lundi 14 novembre 2022

En noir et blanc


Trois elfes, prenant la corde, ouvrent la voie à Ludmilla pour le premier passage, se débarrassant d'un autre nurgling rôdant entre deux eaux.
Ludmilla plonge à son tour, mais le passage n'est pas libre : ce qui ressemble à une très grosse anguille s'approche d'elle. Mais ce n'en est bien sûr pas une : sa tête ne semble composée que d'un œil unique, rouge. Elle tente de frôler Ludmilla avec son ventre qu'on dirait comme fait de lames de rasoir. Heureusement, Ludmilla le remarque et parvient à la chasser avant de s'engouffrer dans la matrice, à la suite des elfes.

L'entrée

Le second voyage de la barque ne tarde pas, surtout lorsque le corps du nurgling remonté à la surface est repéré. Lorinoc, Tarja, Théodéric et un autre elfe suivent donc et arrivent dans la caverne humide à l'air vicié. Un mélange étrange d'odeur d'ordures, d'excréments et de putréfaction. Les murs, le sol et le plafond sont d'une teinte gris sombre et couverts d'humidité. Des espèces de filaments orange spongieux qui ressemblent à des racines, mais en plus charnus, pendent çà et là du plafond. Quelques flaques d'eau huileuses parsèment le sol, et des choses bougent dans ces flaques, à en croire les rides qui apparaissent par moments à leur surface.
Lorinoc à l'impression d'être à l'intérieur d'un corps gigantesque.

Une fois la lumière faite, ils aperçoivent à quelques pas... une belle nappe à carreau posée à même le sol sur laquelle a été posée une tarte à la grenade. Comme chez les Vonreuter.
Tarja refuse d'en croire ses sens et pense être victime d'hallucinations. Collectives, puisque les autres voient, eux aussi, la tarte.

Le temps de deviser sur ce qui ressemble à un cadeau de bienvenue, la corde qui les reliait à l'extérieur disparaît brusquement. Quelque minutes après, un plop se fait entendre.
C'est Vigor qui apparaît soudain. Il n'avait finalement pas le cœur à laisser Tarja seule et a décidé de les accompagner !
Cette dernière, surprise, semble ravie.

Une fois secs, ils commencent prudemment l'exploration, car "l'entrée" donne sur un tunnel. Lorinoc, talonné de deux de ses hommes, est en éclaireur. Deux autres elfes ferment la marche.

Un spectacle écœurant

Le lieu est un véritable labyrinthe.
Au détour d'un tunnel, Lorinoc aperçoit, pendus au plafond, des sortes de viscères. Il reste à quelques mètres et décoche une flèche. Un jet de sang jaillit, le tout tremblote quelques instants.
Plus étrange et même carrément effrayant, cela déclenche au milieu de la petite troupe une explosion de couleurs que se dissipe rapidement. Ceux pris dans cette lumière deviennent littéralement gris !
C'est comme si la couleur s'était échappée de leur être !
Seul Lorinoc et deux de ses équipiers n'ont pas été affectés.
À part leur couleur disparue, ils ne ressentent pas d'effet. Mais qui sait comment cela va évoluer ?
Il n'est pas l'heure de tergiverser, ils reprennent leur exploration.

Rubans de chair

Les tunnels s'élargissent et Lorinoc aperçoit une très belle femme aux longs cheveux noirs qui se tient la bouche, de surprise, ou d'horreur. Une rapière baissée en main, elle baisse son regard vers des rubans de chair rose recouverte d'une épaisse couche de graisse qui jonchent le sol.
Sa tenue est étrange, inadaptée au lieu. Une très belle robe bouffante noire percée de blanc. Son port et sa mise ne laissent aucun doute sur le fait qu'il s'agit là d'une aristocrate de haut rang.
Elle se retourne vers ceux qui s'approchent d'elle. Lorinoc et elle se présentent. Elle dit être la baronne Margrave.
Tarja connaît ce nom. Il s'agit d'une mécène finançant à Altdorf toutes sortes d'artistes, principalement des musiciens et chanteurs. Mais elle ne l'a jamais vue et serait incapable certifier l'identité de la femme qui est devant eux.
Elle semble un peu hébétée et complètement perdue.
Elle demande où elle et s'ils ont les clés.
Elle raconte qu'elle pense avoir été victime d'un enchantement. Elle assistait à la première d'une pièce dans son théâtre. L'histoire se déroulait dans une atmosphère crépusculaire, les personnages n'étaient que des ombres et le fait de voir des personnes sans couleur ne la choque pour ainsi dire pas. Ce sont des personnages de la pièce, à part l'elfe à qui elle parle. L'histoire mentionnait une prophétie dans laquelle la froide nuit s'unissait à l'innocence de l'aube. Ils cherchaient un émissaire pour leur rapporter au plus vite des clés d'importance cruciale pour cette union. L'histoire ne disait pas encore pourquoi, mais il y avait un sentiment d'urgence qui accompagnait cette recherche, c'était une question d'heures. C'est là qu'elle a eu un évanouissement et s'est retrouvée transportée ici, au milieu de la pièce. Elle s'est convaincue après quelques minutes qu'il lui faut trouver, rapidement, les clés pour se libérer.

Lorinoc lui répond qu'ils n'ont pas de clé, mais l'invite à se joindre à eux, les lieux étant terriblement dangereux. Elle n'est pas dans une pièce, mais dans le fin fond du Kislev.
Tarja, toujours autant sur ses gardes, ne cache que modérément son manque d'approbation et lui propose de lui indiquer la sortie, car une sortie existe.
La baronne choisit de les suivre, les enjoignant à trouver rapidement les clés.

Nuées

Rapidement, ils arrivent près d'un corps entouré d'une nuée de papillons mauve.
C'est un ungol, sans autre blessure apparente que deux orbites vides à la place de ses yeux.
Lorsque Lorinoc s'approche du corps, en agitant une torche pour tenir les papillons à l'écart, l'essaim commence à le prendre à partie. Il s'éloigne à grandes enjambées.
Ludmilla tente d'allumer sa bouteille d'eau-de-vie et de la lancer au centre de la nuée, mais l'alcool se répand au sol. Tarja tente d'emprisonner les papillons dans sa cape mouillée, mais la manœuvre est vaine. Théodéric protège la baronne de son corps et finalement, un elfe met le feu à l'alcool avant qu'il ne soit entièrement absorbé.
Le mur de flammes ainsi créé permet à Lorinoc de battre en retraite pendant que la nuée le laisse un peu tranquille.
Ils s'éloignent de l'endroit sans avoir pu inspecter le corps.

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