mardi 21 avril 2020

Sortie de scène côté cour...

Tout le monde en place !

Le spectacle va bientôt commencer, devant une foule assez nombreuse venue pour se divertir, mais aussi pour honorer Karl.
L'Enfant est bien sûr à la place d'honneur lorsque Wilhelm Schumacher, le metteur en scène vient nerveusement présenter sa pièce en six actes sur la vie de Sigmar, Heldenhammer.
La représentation de ce mystère s'annonce grandiose : plusieurs dizaines d'acteurs ont été aperçus, les décors sont travaillés, des surprises feront que le public sera placé au cœur de l'action.

Alido et Esther sont placées à côté de la scène et observent le public, d'un œil inquisiteur. Alido essaie de se focaliser sur les plus suspects des spectateurs : alors que les gens semblent s'être pour la plupart habillés pour l'occasion - à moins qu'il n'y ai eu tri à l'entrée - les fauteuils sont réservés aux mieux lotis.
Pourtant, un homme dans la partie plus populaire cache une épée qui tranche avec ce que porte le peuple, c'est-à-dire en général rien !
Un autre en haillons gris semble vêtu tel un pestiféré et fait aussi tâche dans la foule pour une fois apprêtée.
Enfin, dans la partie noble, l'un des spectateurs semble regarder nerveusement, et souvent, autour de lui.

Mise en scène

En coulisse, c'est plus compliqué. Gérer un tel spectacle s'avère délicat et souvent problématique. Dès le premier acte, Wilhelm remarque qu'il manque un acteur.
Heffengen qui se trouvait à côté de lui est ainsi désigné volontaire : il doit rapidement enfiler un costume de paysan et apprendre sont exte - minime - pour pouvoir entrer en scène et y rester durant tout l'acte.

Les spectateurs, mis à part Banek - regardé par des yeux désapprobateurs -  font silence tandis que s'ouvre le rideau bigarré. Un océan de visages contemple la scène, avide de la ferveur religieuse que cette représentation leur promet. Ainsi, Alido, Esther et Banek ont la surprise d'apercevoir dès le lever de rideau Heffengen parmi la dizaine d'acteurs qui prennent position.

La représentation

Acte I : la naissance de Sigmar

L'acte I raconte la naissance et la jeunesse de Sigmar.
" Non point, bon porcher, ce n'est pas le jour nouveau qui blesse mes yeux, mais la gloire qui se trouve sous le soleil levant et qui éclipse l'astre glorieux. C'est le garçon qui me fait couvrir les yeux. Il est à la fois puissant et fragile, une énigme véritable pour un homme pieux comme je le suis. "
Hélas, la pièce est ambitieuse mais un peu ruinée par des acteurs en dessous de tout, mis à part Heffengen qui parvient à jouer juste au milieu d'un océan de médiocrité.

Lorsque le rideau tombe, à la fin de l'acte, Heffengen remarque un attroupement autour du sanglier de bois, un accessoire imposant qui sera le clou du second acte. Faisant le tour par les coulisses, les acteurs autour du sanglier sont moins nombreux. Il s'enquiert de savoir quel est le problème. Aucun, lui répond l'un d'eux lui barrant le passage. Lorsqu'il demande à regarder l'accessoire, il est repoussé sous prétexte qu'il n'a qu'à se mêler de ses propres affaires.
Heffengen repart chercher Wilhelm pour lui dire qu'il y a un problème sur le sanglier.

Alido remarque que des silhouettes fines et agiles se mettent silencieusement en place dans les galeries au-dessus de la scène. Font-elles partie de la pièce ? L'acte II promet des scènes de combat, pourquoi pas. Elle en parle à Esther mais, une fois les silhouettes en place, elles sont quasiment invisibles. A surveiller les galeries, Alido a perdu de vue l'homme en haillons. Les deux autres suspects n'ont pas changé de place.

Acte II : Sigmar et le sanglier Brochenoire

Le rideau se lève sur le second acte qui raconte le combat du jeune Sigmar avec le terrible sanglier qui terrorisait la région.
" Le jeune Sigmar chancela, sut qu'il n'avait aucune chance
Dès qu'il vit ce groin hérissé de défenses
De pourceau oui, mais deux fois plus grandes.
Ce n'était point un sanglier normal, vraie était la légende. "
L'acte a débuté depuis une poignée de minutes lorsque Wilhelm arrive près de l'accessoire. Lorsqu'il demande aux accessoiristes quel est le problème, ils mentionnent une roue qu'ils ont dû remettre en place. Heffengen demande à regarder. Devant le metteur en scène qui acquiesce, ils ne peuvent pas l'éviter. Lorsque Heffengen inspecte sous la couverture du train arrière, il est repoussé avant de pouvoir en voir trop, juste quelques faibles étincelles, il est presque l'heure pour le sanglier d'entrer en scène.
L'entrée en scène a été précipitée et semble surprendre les acteurs.
Après une très courte hésitation, Heffengen choisit d'agir. Il entre en courant sur scène et se jette dans le public. Plus précisément sur Karl. Il le reverse de sa chaise et le couvre de son corps et crie que l'Enfant est attaqué et qu'il faut le protéger.
Stupeur autour de lui. Koller, à la gauche de Karl, est le plus prompt à se lever et à abattre son épée sur Heffengen. Mais son coup reste hésitant afin de ne pas risquer de blesser l'enfant et Heffengen n'est pas embroché sur place.
Le bateleur se relève en essayant de donner la main à Karl, mais celui-ci ne se laisse pas faire.
Alido, Esther et Banek s'approchent ainsi que quelques gardes.

Le chaos se déclenche

C'est là que la bombe que Heffengen avait vu explose, ou fait long feu et provoque un épais nuage de fumée qui s'étend jusqu'au siège de Karl.
C'est la confusion dans le public et la ruée des proches vers Karl. Heffengen ne parvient toujours pas à l'attraper cerné par les coups que lui porte Koller. Il met quelques instants à répondre aux injonction du père Helmut lui criant d'arrêter, que Heffengen est un templier de l'Enfant qui a agi pour sa protection, il faut l'évacuer.

Esther et Banek qui s'étaient rejoints aperçoivent alors la silhouette du lépreux, à trois pas de l'enfant. L'homme n'est plus voûté et fait une fois dressé plus de deux mètres. Il est d'une maigreur maladive mais, ils se rendent vite compte qu'il est bien plus que cela. Il fait un signe vers le ciel puis rejette sa cape grise et poussiéreuse et se révèle : il n'est pas - ou plus - humain. Le voir est une expérience terrifiante à laquelle peu de mortels survivront sans trace. C'est un vampire recouvert d'une peau parcheminée par le grand âge et des yeux perçants qui fixent Karl dans un visage rongé par la corruption..
Esther, épouvantée, fait aussitôt demi-tour, comme la majorité des gens autour.
Seul Banek reste imperturbable. Il a même la présence d'esprit de regarder vers où la bête faisait un signe. Un oiseau géant vole en cercles et est en train de descendre rapidement vers la foule !

Lorsque le vampire se jette sur l'enfant qui fuyait justement vers lui, il n'a plus qu'à l'accueillir dans se bras pour lui offrir la baiser de sang.
Banek se jette pour plaquer le monstre qui s'étale alors par terre, lâchant l'enfant.

La foule, après un moment de stupeur - elle hésitait encore à savoir si tout cela faisait partie du spectacle - commence à détaler en hurlant.
Par-dessus tout ce chaos, des flèches commencent à fuser du haut des coursives. Ce n'étaient pas des fausses flèches pour le spectacle, tout comme les épées de certains acteurs. En effet, plusieurs d'entre eux se jettent dans la mêlée, lame au clair.
Le père Helmut, lui, recule devant la vision obscène. Il se reprend vite et tente une prière mais sa parole est faible et mal assurée.
La mêlée est générale.

La fumée se dissipant, Heffengen voit lui aussi l'antique vampire et prend ses jambes à son cou.
Du côté de l'Enfant, il a été extrait des griffes du vampire par Koller qui l'éloigne alors que les flèches pleuvent sur eux. Au moins l'une d'elle touche Karl !
Le vampire parvient finalement à se défaire de l'étreinte de Banek mais souffre d'un coup de marteau violent asséné par Alido. L'Enfant est maintenant hors de portée de lui.

C'est le moment où le volatile géant ajoute à la panique en se posant juste à côté du vampire.
C'est un vautour géant, plus mort que vif, de quatre toises d'envergure et qui transporte une sorte de nacelle...

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