mardi 15 janvier 2019

En lettres de sang (12)

Konistag 12

Les ailes noires de la nuit

Après une nuit réparatrice, Alido et Karl-Heinz se rendent chez le Dr Schmitt.
Le docteur accepte de les recevoir, mais pas en urgence, bien que leur cas soit généralement plus de ressort d'un simple chirurgien que d'un médecin spécialisé dans la théorie des humeurs (ce qui amuse beaucoup Karl-Heinz).
Ils ne ressortent qu'en début d'après-midi, Alido ayant une atèle au pouce et les pansements de Karl-Heinz ont été changés.
Elsa reste elle chez Sire Frederick, les attendant pour déjeuner en profitant du vin de la maison.
Mais, à peine reviennent-ils et ont-ils le temps de toucher à leur repas, Nestor leur demande de se rendre au bureau de Sire Frederick.
Sire Frederick a terminé Du Sang sur le Reik, et est désolé de ne pas avoir trouvé le moindre rapport avec leurs recherches. Comme il y a beaucoup d'illustrations, Elsa et Karl-Heinz s'y plongent aussi, mais ne peuvent trouver non plus aucune piste sérieuse.

Le journal caché

Ils discutent donc des options qu'ils ont et finissent par conclure qu'il convient de commencer par la bibliothèque du temple de Sigmar. Ne sachant pas lire, Sire Frederick est ravi de les accompagner pour les aider à chercher.

De retour au temple

Au temple, Sire Frederick se rend chez un certain Doris, le procureur du temple, pour obtenir l'autorisation de se rendre dans la bibliothèque. Les deux hommes semblent bien se connaître et Doris les mène à l'entrée de a bibliothèque et les laisse aux soins du frère Lundgrin.

Elsa demande s'ils ont la première édition Du Sang sur le Reik.
Cela dit en effet quelque chose au frère Lundgrin, c'est une acquisition récente et il trouve sa référence à la fin d'un des vingt-six gros volumes recensant leur collection. Toutes les premières éditions étant dans la salle des livres rares, le frère les conduit dans la salle fermée à clefs.
En retirant le livre de son armoire sous verre, un petit volume coincé à l'intérieur du livre tombe au sol. Elsa s'en empare avant le frère Lundgrin. C'est bien le volume 10 manquant !

Le dixième journal d'Ansel Vorman

Ne pouvant le sortir, Sire Frederick le lit sous l’œil du frère Lundgrin, qui semble effaré d'y voir de nombreux passage écrits en magick.
Voyant l'importance du tome, Sire Frederick demande à l'emporter arguant qu'il ne fait pas partie de l'inventaire et était caché là à dessein. Mais le frère Lundgrin refuse.
Avec Karl-Heinz, il se rend chez Doris. Elsa reste dans la bibliothèque, devant la salle des livres rares fermée à clefs. Alido ne voyant pas à quoi elle peut servir part se recueillir au temple.
L'attente est longue pour Elsa. Telle une enfant espiègle, elle gratte d'un ongle discrètement l'une des étagères de la librairie pour y laisser sa marque.
Du côté de Sire Frederick, une discussion avec Doris semble révéler que les deux coopèrent souvent, peut-être même pour des affaires d'importance, sinon d'État. Bref, Doris convoque Lundgrin et lui explique qu'il doit laisser le livret à Sire Frederick sachant que ce dernier se devra de lui expliquer plus tard quelle était l'utilité du journal.
Les relations avec le frère Lundgrin se refroidissent mais ils retournent à la salle des livres rares.
Elsa est là, elle n'a rien remarqué de suspect.
Sire Frederick tient à rassurer le frère Lundgrin : si les écrits son impies, ce qui est possible, ils seront bien sûr traités comme il se doit, mais en attendant ils doivent pouvoir aider à pourchasser un ennemi de l'Empire.

Ils entrent donc dans la salle et ouvrent le journal pour le lire.
Secrètement, Sire Frederick repense à ce qu'il s'est passé il y a presque un an jour pour jour en ce lieu le plus saint : la fermeture d'un portail vers les Désolations du Chaos qui a marqué à Altdorf la fin de la Tempête Du Chaos. Il espère que l'ouverture du livre ne provoquera pas une nouvelle catastrophe !
Heureusement, il n'en est rien et le journal peut être lu après un léger soulagement qui peut se remarquer sur le visage de Sire Frederick.

L'essentiel du journal est écrit en magick. On y trouve un dessin représentant un collier composé d'une grosse chaîne et plusieurs diagrammes occultes.
Mais certains passages sont rédigés en reikspiel, dont le plus intéressant est celui-ci :

Après cette instructive lecture, ils reviennent au temple pour en discuter dans une alcôve. Que faire ? Il semble que Tobias n'ait pas réellement le collier contrairement à ce qu'annonçait Estlemann sur son lit de mort. Il disait peut-être par là qu'il savait où le trouver parce qu'il avait lui-même avoué sous la torture où il l'avait laissé : dans sa maison familiale à Ruhrhoff.
Elsa croit savoir que ce village dont lui avait parlé son père lors de ses récits se trouverait dans le Hochland.
Tobias a maintenant plus d'une journée d'avance et le chemin le plus sûr et sans doute rapide est par le fleuve, surtout que Alido ne sait pas faire de cheval et est handicapée par son pouce. Il est peu probable de le rattraper par cette voie, mais ce sera peut-être possible une fois débarqués.
Sinon, une autre piste serait de trouver la maison de Ruprecht pour les y devancer. Mais c'est trop aléatoire. Elle est peut-être à Marienbourg qui est une ville immense, et encore, il n'y a aucune certitude. Et si Tobias voulait finalement doubler ce dernier : il a l'enfant et le collier. Il y a encore moins de pistes pour retrouver sa maison puisque l'on sait maintenant qu'il ne faisait que se faire passer pour Jan Vanderpeer.

Sire Frederick tranche la question du où. Ce sera Ruhrhoff.
Quant au comment, il leur laisse carte blanche, ce sont eux les spécialistes.
Il leur promet de financer leur voyage pour qu'ils tentent d'arrêter Tobias pendant que lui va se rendre aujourd'hui même chez le chambellan de l'Empereur pour que celui-ci en soit averti !

Alido, d'humeur maussade, quitte le temple en murmurant à peine qu'elle va s'équiper pour se préparer. Elle est suivie par Elsa qui compte aussi faire un détour par chez Sire Frederick pour s'équiper avant de trouver au plus vite un bateau qui part vers Talabheim.

Pendant ce temps, Sire Frederick et Karl-Heinz doivent retourner à la bibliothèque pour essayer de localiser précisément Ruhrhoff.

Ayant fait à peine quelques dizaines de mètres, Alido se retourne en entendant le brusque raffut provoqué par l'envol d'une nuée de pigeons...

mercredi 2 janvier 2019

En lettres de sang (11)

La rue Bromelhoff

Ils prennent donc la direction du Reikerbahn, un quartier chaud d'Altdorf, une zone très agitée pleine de tavernes bon marché, de bordels, de taudis de mendiants et sans doute de repaires de voleurs, le tout agglutiné autour du principal accès du fleuve aux docks.
Pendant qu'Elsa reste en retrait pour surveiller les arrières, Karl-Heinz aborde un autochtone au hasard. Il s'agit d'un certain Heinrich, et tous sont très étonnés, et sur leurs gardes, de sa serviabilité lorsqu'il les mène directement au pied de l'immeuble de ce pauvre Axel le balafré. Le rez-de-chaussée est utilisé par une tonnellerie et Axel logerait un dernier étage, le sixième. Heinrich est récompensé d'une pistole et remercie Karl-Heinz avant de partir.
Contrairement aux deux autres, il ne remarque pas Elsa lorsqu'elle décoche, vainement, un trait d'arbalète en direction du pigeon noir qui semble toujours les suivre.

L'immeuble d'Ansel

Sur ces entrefaites, Karl-Heinz, Alido et Elsa montent les escaliers sombres et miteux qui empestent les excréments et l'urine. Les cloisons sont des simples planches de bois et on entend pleurer des bébés ainsi qu'un homme battre sa femme au cinquième.
Sur le palier du dernier étage, Karl-Heinz allume sa lanterne : l'une des portes est laissée entrouverte et du sang frais macule le plancher. Ils sont sans doute arrivés trop tard.

Derrière le masque

A l'intérieur, un homme est étendu, baignant dans son sang et gémissant faiblement. Il est nu et atrocement mutilé. Il porte également des mutations : des branchies à l'aspect de cuir s'ouvrent et se ferment sous les bras au rythme de sa respiration, émettant un bruit qui rappelle les reniflements d'un chien. Sa vie ne tient qu'à un fil et il murmure des prières incohérentes :
Sigmar, pardonne à cette enveloppe viciée. Ne la laisse pas mourir en portant ces marques honteuses.
Alido s'approche de lui et le secoue légèrement, du bout de la lanterne, pour lui faire reprendre un semblant de conscience et le questionner. Il entrouvre les yeux et la seule chose qu'elle obtient sont des gémissements :
Non, Tobias. Toutes tes tortures ne me font plus rien. Je suis au-delà de la peine. Au-delà...
Pensant sans doute qu'elle ne pourra rien tirer de plus du mutant, elle quitte la pièce en demandant à Karl-Heinz de l'accompagner. Elsa, elle, entre et reste sur place.

Ils descendent un étage et viennent frapper à la porte du dessous, celle où le mari corrige sa femme.
Après quelques négociations tendues - les gros bras de Karl-Heinz semblant calmer l'agressivité du mari - elle parvient à obtenir de pouvoir parler à l'épouse en échange de quelques pièces - non sans que le mari ne prévienne à voix basse auparavant son épouse de faire attention à ce qu'elle va dire.
Alido veut savoir ce qu'ils savent sur ce qu'il s'est passé à l'étage du dessus.
Elle obtient, moyennant quelques pistoles distribuées au fil de l'échange, les informations suivantes :
  • il y avait une demi-douzaine de répurgateurs, avec leurs hauts chapeaux ;
  • leur chef était gros et s'appelait Tobias ;
  • ils ont torturé le pauvre Axel ;
  • ils ont parlé d'une incantation ;
  • ils sont repartis il y a moins d'une heure.
Pendant ce temps, chez Axel, Elsa détaille un peu plus les lieux.
Le pigeon noir est toujours visible de l'autre côté de la rue et il n'y a pas de rideau pour occulter la fenêtre.
La minuscule chambre est aussi austère que la cellule d'un moine. On y trouve une couchette, une petite table, un tabouret et un coffre, tous fracassés. Une planche non fixée a été retirée, révélant une petite cache. Éparpillé sur le sol, probablement son contenu : des vêtements noirs dont un masque de cuir noir, quelques armes, un sac plein d'insignes bon marché en forme de comète à deux queues et huit journaux reliés de toile et attachés ensemble par une ceinture.
C'est sans aucun doute la chambre de la Vengeance de Sigmar !
Elsa prend les journaux et les met dans son sac.
Puis elle tente d'interroger l'homme.
Dans son délire, il semble la prendre pour Sigmar et lui demande de lui enlever sa malédiction : ne s'est-il pas assez repenti, n'a-t-il pas assez détruit d'impies et autres mutants ?
Elsa profite de la situation pour le pousser à parler :
Je n'aurais pas dû revenir après l'avoir caché, mais j'avais décidé de mettre ma tenue de chasse, après tout. Il m'attendait. J'ai... j'ai essayé de ne rien lui dire mais la douleur... la douleur était insupportable. Il a le collier. Il connaît l'incantation...
Ce sont ses derniers mots. Les branchies de la Vengeance se referment une dernière fois et restent immobiles.

Elsa quitte la pièce et retrouve Alido et Karl-Heinz dans les escaliers.
Sans revenir sur les lieux, ils décident de s'éloigner pour faire le point. Ce qu'ils font dans une auberge du quartier, dans une discrétion relative : les clients semblant plus intéressés par les serveuses peu farouches que par leurs messes basses.
Aucun des trois ne sachant lire, il faut faire examiner cela d'urgence par quelqu'un : le plus adéquat semble sire Frederick.

Il est maintenant tard lorsqu'ils arrivent devant son hôtel particulier et sonnent la cloche. Les deux molosses qui gardent le jardin réveillent sans doute le quartier avant que Nestor, le majordome, n'arrive et les calme.
Ils parviennent à négocier avec Nestor un abri pour la nuit. On leur donne deux chambres dans une dépendance.
Ils essaient ensuite de le persuader de voir d'urgence sire Frederick dès ce soir. Le majordome demande pour quelle raison mais Elsa semble très suspicieuse à son égard.
Sans rien en dire, ils parviennent à ce que Nestor dérange son maître qui consent à les recevoir dans son bureau, en robe de chambre.

Là, ils expliquent qu'ils ont trouvé la Vengeance de Sigmar et qu'elle était morte. Ils racontent de manière désordonnée mais dans le détail leur journée et montrent les journaux trouvés chez Axel.
Il y a là plusieurs tomes numérotés : les journaux 5 à 9 et 11 à 13. Il manque les quatre premiers et le dixième. Les derniers mots du treizième confirment qu'il s'agit bien du dernier.
Sire Frederick regarde rapidement et estime à quelques heures le temps de les lire et les décrypter. Il n'a pas besoin d'être prié pour se proposer de le faire sur le champ.
Pendant que Alido va se coucher, Elsa et Karl-Heinz restent en compagnie de Sire Frederick dans son bureau, à siroter du brandy pendant que la noblesse travaille !

L'histoire d'Ansel

Sire Frederick lit attentivement les journaux, fait quelques allers-retours entre les pages, grommelle, ponctue le tout parfois par quelques exclamations et prend surtout de nombreuses notes.
Il fait ensuite réveiller Alido par Elsa pour pouvoir, lors de la nuit profonde, leur faire un compte-rendu des journaux.
Issu de la petite ville septentrionale de Keck, Ansel était un fils de marchand brillant et solitaire doté d'une aptitude pour la magie. Adolescent, il tomba amoureux de la fille d'un sculpteur sur bois. Quand elle le repoussa, il s'enfuit pour Altdorf, déterminé à entrer aux collèges de magie et à trouver un moyen magique pour la rendre amoureuse de lui.
Quand ses professeurs refusèrent de lui enseigner ce qu'il voulait apprendre, il commença à se tourner vers les livres interdits. Il s'enfuit des collèges et étudia seul, achetant des livres à Estlemann jusqu'à ce que les répurgateurs soient sur ses traces. Il s'enfuit à Marienbourg et rentra dans la clique de Ruprecht qui lui promit de lui donner le pouvoir de retrouver on amour perdu.
Ansel n'appréciait ni Ruprecht, ni Tobias, qui assistait lui aussi Ruprecht, mais la promesse du savoir le retenait au service du sorcier. Il y a deux ans, Ruprecht mit la main sur le Collier de l'Indéfectible Loyauté, un bijou qui forçait son porteur à aimer quiconque le lui avait placé autour du cou. Ansel décida de le voler et de l'utiliser sur celle qu'il aimait.
Ce qui s'est passé ensuite est décrit dans le volume 10 manquant.
Le volume 11 commence quand Ansel se retrouve à Altdorf sous un faux nom, Axel, et se repent d'avoir joué avec le pouvoir des ténèbres, pleurant la mort de sa bien-aimée. Il ne dit pas exactement ce qui s'est passé, mais il est clair que le Collier de l'Indéfectible Loyauté a tué la fille et l'a affligé de sa cicatrice et de ses branchies de mutant. Sa mutation est à la fois une bénédiction et une malédiction. Il déteste ses branchies et prie Sigmar de les lui retirer, mais elles lui sont très utiles. Il a décidé de faire pénitence en tuant autant de mutants et de sorciers qu'il le peut, et ses branchies lui permettent justement de sentir les autres mutants. Il utilise ses pouvoirs pour les traquer et les tuer.
La dernière page du journal contient un passage intéressant :

Elsa se souvient du livre d'illustrations sur l'Empire, ses gens et ses bêtes étranges que lui montrait son père militaire et sur lequel il brodait des batailles épiques. Il s'intitulait "Du sang sur le Reik", d'un certain Tobias Helmgart. La première édition doit dater d'environ 800 ans.
Est-ce que le premier sang d'Helmgart ne pourrait pas y faire référence ?
Dans ce cas, est-ce la première histoire, la première illustration ?
L'autre indice soulevé par Alido est le fait que la prière ait inspiré Ansel pour la cachette. Cela pourrait-il être le temple.
Sire Frederick rappelle que le Grand Temple de Sigmar d'Altdorf est réputé pour sa bibliothèque hors du commun.
Il regarde cependant sa propre bibliothèque et trouve une édition, pas la première bien entendu, du livre. Il se propose de passer le reste de la nuit pour l'étudier afin de laisser les autres se reposer.
Elsa, toujours soupçonneuse, demande à récupérer les journaux. Mais Sire Frederick préfère les garder afin de pouvoir s'y référer lors de sa lecture.
Alido, Elsa et Karl-Heinz se rendent donc dans leur chambre pour une fin de nuit réparatrice dans un bon lit et de beaux draps propres.