lundi 28 février 2022

Retour à la nature


Le prêtre est effaré de ce qu'il entend de la bouche d'Heffengen et ne sait comment réagir.
Il lui annonce qu'il va chercher de l'aide pour le soigner en le laissant sur place.
Seul, Heffengen peut laisser aller ses pensées et décide que ce n'est finalement pas forcément une idée brillante : il quitte le temple, mais est alpagué à la sortie par Sergor qui l'amène au fond d'une ruelle obscure avec une certaine rudesse.
Là, au calme, Sergor traite Heffengen d'imbécile. Que croit-il aller chercher au temple de Morr ? L'absolution ? Il ne la trouvera pas, mais sera tout de même emmené devant Morr. C'est le seul remède connu.
Sergor lui explique qu'ils ont besoin l'un de l'autre et compte sur lui et son savoir au niveau de la prophétie pour rejoindre la Croisade.
Elle est en Kislev. Là-bas, les mutants ne sont pas hors-la-loi - bien qu'ils ne soient pas plus tolérés que dans l'Empire, ils ne sont au moins pas pourchassés tant qu'ils restent à l'écart de la civilisation. Il peut encore servir Morr pour le moment et Sergor lui promet d'achever ses souffrances lorsque son petit changement deviendra trop problématique !

Sergor lui dit qu'il va le mettre dans la cave de l'Anguille, une péniche qui doit partir le surlendemain pour Zavstra, une stanitsa frontalière, très fréquentée par les impériaux. Il paiera le capitaine pour qu'on lui fiche la paix et va prévenir ses compagnons. S'ils posent trop de question, Sergor leur expliquera qu'Heffengen a subi avec succès l'ordalie de Morr et qu'il est libre - après avoir passé du temps enterré vif dans un cercueil.

Heffengen accepte et prend place au fond d'une cale.

De son côté, Vigor, assisté par Tarja, cherche à s'équiper d'une cotte de mailles.
Il n'y en a naturellement aucune à sa taille et il se résout à en commander une sur mesure, promise par l'armurier pour dans deux semaines.

Festag 14 sigmarzeit

Sergor retrouve Tarja et lui explique qu'il a été envoyé par Heffengen. Il les attend pour partir le lendemain à Zavstra par bateau, il a réservé sa place. Il se présente à elle : Sergor von Stein - guide.

Seulement, Tarja a des obligations et ne peut partir tout de suite.
Elle se renseigne sur l'état de santé d'Heffegen. Est-il guéri ? Que lui est-il arrivé. Sergor feint d'ignorer de quoi elle parle et se contente d'indiquer qu'il a subi avec succès l'ordalie de Morr et qu'il est donc purifié.

Sergor lui propose alors de les rejoindre à Zavstra. Ils attendront, si Heffengen le souhaite en tout cas, jusqu'au 15 sommerzeit.
S'ils vont à Kislev, Sergor explique qu'il ne faut pas s'attendre à trouver des routes pavées. Au mieux, il y a des pistes. Là-bas, ils auront trois possibilités : ne pas prendre de guide et errer indéfiniment dans les steppes ; prendre n'importe lequel des guides qui pullulent à Zavstra et être amenés non pas là où ils veulent aller, mais là où le guide veut les conduire ou, enfin, prendre un guide sérieux qui les amènera à bon port. Il aime à penser faire partie de la dernière catégorie.
Après un aller-retour pour consulter Heffengen d'un côté et Vigor de l'autre, c'est bien ce qui est conclu.

Aubentag 24 sigmarzeit

Heffengen arrive à bon port à Zavstra.
Sergor lui trouve une pension de famille tenue Madame Hendrich, qui fait une excellente soupe fortifiante à la vessie de brebis.
Il ne doit plus sortir de là et ne pas se montrer.
Les jours passent, monotones, en attendant Tarja et Vigor.

Sommerzeit 2524

Konistag 3 sommerzeit

Heffengen ne peut plus se cacher, ni se le cacher. Les Seigneurs du Changement ont travaillé sur ses chairs. Son visage n'en est plus vraiment un : les canines poussent et il ne peut plus fermer sa bouche, sa gueule, sans qu'elles menacent de dépasser ; la barbe lui mange toute la face ; les oreilles ont reculé derrière la tête et grandissent en pointe. Il est inquiétant à voir.

Sa décision est prise. Il va laisser tout le monde, sans prévenir, pour qu'ils ne le retrouvent pas et voient sa déchéance.
Il retourne à la nature, sentant son appel.

Sergor retrouve une chambre vide lorsqu'il rentre en soirée. Pas un mot.
Après deux jours, il se rend à l'évidence. Heffengen l'a quitté.

Festag 5 sommerzeit

Vigor et Tarja accostent à Zavstra.
Ils retrouvent Sergor et apprennent de sa bouche la disparition d'Heffengen. Sergor confirme que les craintes étaient fondées, il est en mutation !
Il se retrouve donc sans emploi, leur annonce-t-il.
Il pense qu'il faudra deux à trois semaines pour atteindre Erengrad et il leur propose de les guider pour une couronne la journée. Le marché est conclu.

Angestag 20 sommerzeit

Leur voyage confirme que même près de la frontière, la langue est un handicap. Peu sont capables de baragouiner un reikspiel compréhensible.
Sergor leur sert d'interprète et Tarja comprend, par ses questions et ses retours d'informations, qu'il semble intéressé par la Croisade de l'Enfant.
Il pense qu'il y a des opportunités pour se faire de l'argent dans son sillage, se justifie-t-il.
Toujours est-il qu'ils sont bien dans le sillage de la Croisade. En fait, ils suivent sa route depuis quelques jours, peu avant Emsk. Mais cela fait tout de même quelques semaines qu'elle est passée.
Les rumeurs disent qu'elle était pourchassée par le Grand Théogoniste lui-même pour en écraser les restes. Elle se serait déchirée à Wolfenburg, les uns se tournant contre les autres, et s'est morcelée et ne serait plus constituée que de mendiants, de mutants et d'hommes-bêtes qui errent dans le Kislev.

Les fuyards

Ils sont d'ailleurs arrêtés par une troupe de quatre mendiants sales et puants, menée par un certain Frank.
Ils réclament l'aumône et disent qu'ils ne sont que des pèlerins qui ont perdu leur chemin.
Interrogés plus avant par Vigor, ils avouent avoir quitté la Croisade pour rentrer chez eux, à Talabheim, ayant perdu leur foi.
Vigor leur laisse deux pistoles sorties de sa bourse rebondie avant de rejoindre Tarja et Sergor restés à l'écart avant de reprendre leur chemin.

Le répurgateur

À peine une lieue plus loin, ils entendent le son de ferraille d'une armure lourde et la respiration d'un destrier. Un cavalier chevauche un immense étalon noir. Les flancs de la bête ont été profondément entaillés et il a l'écume aux lèvres. Ses yeux roulent en tout sens, pleins de douleur et d'effroi.
Le cavalier est grand et sinistre, une apparence qu'accentue son casque à cornes. Des parchemins et des sceaux de vertu flottent sur son armure noire estampée de symboles de Sigmar, Verena et Myrmidia. Une belle épée au pommeau en forme de crâne est suspendue à la selle dans son fourreau. Son casque est conçu pour ressembler à un crâne grimaçant et cornu. La touche finale de cette imposante panoplie est une cape noire bordée de soie rouge.
Tarja, Sergor et Vigor étant à moitié cachés, ou du moins en retrait, l'homme les hèle en dégainant vivement sa lame acérée et en l'agitant vers eux :

" Montrez-vous, coquins. "

Tarja s'avance et se présente comme une prêtresse d'Ulric en lui demandant ensuite à qui elle a affaires. Les autres se montrent.
Il semble un peu se détendre et rengaine son arme et relève sa visière, se présentant comme Phinéas Vanderhoff, Saint Templier de Sigmar.
Il considère longuement Sergor et Vigor, ignorant ostensiblement Tarja avant de déclamer :

" Hommes de l'Empire, aujourd'hui la Providence a frappé à votre porte. Ce n'est nullement par hasard que se croisent nos routes. En vérité, je vois que le destin lui-même est à l'oeuvre. "

D'un geste théâtral, il lève alors les yeux aux cieux et ses traits se relâchent. De longues secondes passent, durant lesquels Tarja et ses compagnons paraissent abasourdis par l'attitude de l'homme. Les yeux de Phinéas redeviennent clair, son extase passée, et il embrasse les voyageurs du regard comme s'il les voyait pour la première fois.

" Oui, je le vois bien maintenant. Vous ferez parfaitement l'affaire ! Venez ! Les hérétiques sont tout près ! "

Il tire à nouveau son épée et crie :

" Pour Sigmar ! Pour l'Empire ! " et s'élance pour poursuivre sa route.

Il n'est naturellement suivi par personne. Après quelques instants sous l'effet de la surprise, Tarja sonne le départ vers Erengrad.

Confrontation

Mais à peine quelques minutes après, des bruits de bataille se font entendre dans la direction prise par Phinéas.
Ils reviennent sur leurs pas voir de quoi il en retourne : Phinéas combat du haut de son destrier Ham, l'un des mendiants aperçu plus tôt, le plus crasseux. Celui-ci est comme fou et charge Phinéas pendant que les trois autres en profitent pour prendre la poudre d'escampette. Sans prendre le temps de faire leurs adieux, tous trois partent dans des directions différentes pendant que Ham... se fait hacher par Phinéas.

Tarja, Vigor et Sergor tournent les talons et évitent de se faire remarquer.

Le soir, au campement, avant la nuit complète, Phinéas réapparait. Il traine Frank au bout d'une corde.
En voyant le campement, Frank hurle :

" Ce sont eux, ce sont eux ! "

Phinéas leur ordonne sèchement de lâcher leur armes, sans condition ni discussion. Mais ils refusent.
Il éperonne son cheval et charge en direction de Tarja...

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