lundi 21 août 2023

À vue de nez


Remarquant leur indécision, un des bateliers les ayant accompagnés se présente à eux : Baqir Amanullah.

Voyant qu'ils sont étrangers à la ville (et même pour l'étrange femme à la peau pâle - à son pays), il leur propose de les aider dans leur recherche, de leur ouvrir les portes, de régler les problèmes si on leur voudrait du mal, de les renseigner... Ahmed Al Fayed accepte allègrement la proposition.
Mais, elle a un prix : Baqir souhaite en échange de son aide que les deux étrangers l'emmènent ensuite loin d'ici. Il se morfond dans ce trou et ferait tout pour en partir. Le marché est conclu !

Il leur donne alors de nombreuses informations qu'il auraient mis du temps à collationner sans l'aide d'un autochtone. Baqir connaît un peu Aisha et la croit incapable d'avoir tué quelqu'un. Elle a changé depuis deux ans, lorsqu'elle avait brûlé une des réserves d'Hardrat. Hardrat est, était, en quelque sorte le responsable de la milice du village, mais ce n'était pas sa principale activité, le village étant calme. Il était commerçant en épices et denrées diverses. Baqir ne sait pas ce qu'il s'est passé il y a deux ans entre Aisha et Hardrat, mais propose d'aller rendre visite à son frère, Rachid, qui travaille à la mine.

Sur le chemin, il leur explique aussi que la plupart des mineurs sont des esclaves, mais ce n'est pas le cas de Rachid. La mine appartient à Fatandira, mais la main d’œuvre est fournie par Didrit, l'Ancien. C'est l'homme plus riche du village et lui qui possède tous les esclaves de la mine.

Après une heure de marche, ils arrivent devant les tentes qui servent de dortoirs aux mineurs, à quelques pas d'un étroit défilé menant à la mine. Il n'y a qu'un petit bâtiment en dur - en bois - une petite chapelle dédiée à Notre Dame de la Veine.
La mine est protégée, selon les dires de Baqir, par une épaisse porte et deux tours de garde. Le Gardien des Fosses, titre donné à celui qui dirige les défenses de la mine, semble difficilement corruptible par Baqir. Ce n'est pas une grande gueule et il est réfléchi dans ses actions. C'est un janissaire, la crème des esclaves à vocation militaire. Ce sont eux qui occupent les postes les plus influents dans l'administration et l'armée de la petite principauté. Le corrompre serait sans doute hors de leur bourse.

Par chance, Rachid est là. Baqir lui explique avec empathie que sa sœur a eu un problème. Un incendie a détruit la maison d'Hardrat et ce dernier y a trouvé la mort. Elle était sur les lieux et est accusée par la populace. Il présente Ahmed et Ionor à Rachid expliquant qu'ils sont là, en tant qu'étrangers, pour enquêter sur cette affaire et qu'ils ne croient pas à sa culpabilité.
Rachid est sanguin sur le sujet et n'accroche pas avec Ahmed qui semble insinuer que sa sœur aurait eu des attitudes indignes d'une jeune fille envers Hardrat. En tout cas c'est ainsi que le discours maladroit de Ahmed est perçu. Rachid informe cependant Baqir du fait qu'il sait qu'il a dû se passer quelque chose entre Hardrat et sa sœur, mais Aisha a toujours nié quoi que ce soit.
Il part alors vers Isfhan-Kozhad pour voir sa sœur, accompagné de Baqir qui calme au mieux ce dernier, et suivi plus loin par les deux étrangers.

Aisha a été emmenée chez Didrit le temps que l'affaire soit tirée au clair. L'Ancien demande d'ailleurs si elle est résolue et semble déçu que ce ne soit pas encore le cas. Il autorise à ce qu'Aisha reçoive les visites nécessaires. Frère et sœur se rencontrent et tombent dans les bras l'un de l'autre. Rachid veut la faire parler : elle ne se souvient de rien. Elle cherchait de la farine chez Hardrat puis il y a eu l'incendie. Mais elle dit que ce n'est pas elle. Lorsque Rachid l'interroge à propos de ce qu'il s'est passé avec Hardrat, elle ne dit rien, mais, après un temps de réflexion, indique vouloir parler à Baqir seule.
Rachid s'énerve un peu mais accepte.
Seule avec Baqir, elle lui fait d'abord promettre de ne rien dire à son frère. Il promet d'en dire le strict minimum qu'il faudra pour la faire libérer. Elle avoue alors avoir été violentée par Hardrat et que c'est pour cela qu'elle avait brûlé à l'époque son entrepôt, pour se venger.

Loin des oreilles de Rachid, qui est renvoyé à sa sœur pour la réconforter, Baqir explique cela aux enquêteurs. Ils en avaient la conviction, ils en ont la confirmation.

Baqir au cours de leurs discussions leur livre également des informations importantes : l'enfant qui a été retrouvé vient sans doute de la mine. En effet, douze enfants esclaves avaient été bénis par l'abbé, Ahmat, au nom de Notre Dame de la Veine. Il les a privé de leurs yeux afin qu'ils puissent sentir les veines d'argent, ils sont guidés par l'odeur de l'argent et la bénédiction de Notre Dame. Il croit qu'il  manquait justement un enfant cette nuit lors de sa relève.

Leur hypothèse est la suivante : l'enfant aurait pu s'échapper de la mine, peut-être au milieu du minerai dans un wagon. Il aurait quitté le wagon avant d'être embarqué. Là, il aurait été repéré par Fatima Al Saud qui l'aurait pris sous son aile. Le fait que les enfants aient les yeux crevés est caché aux personnes extérieures. Fatima, la femme morte dans l'incendie, n'allait jamais dans la mine mais aidait au camp. Elle aurait été prise de pitié et aurait voulu raconter le mauvais traitement subi par les enfants à Hardrat. Arrivant trop tard pour les arrêter, des gens de la mine (qui ?) auraient tué Hardrat et causé l'incendie pour éliminer les témoins. Aisha serait arrivé juste après leur fuite.

Didrit est-il au courant du traitement de ses esclaves ?
Interrogé pour savoir s'il pouvait reconnaitre l'enfant qu'il travaillait à la mine, selon Ahmed, il indique qu'il ne voyait les enfants que quelques secondes lors de leur achat et les confiait à Ahmat. Ce dernier voulait les acheter car ils pouvaient atteindre des endroits impossibles d'accès pour des hommes faits.
Il accepte toutefois de voir le cadavre et s'étonne de l'absence d'yeux, ce qui met les enquêteurs sur la piste de Ahmat.

Ahmat n'est pas un esclave. C'est lui aussi un ancien janissaire qui, une fois affranchi, a cherché du travail à la mine et à permis à celle-ci de prospérer. À quel prix ?

Didrit fait alors convoquer l'abbé.

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