mardi 26 juillet 2022

Le village des damnés

Maintenant qu'on en est arrivé là

Un jeune garçon rapporte de la rivière deux seaux d'eau.
Un chien lui tourne autour, grand, sale. Serait-ce celui qu'ils avaient croisé il y a quelques jours ? Ses yeux ne brillent pas de la même lueur maléfique...
Le chien aboie et saute dans tous les sens, le garçon l'ignore d'une façon étrange : il ne regarde pas le chien et ne réagit nullement à lui.
La bête finit par sauter et renverser les seaux d'eau et lape le sol. Le garçon est bien sûr excédé de devoir ramasser les seaux et repartir à la rivière, mais il ignore toujours le chien.
Lorsque Théodéric s'approche pour l'aider après avoir chassé la bête, il repousse l'aide de l'étranger. Mais Théodéric ne lui laisse pas le choix et prend les seaux. Lorsqu'il lui parle et lui demande par exemple qui est le chien, le garçon refuse d'en parler : pour lui, et il est tombé par la faute de sa maladresse.
Théodéric demande qui est l'ataman de la stanitsa. Il n'y en aurait pas, seulement un conseil dont font partie leur baba, qui est partie depuis quelques jours, Piotr et Hanna, une impériale.
Voyant ses compagnons arriver, Théodéric laisse finalement le garçon derrière lui, suivi par le chien crasseux.

Aperçu de la stanitsa

La place du village

Le chemin est boueux, portant le signe de nombreux passages. Ils comprennent rapidement que Zhidovsk n'est pas aussi calme de ce qu'il est attendu pour un endroit de ce type. La place centrale, assez grande, est littéralement bondée. Il y a facilement cinq-cents personnes ici ! C'est le reste de la Croisade de l'Enfant qui est réunie.
Un étroit sentier rempli de saletés serpente parmi la foule compacte et souffrante. Parmi ces gens, on voit se déplacer les chefs autoproclamés et volubiles qui invoquent sans cesse le but de la Croisade, prêchant le retour de Karl et l'imminence du Salut. Des gens sont couchés à même la boue, certains dorment, d'autres sont peut-être simplement morts ! Beaucoup, sinon tous, sont très affaiblis et de nombreux sont malades.
Vigor demande son chemin pour rejoindre une auberge.
L'homme semble dément et voit un démon derrière eux puis reprend la conversation comme si de rien n'était... Le chien qui les suivait ayant disparu, est-ce lui le démon ?
Il y a la Tétine de Taal à un bout de la place. Ils s'y rendent en longeant le bord de la place pour éviter de se mêler à une foule assez impassible à leur arrivée.

La Tétine de Taal

La Tétine de Taal est une taverne fraichement construite ; elle ne montre presque aucun signe de dégradation. Bâtie en bois de pin sur des fondations de roche noire, elle a un toit pointu en chaume. Une cheminée tordue se dresse sur le toit derrière le bâtiment. Le foyer de la cuisine émet une fumée épaisse.

L'entrée principale est une simple porte placée sur une vaste dalle qui sert de porche. Une enseigne représentant un homme cornu sont un loup tête le sein est suspendu au-dessus de cette porte. Derrière le bâtiment se trouve une petite écurie où ils peuvent laisser leurs mules au jeune palefrenier contre une modeste somme.

Juste derrière la porte, on trouve une vaste salle au plafond particulièrement haut, à l'exception d'une zone près du fond. Des tables et des bancs sont disposés en ligne et le sol est un mélange boueux de vieille paille, de divers fluides et de mottes et morceaux impossible à identifier. On voit un âtre pourvu d'une broche à rôtir dans le mur du fond, et un garçon se trouve juste à côté, occupé à cuire un cochon, une chèvre ou quelque autre animal sur le feu. La bar n'est qu'un tas de pierres devant un amas de fûts bouchés et renversés sur le côté. Mais il y a aussi du koumis pour Théodéric et du fromage de chèvre, sec, très sec, pour Vigor, dès lors qu'ils ont pu payer d'avance.

Malgré la nombreuse présence d'étrangers, la seule taverne de la stanitsa est occupée très majoritairement par des autochtones, bruyants et plus ou moins éméchés. Il n'y a que deux tables d'étrangers, sans doute des notables de la Croisade.

Pendant que Théodéric et Tarja se renseignent et se désaltèrent sur un lieu pour dormir - le patron leur parle de Yevid le Vieux Matou en face sur cette même place - Vigor quitte précipitamment la taverne.
Assise face à un beau jeune homme d'origine impériale, bien et proprement vêtu, une femme se lève, en colère, et quitte la taverne.
C'est elle que Vigor suit : il a reconnu Lydia !

La vampire qui s'est échappée de son manoir à Helfurt à cause d'eux est là et ne semble pas - heureusement - les avoir remarqués tant elle était préoccupée de la discussion houleuse avec l'homme en face de lui qui, une fois seul, regarde la salle avec un air narquois.

Le campement

Vigor la suit. Elle se dirige vers le nord et entre dans un campement dans lequel règne un silence inquiétant. Environ une douzaine de chariots, coches et autres attelages se tiennent prêts. Des tentes noires ont été dressées autour du périmètre et des gardes aux manteaux impénétrables s'y tiennent immobiles, scrutant les environs depuis les ombres qui dissimulent leur visage.
Les étalons noirs, harnachés, sont parfaitement immobiles, comme s'il s'agissait de statues d'obsidienne. Aucune buée ne sort de leurs naseaux et rien ne suggère que ces créatures soient vivantes.
Vigor ne s'approche pas plus et coupe à travers bois pour rejoindre la pension de famille.

Yevid le Vieux Matou

Les autres se rendent à la pension de famille pour sécuriser leur place hébergement puis attendent Vigor.
Yevid le Vieux Matou est un bâtiment de bois affaissé et au toit pourri. Il semble accroupi sur ses fondations comme une vieille bique obèse, pleine de sinistres secrets. La porte d'entrée, qui n'a jamais très bien fermé, est tenu d'un lien de cuir, qu'Helga Yevid, la tenancière, attache à un piquet en guise de loquet. Un petit couloir ouvre sur une minuscule salle à manger et la cuisine qui la jouxte. Un escalier étroit mène aux dix chambres à l'étage, lesquelles font toutes face à un couloir central orné de grossiers portraits.
Les chambres seraient plutôt confortables sans l'odeur de pourriture et de vieux fromage. Les coins des pièces sont noirs de moisissure.
Helga avertit d'ailleurs ses hôtes de ne pas regarder sous les lits, car aujourd'hui, ayant quarante-cinq ans, elle est bien trop vieille pour aller fureter en dessous et en extirper les vieilles saletés...
 
Tarja apprend auprès d'Helga qu'un prêtre d'Ulric aurait logé là, il y a deux semaines. Il était tout en noir, avec une armure complète et un casque à cornes le faisant ressembler à un démon. Deux semaines, c'est trop court. Ce n'est sans doute pas celui qu'ils cherchent.
Lorsque Vigor, arrivé peu après, leur apprend pour la présence de Lydia, ils se demandent si cela pourrait être plutôt un templier de Morr.
Ils s'enferment alors dans leur chambre pour discuter de leurs options. Rapidement, Tarja surprend Helga à écouter à leur porte et la renvoie à sa cuisine...
Ayant peur d'être reconnus par Lydia, ils se disent qu'ils doivent faire profil bas. Ils prennent soin aussi, peut-être un peu tard, de cacher leurs symboles ulricains.
Ils repartent manger à l'auberge et Vigor demande à un des croisés depuis combien de temps, ils sont arrivés. Il ne sait pas trop, une ou deux lunes. En plus, tout le monde n'est pas arrivé en même temps.
Vigor veut savoir depuis quand Karl serait arrivé. Il va manger et promet au croisé une récompense à son retour s'il obtient l'information.

Ils mangent à l'auberge et discutent à voix basse.
Outre les locaux, qu'on ne voit pas dehors, le beau gosse est là, seul, semblant s'amuser de la présence cosmopolite en ces lieux.
Il y a aussi une table de croisés un peu plus fortunés qui occupe une table à part.
 
S'étant sustentés, ils rentrent à leur pension de famille. Vigor repère le croisé avec qui il avait discuté et lui demande s'il a son information. L'homme le regarde, l'air ahuri, comme s'il ne comprenait pas de quoi il s'agissait. Puis son regard s'allume : " 33 ", dit-il, " ça fait 33 jours ! " Vigor le récompense avec un peu de fromage de chèvre.

Tarja et Vigor se couchent à même le sol, ayant peur d'attirer à eux les vermines qui peuplent leur lit.
 
Théodéric entreprend de son côté de nettoyer un peu sa chambre. La besogne est répugnante et il redescend chercher un peu d'eau pour se laver. L'odeur qu'il a soulevé en faisant le ménage lui en a fait perdre l'odorat, sans doute pour plusieurs jours !
Il en profite cependant pour discuter un peu plus longuement avec Helga et parvient sans peine à lui délier la langue, en payant très cher pour cela.
Il semblerait que le chien, on n'en parle pas. Tout comme on ne parle pas de Celle-Dont-On-Ne-Parle-Pas. Il existe visiblement une crainte face à quelque chose d'extérieur, qui n'a rien à voir avec la Croisade. Est-ce la banshee que mentionnaient les striganys ?
Helga raconte qu'ils vivent une bien triste époque, qu'il paraîtrait que le dernier cadeau n'a pas suffi.
Quel cadeau ? Quand ?
Deux fois par génération, ils font une grande fête et font des offrandes - assez conséquentes (impossible d'en savoir plus) - pour attirer la bonne fortune. La dernière a eu lieu il y a environ trois ans, c'est donc un peu tôt à son sens pour en refaire une nouvelle.

Malgré la crasse, il dort somme toute assez bien.
Il sera temps d'enquêter demain sur ce qu'est devenu Ulric, le Grand Prêtre d'Ulric tué à Zhidovsk.

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