Et commence l'aventure...
L’été fait son baroud d’honneur avant de laisser place à l’automne. Le vent accentue la sensation de chaleur, difficilement supportable pour
Lothar, le wendigo, qui en plus tire la charrette. Il en va de même pour
Evgueni, le kislévite. Seul
Karl-Heinz semble profiter de sa liberté nouvellement retrouvée.
Après 10 jours de trajet dont 9 passés à la belle étoile, ils décident de faire un petit détour et de pousser vers Kalkaat, siège d'orthodoxes sigmarites en pleine Terres Perdues, afin de dégotter une nuit dans une bonne chambre.
Karl-Heinz, profitant d'un peu de liberté, refuse la tourte, à son image, qu'un halfling cul-de-jatte crasseux au possible proposait de lui préparer. On se demande pourquoi. Il consent tout de même à lui laisser un sou.
Il est bientôt l'heure d'entrer dans l'Empire et donc dans la Drakwald, un peu de fraîcheur bienvenue. Les journées sont longues, la charrette ralentissant la progression. Impossible de passer à côté des traces laissées ça et là par la Croisade de l'Enfant. Il se passe encore deux semaines dont une seule nuit d'auberge - avant de pénétrer dans l'Empire. La progression est lente mais sans souci particulier. La Drakwald, bien que sombre, très épaisse et de bien mauvaise réputation, est assez tranquille en fait.
Le seule rencontre stressante prend la forme d'une meute de 6 loups qui gardent jalousement leur proie, un grand cerf, tué en pleine route. Impossible de contourner et Evgueni décide de ne pas attendre pour les laisser finir leur repas. Avec Lothar ils déchargent leur arbalète sur le mâle alpha en train de se repaître. Les deux touchent, Lothar lui crève même peut-être l’œil. Le loup détale, la meute montre les dents mais finit par déguerpir lorsque les chasseurs rechargent.
La route est libre. La chasse des loups permet même à Lothar de prélever deux beaux cuissots.
Une surprise les attend à l'heure du campement. Un jeune loup de la meute s'approche de Evgueni, queue basse, en attitude de soumission. Evgueni va même jusqu'à le caresser et lui donner pitance. Il y voit un signe d'Ulric. Karl-Heinz et surtout Lothar sont très méfiants mais le loup finit, après avoir un peu hurlé à la lune, par s'installer avec les humains. Il va même réchauffer Karl-Heinz pendant la nuit.
Le lendemain, le loup les suit et gambade avec eux.
Pendant la nuit, après les hurlements, le loup s'éloigne du camp et a commence à japper d'une étrange manière. Evgueni va voir ce qu'il se passe, suivi par Karl-Heinz. Le loup ne semble pas blessé, et s'éloigne doucement, comme s'il les guidait. En pleine nuit, dans la Drakwald, Karl-Heinz taille sa route en marquant certains arbres pour éviter de se perdre. Tout à coup, le loup disparaît dans les fourrés. Pendant que Evgueni et Karl-Heinz reviennent péniblement sur leur pas, ils perçoivent un fort grognement de douleur de Lothar.
Ce dernier est attaqué par deux loups, mais même surpris, il est plus coriace que prévu. Il subit quelques morsures mais sa lance fait des dommages. Les loups préfèrent se retirer avant que Karl-Heinz et Evgueni soient de retour.
On se demande dans quel camp était Ulric. Les loups de la Drakwald ne sont pas qu'une légende.
Evgueni qui de par son métier à Marienbourg avait quelques compétences de soins ne peut pas faire grand chose pour Lothar mis à part des bandages de fortune. Ils finissent donc la nuit sans pouvoir vraiment dormir sur leurs deux oreilles.
Heureusement, après moins d'une journée de marche, la première auberge de la Drakwald, le Dernier Trou, est la bienvenue. Evgueni passe la soirée à confectionner des bandages qu'il distribue à ses compagnons.
Lothar, avant de repartir, bénéficie du travail de Evgueni et les morsures de loup ne resteront bientôt plus qu'un lointain mais cuisant souvenir.
Entrée en scène des Blauesblut
La civilisation s'approche. Quelques arbres abritent des avis de recherche. Karl-Heinz, avant de l'oublier aussi vite, s'amuse intérieurement de voir un papier - qu'il préfère arracher et jeter - représentant un groupe de trois hommes dont un ogre, recherchés pour 30 couronnes - aucune ressemblance avec eux toutefois.
Peu après, 4 hommes à cheval et en armure barrent la route. L'un d'eux s'approche, laissant ses trois compagnons plus loin. Il commence à leur parler à voix basse pour ne pas être entendu par ses compagnons. Il leur explique, ou essaie devant les remarques rapidement véhémentes de Evgueni, qu'il a 22 hommes armés d'arbalètes dissimulés le long du chemin et qu'il souhaite les arrêter (sous prétexte de l'avis de recherche entrevu par Karl-Heinz). Ils ont beau protester qu'il n'y a aucune ressemblance, Arnolt Schade indique que dans ce cas-là, ils n'ont rien à craindre suite à leur arrestation. Il leur parle tout bas parce qu'il aurait aimé... qu'ils se laissent arrêter par son camarade Wendell qui est en ce moment dans une mauvaise passe. Ça l'aiderait à se requinquer. Cette demande surréaliste est rejetée par Evgueni qui en parle justement frontalement à Wendell Ott. Ce dernier semble en effet profondément dépressif et ne semble avoir qu'une très piètre image de lui-même et de sa compétence. Quoi qu'il en soit, ils se laissent arrêter car ils ne sont pas suicidaires. Leurs armes leur sont retirées - sauf peut-être Evgueni qui garde une arme cachée - et ils sont escortés par les quatre hommes.
Arnolt est suffisant et ingénument hautain. Il est noble mais, comme tout son groupe - les Blauesblut - n'est qu'un fils cadet et n'a aucun droit à cause de la règle de la primogéniture. Leur groupe de chasseurs de primes visent surtout à lutter contre cet état de fait. Mais se plaindre devant de simple roturiers est somme toute assez vain. Mais Arnolt ne semble pas s'en rendre compte, d'ailleurs il n'écoute que lui et même ses collègues qui semblent avoir déjà entendu la même rengaine un certain nombre de fois semblent s'en lasser.
Bienvenue à Pfeifeldorf
Ils sont en fait à moins d'une lieue de Pfeifeldorf, le village où ils doivent rencontrer le régisseur, Zacharius Lauer. Arnolt discute d'abord avec lui, une bourse bien tendue lui est remise puis il désigne Wendel Ott comme étant l'homme qui a mis la main sur les personnes recherchées. Aux côtés de Zacharius, une femme à la carrure imposante, vêtue d'habits simples, sans doute une assistante, reste silencieuse.
Lothar finit par présenter le parchemin avec le sceau de l'ambassadeur impérial à Marienbourg, qui pourra attester qu'ils n'étaient pas en amont de la route d'Altdorf en train de braconner sur les terres des Von Speier. Le régisseur semble enclin à les croire, les portraits, mis à part la composition des braconniers assez rare (un ogre !), sont assez peu ressemblants. Il va envoyer un pigeon vers Marienbourg. En attendant la réponse d'ici quelques jours, il devront être gardés en détention.
Le régisseur discute à nouveau à part quelques instants avec Arnolt puis leur fait une proposition : s'ils ne veulent pas rester enfermés, il a un petit travail qu'il n'a pas le temps d'accomplir, ça pourrait les occuper. Il n'y a rien à gagner à part la reconnaissance du bourg et une liberté surveillée. Lothar et Karl-Heinz préfèrent rester enfermés. Ils sont amenés dans un entrepôt pour quelques jours. Quant à Evgueni, il accepte et parvient même à négocier 5 pistoles. Il sera accompagné (comprendre, surveillé), par
Alido, l'adjointe du régisseur. Il a juste à résoudre une petite enquête au sujet d'un vol, commis à l'encontre de Frau Gertrudt.
En sortant du bureau, libre mais désarmé, Evgueni suit Alido qui tombe sur quelqu'un de sa connaissance :
Ernest Blancport. Elle lui révèle que le régisseur Lauer paie des hommes pour une petite enquête. Visiblement sans le sou, et sans occupation, le Bretonnien accepte d'emblée.
L'inébranlable Frau Gertrudt
Les trois se rendent chez Hester Gertrudt pour voir quel vol elle aurait subit. La femme est âgée et c'est une sacrée mégère, aidée par sa carrure hors du commun. Alido est presque chétive en comparaison. Le dame est en train de recouvrir de boue les insanités écrites par les croisés sur le mur de sa masure. Elle commence par engueuler les visiteurs, d'une part parce que Lauer n'a rien fait alors qu'elle n'arrête pas de venir le voir, pour que finalement il envoie des larbins et des étrangers, et d'autre part parce qu'il restent plantés là à ne rien faire.
Elle leur explique qu'il y a quatre jours, on lui a volé Gretta, sa jeune... truie !
Petit moment de stupéfaction à propos de l'objet de l'enquête. Vu la mégère et l'affaire, Evgueni comprend que le régisseur ne souhaitait vraiment pas la traiter lui-même.
La truie a été volée il y a 4 jours, et la croisade a levé le camp juste dans les champs derrière sa maison il y a 3 jours. Mais Frau Gertrudt n'en démord pas : ça ne vient pas des croisés. D'autres animaux ont continué à disparaître dans le village depuis le départ de la croisade.
La porcherie de Gertrudt
Personne n'entre dans la porcherie. Evgueni regarde du côté des champs, mais il y a tellement de restes liés à la croisade que, ne sachant pas ce qu'il cherche, il ne trouve rien de probant. Ernest, lui, vérifie la clôture du voisin, le vieil Eysen. Il trouve quelques fils d'une étoffe pourpre, couleur rare. Evgueni en porte, mais ce n'est pas la même étoffe, elle est plus fine. Des traces de bottes peuvent être trouvées menant à la porcherie d'une part et disparaissant près de la maison de vieil Eysen d'autre part. Elles ont été effacées par ce dernier qui a retourné sa terre. Elles pourraient mener soit à la maison du vieillard, soit à la route.
Le vieil Eysen
Le vieil Eysen est crasseux, sénile, à moitié aveugle et aux trois-quarts sourds. L'interroger n'est pas une sinécure alors qu'il sème des cailloux dans ses jardins. Il n'y a rien à en tirer sauf qu'un moment il se mouche... dans une étoffe pourpre ! Il refuse de laisser son mouchoir porte-bonheur qu'il a trouvé sur la clôture il y a 3 jours, à moins qu'Ernest lui fasse sa fameuse tourte aux pigeons des marais en échange. Evgueni lui prend l'étoffe et va la laver dans un seau pendant que Ernest promet sa tourte du bout des lèvres.
L'étoffe est brodée répétitivement d'un blason représentant un animal rampant. Ce ne sont pas les armes des Von Speier, les seigneurs locaux, ni celles de Wendell Ott.
Au Pipeau Mouillé
Ils se rendent ensuite à l'auberge du bourg, le Pipeau Mouillé. Ernest interroge le tenancier, Mertin Kleinschrott sur l'origine du blason. Evgueni se charge de Franck le soulard, qui veut bien reconnaître ce que l'on veut contre une bière. Chou blanc, mise à part que Mertin a lui aussi perdu un animal, un petit chien bâtard qui trainait souvent par là. Le prix de l'information pour Ernest : se faire éternuer dessus par mégarde par l'aubergiste qui a une toux tenace, et se faire essuyer la joue par son mouchoir ! Beurk !
Les autres clients sont le bailli, Reinardt Neytz, le supérieur direct du régisseur, qui joue aux cartes avec 3 compères. Ernest connaissant sa passion du jeu préfère ne pas l'interrompre dans sa partie.
Ernest conseille alors à Evgueni et Alido d'aller voir Johannes Gephardt qui a une formidable bibliothèque. Ils trouveront peut-être des informations sur le blason. Quant à lui, il n'ira pas car l'érudit le déteste. Il reste à jouer avec Neytz avant d'aller se coucher.
Johannes Gephardt et son estimable bibliothèque
Johannes Gephardt est un mathématicien impérial à la retraite et semble ravi d'avoir de la visite. Il reste souvent en retrait de la communauté car il est craint en général par la populace, de par ses centres d'intérêt - l'astronomie - et son physique : son visage est grêlé de cratères. Une vieille maladie, un marque du Chaos ! Cela dépend des points de vue.
Indiquant qu'ils viennent suite à une requête de Lauer pour rechercher à quelle famille appartient un blason, ils font face à la surprise de Johannes Gephardt : Caspar Schmidt, le boulanger, l'avait lui aussi approché quelques jours avant son suicide pour étudier l'héraldique. Il lui avait donné libre accès à sa bibliothèque mais ignore quels livres le malheureux avait pu consulter.
Le savant leur laisse alors accès, sous contrôle, à son imposante bibliothèque, notamment "De la griffe de la noblesse : Histoire et héraldique de lignées de choix" de Thomas Aberlin. Le tome fait à peu près un milliers de page et il faut une loupe pour examiner les dessins de blasons. Mais Evgueni est chanceux et il ne lui faut que quelques heures pour raccrocher le blason à un nom : la famille Hollenbach.
Johannes leur trouve alors rapidement des informations sur cette lignée disparue. Et elles font froid dans le dos !
La famille Hollenbach
La famille Hollenbach s'enorgueillissait jadis d'avoir dans ses rangs plusieurs membres proéminents ayant l'oreille du Comte Électeur du Nordland. Mais la bonne fortune ne tarda pas à se détourner d'eux. Le long des routes des propriétés Hollenbach, des paysans commencèrent à disparaître en grand nombre et, avant longtemps, plusieurs nobles lignées de moindre prestige accusèrent les Hollenbach de verser dans le vampirisme et la sorcellerie.
Les chasseurs de sorcières investirent leurs terres en 2066, à Hexenstag, et exterminèrent sur le bûcher la dynastie entière pour "avoir frayé avec des forces malveillantes". Certains cependant sont d'avis que le repos éternel n'est pas pour les Hollenbach. Ainsi, alors que le Comte Électeur de Nordland avait été assuré que la lignée entière avait péri sur le bûcher, des paysans continuèrent à disparaître neuf années de plus. Trente ans plus tard, lorsque des disparitions supplémentaires de manants firent crier au "fléau Hollenbach", il faut noter que de nombreuses dépouilles nobles furent exhumées sur ordre du comte. Et chaque squelette Hollenbach avait encore un pieu fiché dans le torse.
Il est plus que l'heure de prendre du repos. Evgueni essaie d'échapper à l'entrepôt mais Alido est inflexible.
Le trépas prématuré de Caspar Schmidt
Pauvre infortuné Frau...
Le matin, Ernest, en bon Bretonnien, se met à la cuisine. Il prépare quelques œufs brouillés qu'il dépose discrètement chez le vieil Eysen et surtout sa tourte pour présenter ses condoléances à la veuve de Caspar, Clara.
Réticente devant la présence d'un étranger total, Clara leur permet toutefois d'entrer pour le besoin de l'enquête. Elle est surprise qu'ils indiquent que le suicide de son mari ne serait pas l'hypothèse privilégiée. Le régisseur lui ayant dit le contraire. Mais elle accepte de les laisser un peu fouiner car le régisseur avait indiqué qu'il allait le faire prochainement. Ce sont donc bien ses envoyés pour elle.
Interrogée, elle explique s'être disputée avec Caspar le jour de sa mort car elle a refusé de le suivre pour la croisade et elle craint que c'est cela qui l'a conduit à commettre l'irréparable. Caspar était devenu étrangement converti à sa nouvelle religion, alors qu'il n'avait jamais montré d'intérêt envers les dieux.
Quelques heures après cette dispute restée irrésolue, Caspar s'entretint avec un des jeunes Von Speier (elle ignore lequel) afin "de débattre d'importantes affaires". Il l'avait priée de quitter la maison et de ne pas reparaître avant plusieurs heures. Clara rendit donc visite à Frau Fochtenberger (l'épouse du prêtre sigmarite de la communauté), et toutes deux purent gémir en chœur sur la subite conversion de leurs maris respectifs, chacune s'apitoyant sur le sort de l'autre. De retour chez elle, Frau Schmidt retrouva le sien pendu à la haute poutre centrale du séjour, juste au-dessus de leur tête. Une chaise renversée à ses pieds.
La fouille du bureau de Caspar, laissé sous clé depuis sa mort, est aussi intéressante. Tout est sens dessus dessous. On y trouve des tracts de propagande sur la Croisade de l'Enfant, mais aussi, plus intéressant, un mot de Wendell Ott :
Mon bien cher Caspar,
Je me suis entretenu avec Lennhardt comme vous l'aviez requis, et il a consenti à vous laisser trois heures la jouissance de sa bibliothèque à des fins de recherches généalogiques uniquement. Au cas où vos recherches aboutiraient, Lennhardt considérerait comme une faveur personnelle que vous lui fassiez part de vos découvertes au plus vite.
Sincèrement,
Wendell Ott
Le mot est ensuite annoté, par une autre plume du simple mot : Hollenbach
À la croisée des chemins
De nombreuses pistes sont maintenant ouvertes et la piste du suicide semblent sérieusement battre de l'aile.