Ne voulant plus loger dans une maison hantée, ils louent un box à l'écurie pour y dormir, au milieu des animaux.
Le conseil
Se préparant pour la nuit, ils entendent un branle-bas de combat issu de la taverne. Comme ils se renseignaient sur Piotr, ça tombe bien, c'est lui qui arrive bruyamment. C'est un gros bonhomme, répugnant et puant le graillon, à qui il ne reste qu'un chicot et qui ponctue la plupart de ses phrases par un chapelet de pets !
Comme il chuchotte fort à l'aubegiste, Théodéric comprend qu'il le convoque pour une réunion du conseil.
L'aubergiste le rejoint donc. Il y a une petite dizaine de personnes qui se rendent en la demeure d'Hanna, suivis discrètement par Théodéric, Vigor et Tarja. Mais ils ne sont pas seuls à suivre les membres du conseil. Un grand costaud de près de deux mètres, une chapka profondément enfoncée sur sa tête, surveille aussi de loin ce qu'il se passe, puis se place près d'une feneêtre pour écouter ce qui se dit. Théodéric et Vigor se placent à une autre fenêtre tandis que Tarja restent plus loin.
Il n'est pas possible de comprendre tout ce qu'il se dit, mais c'est clairement Piotr qui parle le plus. Ils parlent beaucoup d'une fête.
Avant que le conseil ne se retire, le géant passe le coin du mur et regarde dans les yeux, sans un mot, le prêtre et le nain, puis s'en va.
Après une longue hésitation et une discussion avec un Vigor réticent, Théodéric décide de suivre le colosse. Problème, ce dernier ne les a pas atendu et n'est plus là. Heureusement, Tarja a vu où il se dirigeait et Théodéric parvient à le retrouver peu avant qu'il n'entre dans une maison, celle-ci étant ornée d'une rune naine.
Théodéric rejoint ensuite les autres pour se coucher, plus tard qu'ils ne l'avaient prévu après leur nuit blanche. La rune naine sur la devanture repérée par le prêtre d'Erengrad convainc les autres qu'il faudra s'y rendre le lendemain.
C'est vers la fin de la nuit que Vigor quitte les lieux en hurlant. Comprenant ce qu'il se passe, Théodéric, tout en enfilant ses guêtres, essaie de le suivre. Il n'a pas trop loin à aller : le nain, essouflé et en train de reprendre ses esprits, l'a vu et l'attend.
Malone lui a encore rendu visite, lui rappelant qu'il a oublié son rendez-vous avec Lydia.
Vigor accepte que Théodéric le suive discrètement de loin.
Le nain rejoint une petite silhouette féminine et les deux discutent quelques minutes.
Lydia semble agacée mais aussi un peu amusée du retard du nain et la peur bleue qu'il a subit en revoyant Malone, La Mort. Elle lui demande s'il sait où est l'Enfant.
Devant la réponse négative, elle explique que, elle, elle a fait sa part du marché : elle sait où est le corps du prêtre d'Ulric, qui l'a tué, et pourquoi. Vigor sait ce qu'il lui reste à faire s'il veut l'information.
La préparation en hâte de la fête
Retrouvant ensuite Tarja, tous trois décident de se rendre à la maison avec la rune.
Il y a de l'agitation sur la place : les habitants tentent de reprendre possession de leur place. Ils se groupent pour chasser les croisés la plupart trop faibles pour se défendre physiquement. Mais les tensions montent et certains résistent. On propose à Théodéric qui se renseigne sur ce qu'il se passe d'aider les habitants. Ils doivent organiser une fête et ils ont besoin que la place soit nettoyée. Théodéric se propose de revenir plus tard dans la journée.
L'arrivée des Champions
Ils arrivent finalement à la maison dans laquelle est entré le colosse la veille et Vigor cherche la rune : elle est bien en évidence et est déçu de ce qu'elle représente. Il s'agit simplement de l'équivalent de la lettre O.
Par contre, c'et Tarja qui s'inquiète : les gargouilles de bois sculptées au bout des poutres maîtresses de la maison semblent trop réelles. De plus, les veines du bois des poutres lui semblent mouvantes et représenter des visages démoniaques !
Ils se décident tout de même à toquer et sont accueillis, froidement, par le colosse de la veille.
Il explique qu'il tient un magasin d'antiquités et les laisse se promener au milieu d'une grange remplie de camelote, de vestiges de champs de bataille, de livres, d'armes anciennes, de pièces d'armure et de toutes sortes de curiosités pour la plupart brisés et sans valeur. Olav, c'est son nom, explique qu'il les a collectionnées sur d'anciens champs de bataille.
Interrogé par Vigor sur la rune naine, il dit que c'est simplement un O pour Olav.
Malgré le ton peu amical et l'air suspicieux d'Olav, qui répond du tac au tac avec un air de mépris, ils parviennent à échanger quelques mots avec lui par rapport au conseil de la veille. Ils en viennent à mentionner l'Enfant et la Sorcière Noire, en expliquant le danger qu'elle représente, pour l'Enfant et la région.
Au fur et à mesure de la discussion, l'attitude d'Olav change. Elle se transforme rapidement en un mélange de révérence, de gratitude, d'espoir et d'enthousiasme rappelant à la fois l'attitude d'un enfant et celle d'un vieillard lorsqu'il réalise avoir devant lui "Ceux Qui Devaient Arriver".
L'histoire d'Olav
Il explique longuement alors toute son histoire avant d'en venir au but.
Olav est un kossar qui a gagné des médailles et trouvé la fortune et la gloire lors de la dernière Incursion du Chaos. Mais quand les forces des Puissances de la Corruption ont été repoussées au nord, il a perdu le goût du combat. Il a vendu ses médailles et son cheval, et erré dans l'oblast pour trouver un sens à sa vie. Il est alors tombé sur un vieux champ de bataille où il a découvert nombre d'étranges trésors. Désireux de trouver d'autres caches aux trésors, il a échangé certaines de ses trouvailles contre un chariot et commencé une nouvelle vie de collectionneur de vieilleries. Il avait commencé à stocker une grande partie de ses biens à Praag où il avait de la famille, mais les gens commençaient à se plaindre de phénomènes curieux près de son entrepôt. Aussi, Olav quitta la ville, engagea des porteurs et dériva vers l'ouest. Après avoir cherché quelques mois d'autres caches aux trésors, il tomba sur un paquet de vieux parchemins parlant d'une créature appelée la Sorcière Noire. Ayant autrefois habité Praag, la cité d'origine de la sorcière, il trouva son histoire particulièrement troublante et passa plusieurs saisons à harceler les érudits et à arpenter les collines du Kislev en quête de moines et d'anciens qui l'aient vue. Finalement, après bien des tribulations, il tomba sur une références aux Dents de Shargun et l'histoire d'un vieux moine errant qui parlait "d'une sombre dame dormant sous les eaux qui dorment sous les Dents qui dorment sous les cieux".
Il visita la stanitsa de Zhidovsk tandis qu'il recherchait cet endroit.
Sa première visite eu lieu par hasard le jour d'une grande fête, et il vit une jolie jeune fille qu'on escortait dans les bois. Plusieurs jours plus tard, tandis qu'il se promenait dans les bois au pied des Dents, il arriva aux eaux noires d'un lac et vit un étrange serpent émerger de la surface, la robe de la fille entre ses crocs.
Horrifié mais déterminé, il fit venir ici toutes ses possessions et commença à bâtir sa maison. Il passa dix ans à vivre en tant que commerçant tout en explorant les Dents, le village et les bois, se voyant comme un chasseur de sorcières indépendant, un sauveur du Kislev. Quand la fête fut de nouveau organisée une décennie plus tard, Olav se cacha dans les bois autour du village et suivi le petit groupe qui escortait la victime du sacrifice jusqu'au lac. Il les vit l'abandonner, ligotée à une bûche de l'autre côté du lac et il serra le poing sur sa fidèle hache, ses doigts se crispant et se décrispant sur le manche tandis qu'il rassemblait le courage de se précipiter jusqu'à la rive, de ramer jusqu'à l'autre bord et de sauver la belle jeune fille.
Mais ce courage lui manqua. Pendant qu'Olav observait la fille qui poussait des gémissements pitoyables, la nuit tomba et les eaux du lac se mirent à onduler. Avec une effroyable lenteur, une belle femme émergea des eaux et s'avança à grandes enjambées, nue à l'exception de la boue qui s'accrochait à sa peau et des algues lacustres emmêlées dans sa chevelure. Elle s'avança vers la fille menottée dont les hurlements s'étaient curieusement interrompus et l'embrassa. Ensuite, déverrouillant ses menottes d'un simple geste, la femme du lac prit la jeune fille par la main, se retourna et l'entraîna dans les eaux.
Le visage de la dame du lac n'était autre que celui de la fille sacrifiée dix ans auparavant !
Ni le visage ni le corps de la fille n'avaient vieilli, mais ils semblaient néanmoins avoir subi quelques affreuses altérations : ils étaient horribles, blancs et ridés comme les doigts de quelqu'un qui aurait passé trop de temps dans de l'eau. La victime la suivit néanmoins dans les eaux sans un bruit.
Depuis cette nuit d'il y a dix ans, Olav n'est plus jamais sorti de chez lui quand il pouvait l'éviter et il ne s'aventura plus jamain dans les bois ni près des eaux de la dame du lac. Il en a conclu que la Sorcière Noire devait être la créature que les villageois surnomment Celle Dont On Ne Parle Pas et sait qu'elle représente un terrible danger pour le Kislev. Il est certain que tous les villageois sont contrôlés par la Sorcière Noire. Il pense aussi que le Givre Noir l'observe toujours depuis les bois, et il vit de petit gibier qu'il capture dans les clairières proches, vérifiant toujours ses pièges aux premières lueurs de l'aube, au moment où il croit que le Givre Noir ne peut pas sortir.
Pendant tout ce temps, il a lu et relu tous les parchemins qui l'ont guidé jusqu'ici. Il a fait le tour de toutes ses antiquités, les a nettoyées et fouillées, découvrant deux authentiques reliques. Une troisième lui a été apportée et vendues par Piotr les dernières semaines. Il a mis de côté ces objets et les a conservés en attendant le jour où "Ceux Qui Devaient Arriver" frapperaient à sa porte.
Les deux Champions ne se sont pas montrés il y a trois ans, lorsqu'a eu lieu le dernier sacrifice, et Olav commenca à perdre espoir. Mais avec l'apparition de la troisième relique, la programmation d'un nouveau sacrifice et l'arrivée de ses trois visiteurs, il a comme une nouvelle jeunesse !
Tarja, Vigor et Théodéric sont donc pour Olav les Champions qui doivent détruire la Sorcière Noire !

Il leur présente donc les trois reliques : un talisman en forme de tête de loup, une cotte de maille gravée de runes, faite pour un nain et une épée que Théodéric reconnaît comme étant... Blütylda !
Il ont retrouvé l'épée !
Tarja voit une certaine puissance émaner de l'épée et ne doute pas qu'il s'agit de celle qu'elle recherche depuis des semaines.
Spontanément, Théodéric prend le talisman et donne Blütylda à Tarja, lui faisant promettre que l'épée serve à chasser le mal qui hante la région. Celle-ci accepte et prend l'épée en main, sentant sa puissance.
La cotte de maille est taillée pour Vigor.
La talisman sied parfaitement à Théodéric, prêtre d'Ulric.
Là où certains y voient des coïncidences inouies, et même louches, Olav explique que c'est le Destin.
Olav explique ensuite, face à l'insistance de Tarja, qu'il ne les accompagnera pas, il a perdu tout son courage et est terrorisé par le lac. Il les guidera, bien sûr, mais même cela lui demandera à surpasser sa peur.
Tarja veut y aller rapidement, mais Olav indique qu'il faut se préparer et se purifier auparavant. Ils partiront demain, après une nuit de prières et de jeûn.