils peuvent expliquer le résultat de leurs investigations et affirment donc que la peste est répandue par les hommes-rats qui contaminent des rats avant de les lâcher dans la ville.

Il faut donc leur barrer l'accès pour arrêter tout cela.

Moins de douze heures plus tard, le trou est sécurisé par une douzaine de soldats.
Leurs dires sont confirmés par ce qu'ils ont pu trouver sur place : quelques cadavres d'hommes-rats, les restes du laboratoire de fortune et le trou insondable.

En fait, ce trou n'est pas si insondable. Les soldats sont même allés jusqu'à l'explorer, il est profond de moins d'une dizaine de mètres et mène sur une galerie creusée sur une centaine de mètres avant d'arriver à un réseau de cavernes naturelles qu'ils n'ont pas voulu explorer.
Mais aucune trace d'hommes-rats.
Ni de prisonniers.
D'ailleurs, personne n'a relevé en ville de disparition.

Il est décidé d'évacuer les habitations à la verticale du trou et de reboucher ce dernier en provoquant l'éboulement de la zone à sa verticale.

Par contre, les 4 hommes doivent observer une quarantaine ; ce qui leur permet d'apprendre à se connaître.

L'arrêt de l'épidémie est bien confirmée après quelques jours et on les informe qu'ils seront reçus à l'issue de leur quarantaine par la reine Fatandira.

Pendant leur quarantaine, les deux groupes se découvrent un point commun : André a rencontré le maître d'Ahmed. Il se dirigeait vers l'Empire pour les informer de l'existence d'un artefact qui pourrait aider à lutter contre l'attaque de la Sorcière Noire.
Ayant appris cela (Karim ibd Abdallah espérait le convaincre de lui servir d'escorte) André est là pour récupérer cette amulette et permettre son utilisation par qui de droit, afin d'en tirer gloire et réputation.
Ahmed semble dans l'idée, suivi par Baqir, d'aider à la retrouver avant de retrouver son maître avec elle en mains !
Mais d'abord il se réjouit à l'idée de pouvoir rencontrer sa reine.

lundi 8 janvier 2024

Et on creuse encore...


Ahmed commence à discuter avec la voix à la surface. Il se présente et commence à vouloir expliquer sa présence au fond du trou.
L'homme, parlant arabien avec un fort accent bretonnien, interrompt l'érudit et commence à s'attaquer à la plaque d'égout. Mais elle semble scellée. Il s'adresse à quelqu'un à côté de lui et indique qu'il va revenir. Le silence, baigné d'espoir, se fait à nouveau durant quelques secondes.
Jusqu'à ce qu'une voix aiguë se fasse entendre du fond du collecteur :

Choses-hommes pas bouger, pas bouger.
Choses-hommes se taire et lâcher leur armes.

Baqir parvient à allumer sa torche et retourne à la bouche de la grosse conduite dans laquelle ils se terraient.
Dans l'eau, deux des créatures affrontées auparavant, à face de rat, sont visibles. Mais ils ne parlent pas. Celui qui leur parle reste caché derrière un pilier de soutènement.

Dans un arabien déformé et approximatif, il leur demande en substance de se rendre. Ils ne survivront pas à leur attaque, ni à leur retour à la surface, leur reine aura tôt fait de se débarrasser de héros potentiellement malades. Leur seule chance de survivre est de se rendre.

Baqir laisse la décision à Ahmed, qui pose ses armes. Baqir s'exécute également. Les deux hommes-rats sont équipés d'un long bâton se terminant par une sorte de grosse pince. Ces outils servent à mettre Baqir et Ahmed en laisse.

La chose qui leur parlait sort alors de derrière sa cachette. C'est sans doute aussi un homme-rat, mais celui-ci semble affaibli, vêtu de loques. Il est sans doute malade car couvert de furoncles sur les rares parties de son corps qui sont visible. Mais c'est aussi leur chef.

Il prend leurs armes et tous sont entrainés non loin.

Dans les égouts, un des murs maçonnés a été récemment ouvert. Derrière, pas de terre, mais un passage creusé qui mène à quelques petites cavernes.

Ils sont amenés dans le nid des hommes-rats dans lequel un espace est réservé à une dizaine de cages.
Dans chacune d'elle est enfermé un rat. Certains semblent malades.
Les prisonniers sont fouillés et leur état physique examiné, comme on le ferait lorsque l'on regarde des esclaves à vendre.
Pendant ce temps, le chef introduit dans une seringue un liquide sorti d'une des jarres présentes sur une paillasse. Il injecte le produit à certains rats sélectionnés.
Puis il donne une cage à l'un de ses sbires qui part avec elle.

Interrogé par Ahmed et Baqir, Sasquash - tel semble être son nom - leur assure que s'ils restent coopératifs, ils ne seront pas tués, mais on leur donnera au contraire un travail. Ils comprennent vite que ce travail ne sera pas libre et rémunéré et qu'ils sont en effet prisonniers et serviront d'esclaves à ces bêtes !

Sasquash sort ensuite de sous sa tunique une petite pierre verte, brillant d'un très léger éclat. Il l'introduit dans une boîte munie de quelques boutons. La boîte commence étrangement à émettre un son inconnu, des sortes de craquements désagréables. Le chef manipule les boutons puis, dans son langage couinant, parle à la boîte et après quelques secondes... elle lui répond dans ce même langage ! La conversation dure quelques minutes puis Sasquash les fait amener dans une autre pièce où ils sont attachés.

Le temps de s'habituer à l'obscurité qui n'est pas totale grâce à la présence de champignon légèrement luminescents, il peuvent évaluer la situation.
La pièce est visiblement une caverne naturelle qui sert de point d'arrivée à un tunnel creusé à la verticale qui s'enfonce dans les entrailles de la terre. Ils sont enchaînés à une machine dont ils pensent comprendre la fonction : c'est avec elle que les hommes-rats ont creusé ce tunnel.

Ceux qui étaient vu comme rien de plus que des bêtes à l'aspect dévoyé apparaissent sous un autre angle : ils semblent former un groupe possédant une technologie plus avancée que celle de l'Empire, voire des nains eux-mêmes !

Du côté de la surface, les deux hommes ayant repéré l'appel à l'aide d'Ahmed et Baqir parviennent à desceller la plaque d'égouts. L'un d'eux descend à la corde que tient l'autre et voit qu'il n'y a plus personne. Il avance dans la conduite, manque de tomber sur des cailloux ronds présents en nombre dans la conduite. Il progresse seul, son compagnon, sans moyen de descendre, reste en haut. L'homme croit repérer des traces de sang à l'une des entrées du collecteur. Il s'en approche lorsque, surgit de sous l'eau, deux hommes-rats armés de pince jaillissent et tentent de l'immobiliser.
Ils sont à deux doigts d'y parvenir mais l'homme ne se laisse pas faire.
Il appelle cependant son compagnon à l'aide.
Le combat à deux contre un fait rage jusqu'à ce que le compagnon, ayant inconsciemment sauté dans la conduite, arrive pour équilibrer les forces en présence...