dimanche 29 octobre 2017

La Croisade de l'Enfant (1)


Erntezeit 2523

Konigstag 19

Des murmures dans les ténèbres

Juste avant leur départ, Ernest Blancport a la surprise de voir le mathématicien impérial Johannes Gephardt s'adresser à lui, alors qu'ils sont en froid.
Lui, toujours distant des affaires du bourg, est au courant du départ d'Ernest.
Il lui explique qu'il a apprécié son intervention pour le bien du village, ne l'en ayant pas cru capable. Il connaît ses activités dissidentes en Bretonnie et ne les cautionne pas, mais son sacrifice mérite tout de même, selon le mathématicien, une récompense susceptible de grandement l'intéresser : une lettre de cooptation pour l'accès à le Tour de Bergmann, le temple caché des érudits de l'Empire, tout proche d'ici - c'est d'ailleurs la vraie raison qui a poussé Johannes à s'installer à Pfeifeldorf. Il lui donne également ce qu'il appelle les "codes d'accès" à cette bibliothèque, c'est-à-dire la route pour y parvenir. Elle est à moins d'une journée. C'est aussi sans doute la proximité du lieu (qui doit rester secret) qui provoque l'afflux de touristes, c'est-à-dire des voyageurs qui ne parcourent des régions éloignées que par curiosité et désœuvrement.

En fin de matinée, Ernest et Alido quittent donc leur foyer, accompagnés de Evgueni, Lothar et Karl-Heinz.
Ils se séparent vite.
Ernest est accompagné de Karl-Heinz pour assurer sa sécurité - il rejoindra la croisade un peu plus tard.
Alido, elle, suit Evgueni et Lothar vers la Croisade de l'Enfant. Elle n'a plus d'emploi et peut donc finalement entreprendre le voyage qu'elle avait renoncé à faire lors du passage de l'enfant Karl.

Suivre les Croisés n'est pas aussi évident qu'il y paraît. Non qu'il manque de marques de leur passage, bien au contraire : des groupes se séparent parfois, reviennent sur leur pas et malgré la présence de la route, ne la prennent pas toujours pour parfois se détourner par de petits chemins secondaires. Au final, malgré une marche rapide, ils n'arrivent que la nuit tombée à la Paye du Moissonneur, l'auberge-relais qui doit être leur étape du soir. Un violent orage menace en plus d'éclater. Il est pour l'instant lointain, mais les éclairs sont assez impressionnants.
L'auberge, hautement fortifiée, est déserte : toutes les portes sont ouvertes, aucune trace de violence, mais tout ce qui a pu être emporté l'a été. Il semble clair que la Croisade est passée par là et que, soit ils ont pillé sans résistance, soit les propriétaires ont tout emporté pour suivre Karl et sa suite.

Lorinoc

Après une inspection des lieux, il s'avère qu'ils ne sont pas entièrement inoccupés : Alido trouve, caché sous un lit, un jeune homme que Evgueni identifie comme un elfe. Avare en paroles, il finit par indiquer qu'il se nomme Lorinoc et qu'il a trouvé les lieux inoccupés déjà la veille. Il est resté là pour prendre du repos. Alido semble remarquer qu'il est blessé, ce qu'il nie.

Pas le temps cependant de discuter plus avant, Lothar, qui était en train d'essayer, vainement, de fermer seul les lourdes doubles-portes entend un carrosse arriver au loin. Ils se mettent en évidence dans la cour pour l'accueillir.
Les occupants, sans doute soupçonneux, arrêtent le coche et un garde s'approche seul. Il est en armure complète et un peu tendu. Après quelques explications, il fait toutefois entrer le luxueux carrosse, noir, laqué, marqué de la Comète. En sort un jeune initié qui dépose un marchepied pour laisser descendre un prêtre ventripotent, aux robes noires d'apparence simples mais taillées dans les meilleurs tissus. Ses doigts sont ornées de multiples bagues scintillantes. Le prêtre traite l'initié qui le sert comme un moins-que-rien. Ce dernier lui sert de porteur pour un immense marteau sacerdotal ayant sans doute une valeur religieuses et surtout monétaire - vu son ornementation - inestimable. Il traite les occupants de l'auberge de la même manière qu'il traite son initié, et réclame un repas et la meilleure chambre.

Un invité qui tombe à pic

De mauvaise grâce, Lothar se met à la cuisine avec le peu qu'ils ont et Alido, après avoir menacé de les nourrir dans les seules assiettes, sales, restantes, se reprend et va un peu guider et aider le petit initié, Nils.
Lothar, aidé de Klaus et Ernst, les Portemarteaux, ferment les portes.
Une fois tout le monde installé, le prêtre, le père Johannes Seibolt de son nom, interrogateur de l'Ordre de la Flamme Purificatrice, les convoque dans sa chambre pour savoir ce qui les a mené ici. Ils expliquent que, mis à part Alido, ils sont envoyés par l'Ambassade Impériale à Marienbourg pour enquêter sur la Croisade. Le père Seibolt refuse de croire que l'ambassade envoie des paysans pour une importante mission. Alido, prenant peur, enjoint Lothar de montrer ses papiers, ce qu'il fait finalement avec réticence. Le prêtre est surpris, mais semble accepter l'histoire et leur demande ce qu'ils en savent, car il est lui-même là pour enquêter sur cette croisade. Ils en racontent le moins possible.

Des étrangers sont parmi nous

Ils sont congédiés et s'installent pour la nuit, sous le grondement du tonnerre. Lothar et Evgueni investissent le grenier à foin, au-dessus de l'écurie. Alido investit la chambre de l'aubergiste.

Mais la nuit est courte, et le bruit de la porte principale qui s'ouvre éveille Evgueni. Trop tard pour agir. Evgueni entrouvre le trappe et ne tarde pas à voir deux silhouettes humaines inspecter rapidement l'écurie. Evgueni tire un trait d'arbalète. Les deux  silhouettes font immédiatement retraite. Lothar et Evgueni enlèvent les tuiles du toit afin de fuir par les airs et rejoindre le chemin de ronde.

Du côté du corps de logis, Alido a juste le temps de se réveiller avant de recevoir un coup sur la tête la plongeant dans l'inconscience.

Depuis le chemin de rond, Evgueni, sorti par le toit de l'écurie, aperçoit une silhouette qui garde l'entrée de la salle d'auberge et envoie un autre trait qui provoque le retrait du garde à l'intérieur de la salle.

Assaut

Les hommes-bêtes

Mais, à l'extérieur, un cor se fait soudain entendre lorsque la pluie s'abat et que l'orage finit par éclater.

Le cor qui sonne incessamment finit par faire émerger Alido. Une grande agitation agite l'auberge, ainsi que des cris de panique.
Ce sont des hommes-bêtes ! Aidez-nous !
Elle s'empare d'un barreau de chaise et se cache près de l'escalier qui mène à l'étage. Après une minute de remue-ménage, de cris, de discussions, une petite troupe au premier étage court vers l'escalier pour descendre. À l'aide de son barreau de chaise, elle provoque une chute en série dans l'escalier. Ce sont des vagabonds, vêtus de loques, certains (ou tous ?) sont clairement... des mutants, maigre et décharnés et plus ou moins blessés.
Ils sont suivis par Klaus et Ernst, leurs lames ensanglantées au clair.
Mais les Portemarteaux ne semblent pas combattre les mutants - ou ne plus le faire en tout cas - et se ruent vers l'extérieur en criant.
Fermez les portes !
Pendant que Alido récupère sa hache lâchée par l'un des mutants tombé au bas de l'escalier, le premier qui ouvre la porte du logis tombe sur Lothar qui s'approchait et le frappe, le prenant pour un homme-bête.
On est foutus, ils sont déjà là !
Quelques secondes de panique avant que Lothar, qui n'a pas répliquer, ne s'écarte et clame :
Allons fermer portes.

Les portes sont fermées et, dans la cour, sous la pluie, trois groupes s'observent de longues secondes en chiens de faïence : les Portemarteaux, les mutants et Alido et les Marienbourgeois. Le son du cor finit par les réveiller et, tacitement, ils signent un accord temporaire de coopération. Tous aux chemins de ronde et renforcement des portes avec le charriot de Lothar et le carrosse du Père Seibolt - étrangement absent.

Il s'agit bien d'hommes-bêtes, sans doute nombreux. Des ungors, la piétaille, lancent de multiples grappins sur tous les murs, sauf le principal.
Le mur Nord résiste bien, tous les grappins sont rejetés.
Il en va de même pour le mur Est, mais Lothar, voyant ces forces déferler, semble pris de panique et finit par battre en retraite vers le corps de logis, laissant à 4 mutants le soin de garder le mur, ce qu'ils font avec succès.
Par contre, au niveau du mur Ouest, normalement le mieux défendu, quelques hommes-bêtes parviennent à pénétrer. Pendant que certains se battent sur le chemin de ronde, l'un d'eux, un gor, saute dans la cour et se rend vers les portes et commence à enlever le charriot de Lothar.
Il est alors pris pour cible par l'arbalète de Evgueni qui montait la garde au niveau d'une des tours jouxtant les portes. Evgueni descend ensuite faire face au monstre pour l'empêcher d'ouvrir les portes. Mais il est vite mis en difficulté avant d'être secouru par Alido. Cette dernière est cependant secouée par les menaces crues de viol dont elle fait l'objet. Le gor l'attrape par le cou et, même en plein combat, elle sent son désir bestial l'envahir. Il la propulse au sol le temps de s'occuper de Evgueni.
Quelques coups de lance plus tard, Evgueni s'écroule, à moitié inconscient. Le gor se tourne alors vers Alido, un regard concupiscent. Elle s'enfuit vers l'arrière de l'auberge. Il semble hésiter un instant entre sa proie et la porte qu'il doit ouvrir. Il choisit... sa proie.
Alido trouve refuge au puits, gardé par deux mutants et les laisse combattre le gor qui les a rejoint. Les deux mutants sont vite mis à mal par le gor mais, heureusement pour Alido, Ernst arrive à temps pour lui sauver la mise.
Les autres hommes-bêtes ayant réussi à passer les défenses ont été occis par Klaus et les flèches de Lorinoc.

Le siège

Le premier assaut est donc repoussé au prix d'une bonne demi-douzaine de mutants tués du côté des défenseurs. Il est évident que ce n'est qu'un répit. La nuit risque d'être longue sous la pluie battante.

Le répit permet à Nils de panser les plaies de Klaus et Ernst. Il propose également son aide aux autres occupants, sauf les mutants. L'ogre est pris en charge, mais les blessures d'Alido et surtout de Evgueni sont trop importantes pour ses compétences. Il requiert humblement l'aide de Sa Sainteté. Le père Seibolt consent, avec dégoût, à se salir les mains et recoud Evgueni et Alido.

Sauvés !

Soudain, les sentinelles entendent des cris dans la forêt. Des hommes-bêtes tombent les uns après les autres sans que l'on puisse savoir de quoi il s'agit.
En à peine quelques dizaines de secondes, tout devient à nouveau calme et... on toque à la porte principale.
Laissez-nous entrer
La voix est dotée d'un étrange accent. Lorinoc arrive alors dans la cour et demande lui aussi à ce qu'on ouvre les portes : ce sont les gens de son clan.

Coriael

La porte s'ouvre sur une dizaine d'elfes, à la grande joie de Lorinoc. Ils discutent ensemble quelques instants dans leur langue alors que le Père Seibolt réapparaît et... se fait ignorer par le chef des elfes, Coriael. Le prêtre n'est pas en position de ne faire plus que de s'offusquer.
Après avoir donné l'ordre aux siens d'exterminer les mutants qui commençaient à s'éclipser discrètement, Coriael s'adresse à Alido. Il la remercie pour son attitude envers Lorinoc et lui demande ce qu'elle fait ici. Elle indique qu'elle va à la rencontre de la croisade avec deux compagnons : un ogre et un homme blessés. Elle présente Lothar.
Coriael semble satisfait des explications et indique que les hommes-bêtes sont très nombreux et que du renfort va revenir sous peu. Il faut qu'ils quittent les lieux, et vite. Eux repartent et les invitent à les suivre. Ils acceptent de suite, au grand désarroi du père Seibolt qui promet une de ses bagues à chacun pour leur servir de garde du corps. La réponse d'Alido et de Lothar est sans appel : non ! Prenez votre carrosse et partez au triple galop, l'aube est proche. Les supplications du prêtre n'y font rien, ils s'allègent afin de pouvoir porter Evgueni, à moitié inconscient, et emboîtent le pas aux elfes.

Un voyage dans les bois

Ils progressent de nuit dans la Drakwald, les hommes-bêtes surveillent les routes humaines. Les elfes avancent sans bruit mais ralentissent leur allure afin qu'ils puissent suivre.
Après plusieurs heures, Coriael fait enfin une pause. Il estime être à bonne distance pour faire prendre du repos à tout le monde. Les plaies sont examinées, des remontants distribués aux blessés et Coriael s'entretient avec Lothar et Alido. Il demande ce qu'ils faisaient dans l'auberge abandonnée et quel est leur rapport avec le déplacement de population qui menace Athel Loren. Lothar explique à l'elfe bien plus que ce qu'il a dit au père Seibolt, principalement qu'ils suivent un enfant qui se proclame la réincarnation de Sigmar et qu'il est né au sein d'un culte déviant de Manann avant d'avoir été remis à Shallya. L'enfant intéresse fortement des cultistes de Nurgle. Lothar et Evgueni sont là pour enquêter sur sa nature à la demande de l'Ambassade Impériale à Marienbourg, Alido les a rejoint sur la route. Lothar lui montre également le sauf-conduit de l'ambassade.
Coriael va se renseigner plus avant sur cette croisade...

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