- « Erengrad possède toute l’arrogance de l’Empire, toute la
corruption de Marienburg et toute la crasse du Kislev. Je ne voudrais
vivre nulle part ailleurs. »
- Hannah Rollstoff, princesse marchande
Erengrad fut fondée par les ungols, qui lui donnèrent le nom de Norvard, sur un site qui est probablement le meilleur port naturel des rivages de la Mer des Griffes.
Cette situation, qui lui donnait le statut de porte commerciale, fit
rapidement sa fortune et la Tsarine Shoïka ne mit pas longtemps à
comprendre que cette ville pourrait être un atout essentiel pour assurer
la prospérité et l’unité de la nation alors naissante du Kislev. Elle
s’empara de la ville dont elle chassa les ungols, puis la reconstruisit
et la repeupla pour en faire le port gospodar d’Erengrad.
La cité se développa et s’enrichit, attirant des marchands de tout le
Vieux Monde et même les elfes venus de l’autre côté de l’océan. Elle
attira également toutes sortes d’individus à la morale douteuse et
devint bientôt célèbre comme un endroit où il était possible de monter
n’importe quelle sorte d’affaire en l’espace d’un ou deux jours. S’il
est vrai que tout peut finir par s’acheter ou se vendre à Marienbourg,
pourvu que l’on y mette le temps, il est généralement plus rapide
d’établir des contacts à Erengrad. Les pirates comprirent rapidement
qu’il leur était beaucoup plus facile de naviguer jusqu’à Erengrad que
de se faire passer pour d’honnêtes marchands afin de s’introduire
subrepticement dans d’autres ports. Tout ceci fait d’Erengrad une ville à
l’atmosphère plutôt houleuse, mais elle est aussi très riche. Et
tant que les boyards locaux se remplissent les poches et que les impôts affluent, les tsars ne se montrent pas trop regardants.
Au cours des derniers siècles, les guildes d’Erengrad ont graduellement acquis plus de pouvoir et d’importance, tandis que les boyards
prenaient progressivement leurs distances avec les détails quotidiens
du négoce et que ceux qui étaient directement impliqués ne faisaient que
s’enrichir. Les guildes ont accepté un contrôle plus direct de la part de la tsarine en échange d’un accroissement de leur pouvoir sur la cité : ainsi, elles supplantent peu à peu les boyards au gouvernement, ce qui ne les ravit pas particulièrement.
Toute cette expansion a été brutalement interrompue par la Tempête du Chaos et le sac d’Erengrad. Presque tous ses bâtiments ont été rasés et des
milliers de ses citoyens ont été massacrés par les armées d'Archaon. Fort heureusement, la terre a échappé à la corruption qui s’est abattue sur Praag
et, à leur retour, les réfugiés ont pu entamer la reconstruction.
Celle-ci a été plus rapide à Erengrad que quasiment n’importe où ailleurs,
grâce à la récupération de matériaux dans les ruines et à l’aide des
marchands. Aujourd’hui, même s’il y a encore des travaux dans de nombreuses rues, les bâtiments les plus importants sont à nouveau debout
et la cité a retrouvé toute son animation.
Les guildes, tout comme les boyards, ont élaboré de grands
projets destinés à remodeler la cité et à la rendre plus belle et plus
accueillante pour le négoce. Malheureusement, ces projets sont tous
différents les uns des autres et chaque groupe s’est mis au travail
suivant ses propres idées, sans concertation avec les autres parties. En
conséquence, le plan des rues de la ville est devenu un véritable
fouillis, encore plus embrouillé qu’il ne l’était auparavant. L’ancien
centre, avec la place Katarina, n’existe plus : il a été recouvert par
les hôtels particuliers de quelques grandes familles des guildes et la
plupart des anciens quartiers ont été transplantés ou totalement
transformés.
On peut encore diviser le plan général de la cité en trois
grandes zones définies par leur position géographique : le Port, qui
s’ouvre sur la mer ; la Ville Basse, sur le terrain plat le long des
plages, de chaque côté du port ; la Ville Haute, sur les pentes des
collines. Le rempart de la cité court le long des sommets des collines.