dimanche 12 novembre 2017

La Croisade de l'Enfant (2)

La blessure de Evgueni semble infectée et Coriael fournit des sangsues à Alido pour qu'elle traite son compagnon. Les elfes ne daignent visiblement pas traiter la blessure.
Leur éclaireur, une certaine Kaciel, rejoint bientôt les autres elfes. Il est temps de repartir. Les hommes-bêtes rôdent et surveillent les routes.
Pendant qu'Alido soigne maladroitement Evgueni, sans doute en vain, Coriael et Kaciel évaluent plus avant la situation, ignorant Lothar qui souhaitait leur parler, sans doute de nourriture. Les elfes sont troublés par les bouleversements que semble créer cette foule. Le capitaine espère pouvoir utiliser les humains et l'ogre pour s'intégrer dans la croisade avec Kaciel. Cette dernière a l'habitude de noyauter les milieux humains et parvient assez facilement à se faire passer pour l'un d'eux. Ils décident donc de rejoindre, par voie de forêt, Carroburg pour atteindre la croisade.
Coriael annonce à Lothar, Evgueni et Alido sa décision et leur destination en vue d'évaluer les objectifs et la composition de la croisade.

Rattraper Karl

Ils passent une dizaine de jours dans la Drakwald, les elfes évitant soigneusement toute mauvaise rencontre, avant d'arriver aux pieds des monts du Midden, un paysage vallonné et parsemé de lacs à l'eau pure et de quelques marais dans les parties de landes plus basses. Les elfes sont un peu nerveux d'aller à découvert. Un camp est monté dans la Drakwald avant d'entreprendre cette seconde partie du voyage pour laisser un peu de repos à un Lothar épuisé et à Evgueni. Le Kislévite serre les dents mais sa blessure est maintenant gravement infectée et finira sans doute par avoir sa peau.

À la seconde journée dans le Midden, le groupe s'arrête soudain. Les elfes sont figés par une apparition à quelques pas de Kaciel : un majestueux cerf blanc s'immobilise quelques secondes devant eux, avant de reprendre le cours de sa gracieuse course.
Pour les elfes, il s'agit du mythique Cerf Blanc. Son apparition est annonciateur de grands changements à venir dans le monde !
Mais le moment de grâce est bref. Le cerf est poursuivi par un troupeau de squigs. Ces créatures carnivores sont assez improbables : de sortes de grosses boules munies de deux pattes puissantes et d'une énorme mâchoire qui ne cherche qu'à manger. Ce ne sont que des estomacs à dents sur pattes, dépourvus de cervelles.
Les elfes se ruent à la poursuite des squigs qui cherchent à se nourrir du cerf, laissant seuls Evgueni, Lothar, Alido. Mais Kaciel, parmi les elfes, reste aussi sur place. Deux squigs traînards voient le groupe et, dans des mouvements improbables et désordonnés, se ruent vers lui, gueule béante. Ils vont et viennent, changeant de victime. D'abord Kaciel, puis Alido, blessant les deux, renversant même la seconde pour la dévorer vive. Heureusement les traits de Lothar et de Kaciel les affaiblissent vite. Kaciel vient à bout de l'un d'eux pendant que Alido, dans un sursaut de survie, coupe littéralement le second en deux, comme une pastèque bien mûre.
Kaciel se jette ensuite à l'aide de ses semblables pour finir d'éliminer le troupeau. Le cerf s'est évanoui dans la nature. Aucun squig n'a pu l'approcher.
Nouveau conciliabule des elfes lorsqu'ils se rassemblent pour évoquer l'apparition. Kaciel se veut positive alors que Coriael pense que le fait que le Cerf s'arrête devant elle et qu'elle a été désignée pour s'infiltrer dans la Croisade montre que le pouvoir de l'enfant n'est sans doute pas anodin, et est à même de changer la face du monde.
Lothar, lui, s'intéresse aux squigs. Il apprend qu'ils sont réputés comestibles et commence alors un travail de boucher pour récupérer des provisions. D'ailleurs, au campement du soir, il est divinement surpris de la qualité du met : la meilleure viande qu'il ait dégustée jusque là, surtout le croupion !

Encore cinq jours et le groupe arrive finalement, fatigué, à Carroburg. Mais ils ont pris trop de retard et la croisade est déjà passée, laissant la ville hagarde. Les elfes établissent un campement à l'extérieur de la ville, laissent juste Kaciel entrer en ville avec Lothar, Evgueni et Alido.

Brauzeit 2523

Angestag 3

De nombreux habitants ont quitté la ville, notamment le Temple de Shallya. Le point de vue du Temple de Sigmar local est lui plutôt à la désapprobation et à proclamation d'une hérésie.
L'étape permet enfin de se reposer décemment dans une auberge conseillée par Kaciel, qui connaît bien la ville, mais surtout de trouver un médecin à Evgueni. Ce dernier ayant besoin de plusieurs semaines de repos, s'il survit, dit adieu à Lothar et lui confie son arbalète.

Avant de se reposer pour la nuit, Kaciel, auprès de ses contacts, et Alido, à la taverne, tentent de glaner quelques rumeurs sur l'Enfant et la Croisade. Karl et sa suite vont de places en places, l'enfant fait un petit discours qui envoûte la foule et les enjoint à suivre le fils de Sigmar, ou sa réincarnation, pour le présenter à l'Empereur et guider le bon peuple de l'Empire vers une vie meilleure. La seule information nouvelle est sur la nature du discours de l'enfant : il semble différemment perçu selon les auditeurs.

Au matin, Lothar pense repartir seul avec Alido car il ne veut plus passer par la forêt, mais les elfes indiquent qu'ils passeront aussi par la route, bien moins dangereuse entre Carroburg et Altdorf, mais en faisant profil bas.
En forçant l'allure, ils devraient atteindre Altdorf en 4 ou 5 jours, en espérant rejoindre la croisade avant. Elle n'a normalement pas assez d'avance pour arriver avant eux à Altdorf.

Lors de la seconde journée, ils rencontrent un groupe d'une trentaine de réfugiés encadrés par quatre hommes à l'apparence de mercenaires. Ils ont évacué le village Schattenlas, sauvagement attaqué par des hommes-bêtes, ne devant leur salut qu'en traversant le Reik. N'ayant plus rien, ils y ont vu un signe pour rejoindre la croisade dont ils ont entendu parler. Il semblerait que ce ne soit pas le seul village attaqué par les hommes-bêtes : plus à l'ouest, Weidmarkt aurait aussi été pillé. Les hommes-bêtes sont dans le sillage de la croisade. Pourquoi ?

Aubentag 6

Cette bonne vieille religion

Finalement, le lendemain, Lothar et Alido ont leur premier contact direct avec la Croisade de l'Enfant : un campement, évalué par Alido d'entre 3000 et 10000 personnes, s'est installé à l'autre bout du petit village agricole de Gootten, dans des champs entourés par la lisière de la forêt. C'est une mer tentaculaire de tentes, de chariots et de chevaux.
Toutefois, une bonne partie des croisés semble être en ville. Environ un millier de personnes, qu'il s'agisse de fanatiques ou de villageois, sont regroupés sur la place centrale. Les habitants du crus se dirigent par petits groupes pour voir à quoi rime tout ce chambardement. Le père Johannes, lui aussi, est parvenu jusque là.
Une estrade de bois et une tente ronde et bleue ont été érigées sur la place. Quatre croisés portant des robes et des ceintures bleues sont agenouillés, supportant un grand bouclier. Un autre homme, sans doute un prêtre de Sigmar, fait sortir une petite silhouette de la tente et l'aide à monter sur le bouclier. Les quatre croisés se lèvent et montent sur l'estrade afin que tous puissent voir la silhouette. Il s'agit bien sûr de Karl. À sa simple vue, une vague d'émerveillement parcourt a foule.
Lothar, Alido et Kaciel ont juste le temps de s'approcher pour écouter le discours de Karl.
Kaciel ressent une aura d'une puissance qu'elle n'a encore jamais ressentie. Elle regarde ses compagnons elfes restés plus à l'arrière. Ils lui font signe de revenir vers eux, ce qu'elle fait. Ils ont aussi senti l'aura de Karl et pensent qu'il y a là un grand danger.
Quand Karl lève le bras et parle, la foule devient tout à fait silencieuse, s'efforçant d'entendre ses moindres paroles, puis l'acclamant avec vigueur quand il en a terminé, instantanément convertie. Le Père Johannes étant le premier d'entre eux...

dimanche 29 octobre 2017

La Croisade de l'Enfant (1)


Erntezeit 2523

Konigstag 19

Des murmures dans les ténèbres

Juste avant leur départ, Ernest Blancport a la surprise de voir le mathématicien impérial Johannes Gephardt s'adresser à lui, alors qu'ils sont en froid.
Lui, toujours distant des affaires du bourg, est au courant du départ d'Ernest.
Il lui explique qu'il a apprécié son intervention pour le bien du village, ne l'en ayant pas cru capable. Il connaît ses activités dissidentes en Bretonnie et ne les cautionne pas, mais son sacrifice mérite tout de même, selon le mathématicien, une récompense susceptible de grandement l'intéresser : une lettre de cooptation pour l'accès à le Tour de Bergmann, le temple caché des érudits de l'Empire, tout proche d'ici - c'est d'ailleurs la vraie raison qui a poussé Johannes à s'installer à Pfeifeldorf. Il lui donne également ce qu'il appelle les "codes d'accès" à cette bibliothèque, c'est-à-dire la route pour y parvenir. Elle est à moins d'une journée. C'est aussi sans doute la proximité du lieu (qui doit rester secret) qui provoque l'afflux de touristes, c'est-à-dire des voyageurs qui ne parcourent des régions éloignées que par curiosité et désœuvrement.

En fin de matinée, Ernest et Alido quittent donc leur foyer, accompagnés de Evgueni, Lothar et Karl-Heinz.
Ils se séparent vite.
Ernest est accompagné de Karl-Heinz pour assurer sa sécurité - il rejoindra la croisade un peu plus tard.
Alido, elle, suit Evgueni et Lothar vers la Croisade de l'Enfant. Elle n'a plus d'emploi et peut donc finalement entreprendre le voyage qu'elle avait renoncé à faire lors du passage de l'enfant Karl.

Suivre les Croisés n'est pas aussi évident qu'il y paraît. Non qu'il manque de marques de leur passage, bien au contraire : des groupes se séparent parfois, reviennent sur leur pas et malgré la présence de la route, ne la prennent pas toujours pour parfois se détourner par de petits chemins secondaires. Au final, malgré une marche rapide, ils n'arrivent que la nuit tombée à la Paye du Moissonneur, l'auberge-relais qui doit être leur étape du soir. Un violent orage menace en plus d'éclater. Il est pour l'instant lointain, mais les éclairs sont assez impressionnants.
L'auberge, hautement fortifiée, est déserte : toutes les portes sont ouvertes, aucune trace de violence, mais tout ce qui a pu être emporté l'a été. Il semble clair que la Croisade est passée par là et que, soit ils ont pillé sans résistance, soit les propriétaires ont tout emporté pour suivre Karl et sa suite.

Lorinoc

Après une inspection des lieux, il s'avère qu'ils ne sont pas entièrement inoccupés : Alido trouve, caché sous un lit, un jeune homme que Evgueni identifie comme un elfe. Avare en paroles, il finit par indiquer qu'il se nomme Lorinoc et qu'il a trouvé les lieux inoccupés déjà la veille. Il est resté là pour prendre du repos. Alido semble remarquer qu'il est blessé, ce qu'il nie.

Pas le temps cependant de discuter plus avant, Lothar, qui était en train d'essayer, vainement, de fermer seul les lourdes doubles-portes entend un carrosse arriver au loin. Ils se mettent en évidence dans la cour pour l'accueillir.
Les occupants, sans doute soupçonneux, arrêtent le coche et un garde s'approche seul. Il est en armure complète et un peu tendu. Après quelques explications, il fait toutefois entrer le luxueux carrosse, noir, laqué, marqué de la Comète. En sort un jeune initié qui dépose un marchepied pour laisser descendre un prêtre ventripotent, aux robes noires d'apparence simples mais taillées dans les meilleurs tissus. Ses doigts sont ornées de multiples bagues scintillantes. Le prêtre traite l'initié qui le sert comme un moins-que-rien. Ce dernier lui sert de porteur pour un immense marteau sacerdotal ayant sans doute une valeur religieuses et surtout monétaire - vu son ornementation - inestimable. Il traite les occupants de l'auberge de la même manière qu'il traite son initié, et réclame un repas et la meilleure chambre.

Un invité qui tombe à pic

De mauvaise grâce, Lothar se met à la cuisine avec le peu qu'ils ont et Alido, après avoir menacé de les nourrir dans les seules assiettes, sales, restantes, se reprend et va un peu guider et aider le petit initié, Nils.
Lothar, aidé de Klaus et Ernst, les Portemarteaux, ferment les portes.
Une fois tout le monde installé, le prêtre, le père Johannes Seibolt de son nom, interrogateur de l'Ordre de la Flamme Purificatrice, les convoque dans sa chambre pour savoir ce qui les a mené ici. Ils expliquent que, mis à part Alido, ils sont envoyés par l'Ambassade Impériale à Marienbourg pour enquêter sur la Croisade. Le père Seibolt refuse de croire que l'ambassade envoie des paysans pour une importante mission. Alido, prenant peur, enjoint Lothar de montrer ses papiers, ce qu'il fait finalement avec réticence. Le prêtre est surpris, mais semble accepter l'histoire et leur demande ce qu'ils en savent, car il est lui-même là pour enquêter sur cette croisade. Ils en racontent le moins possible.

Des étrangers sont parmi nous

Ils sont congédiés et s'installent pour la nuit, sous le grondement du tonnerre. Lothar et Evgueni investissent le grenier à foin, au-dessus de l'écurie. Alido investit la chambre de l'aubergiste.

Mais la nuit est courte, et le bruit de la porte principale qui s'ouvre éveille Evgueni. Trop tard pour agir. Evgueni entrouvre le trappe et ne tarde pas à voir deux silhouettes humaines inspecter rapidement l'écurie. Evgueni tire un trait d'arbalète. Les deux  silhouettes font immédiatement retraite. Lothar et Evgueni enlèvent les tuiles du toit afin de fuir par les airs et rejoindre le chemin de ronde.

Du côté du corps de logis, Alido a juste le temps de se réveiller avant de recevoir un coup sur la tête la plongeant dans l'inconscience.

Depuis le chemin de rond, Evgueni, sorti par le toit de l'écurie, aperçoit une silhouette qui garde l'entrée de la salle d'auberge et envoie un autre trait qui provoque le retrait du garde à l'intérieur de la salle.

Assaut

Les hommes-bêtes

Mais, à l'extérieur, un cor se fait soudain entendre lorsque la pluie s'abat et que l'orage finit par éclater.

Le cor qui sonne incessamment finit par faire émerger Alido. Une grande agitation agite l'auberge, ainsi que des cris de panique.
Ce sont des hommes-bêtes ! Aidez-nous !
Elle s'empare d'un barreau de chaise et se cache près de l'escalier qui mène à l'étage. Après une minute de remue-ménage, de cris, de discussions, une petite troupe au premier étage court vers l'escalier pour descendre. À l'aide de son barreau de chaise, elle provoque une chute en série dans l'escalier. Ce sont des vagabonds, vêtus de loques, certains (ou tous ?) sont clairement... des mutants, maigre et décharnés et plus ou moins blessés.
Ils sont suivis par Klaus et Ernst, leurs lames ensanglantées au clair.
Mais les Portemarteaux ne semblent pas combattre les mutants - ou ne plus le faire en tout cas - et se ruent vers l'extérieur en criant.
Fermez les portes !
Pendant que Alido récupère sa hache lâchée par l'un des mutants tombé au bas de l'escalier, le premier qui ouvre la porte du logis tombe sur Lothar qui s'approchait et le frappe, le prenant pour un homme-bête.
On est foutus, ils sont déjà là !
Quelques secondes de panique avant que Lothar, qui n'a pas répliquer, ne s'écarte et clame :
Allons fermer portes.

Les portes sont fermées et, dans la cour, sous la pluie, trois groupes s'observent de longues secondes en chiens de faïence : les Portemarteaux, les mutants et Alido et les Marienbourgeois. Le son du cor finit par les réveiller et, tacitement, ils signent un accord temporaire de coopération. Tous aux chemins de ronde et renforcement des portes avec le charriot de Lothar et le carrosse du Père Seibolt - étrangement absent.

Il s'agit bien d'hommes-bêtes, sans doute nombreux. Des ungors, la piétaille, lancent de multiples grappins sur tous les murs, sauf le principal.
Le mur Nord résiste bien, tous les grappins sont rejetés.
Il en va de même pour le mur Est, mais Lothar, voyant ces forces déferler, semble pris de panique et finit par battre en retraite vers le corps de logis, laissant à 4 mutants le soin de garder le mur, ce qu'ils font avec succès.
Par contre, au niveau du mur Ouest, normalement le mieux défendu, quelques hommes-bêtes parviennent à pénétrer. Pendant que certains se battent sur le chemin de ronde, l'un d'eux, un gor, saute dans la cour et se rend vers les portes et commence à enlever le charriot de Lothar.
Il est alors pris pour cible par l'arbalète de Evgueni qui montait la garde au niveau d'une des tours jouxtant les portes. Evgueni descend ensuite faire face au monstre pour l'empêcher d'ouvrir les portes. Mais il est vite mis en difficulté avant d'être secouru par Alido. Cette dernière est cependant secouée par les menaces crues de viol dont elle fait l'objet. Le gor l'attrape par le cou et, même en plein combat, elle sent son désir bestial l'envahir. Il la propulse au sol le temps de s'occuper de Evgueni.
Quelques coups de lance plus tard, Evgueni s'écroule, à moitié inconscient. Le gor se tourne alors vers Alido, un regard concupiscent. Elle s'enfuit vers l'arrière de l'auberge. Il semble hésiter un instant entre sa proie et la porte qu'il doit ouvrir. Il choisit... sa proie.
Alido trouve refuge au puits, gardé par deux mutants et les laisse combattre le gor qui les a rejoint. Les deux mutants sont vite mis à mal par le gor mais, heureusement pour Alido, Ernst arrive à temps pour lui sauver la mise.
Les autres hommes-bêtes ayant réussi à passer les défenses ont été occis par Klaus et les flèches de Lorinoc.

Le siège

Le premier assaut est donc repoussé au prix d'une bonne demi-douzaine de mutants tués du côté des défenseurs. Il est évident que ce n'est qu'un répit. La nuit risque d'être longue sous la pluie battante.

Le répit permet à Nils de panser les plaies de Klaus et Ernst. Il propose également son aide aux autres occupants, sauf les mutants. L'ogre est pris en charge, mais les blessures d'Alido et surtout de Evgueni sont trop importantes pour ses compétences. Il requiert humblement l'aide de Sa Sainteté. Le père Seibolt consent, avec dégoût, à se salir les mains et recoud Evgueni et Alido.

Sauvés !

Soudain, les sentinelles entendent des cris dans la forêt. Des hommes-bêtes tombent les uns après les autres sans que l'on puisse savoir de quoi il s'agit.
En à peine quelques dizaines de secondes, tout devient à nouveau calme et... on toque à la porte principale.
Laissez-nous entrer
La voix est dotée d'un étrange accent. Lorinoc arrive alors dans la cour et demande lui aussi à ce qu'on ouvre les portes : ce sont les gens de son clan.

Coriael

La porte s'ouvre sur une dizaine d'elfes, à la grande joie de Lorinoc. Ils discutent ensemble quelques instants dans leur langue alors que le Père Seibolt réapparaît et... se fait ignorer par le chef des elfes, Coriael. Le prêtre n'est pas en position de ne faire plus que de s'offusquer.
Après avoir donné l'ordre aux siens d'exterminer les mutants qui commençaient à s'éclipser discrètement, Coriael s'adresse à Alido. Il la remercie pour son attitude envers Lorinoc et lui demande ce qu'elle fait ici. Elle indique qu'elle va à la rencontre de la croisade avec deux compagnons : un ogre et un homme blessés. Elle présente Lothar.
Coriael semble satisfait des explications et indique que les hommes-bêtes sont très nombreux et que du renfort va revenir sous peu. Il faut qu'ils quittent les lieux, et vite. Eux repartent et les invitent à les suivre. Ils acceptent de suite, au grand désarroi du père Seibolt qui promet une de ses bagues à chacun pour leur servir de garde du corps. La réponse d'Alido et de Lothar est sans appel : non ! Prenez votre carrosse et partez au triple galop, l'aube est proche. Les supplications du prêtre n'y font rien, ils s'allègent afin de pouvoir porter Evgueni, à moitié inconscient, et emboîtent le pas aux elfes.

Un voyage dans les bois

Ils progressent de nuit dans la Drakwald, les hommes-bêtes surveillent les routes humaines. Les elfes avancent sans bruit mais ralentissent leur allure afin qu'ils puissent suivre.
Après plusieurs heures, Coriael fait enfin une pause. Il estime être à bonne distance pour faire prendre du repos à tout le monde. Les plaies sont examinées, des remontants distribués aux blessés et Coriael s'entretient avec Lothar et Alido. Il demande ce qu'ils faisaient dans l'auberge abandonnée et quel est leur rapport avec le déplacement de population qui menace Athel Loren. Lothar explique à l'elfe bien plus que ce qu'il a dit au père Seibolt, principalement qu'ils suivent un enfant qui se proclame la réincarnation de Sigmar et qu'il est né au sein d'un culte déviant de Manann avant d'avoir été remis à Shallya. L'enfant intéresse fortement des cultistes de Nurgle. Lothar et Evgueni sont là pour enquêter sur sa nature à la demande de l'Ambassade Impériale à Marienbourg, Alido les a rejoint sur la route. Lothar lui montre également le sauf-conduit de l'ambassade.
Coriael va se renseigner plus avant sur cette croisade...

dimanche 1 octobre 2017

Une paix Troublée (2)

À la croisée des chemins

Forts de ces découvertes, Ernest, Evgueni et Alido quittent la demeure de Frau Schmidt.
C'est à ce moment qu'ils tombent à nouveau sur Frau Gertrudt, qui entame joyeusement la conversation et les traitant de fainéants. Ont-ils enquêté du côté du bailli, qui lorgnait sa Greta d'un drôle d’œil ? Ils s'en débarrassent en lui expliquant qu'ils travaillent activement, qu'ils ont des pistes, mais qu'ils ne peuvent rien révéler pour le moment pour ne pas mettre la puce à l'oreille des suspects.

Où on retourne voir Wendell

Ils décident de retrouver Wendel pour le faire parler à propos du mot qu'il a signé pour introduire le requête de Caspar Schmidt auprès des Von Speier.
Après l'avoir trouvé dans le bureau du régisseur, ils le questionnent sans vraiment rien en tirer. Les menaces de Evgueni ne l'impressionnent aucunement. En colère devant l'apathie de Wendell, Evgueni quitte la petite réunion impromptue. Ernest et Alido, qui sont du village, n'en tirent guère plus : Caspar a demandé ce service à Wendell qui le lui a rendu sans autre contrepartie que, par simple curiosité, d'avoir un retour sur les découvertes qu'il aura pu faire. Il ignore pourquoi il comptait faire des recherches généalogiques et, dans le fond, s'en désintéressait.
Ils filent ensuite, plus ou moins consciencieusement, Wendell : il se rend d'abord au bureau du bailli, puis chez les Von Speier.

Ils s'en vont alors enquêter chez la paysannerie locale pour essayer d'en savoir plus sur les disparitions d'animaux après le départ de la croisade. Il semblerait que l'épouse du prêtre aie perdu quelques poules tandis que le meunier plusieurs lapins. La plupart des "disparitions" ont eu lieu côté nord du village, vers la demeure des Von Speier, mais aussi le jardin de Morr. Evgueni souhaiterait d'ailleurs visiter ces jardins pour retrouver trace d'un potentiel vampire descendant des Hollenbach.

Ernest, en voisin, rend visite à Frau Fochtenberger, l'épouse du prêtre, pour en savoir plus sur les disparations et sur Caspar.
Il n'apprend rien de vraiment très neuf.
Son époux est parti pour la Croisade, persuadé que l'Enfant avait un côté divin. Elle est restée à Pfeifeldorf car le couple reste tout de même terre à terre : la place de Frau Fochtenberger n'était pas dans une croisade bigarrée et dangereuse, et elle garderait le domicile avant de savoir de quoi il en retourne quant à l'Enfant. Caspar Schmidt, lui, avait été conquis mais a vainement essayé de convaincre sa femme et ils sont finalement restés. Son avis sur l'Enfant : un charisme certain, mais il n'est que peu visible, protégé et guidé qu'il est par toute une clique de prêtre, de gardes, de charlatans. Quant à l'environnement, il est constitué d'un panel allant de fous fanatiques à toutes sortes de ruffians, dans un environnement crasseux et dangereux. C'est comme une ville en mouvement, on y trouve toutes sortent de personnage.
Après, elle ignore ce que Caspar tramait avec les Von Speier.
Concernant les poules disparues, elle pense que ça vient de quelques villageois qui ont été très précarisés suite au passage de la croisade.

Pendant ce temps, Evgueni et Alido investissent la maison que loue Ernest juste à côté et dévalisent vin, œufs et saucissons pour bien se remplir la panse.

Lucas prend la tête

Après sa visite chez Frau Fochtenberger, Ernest se rend au Pipeau Mouillé. Il y retrouve le bailli mais n'a pas trop le temps de discuter car Lucas Von Speier, le fils cadet, surgit l'air pressé et agité. Il s'entretient avec Reinardt Neitz à voix basse, mais Ernest laisse trainer l'oreille.
Lucas demande au bailli de rassembler la troupe : il vient de découvrir que son frère Lennhardt était impliqué dans un culte du Sang... En ce moment même, il se dirige vers le mausolée familial, dans le jardin de Morr, pour participer à quelque sinistre rituel inconnu. Il n'est pas question de laisser faire et il faut prendre les dispositions qui s'imposent pour l'en empêcher.
Neytz lui explique que la plupart des Blauesblut sont déployés hors de la ville et non mobilisables rapidement, à part Arnolt Schade, Wendel Ott et un ou deux autres hommes.
Sentant qu'il risque d'être mobilisé de force, Ernest se fait tout petit et s'apprête à quitter en douce l'auberge. Sauf que Alido a vu Lucas par la fenêtre de chez Ernest et l'a suivi de loin avec Evgueni. Ils entrent dans l'auberge. Ernest essaie de chuchoter ce qu'il se passe aux deux entrants pour que tout le monde s'éclipse. Mais Evgueni, avec ses gros sabots, refuse les messes basses et se présente à Lucas Von Speier pour les porter volontaires !

Le Portail de Morr

La petite troupe rassemblée - ils sont 9 - se met promptement en branle vers le jardin de Morr.
Lucas ouvre les grilles, laissées non verrouillées, et mène le groupe jusqu'au caveau, creusé dans la colline. Une fois la porte ouverte, il laisse Reinardt Neytz, le bailli, mener le groupe. Il tente de ne pas le laisser paraître, mais il n'en mène pas large.
Après avoir passé les nombreuses alcôves funéraires où reposent les dépouilles, couvertes de toiles d'araignées, des illustres aïeux vêtus de leurs belles armures en voie de décrépitude et de leurs armes rouillées, ils arrivent à une seconde arche donnant sur une volée de marches. L'atmosphère, rance et lourde, a une légère composante douceâtre.
La pièce suivante sert, selon Lucas, à l'embaumement de ses ancêtres avant qu'ils ne soient déposés dans les alcôves. La crypte n'a pas d'autre issue et si Lennhardt est là, il ne pourra pas s'échapper.

Le jugement du combat

L'escalier descendu, les torches illuminent à peine la salle. Le sol est jonché de cadavres d'animaux récemment tués, dont un porcelet. Face aux marches, en limite d'éclairage des torches, une silhouette penchée de profil au-dessus d'une grande table se redresse lentement de toute sa taille. Le lumière le faisant persifler de colère.
"Vous voilà donc. Mais vous êtes tous prévenu : ce n'est pas un simple vampire que vous avez devant vous, mais un Dragon de Sang, maître de la lame et du corps. Attaquez-moi à vos risques et périls" lance-t-il en levant lentement ses mains, paumes en l'air.
Lucas crie "Couvrez-vous les oreilles pour ne pas être envoûtés ! Il a tué mon frère ! Aux armes !"
Ernest ne se fait pas prier : du haut de l'escalier, un coup de tonnerre retentit lorsqu'il fait feu et touche celui qui se prétend vampire, avant de tourner les talons.
La créature persifle à nouveau lorsque la balle le touche à l'épaule et son apparence se transforme en une fraction de seconde en une version affreuse de lui-même, et surtout plus effrayante : l'origine vampirique ne fait plus guère de doute.
Reinardt s'immobilise, mouillant sans doute ses chausses, pendant que deux Blauesblut se ruent sur la bête.
Hélas, la retraite est coupée : les morts derrière eux se sont relevés !
Wendel avance d'un air résigné vers le vampire, suivi plus tard par Evgueni.
Arnolt Schade tente avec Lucas une retraite stratégique en expulsant au bas de l'escalier et en frappant les revenants pour ouvrir une voie.
Alido reste à l'abri d'un côté, tout comme Ernest, surtout en voyant que, en une fraction de seconde, le vampire - un Hollenbach ? - étale de ses griffes un des Blauesblut venu à son contact, ramasse son épée et transperce le second !
Evgueni en approchant se rend compte que le vampire était tout à son repas : un homme finement vêtu semble mort ou inconscient. De deux trous dans son cou, sourdent un filet de sang.
À la confusion s'ajoute le chaos : du plafond se lâchent un dizaine de chauve-souris qui s'égayent dans la salle puis se transforment, en atterrissant, en énormes et hideuses créatures aux dents longues et aux griffes démesurées. Rapidement, certaines d'entre elles se ruent sur le vampire pendant que les autres ouvrent une voie de sortie, écartant avec violence ceux se trouvant sur leur passage, morts ou vivants. En peu de temps, elles maîtrisent le vampire et l'extraient de la crypte. Se transformant à nouveau, quatre d'entre elles s'envolent dans la nuit en portant leur prise alors que les autres restent un peu en retrait, vérifiant que personne ne tente de les suivre, puis s'envolent également sous forme de chauve-souris à la suite de leurs frères.
Heureusement, les morts sont à nouveau inertes ; aucun n'avait pu être mis à terre !
Evgueni regarde le corps sur la table : Lucas lui confirme qu'il s'agit de son frère, et il est mort. En l'auscultant, Evgueni profite de la confusion pour lui dérober une chevalière qu'il s'empresse... d'avaler.

Retombées

Le corps sans vie de Lennhardt est porté jusqu'à chez les Von Speier. Avis est demandé à Frau Fochtenberg sur la marche à suivre par rapport à Lennhardt. Sur les conseils de Evgueni, un pieu est planté dans son coeur et sa tête est séparée de son corps.
Lucas s'approche d'Ernest puis d'Alido. En peu de mots, il les invite à refaire leur vie ailleurs grâce à une petite fortune qu'il va leur verser. La contrepartie étant bien sûr de ne pas dire mot de ce qu'il s'est passé ici. Sa famille ne doit pas être associée à un quelconque culte de sang. Certains peuvent remarquer qu'il fait de même avec tous ceux présents. Evgueni sera libéré dès le matin en échange de 10 couronnes pour partir au loin avec ses compagnons, Karl-Heintz et l'ogre.
Ernest n'est pas dupe, il soupçonne le jeune frère d'avoir fait assassiner son aîné de manière bien pratique. Serait-ce un acte que les Blauesblut pourraient cautionner au regard de leurs buts ? Le sort du village sera-t-il finalement plus enviable sous la gouvernance de Lucas que sous le joug de Lennhardt ? Sans doute ne le sauront-ils pas puisqu'ils s'éloignent du village vers la Croisade et Altdorf...

dimanche 3 septembre 2017

Une paix troublée (1)

Et commence l'aventure...

L’été fait son baroud d’honneur avant de laisser place à l’automne. Le vent accentue la sensation de chaleur, difficilement supportable pour Lothar, le wendigo, qui en plus tire la charrette. Il en va de même pour Evgueni, le kislévite. Seul Karl-Heinz semble profiter de sa liberté nouvellement retrouvée.

Après 10 jours de trajet dont 9 passés à la belle étoile, ils décident de faire un petit détour et de pousser vers Kalkaat, siège d'orthodoxes sigmarites en pleine Terres Perdues, afin de dégotter une nuit dans une bonne chambre.
Karl-Heinz, profitant d'un peu de liberté, refuse la tourte, à son image, qu'un halfling cul-de-jatte crasseux au possible proposait de lui préparer. On se demande pourquoi. Il consent tout de même à lui laisser un sou.

Il est bientôt l'heure d'entrer dans l'Empire et donc dans la Drakwald, un peu de fraîcheur bienvenue. Les journées sont longues, la charrette ralentissant la progression. Impossible de passer à côté des traces laissées ça et là par la Croisade de l'Enfant. Il se passe encore deux semaines dont une seule nuit d'auberge - avant de pénétrer dans l'Empire. La progression est lente mais sans souci particulier. La Drakwald, bien que sombre, très épaisse et de bien mauvaise réputation, est assez tranquille en fait.
Le seule rencontre stressante prend la forme d'une meute de 6 loups qui gardent jalousement leur proie, un grand cerf, tué en pleine route. Impossible de contourner et Evgueni décide de ne pas attendre pour les laisser finir leur repas. Avec Lothar ils déchargent leur arbalète sur le mâle alpha en train de se repaître. Les deux touchent, Lothar lui crève même peut-être l’œil. Le loup détale, la meute montre les dents mais finit par déguerpir lorsque les chasseurs rechargent.
La route est libre. La chasse des loups permet même à Lothar de prélever deux beaux cuissots.

Une surprise les attend à l'heure du campement. Un jeune loup de la meute s'approche de Evgueni, queue basse, en attitude de soumission. Evgueni va même jusqu'à le caresser et lui donner pitance. Il y voit un signe d'Ulric. Karl-Heinz et surtout Lothar sont très méfiants mais le loup finit, après avoir un peu hurlé à la lune, par s'installer avec les humains. Il va même réchauffer Karl-Heinz pendant la nuit.

Le lendemain, le loup les suit et gambade avec eux.
Pendant la nuit, après les hurlements, le loup s'éloigne du camp et a commence à japper d'une étrange manière. Evgueni va voir ce qu'il se passe, suivi par Karl-Heinz. Le loup ne semble pas blessé, et s'éloigne doucement, comme s'il les guidait. En pleine nuit, dans la Drakwald, Karl-Heinz taille sa route en marquant certains arbres pour éviter de se perdre. Tout à coup, le loup disparaît dans les fourrés. Pendant que Evgueni et Karl-Heinz reviennent péniblement sur leur pas, ils perçoivent un fort grognement de douleur de Lothar.
Ce dernier est attaqué par deux loups, mais même surpris, il est plus coriace que prévu. Il subit quelques morsures mais sa lance fait des dommages. Les loups préfèrent se retirer avant que Karl-Heinz et Evgueni soient de retour.
On se demande dans quel camp était Ulric. Les loups de la Drakwald ne sont pas qu'une légende.
Evgueni qui de par son métier à Marienbourg avait quelques compétences de soins ne peut pas faire grand chose pour Lothar mis à part des bandages de fortune. Ils finissent donc la nuit sans pouvoir vraiment dormir sur leurs deux oreilles.

Heureusement, après moins d'une journée de marche, la première auberge de la Drakwald, le Dernier Trou, est la bienvenue. Evgueni passe la soirée à confectionner des bandages qu'il distribue à ses compagnons.
Lothar, avant de repartir, bénéficie du travail de Evgueni et les morsures de loup ne resteront bientôt plus qu'un lointain mais cuisant souvenir.

Entrée en scène des Blauesblut

La civilisation s'approche. Quelques arbres abritent des avis de recherche. Karl-Heinz, avant de l'oublier aussi vite, s'amuse intérieurement de voir un papier - qu'il préfère arracher et jeter - représentant un groupe de trois hommes dont un ogre, recherchés pour 30 couronnes - aucune ressemblance avec eux toutefois.
Peu après, 4 hommes à cheval et en armure barrent la route. L'un d'eux s'approche, laissant ses trois compagnons plus loin. Il commence à leur parler à voix basse pour ne pas être entendu par ses compagnons. Il leur explique, ou essaie devant les remarques rapidement véhémentes de Evgueni, qu'il a 22 hommes armés d'arbalètes dissimulés le long du chemin et qu'il souhaite les arrêter (sous prétexte de l'avis de recherche entrevu par Karl-Heinz). Ils ont beau protester qu'il n'y a aucune ressemblance, Arnolt Schade indique que dans ce cas-là, ils n'ont rien à craindre suite à leur arrestation. Il leur parle tout bas parce qu'il aurait aimé... qu'ils se laissent arrêter par son camarade Wendell qui est en ce moment dans une mauvaise passe. Ça l'aiderait à se requinquer. Cette demande surréaliste est rejetée par Evgueni qui en parle justement frontalement à Wendell Ott. Ce dernier semble en effet profondément dépressif et ne semble avoir qu'une très piètre image de lui-même et de sa compétence. Quoi qu'il en soit, ils se laissent arrêter car ils ne sont pas suicidaires. Leurs armes leur sont retirées - sauf peut-être Evgueni qui garde une arme cachée - et ils sont escortés par les quatre hommes.
Arnolt est suffisant et ingénument hautain. Il est noble mais, comme tout son groupe - les Blauesblut - n'est qu'un fils cadet et n'a aucun droit à cause de la règle de la primogéniture. Leur groupe de chasseurs de primes visent surtout à lutter contre cet état de fait. Mais se plaindre devant de simple roturiers est somme toute assez vain. Mais Arnolt ne semble pas s'en rendre compte, d'ailleurs il n'écoute que lui et même ses collègues qui semblent avoir déjà entendu la même rengaine un certain nombre de fois semblent s'en lasser.

Pfeifeldorf

Bienvenue à Pfeifeldorf

Ils sont en fait à moins d'une lieue de Pfeifeldorf, le village où ils doivent rencontrer le régisseur, Zacharius Lauer. Arnolt discute d'abord avec lui, une bourse bien tendue lui est remise puis il désigne Wendel Ott comme étant l'homme qui a mis la main sur les personnes recherchées. Aux côtés de Zacharius, une femme à la carrure imposante, vêtue d'habits simples, sans doute une assistante, reste silencieuse.
Lothar finit par présenter le parchemin avec le sceau de l'ambassadeur impérial à Marienbourg, qui pourra attester qu'ils n'étaient pas en amont de la route d'Altdorf en train de braconner sur les terres des Von Speier. Le régisseur semble enclin à les croire, les portraits, mis à part la composition des braconniers assez rare (un ogre !), sont assez peu ressemblants. Il va envoyer un pigeon vers Marienbourg. En attendant la réponse d'ici quelques jours, il devront être gardés en détention.
Le régisseur discute à nouveau à part quelques instants avec Arnolt puis leur fait une proposition : s'ils ne veulent pas rester enfermés, il a un petit travail qu'il n'a pas le temps d'accomplir, ça pourrait les occuper. Il n'y a rien à gagner à part la reconnaissance du bourg et une liberté surveillée. Lothar et Karl-Heinz préfèrent rester enfermés. Ils sont amenés dans un entrepôt pour quelques jours. Quant à Evgueni, il accepte et parvient même à négocier 5 pistoles. Il sera accompagné (comprendre, surveillé), par Alido, l'adjointe du régisseur. Il a juste à résoudre une petite enquête au sujet d'un vol, commis à l'encontre de Frau Gertrudt.

En sortant du bureau, libre mais désarmé, Evgueni suit Alido qui tombe sur quelqu'un de sa connaissance : Ernest Blancport. Elle lui révèle que le régisseur Lauer paie des hommes pour une petite enquête. Visiblement sans le sou, et sans occupation, le Bretonnien accepte d'emblée.

L'inébranlable Frau Gertrudt

Les trois se rendent chez Hester Gertrudt pour voir quel vol elle aurait subit. La femme est âgée et c'est une sacrée mégère, aidée par sa carrure hors du commun. Alido est presque chétive en comparaison. Le dame est en train de recouvrir de boue les insanités écrites par les croisés sur le mur de sa masure. Elle commence par engueuler les visiteurs, d'une part parce que Lauer n'a rien fait alors qu'elle n'arrête pas de venir le voir, pour que finalement il envoie des larbins et des étrangers, et d'autre part parce qu'il restent plantés là à ne rien faire.
Elle leur explique qu'il y a quatre jours, on lui a volé Gretta, sa jeune... truie !
Petit moment de stupéfaction à propos de l'objet de l'enquête. Vu la mégère et l'affaire, Evgueni comprend que le régisseur ne souhaitait vraiment pas la traiter lui-même.
La truie a été volée il y a 4 jours, et la croisade a levé le camp juste dans les champs derrière sa maison il y a 3 jours. Mais Frau Gertrudt n'en démord pas : ça ne vient pas des croisés. D'autres animaux ont continué à disparaître dans le village depuis le départ de la croisade.

La porcherie de Gertrudt

Personne n'entre dans la porcherie. Evgueni regarde du côté des champs, mais il y a tellement de restes liés à la croisade que, ne sachant pas ce qu'il cherche, il ne trouve rien de probant. Ernest, lui, vérifie la clôture du voisin, le vieil Eysen. Il trouve quelques fils d'une étoffe pourpre, couleur rare. Evgueni en porte, mais ce n'est pas la même étoffe, elle est plus fine. Des traces de bottes peuvent être trouvées menant à la porcherie d'une part et disparaissant près de la maison de vieil Eysen d'autre part. Elles ont été effacées par ce dernier qui a retourné sa terre. Elles pourraient mener soit à la maison du vieillard, soit à la route.

Le vieil Eysen

Le vieil Eysen est crasseux, sénile, à moitié aveugle et aux trois-quarts sourds. L'interroger n'est pas une sinécure alors qu'il sème des cailloux dans ses jardins. Il n'y a rien à en tirer sauf qu'un moment il se mouche... dans une étoffe pourpre ! Il refuse de laisser son mouchoir porte-bonheur qu'il a trouvé sur la clôture il y a 3 jours, à moins qu'Ernest lui fasse sa fameuse tourte aux pigeons des marais en échange. Evgueni lui prend l'étoffe et va la laver dans un seau pendant que Ernest promet sa tourte du bout des lèvres.
L'étoffe est brodée répétitivement d'un blason représentant un animal rampant. Ce ne sont pas les armes des Von Speier, les seigneurs locaux, ni celles de Wendell Ott.

Au Pipeau Mouillé

Ils se rendent ensuite à l'auberge du bourg, le Pipeau Mouillé. Ernest interroge le tenancier, Mertin Kleinschrott sur l'origine du blason. Evgueni se charge de Franck le soulard, qui veut bien reconnaître ce que l'on veut contre une bière. Chou blanc, mise à part que Mertin a lui aussi perdu un animal, un petit chien bâtard qui trainait souvent par là. Le prix de l'information pour Ernest : se faire éternuer dessus par mégarde par l'aubergiste qui a une toux tenace, et se faire essuyer la joue par son mouchoir ! Beurk !
Les autres clients sont le bailli, Reinardt Neytz, le supérieur direct du régisseur, qui joue aux cartes avec 3 compères. Ernest connaissant sa passion du jeu préfère ne pas l'interrompre dans sa partie.

Ernest conseille alors à Evgueni et Alido d'aller voir Johannes Gephardt qui a une formidable bibliothèque. Ils trouveront peut-être des informations sur le blason. Quant à lui, il n'ira pas car l'érudit le déteste. Il reste à jouer avec Neytz avant d'aller se coucher.

Johannes Gephardt et son estimable bibliothèque

Johannes Gephardt est un mathématicien impérial à la retraite et semble ravi d'avoir de la visite. Il reste souvent en retrait de la communauté car il est craint en général par la populace, de par ses centres d'intérêt - l'astronomie - et son physique : son visage est grêlé de cratères. Une vieille maladie, un marque du Chaos ! Cela dépend des points de vue.
Indiquant qu'ils viennent suite à une requête de Lauer pour rechercher à quelle famille appartient un blason, ils font face à la surprise de Johannes Gephardt : Caspar Schmidt, le boulanger, l'avait lui aussi approché quelques jours avant son suicide pour étudier l'héraldique. Il lui avait donné libre accès à sa bibliothèque mais ignore quels livres le malheureux avait pu consulter.
Le savant leur laisse alors accès, sous contrôle, à son imposante bibliothèque, notamment "De la griffe de la noblesse : Histoire et héraldique de lignées de choix" de Thomas Aberlin. Le tome fait à peu près un milliers de page et il faut une loupe pour examiner les dessins de blasons. Mais Evgueni est chanceux et il ne lui faut que quelques heures pour raccrocher le blason à un nom : la famille Hollenbach.
Johannes leur trouve alors rapidement des informations sur cette lignée disparue. Et elles font froid dans le dos !

La famille Hollenbach
La famille Hollenbach s'enorgueillissait jadis d'avoir dans ses rangs plusieurs membres proéminents ayant l'oreille du Comte Électeur du Nordland. Mais la bonne fortune ne tarda pas à se détourner d'eux. Le long des routes des propriétés Hollenbach, des paysans commencèrent à disparaître en grand nombre et, avant longtemps, plusieurs nobles lignées de moindre prestige accusèrent les Hollenbach de verser dans le vampirisme et la sorcellerie.
Les chasseurs de sorcières investirent leurs terres en 2066, à Hexenstag, et exterminèrent sur le bûcher la dynastie entière pour "avoir frayé avec des forces malveillantes". Certains cependant sont d'avis que le repos éternel n'est pas pour les Hollenbach. Ainsi, alors que le Comte Électeur de Nordland avait été assuré que la lignée entière avait péri sur le bûcher, des paysans continuèrent à disparaître neuf années de plus. Trente ans plus tard, lorsque des disparitions supplémentaires de manants firent crier au "fléau Hollenbach", il faut noter que de nombreuses dépouilles nobles furent exhumées sur ordre du comte. Et chaque squelette Hollenbach avait encore un pieu fiché dans le torse.

Il est plus que l'heure de prendre du repos. Evgueni essaie d'échapper à l'entrepôt mais Alido est inflexible.

Le trépas prématuré de Caspar Schmidt

Pauvre infortuné Frau...

Le matin, Ernest, en bon Bretonnien, se met à la cuisine. Il prépare quelques œufs brouillés qu'il dépose discrètement chez le vieil Eysen et surtout sa tourte pour présenter ses condoléances à la veuve de Caspar, Clara.
Réticente devant la présence d'un étranger total, Clara leur permet toutefois d'entrer pour le besoin de l'enquête. Elle est surprise qu'ils indiquent que le suicide de son mari ne serait pas l'hypothèse privilégiée. Le régisseur lui ayant dit le contraire. Mais elle accepte de les laisser un peu fouiner car le régisseur avait indiqué qu'il allait le faire prochainement. Ce sont donc bien ses envoyés pour elle.
Interrogée, elle explique s'être disputée avec Caspar le jour de sa mort car elle a refusé de le suivre pour la croisade et elle craint que c'est cela qui l'a conduit à commettre l'irréparable. Caspar était devenu étrangement converti à sa nouvelle religion, alors qu'il n'avait jamais montré d'intérêt envers les dieux.
Quelques heures après cette dispute restée irrésolue, Caspar s'entretint avec un des jeunes Von Speier (elle ignore lequel) afin "de débattre d'importantes affaires". Il l'avait priée de quitter la maison et de ne pas reparaître avant plusieurs heures. Clara rendit donc visite à Frau Fochtenberger (l'épouse du prêtre sigmarite de la communauté), et toutes deux purent gémir en chœur sur la subite conversion de leurs maris respectifs, chacune s'apitoyant sur le sort de l'autre. De retour chez elle, Frau Schmidt retrouva le sien pendu à la haute poutre centrale du séjour, juste au-dessus de leur tête. Une chaise renversée à ses pieds.
La fouille du bureau de Caspar, laissé sous clé depuis sa mort, est aussi intéressante. Tout est sens dessus dessous. On y trouve des tracts de propagande sur la Croisade de l'Enfant, mais aussi, plus intéressant, un mot de Wendell Ott :

Mon bien cher Caspar,
Je me suis entretenu avec Lennhardt comme vous l'aviez requis, et il a consenti à vous laisser trois heures la jouissance de sa bibliothèque à des fins de recherches généalogiques uniquement. Au cas où vos recherches aboutiraient, Lennhardt considérerait comme une faveur personnelle que vous lui fassiez part de vos découvertes au plus vite.
Sincèrement,
Wendell Ott

Le mot est ensuite annoté, par une autre plume du simple mot : Hollenbach

À la croisée des chemins

De nombreuses pistes sont maintenant ouvertes et la piste du suicide semblent sérieusement battre de l'aile.

dimanche 19 février 2017

L'appel du Chaos (2)

La boulangerie Calcine

Le passage vers les égouts n'est même pas caché : un simple trou dans un mur, un boyau qui s'enfonce et voilà les 3 aventuriers du cloaque partis, ou presque - Evgueni faisant un détour pour se munir de hautes cuissardes.

Incursion dans les égouts

Sous le Canal Mort

La ratière, prénommée Greta, dirige les deux hommes en suivant le plan.

Un hurlement dans la nuit

Il faut peu de temps avant que des cris se fassent entendre, sans doute ceux d'une femme. Karl-Heinz souhaite les suivre, les autres ne veulent pas se détourner de leur but premier.
Les cris sont issus d'une percée dans le plafond. Karl-Heinz grimpe pendant que les autres poursuivent leur progression dans l'égout. Ils se rendent vite compte qu'ils manquent de s'égarer. En effet, le plan ne présente pas les différents niveaux et la voie à suivre semble plutôt être celle de Karl-Heinz. Ils finissent donc par le rejoindre.

La prisonnière

Les cris ont cessé et ont laissé place à des pleurs derrière une porte verrouillée. Quelques coups de hache plus tard, Karl-Heinz pénètre dans une pièce munie d'une couche et d'un seau et occupée par jeune femme en pleurs, sale, maigre, rouée de coups.
Après un moment de peur, Katarine, c'est son nom, implore Karl-Heinz de la sauver. Mais une trappe au plafond s'ouvre. Apparaît un gros homme moustachu et malpropre, les braies tachées de vin. Greta et Evgueni ont juste le temps de se dissimuler dans un angle mort de façon à ce que seul Karl-Heinz soit visible.
L'homme, Adolph, semble être le mari de Katarine. Il la garde captive, la maltraite et la menace des pires tourments si elle venait à s'enfuir avec l'homme avec qui il la voit. Evgueni tente en sautant de lui attraper le pied par surprise, mais c'est un échec. Karl-Heinz finit par partir par une autre porte, également close mais que Evgueni défonce. Katarine fait partie du voyage, malgré les avis négatifs de Evgueni et de Greta.
Les quatre progressent ensuite d'égouts, en sous-sols et même en à travers des rez-de-chaussée qui se sont enfoncés sous le niveau du canal au fil des années.

Moisissures !

Un des sous-sols est couvert d'une mousse rougeâtre, qui libère des spores toxiques extrêmement irritantes pour les bronches. À tel point qu'en traversant cette salle, ils n'imaginent pas avoir le courage de la traverser à nouveau à leur retour : il leur faudra trouver une autre voie de sortie.
Ils approchent de l'endroit marqué d'une croix sur la carte, tous leurs sens en alerte. Karl-Heinz mène la troupe, suivi de Evgueni et Katarine. Greta reste en retrait, encore très marquée par la respiration des spores.

L'antre du culte

La lueur de la lanterne semble montrer que l'égout secondaire, dont la puanteur est encore plus vive, se termine en cul-de-sac. Evgueni est le premier à remarquer, trop tard pour Karl-Heinz, que le cul-de-sac n'en n'est pas un. C'est une créature occupant toute la largeur du couloir. Lorsque Karl-Heinz voit le vrai visage du Chaos, il attaque courageusement à la hache - alors que Greta, terrorisée, prend ses jambes à son cou.
La bête, d'une odeur affreuse, est une sorte de limace gigantesque dont la face n'est que tentacules et la gueule béante prête à ingérer tout entier un être humain.
Peu à peu, les tentacules enlacent la proie qui se débat furieusement... mais de plus en plus lentement. La créature, lardée de coups de hache, laisse tout de même échapper abondamment un sang jaunâtre et Evgueni, profitant d'une ouverture, l’achève d'un coup bien placé. De rage, Karl-Heinz découpe l'horreur, se couvrant de bave et de sang.
L'antre de la créature n'est autre qu'une pièce dotée d'une cage dans laquelle est enfermé un être humain, ou ce qu'il en reste... L'homme, amaigri, est dans vit dans des conditions épouvantables, couvert des ses immondices sans doute depuis un bon moment. Malgré cela, il dévore joyeusement un rat pas tout à fait mort.
Interrogé, impossible de rien en tirer, il a perdu la raison et ne fait que baragouiner des phrases pseudo-prophétiques :
Le sang ! Les rues en sont inondées, les puisards n'arrivent pas à tout drainer... Les gens se noient dans leur propre sang au clair d'une lune hilare !
Les scarabées et les mouches font la course... Et comment les scarabées ont-ils gagné ? Parce qu'ils trichent !
J'en ai vu trois... Trois lunes à la place de deux... Il me l'a montrée ! Comme j'ai été aveugle de ne pas la voir jusqu'ici... Il m'a dit son nom et comme j'ai pleuré...
Il avait une langue bifide de serpent venimeux... Le maître ne pouvait pas le voir ventousé à ses plaies...
J'ai rêvé que je n'avais plus d'os et que j'étais comme paralysé sur un tas d'ordures... Glorieux !
 Elle est à leur recherche... L'appât est en place, mais les dents du piège sont toutes noires et pourries... Elle sous-estime sa proie.
Devant l'impossibilité de communiquer, Karl-Heinz, qui n'est plus à ça près, le prend sur ses épaules pour le ramener à leur commanditaire. Il est secondé par Evgueni une fois que ce dernier a fouillé en vain la cellule.
Ils retrouvent les deux femmes et cherchent un chemin de sortie.
L'une des salles ayant une trappe vers un rez-de-chaussée ou un sous-sol semble mener à un nid de cultitstes. Ils l'évitent.
La seule possibilité de sortie restante avant le passage par les moisissures est une trappe bloquée par un poids qu'ils déplacent avec peine : un buffet. Ils arrivent dans une cuisine inoccupée et quittent les lieux par une fenêtre, devant les passants ébahis par cet inquiétant équipage.
Ils se réfugient rapidement dans la boulangerie Calcine et y retrouvent Lothar, qui se charge de leur apporter une charrette pour se rendre plus discrètement vers l'ambassade. Greta, elle, peu à l'aise avec l'ogre, retourne à ses occupations.
Evgueni, Karl-Heinz et Katarine sont logés dans un entrepôt non loin de l'ambassade en attendant d'être propres et visités par Wilhelm Schmidt.

Récapitulation

C'est finalement le diplomate qui parvient à tirer quelque chose de l'aliéné lorsqu'il évoque le nom de Jurgen Baer. Le fou ouvre alors sa main qui contient un bout de parchemin plié pour la présenter à Wilhelm. Evgueni prend le parchemin. C'est une lettre inquiétante : le culte de Nurgle est sur la piste de l'Enfant et Jurgen Baer devait tuer leur prophète, Ruben. Il s'agit sans doute de la loque humaine qu'ils ont rapportée - et qui sera brûlée en tant qu'adorateur du Chaos.
Jurgen,
Votre aide a été très précieuse en cette période, mais ainsi que l'enseigne notre Seigneur, toutes choses doivent s'étioler et pourrir, et le temps de notre implantation à Marienbourg touche à sa fin. Nous avons maintenant un nouvel objectif, pour guider l'enfant vers la douce étreinte de notre Maître. Puisse son nom être entonné sept fois et être porté sur les ailes des mouches à cadavres !
Je pars sur l'heure pour Altdorf avec l'enfant et les Trois Lunes en tant que telles n'existent plus. Restez là, n'oubliez pas vos locataires, célébrez toute la beauté qui s'offre à vous, et partagez ses joies avec la bénédiction du Seigneur de la Pestilence. Une fois notre plan accompli, et quand le Maître aura étreint le garçon, nous reviendrons sur la vague d'une marée de glorieuse corruption. Les terres des hommes pourriront, et les élus de Nurgle danseront dans les champs.
J'ai une dernière tâche pour vous : le prophète Ruben n'est plus utile aux yeux du Grand Corrupteur. Je vous confie le soin de le tuer.
Gloire à Nurgle ! Gloire au Roi des Asticots !
Wilhelm pense qu'il faut agir de façon autonome afin de pouvoir juger de quel bois est fait l'Enfant. Karl est-il le jouet des puissances de Nurgle ? A-t-il une ascendance divine ? Il faudrait rejoindre la Croisade pour en savoir plus, le protéger s'il le faut, le combattre si c'est nécessaire, tout ça pour le bien de l'Empire et, éventuellement, du Grand Théogoniste.
D'autres puissances interviendront, dont l'Empire. Il faudra parfois coopérer, parfois s'opposer, mais Wilhelm souhaite avant tout le bien de l'Empire et si possible la reconnaissance de l'action autonome de Marienbourg. De là il sera peut-être même possible de rêver à la réunification de l'Empire avec le Pays Perdu, si la partie est jouée finement.
Wilhelm place ses espérances dans un petit groupe : son garde du corps Lothar à qui ils confie une cassette pour l'intendance, Evgueni qui est pour cela payé 20 couronnes (10 d'avance et le solde lui sera remis à Altdorf auprès du Seigneur Frederick d'Altdorf) et Karl-Heinz, également embauché (en échange d'une zweihänder).
Katarine, elle, servira de souillon à l'ambassade. Elle préfère cela à rester avec Karl-Heinz (et surtout ses coéquipiers) à qui elle fait ses adieux - une fois propre, elle est plus avenante...

Bezahltag 18

Le temps que le médecin de l'ambassade soigne les petits bobos de chacun, rien de bien grave au final, Evgueni retrouve Greta pour la payer comme convenu puis vaque à quelques occupations sans doute louches avant de donner son congé à la garde noire et dire adieu à sa famille. Son frère lui remet d'ailleurs un message pour un de ses cousins à Altdorf.
Lothar s'occupe de l'intendance et revient, outre les provisions, avec... une charette à bras pour porter le tout. Aucun cheval ne pourra le porter, il partiront à pied et il tirera la charrette la plupart du temps.

Konigstag 19

Le jour du départ, Herr Schmidt remet à Lothar un sauf-conduit certifiant qu'ils œuvrent pour le bien de l'Empire sur ordre de l'Ambassade à Marienbourg. Il lui remet également une lettre à destination de Herr Frederick qui sera leur contact à Altdorf et qui décidera, selon les informations qu'il lui apporteront, de la suite à donner à leur enquête.

Sauf-conduit

À quiconque lire ceci,
Sur ordre de l'Ambassadeur Impérial de Marienbourg, ce sauf-conduit garantit à leurs porteurs la libre jouissance des routes de Marienbourg à Altdorf, en direction de la capitale. Nul ne devra porter la main sur eux jusqu'à leur arrivée à altdorf, où ils ont pour tâche  de se présenter en la demeure du seigneur Frederick d'Altdorf. Ils seront introduits devant lui et se placeront sous sa protection.
Attaché ci-après, le sceau de l'Ambassade Impériale de Marienbourg

Lettre d'introduction

À sa Seigneurie Frederick,
J'ose espérer que ce pli vous trouvera en pleine forme ! Vous vous demandez peut-être pourquoi j'envoie en votre demeure un groupe de fier-à-bras !
Si certains d'entre eux ont même pu commettre des délits par le passé, ce sont surtout de vaillants gaillards qui se sont acquitté d'un service signalé en notre nom. Vous aurez indubitablement entendu parler des cultistes qui attachent leurs pas à ceux de l'enfant qu'ils prennent pour la réincarnation de notre Seigneur Sigmar. La Croisade, qui a pris naissance en ma cité, marche maintenant sur Altdorf. Je ne saurais dire si elle sera déjà en les murs de la capitale lorsque vous aurez cette missive entre les mains.
Comme je l'ai dit, ces hommes m'ont rendu un fier service en dévoilant les secrets de ce culte. Je leur ai mandé de tout vous relater en personne. Ne pouvant m'en charger moi-même, vous serez alors peut-être amené à décider de la suite à donner à l'affaire.
Je suis navré si cela devait vous indisposer de quelque façon que ce soit, mais je sais par avance qu'il n'en est rien !
Puisse Sigmar guider vos actes,
Vigga von Seulden
Ambassadeur Impérial
Ambassade Impériale
Marienbourg
Un long voyage peut commencer alors que l'été mourant, dans un dernier soubresaut, darde le Pays Perdu d'un soleil de plomb et d'un léger vent accentuant encore la chaleur...