mardi 26 juin 2018

En lettres de sang (4)

Troisième jour : matin

Éreintés et fourbus, le père Seibolt, Karl-Heinz et Elsa rejoignent le campement, le gant récupéré dans un sac porté par Karl-Heinz.
Les croisés semblent se préparer pour leur arrivée à Altdorf, enfilant leurs plus beaux atours et décorant leurs chariots à l'aide de bannières, de rubans, et de cœurs et de marteaux en papier. Ils sont d'humeur joyeuse, certains que Karl sera accueillis à bras ouverts.
L'humeur est par contre bien morose dans l'enceinte de Karl. La raison en est rapidement connue et le père Helmut leur explique. Le capitaine Brighalter est mort, suite à une mutation soudaine et particulièrement affreuse. La plupart de ses hommes ont fini dans le même état. Les autres sont mis en quarantaine pour au moins la journée - ce qui inclut donc Karl-Heinz et Alido.
Ils sont d'ailleurs mis à nu pour être inspectés.
Karl-Heinz se rase même le crâne lui-même pour permettre une inspection plus poussée.
Pendant que Karl-Heinz se rase, Alido aide le père Seibolt, plus très frais à cause de la fatigue, à interroger les souffleurs de verre car ils s'en tiennent toujours à l'histoire qu'ils ont raconté à Jan Vanderpeer.
Alido, en fouillant leurs vêtements, trouve sur chacun d'eux une broche surmontée d'une hyacinthe en coussin. Les deux bijoux, bien que non strictement identiques, ont sans doute été fabriqués par le même bijoutier.
Ne pouvant pas expliquer la présence de ce bijou de prix dans leurs affaires, ils finissent par avouer qu'ils ont été payés par un certain Jacopo, de la faction des Caliviari. Jacopo n'a pas voulu avertir la garde lui-même sous prétexte qu'il avait déjà eu des problèmes avec la garde. Mais la chose étant grave, il ne peut pas la passer sous silence. Il a payé alors les souffleurs de verre pour leur silence quant à l'origine de l'information.
Oswald pleure en avouant cela, étant sûr que cela n'avait pas d'importance, et n'osant plus revenir sur leurs déclarations ensuite.

Helmut envoie alors Alido, Karl-Heinz et deux lanciers pour arrêter Jacopo.
L'arrestation se déroule sans encombre majeur mais une fois le dénommé Jacopo menacé par Karl-Heinz d'être passé à la Question, celui-ci se perce le furoncle qui ornait sa lèvre.
Les conséquences sont quasiment immédiates et spectaculaires. Dans un spasme, il vomit un jet de sang sur Karl-Heinz. Du pus jaillit de son nez et de ses yeux et il commence à convulser.
Karl-Heinz n'attend pas plus longtemps : il se saisit d'Olga, sa hache, et le décapite promptement avant de vite se laver - tout comme le père Seibolt lui aussi éclaboussé - pour se débarrasser des fluides corrompus qui l'ont aspergé.

Jacopo étant mort sans avoir dit quoi que ce soit, ils n'ont plus de piste sérieuse. Helmut renvoie alors Karl-Heinz et Alido pour enquêter sur la faction des Caliviari, leur laissant carte blanche pour essayer de régler le problème.

Elsa, de son côté, n'assiste pas à tout cela et a quitté la tente une fois libérée.
Elle s'est rendue dans la roulotte des souffleurs de verre pour la fouiller de fond en comble.
Même une fois la croisade en route, elle réquisitionne, grâce au prestige de son uniforme, un croisé pour conduire le chariot et elle retourne à sa fouille systématique du chariot. A part la caisse, elle ne trouve rien de bien concluant jusqu'à ce qu'elle entende gronder Karl-Heinz qui passait non loin.
Heureux de la trouver, il lui demande de les accompagner pour faire tomber les Caliviari.

La nouvelle de la déchéance de Brighalter et de ses hommes n'étant pas encore rendue publique, les trois lascars peuvent encore profiter du prestige de leur uniforme pour se rendre dans une des roulottes des Caliviari et la perquisitionne.
Outre les deux conducteurs, trois personnes sont à l'intérieur à jouer aux cartes. La moitié de la roulotte est composée de couchettes. C'est l'autre partie de l'intérieur qui choque : il y a entassés là de nombreuses carcasses d'animaux. Certains - d'après l'odeur qui imprègne les hommes et les lieux - sont en état de maturation avancée !
Interrogés, les conducteurs indiquent que le chef de Caliviari est un certain Ditrich Naffdorfe, à quatre roulottes de là. Quant aux carcasses d'animaux variés, il s'agit simplement de la réserve de Groff, le boucher.
La situation s'envenime cependant vite lorsque Karl-Heinz leur indique qu'ils sont arrêtés. Les conducteurs refusent, il essaie d'en assommer un - doté d'un furoncle à la lèvre. Les trois joueurs de carte s'enfuient discrètement alors que les armes sortent de leur fourreau.

jeudi 14 juin 2018

En lettres de sang (3)

Deuxième jour : après-midi

A l'heure de la relève, Karl-Heinz glisse quelques mots à Elsa pour lui expliquer ce qu'il a trouvé le matin avant le départ. Elle lui demande la description des souffleurs de verre. Elle souhaite comprendre pourquoi ils l'ont prévenu lui.

Les souffleurs de verre, Lanfrank et son apprenti, Oswald, sont assez faciles à trouver. Elsa monte dans leur chariot et leur demande de raconter à nouveau l'histoire. Elle n'en tire rien de nouveau, sinon qu'ils ne semblent pas avoir vu le gant, car ils ne le mentionnent pas.
Cependant, en les quittant, elle croit surprendre une bribe de leur conversation : Oswald se demandent s'ils auraient dû parler aux gardes de la récompense qu'ils ont eu. Lanfrank le rassure en lui disant que ça n'aurait rien apporté aux gardes de Karl, alors que ça n'aurait pu leur donner que des ennuis.

Karl-Heinz et Elsa décident de parler de leurs trouvailles à Helmut. Ils se rendent en tête de colonne mais sont hélés par Ahmed. Le strigany veut remettre une superbe rapière à Karl-Heinz pour le remercier de ce qu'il a fait pour eux la veille. Malheureusement, celui qui semble être le vrai propriétaire de la rapière apparaît en courant, menaçant le strigany et le traitant de voleur. Ahmed laisse tomber l'épée et prend ses jambes à son cou.
Richement habillé, l'homme reconnaît Elsa et arrête sa course. Il s'agit d'un certain Balthasar, maquignon de Carroburg. Il récupère sa rapière, remerciant Karl-Heinz et n'omettant pas la bordée d'insultes d'usage envers les strigany.

Après cette rencontre impromptue, il parviennent finalement à rencontrer le père Helmut.
Ce dernier semble très surpris que les indices semblent mener au final vers le capitaine Brighalter : il a quitté la tente en pleine nuit, les traces d'un rituel maléfique ont été trouvées (mené sans doute par quelqu'un chaussé de lourdes bottes) et un gant militaire a été trouvé sur place alors que le capitaine ne porte pas les siens aujourd'hui !
Les cachotteries des souffleurs de verre laissent bien sûr planer un doute sur la réalité des indices accusant le capitaine, mais Helmut ne veut courir aucun risque. Il préfère faire arrêter préventivement le capitaine pour éviter qu'il ne s'en prenne à Karl maintenant que la Croisade touche Altdorf. Il sera toujours temps, si les accusations sont fausses, de le réhabiliter.
Karl-Heinz et Elsa insistent pour qu'il attende le lendemain, le temps de voir ce que le capitaine va faire le soir même. Mais le père Helmut refuse que l'Enfant joue le rôle de la chèvre.
Il demande à Karl-Heinz et à Elsa d'accompagner son assistant, le père Johannes Seibolt, sur les lieux du noir rituel. Le père Seibolt étant interrogateur de l'ordre de la Flamme Purificatrice, son rapport aura toute légitimité.
Elsa guide d'abord des hommes d'Eisenbach pour arrêter les souffleurs de verre pour être interrogés puis quittent le convoi à cheval pour revenir sur leurs pas. Ils sont cependant bien ralentis par le père Seibolt qui maîtrise mieux le voyage en diligence qu'à dos de cheval. Pendant ce court voyage, les relations entre le père Seibolt et Elsa sont inexistantes. Il ne daigne s'adresser qu'à Karl-Heinz.

Deuxième jour : nuit

Il fait bien nuit lorsqu'ils arrivent sur place. Rien n'a bougé. Le père Seibolt confirme qu'il s'agit d'un rituel lié aux sombres puissances, sans doute le Seigneur de la Pestilence. Il demande à Karl de ramasser le gant puis de brûler le reste. L'ancien bagnard doit avoir une ascendance chez les répurgateurs car la mise en œuvre et la réalisation du bûcher sont menées de main de maître.
La nuit est bien avancée et personne ne souhaite monter de camp. Il remontent donc vers la Croisade, de nuit et à pieds, en guidant leur chevaux par la bride, éclairés de la lanterne d'Elsa.

Du côté du camp de la Croisade, les souffleurs de verre sont mis en détention dans une tente avant d'être interrogés tandis qu'une réunion impromptue du Concile, sans le capitaine Brighalter, s'organise.
Alido intercepte le père Helmut avant qu'il ne s'y rende, demandant à y participer.
Le père Helmut lui explique qu'elle n'en a pas la légitimité, surtout en tant que soldat de Brighalter d'une part, et d'autre part car elle doit travailler pour lui discrètement.
Elle essaie tout de même de le convaincre de ne pas mettre le capitaine aux arrêts tout de suite. Il est sensible à ses arguments et promet qu'il les mettra sur la table devant les autres membres du Concile, bien que pour sa part, il refuse de laisser plus longtemps Karl sous la protection d'un potentiel traître.

Sans surprise, à la fin de la réunion, Jan Vanderpeer, encadré par des lanciers d'Eisenbach, s'en va arrêter le capitaine Brighalter. Dans la tente, le ton monte mais le capitaine est mis en résidence surveillé.
Pis que ça, ses hommes aussi sont arrêtés et rassemblés dans la tente des lanciers. Alido essaie de se faire discrète, mais les lanciers la repèrent. Elle tente une fuite mais est arrêtée par l'enclos de lin. Immobilisée et désarmée, elle rejoint donc les autres hommes.
Elle essaie de les faire parler sur ce qu'ils ont pu faire pour se retrouver là. Ils ressentent un grand sentiment d'injustice et semblent tous ignorer pourquoi ils sont là.

Bezahltag 9

Résignés, ils essaient de trouver le sommeil lorsque, au plus profond de la nuit, des cris réveillent Alido.
Dans l'obscurité de la tente, c'est le chaos. Les hommes semblent paniqués et forcent le passage vers l'extérieur.
Alido de son côté casse un lit de camp pour récupérer un gourdin improvisé, tente vainement de passer sous la tente et finit par se diriger prudemment vers la sortie.
Les hommes de Brighalter tentent de fuir mais Alido croit comprendre que certains, sinon tous, ont été victimes de mutations soudaines. Essayant de fuir, ils ne semblent pas en mesure de se battre et sont taillés en pièces par les lanciers. Ces derniers sont toutefois submergés et certains hommes parviennent à fuir. C'est le cas aussi d'Alido.
Elle se fait discrète mais ne quitte pas le camp, elle s'approche de la tente du père Helmut et aperçoit Nils. Elle attire son attention pour lui parler discrètement mais ce dernier, effrayé, prévient un portemarteau. Elle est donc à nouveau arrêtée et amenée dans la tente où les hommes survivants de Brighalter sont rassemblés, nus, tout comme les deux souffleurs de verre. Ils sont interrogés par Jan.

La mort de Krieger

Alido apprend surtout que la capitaine Brighalter est mort, victime lui aussi d'une mutation : un ignoble kyste, mouvant, s'est développé sur son épaule. Lorsqu'il a été tué il a même explosé, donnant naissance à une créature infâme qui a dû être massacrée !

Helmut se met à part avec Alido et la met également à nu afin de vérifier si elle n'a pas elle aussi subi de mutation. N'étant pas touchée, Alido est libérée. Pour justifier la libération, le père Helmut avoue à Jan qu'elle travaillait pour elle, ainsi qu'Elsa. Jan indique que les grands esprits se rencontrent : Karl-Heinz travaille pour lui dans le même but : confondre la secte du Chaos tentant l'infiltration de la Croisade.
Jan indique que les souffleurs de verre n'ont rien révélé de neuf.
La culpabilité de Brighalter et de certains de ses hommes a été établie par les mutations, preuve qu'il s'agissait d'adeptes du mal dont la malédiction de leur dieu s'est abattue sur eux ! Cependant, le père Helmut prend Alido à part pour lui expliquer que la mort du capitaine ne règle pas tout : ce que pense avoir entendu Elsa chez les souffleurs de verre doit être mis au clair. Devant leur silence, ils seront interrogés par un spécialiste, le père Seibolt, dès son retour. Mais il compte sur elle et Elsa pour aller au fond des choses...

jeudi 7 juin 2018

En lettres de sang (2)

Karl-Heinz, Alido et Elsa se retrouvent à la Paye de Karl autour d'une bière. Ils échangent chacun sur leur première journée, surtout concernant la rencontre de Karl-Heinz avec Jan Vanderpeer. L'intendant de Karl soupçonne le capitaine Brighalter de collusion avec les Puissances de la Ruine. Il lui a demandé d'enquêter.
Pendant leur discussion sur la marche à suivre, un homme, un certain Gregor, à l'accent étranger, prend une place à leur table. Impossible de trop savoir pourquoi, il a peut-être des vues sur Alido. Son apparence n'est pas celle d'un gueux. Il a une odeur corporelle plus forte que la moyenne du camp, ce qui est une petite performance et les intrigue.
Devant la froideur de l'accueil, Gregor finit par retourner au bar.
Ils décident qu'Alido quittera la taverne itinérante en premier en espérant que Gregor la suive pour le suivre à leur tour et voir ce qu'il manigance ; car ils sont convaincus que sa visite n'est pas sans arrières-pensées.

Des strigany loin de chez eux

Mais leurs conversations sont à nouveau interrompues par Ahmed, le strigany ayant déjà abordé Alido la veille. Il essaie de leur vendre cette fois des tourtes de viande de chien, ou un ressemelage de bottes.
Mais de l'agitation remue le camp ce qui provoque l'inquiétude de Ahmed. Laissant ses tourtes sur place - Elsa en profite pour en prendre une - il se rend précipitamment sur les lieux.
Une foule de croisés en colère s'en prend aux strigany. Ils les accusent d'héberger le vampire qui a attaqué Karl hier. Ils veulent fouiller de fond en comble les roulottes, certains de trouver sinon le cercueil du vampire, au moins de la "terre de cimetière" qui l'accompagne. Ali, un vieux strigany, qui pourrait être le père d'Ahmed, refuse de céder.
Karl-Heinz arrive au milieu de la foule de croisés et brandit sa hache Olga, profitant de son uniforme pour réclamer le calme. Ce qu'il obtient avec une certaine surprise et une certaine satisfaction. Il réclame alors auprès d'Ali le droit de fouiller les roulottes, lui glissant qu'il ne pourra pas retenir les Croisés bien longtemps sinon.
Ali marmonne, glisse quelques mots à sa femme, Suri, qui acquiesce, et il finit par céder. Karl-Heinz fouille donc, très en surface, la petite dizaine de roulottes, sans rien trouver.
La dernière est celle de la doyenne du clan, Madame Mira, une vieillarde pleine de grigris.
Karl-Heinz annonce qu'il n'y a rien. La foule crie que ça ne prouve rien, qu'il s'est sans doute caché ailleurs. Mais elle finit par se disperser, menaçant Ali, lui disant qu'il garderont l’œil sur lui et ses traîne-misère.

Dans un sourire édenté et un clin d’œil presque obscène, Madame Mira prend Karl-Heinz par l'épaule et lui propose de lui lire les lignes de la main. Après un instant d'hésitation, il accepte, mais reste très tendu, sur ses gardes. Ils s'enferment dans sa roulotte.
La voyante, prenant ses mains d'une manière presque sensuelle, dit qu'elle voit un lac noir, une dame dans un lac noir. Il faut s'en méfier car Karl-Heinz aura une vie brève, brutale, mais glorieuse.

Premier jour : nuit

Karl-Heinz rejoint ensuite Alido et Elsa, restées parmi les badauds et ils se rendent un peu à l'écart. Gregor ne les suit pas. Suspicieuse, Elsa inspecte sa tourte avant de finir par l'avaler.
Ils décident de se disperser pour cette nuit :
  • Karl-Heinz va essayer de surveiller la tente du capitaine Brighalter ;
  • Alido va tenter de retrouver le père Fochtenberger de son village ;
  • Elsa va surveiller du côté de l'auberge.
Du côté d'Alido, elle retrouve le père Fochtenberger. Ils discutent des derniers événements de leurs vies respectives depuis le passage de la Croisade à Pfeifeldorf qui a tout changé. Puis Alido évoque la mort jaune, prétextant vouloir des informations pour, soit-disant, l'herboriste du Concile. Elle souhaite l'avis du prêtre. Ce dernier dit que certains pensent que c'est l’œuvre des Sombres Puissances, mais ça n'a pas de sens selon lui. Avec toute la crasse et la misère de ce cloaque ambulant, a-t-on besoin d'invoquer une cause surnaturelle pour expliquer la maladie ?
Après la discussion, elle est la première à retrouver sa paillasse.

Pour une ancienne garde, qui a l'habitude de planquer en se montrant justement pour faire régner l'ordre, se planquer avec un air détaché, Elsa ne parvient pas à s'y faire. Cela la stresse et elle se sent comme un phare au milieu de la nuit. Du coup, elle abandonne vite son poste pour se coucher elle aussi.

Enfin, du côté de l'enceinte de Karl, Karl-Heinz se planque sous un chariot à l'arrière de la tente du capitaine, près de la tente des gardes de Jan. Il y a quelques allées et venues durant la nuit : des patrouilles de garde de Krieger et de lanciers d'Eisenbach partent et reviennent. Krieger lui-même semble avoir quitté sa tente, sans être vu par Karl-Heinz, et revient vers une heure du matin. Pour vite se coucher et émettre des ronflements sonores. Trois gardes du corps de Jan sortent alors du camp en riant et en emportant une bouteille. Du côté du corral, une jument est en train de mettre bas, sous le regard exultant d'Eisenbach. Sur ces entrefaites, la nuit est bien avancée. Karl-Heinz décide qu'il n'apprendra plus rien et qu'il a lui aussi besoin de sommeil.

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Deuxième jour : matin

Observations concernant le concile

Pendant le démontage, Karl-Heinz surprend la conversation entre deux gardes de Jan. L'un d'eux se demande ce que le capitaine Brighalter mijotait la nuit dernière, il l'a vu se promener à l'écart près des bois. Son compère lui dit de laisser le capitaine tranquille, il a beaucoup à penser et ne trouvait sans doute pas le sommeil.

Enquête dans les bois

Ayant peu dormi, Karl-Heinz cherche à voyager sans marcher. Il va sur l'arrière de la colonne et négocie une charrette pour finir sa nuit. Seulement, deux hommes finissent par le réveiller, sous prétexte qu'il est un homme de la garde personnelle et qu'ils ont trouvé un truc affolant dans les bois. Karl-Heinz essaie vainement de repousser les deux Croisés mais fini par les suivre dans les bois.
Les deux hommes ont l'air effrayé et laissent Karl-Heinz seul devant la scène qu'ils voulaient lui montrer.
Au centre d'une petite clairière se trouve un cercle composé de runes. Les runes sont noires et semblent onduler. En les inspectant de près, des dizaines de milliers de mouches en plein repas s'envolent en une immense nuée bourdonnante, révélant que les runes ont été tracées à l'aide d'excréments et d'une substance visqueuse.
Au milieu du cercle se trouve le cadavre d'un agneau. Il ne porte pas de blessure visible et semble être mort d'une horrible maladie. Il émet une atroce puanteur et sa tête est recouverte de furoncles rouges. En guise de sabots, il a de minuscules mains de bébé flétries.
Un gant est abandonné sur le sol près de l'agneau, souillé d'excréments et d'une matière gluante.
Imperturbable, Karl-Heinz l'inspecte du bout d'un bâton et laisse le tout sur place avant de retourner en marmonnant se coucher dans sa charrette, attendant la relève de la garde...

lundi 4 juin 2018

En lettres de sang (1)

L'heure de l'enfant

Premier jour : début de matinée

C'est finalement Alido qui doit prendre son service en matinée et Karl-Heinz est affecté pour l'après-midi.
Le temps de ranger le camp et harnacher les chevaux pour prendre la route, Alido et Karl-Heinz sont témoins d'une discussion agitée entre les chefs. Jan pense qu'ils ont assez de Croisés et veut précipiter le pas en direction d'Altdorf pour rencontrer le Grand Théogoniste Volkmar et l'Empereur Heinrich X. Sire Eisenbach est de l'avis de Jan. Il semble vouloir obtenir compensation de ses frais sitôt que possible. Helmut veut recruter dans chaque village pour qu'Altdorf voit leur puissance.
Mais Karl est du côté de Jan et d'Eisenbach, ce qui clôt le débat. Il veut lui aussi précipiter le pas en direction d'Altdorf. Il dit qu'il a eu une prémonition lui indiquant qu'il doit se rendre rapidement au Kislev pour empêcher une grande victoire du Chaos.

Premier jour : matin et après-midi

Alido se retrouve en toute tête de colonne, derrière 4 hommes et 1 femme, dont le porte-étendard, vêtue d'un uniforme usagé de l'armée du Reikland, agrémenté d'une large ceinture de toile bleue, la couleur de l'Enfant.
Elle est placée sous le commandement direct du capitaine Krieger Brighalter.
Elle passe sa matinée à côté d'une autre fille, marquée par une horrible cicatrice qui barre son visage, une certaine Elsa.

Suit le carrosse de Karl, qui embarque Helmut et le nouvel entrant, le père Johannes Seibolt. Le carrosse est gardé par 6 portemarteaux. Suivent des chevaliers d'Eisenbach, puis le coche de Jan Vanderpeer et ses gardes et enfin la voiture d'Eisenbach.
Le capitaine Brighalter, monté sur son destrier Tempête, va et vient le long de la colonne pour rétablir l'ordre.
La suite de la colonne est plus désorganisée, mais viennent d'abord ceux qui ont une place dans l'enceinte de Karl. On entend beaucoup de chants et de prières.

Ordres spéciaux

Tandis qu'Alido est en train de marcher, Helmut demande à la voir, elle et Elsa, en privé. Il leur explique qu'il a besoin de leur services car elles sont nouvelle dans la Croisade - il semble qu'Elsa l'aie rejointe à Carroburg - et qu'elles sont parfaites pour ce qu'il a besoin : elles ne sont pas encore liées à une secte ou une autre. Pour les anciens, leur loyauté entre hélas souvent en conflit car ils aiment tous Karl et veulent être uniques à ses yeux. Tant qu'ils seraient prêts à dénoncer en tant qu'adeptes du Chaos tous ceux auxquels ils pensent que Karl accorde plus d'affection qu'à eux.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit : certaines sectes de la foule ont une attitude trouble et Helmut craint en la présence d'adeptes du Chaos.
Des chasseurs de sorcières qui avaient tenté d'infiltrer la Croisade ont été terrassés par une maladie fatale qui n'a contaminé personne d'autre. Certains la nomme la Mort Jaune. Ceux qui sont affectés sont en proie à une fièvre brûlante qui les assoiffe affreusement, tout en se trouvant incapable de vider leur vessie. La douleur que cette incapacité provoque est effroyable, mais les victimes ne peuvent s'empêcher de boire et leur état ne fait qu'empirer. Leur peau tourne au jaune et leur sueur empeste l'urine. Elles finissent par mourir de la fièvre, hallucinées et poussant des hurlements !
Helmut souhaite donc que les deux femmes puissent se renseigner à droite et à gauche pour savoir si cela pourrait avoir un lien avec une infiltration d'éléments liés au Chaos.
Alido demande si elle peut en parler à Karl-Heinz, une connaissance qui a rejoint la croisade en même temps qu'elle. Helmut a un moment d'hésitation sur la personne et accepte. Alido et Elsa se retrouvent donc compagnonnes, liées par cette preuve de confiance que semble leur laisser un haut responsable de la Croisade.

D'autres ordres

Karl-Heinz, lui, observe la scène de loin lorsqu'il est, presque au même moment, lui aussi alpagué par un responsable de la Croisade !
Il s'agit de Jan Vanderpeer qui se présente à lui comme l’intendant que personne n'aime mais dont le travail est indispensable.
Lui aussi lui explique qu'il le choisit car il vient d'arriver au service de Brighalter. Or il soupçonne le capitaine, un homme apprécié, d'être un traitre au service du Chaos !
Jan affirme avoir entendu des voix d'outre-tombe sortir de sa tente ainsi que d'étranges furoncles sur les lèvres de ses hommes. Comme le Concile est concerné par la présence potentielle de cultes chaotiques, il a fait le rapprochement et demande à Karl-Heinz de trouver des preuves et, s'il en a, de rapporter directement ses découvertes à Karl et Helmut. Ils n'accepteront pas les preuves, dit-il, si elles viennent de lui.
Il craint que le capitaine Brighalter ne prévoie de corrompre Karl ou de l'enlever pour le soumettre à quelque terrible rituel.
Karl-Heinz faisant partie des hommes du capitaine depuis ce matin et n'est pas encore affecté par ce qui se trame, il est parfaitement placé pour enquêter sur son unité.
Karl-Heinz accepte bien évidemment, pour le bien de l'Enfant.
Il commence alors à lier, du mieux qu'il le peut, étant un ours mal léché, conversation avec un de ses collègues pour prendre la température sur la capitaine.
L'homme apprécie la capitaine, le meilleur officier qu'il aie jamais servi. Honnête comme un jour de labeur et toujours prompt à demander à ce qu'ils aient leur solde.
Karl-Heinz est surpris de l'histoire du capitaine. Le soldat lui explique que quand il a rejoint la Croisade, ça ne plaisait pas à certains gars. Ils pensaient qu'il avait retourné sa veste. Après tout, ils étaient censés les arrêter. Le capitaine est un véritable adepte de Sigmar et il pense que s'il dit que c'est la réincarnation de Sigmar, ça lui va. Et si c'est vrai, on ne pourra pas dire qu'ils ont retourné leur veste. Ce sont plutôt tous les autres qui se trompent.

Au changement de garde, Alido et Karl-Heinz se glissent quelques mots, se donnant rendez-vous après le service à la Paye de Karl.

Dans les bonnes grâces de l'Enfant-Dieu

Pendant la garde de Karl-Heinz, Karl fait son apparition devant ses gardes, à cause de l'appel de la nature. Le temps de retourner à son carrosse, il s'adresse à son nouveau garde, Karl-Heinz.
Tel un enfant impressionné, il saoule Karl-Heinz de questions : a-t-il déjà tués des créatures monstrueuses, laquelle était la plus grosse, a-t-il déjà vu un dragon ?
Karl-Heinz est fier de pouvoir lui montrer ses cicatrices et il parle quelques instant d'une rencontre avec un vampire.
L'Enfant lui raconte ensuite qu'il a vécu lui aussi une aventure, lorsqu'il a été enlevé dans un orphelinat et qu'il a échappé à ses ravisseurs.
Avant que Karl-Heinz ne puisse obtenir des réponses à ses questions, Jan apparaît et le renvoie à sa leçon.
Karl prend un air renfrogné mais s'exécute docilement, tout en glissant avant de rentrer dans son carrosse qu'il n'aurait préféré pas se rendre à Altdorf, mais au Kislev. Il a eu une vision d'un grand danger venant du nord et du Kislev. Il doit l'arrêter sans plus tarder.
Autant l'Enfant était naturel lorsqu'il questionnait Karl-Heinz et lorsqu'il mentionnait son enlèvement, autant Karl-Heinz avait l'impression que lors du passage sur Kislev, il ne l'était pas tant que cela... Étrange.
Mais cette fois c'est Helmut qui empêche toute nouvelle discussion, depuis le seuil du coche :
Vous allez rencontrer le grand théogoniste dans quelques jours, Monseigneur. De quoi aurez-vous l'air si vous ne connaissez pas votre catéchisme ?

Alors que Karl-Heinz tente de retrouver Alido et se dirige vers l'arrière de la colonne, il remarque une jeune paysanne dépenaillée affligée d'un furoncle à la lèvre qui semble le suivre.
Il l'interpelle ce qui provoque sa fuite. Il court après elle mais elle est trop agile pour lui et disparaît vite dans la foule.
Maintenant sur ses gardes, il ne remarque rien jusqu'à arriver à la Paye de Karl.