Ne trouvant pas Vigor, Ionor se résout à partir seule pour Isfahan-Kohzad.
Repassant par Al-Azhar, elle se fait accoster par Ahmed. Lui aussi a réfléchi et, passé sa déception devant la taille de la délégation impériale, il décide de prendre les choses en main et de lui proposer de partir avec elle sur les traces de son maître Karim, et d'explorer les coins inconnus de sa contrée.
Ionor accepte son aide, d'autant qu'elle ne parle pas un traitre mot d'arabien.
Ils se laissent une journée pour partir, le temps que Ahmed Al-Fayed se fasse préparer la nécessaire pour ce court voyage, mais qui pourrait l'amener plus loin : son cheval et un âne lourdement bâté.
Angestag 19 sigmarzeit
Il faut moins d'une journée pour arriver à la capitale, Fatanbad, une petite cité aux murs blancs, sise sur une colline au bord de l'eau.
Ils ont de la chance, une barge est justement arrivée de Isfahan-Kohzad et doit y retourner dans 3 jours. Ahmed négocie leur passage.
Aubentag 22 sigmarzeit
Isfahan-Kohzad est une petite cité en partie troglodytique sur le flanc des montagnes. La cité vit d'une mine d'argent. La mine elle-même est un peu à l'écart du village.
Ahmed prend son cheval, met ses atours et se rend en haut du village pour se présenter à Didrit, l'ancien du village. Il profite de son hospitalité pour l'interroger sur son maître, Karim ibn Abdallah. Didrit sait qu'il est passé brièvement il y a de cela au moins trois lunes, mais il n'a pas annoncé son départ et ne sait donc pas quand ni où il serait parti.
La seule auberge est en bas du village. Ionor et Ahmed y passent donc une nuit tranquille.
Marktag 23 sigmarzeit
La nuit est tranquille, mais la matinée l'est moins. A peine levés, des cris réveillent la médina. Un incendie ! Dans la petite maison qui jouxte l'auberge.
De nombreuses personnes se relaient pour éteindre l'incendie, dont Ahmed et Ionor. Seule une personne reste à l'écart, une jeune fille aux yeux hagards et au mains brûlées.
Elle est d'ailleurs rapidement prise à partie par la foule une fois le feu circonscrit - l'auberge est sauve.
La jeune fille, Aisha Al-Malik, manque même de se faire lyncher lorsque trois corps sont découverts dans la maison calcinée. On l'accuse d'être la coupable, ses mains sont brûlées, elle a déjà causé un incendie par le passé et elle s'était embrouillée avec Hardrat, le propriétaire de la maison brûlée, qui est aussi le responsable de la sécurité du bourg.
Tout l'accuse !
Mais Ahmed ne voit pas cela du même œil et calme la foule, rappelant une ancienne coutume. La médina n'étant pas le siège de la reine, il n'y a personne pour juger. Une vieille coutume veut que si des étrangers sont en ville, ils sont réputés neutres et peuvent donc servir de juges. Ahmed et Ionor sont des étrangers.
Ça râle un peu mais la foule se calme.
Ils peuvent interroger Aisha, mais elle ne dit que peu de choses, sinon qu'elle ne sait pas ce qu'il s'est passé, mais que ce n'est pas elle qui a mis le feu.
Ils s'intéressent ensuite aux corps sortis de la maison incendiée. Ils sont trois :
- Le corps d'un homme est reconnu comme étant celui d'Hardrat, le propriétaire. Il porte une blessure à la tête, c'est sans doute un coup à la base du crâne qui l'a tué.
- Le corps d'une femme presque entièrement calciné. On ne peut que deviner sur son épaule un tatouage de papillon. Les tatouages sont rares, et souvent réservés aux femmes de mauvaise vie.
- Le corps d'un enfant, moins brûlé car la femme a tenté de le protéger de son corps. L'enfant devait avoir cinq ou six ans. Ses yeux portent des blessures à peine guéries. Ils ont été crevés !
Ils ne trouvent pas de nouvel indice dans la maison.
Personne ne semble savoir qui est l'enfant. Didrit, qui a été appelé sur place pour calmer les esprits et organiser la pagaille, sait juste qu'il y a eu quatre enfants qui ont disparu il y a un ou deux ans. Mais ce ne serait pas lui.
La femme se nommerait Fatima Al-Saud et s'était retirée à la mine, pour officier pour le nouveau temple de Notre Dame de la Veine. C'est un culte infidèle mais depuis qu'il s'est établi, la mine d'argent produit à nouveau alors qu'elle était presque tarie il y a quelques années, au désespoir des habitants.
La mine serait la prochaine destination ?



