Le quartier est le plus vide de ceux déjà traversé, il y a même au milieu de la rue un cadavre de femme picoré par des corbeaux à l’œil morne.
La caserne est encore, un an après, un véritable charnier. Il semble que personne n'ait daigné - osé ? - se rendre en ces lieux où les combats ont été les plus intenses.
La dévastation est impressionnante. Des cadavres reposent encore à l'endroit où ils sont tombés. Des soldats de l'Empire gisent parmi des cadavres d'hommes-bêtes et certains reposent désarticulés au pied des murs souillés de sang, comme si quelque main géante les avait jetés contre la façade. Il y a même un corps empalé au sommet du mât du drapeau, à près de six mètres au-dessus du sol. Et il ne s'agit que de l'extérieur du bâtiment !
Alentour, point de trace de forge.
Ils vont se renseigner auprès des ouvriers travaillant à remettre la palais en état. Le forge n'est en effet pas loin, mais abandonnée selon eux.
La maison de la mort
Ils s'y rendent. La forge a en effet subit un fort incendie. Four et enclume ont été complètement tordus par la chaleur. Le grenier, lui, a tenu et semble avoir été restauré et être habité, ce qu'ils ne remarquent pas de suite. Seul l'odorat fin de Heffengen remarque une odeur inhabituelle.Ils appellent et une silhouette encapuchonnée se montre à la fenêtre du grenier.
Boris Leichgart
Alido et Heffengen exposent clairement ce qu'ils cherchent : celui qui a fabriqué ou fourni la gourde qu'ils montrent. Elle a servi à empoisonner un membre de la croisade et eux travaillent à la sécurité de Karl. Qui ? Karl, l'avatar de Sigmar !L'homme n'en sait rien, il est herboriste.
Ils arrivent à l'amadouer en lui parlant de besoins d'une prêtresse de Shallya de leur connaissance.
L'homme leur demande de laisser leurs armes et descend une corde à nœuds.
En haut, l'intérieur du grenier est oppressant. La pièce est sombre et empeste un mélange d'herbes et de charogne. Des faibles miaulements se font entendre venue des ombres de la pièce.
L'homme lui-même reste éloigné de Heffengen et Alido. Il semble jeune mais la moitié de son visage n'est que tissu cicatriciel. Il ne semble pas vouloir en parler lorsque Alido le questionne.
Interrogé sur la gourde et son contenant, il rappelle qu'il a accepté de les faire monter car ils souhaitaient acheter des herbes.
Faire parler Boris
Alido consent à troquer alors quelques cataplasmes et l'homme, Boris Leichgart, se fait plus ouvert.Il regarde la gourde et indique qu'il la connaît, c'est lui qui l'a vendue.
Il se justifie en expliquant que les produits qu'il peut vendre servent à soigner, pas à tuer. Seule la dose en fait un poison.
La gourde contient de l'herbe suffocante. A faible dose, elle sert de teinture bleue, mais elle est peu stable. A une dilution d'un vingtième, elle sert de teinture noire. A une dilution d'un dixième, elle peut guérir verrues et tâches sur la peau. Plus concentrée, l'herbe est dangereuse et ne doit pas être ingérée. Elle peut provoquer un étouffement, comme celui décrit par Alido.
Il demande alors clairement un paiement pour ses informations sur les personnes à qui il a vendu une telle herbe, et aussi de ne pas être inquiété par eux. 10 couronnes !
Ça leur paraît cher. Pas pour lui : la vie de l'avatar de Sigmar ne vaudrait-elle pas cela ?
Ce que Boris sait
Alido cède et il indique qu'il en a vendu à trois personnes de la Croisade :- Frère Marcus, chef de l'Ordre du Voile lui a acheté une gourde.
- Un homme antipathique prénommé Karl lui a acheté trois gourdes. L'homme portait une voyante ceinture bleue.
- Un gentilhomme distingué qui s'est présenté sous le nom de Dieter van Dorf lui a acheté trois gourdes et a payé en or.
Sur leur chemin au retour, ils croisent un édifice presque aussi glaçant que celui des casernes : un ancien sanctuaire à ciel ouvert prenant la forme d'une tholos au centre de laquelle gisent des dizaine de corps plus ou moins putréfiés. Un véritable charnier, telle une fosse commune à ciel ouvert. Heffengen croit même discerner du coin de l’œil des mouvements au milieu des cadavres. Ils font un grand détour pour éviter le lieu.
Ils se rendent à la taverne de l'Arbre et la Racine pour demander au tenancier s'il connaît l'Auberge du Violoniste.
Elle serait dans le quartier de la guilde des maroquiniers et il se propose de les y conduire.
Pensant pouvoir y arriver seuls, ils déclinent l'offre.
De retour au camp
Le soir arrivant, ils retournent au campement, partageant le pain avec Nils.Ce dernier ne peut leur fournir aucune information sur les informations de l'herboriste.
Konigstag 23 Ulriczeit 2523
Au petit matin, Heffengen se rend d'abord sur les lieux où doit se jouer la pièce.
C'est l'effervescence.
La scène et les gradins semblent montés et tout autour le lieu grouille d'acteurs et de techniciens.
Wilhelm Schumacher est présent et très nerveux, vociférant de sa voix nasillarde contre les acteurs qu'il juge mauvais.
Lorsque Heffengen se présente, il déplore son retard et lui fait remettre par Kristin son assistante une copie de l'acte V dans lequel il doit jouer, à apprendre le plus tôt possible avec une répétition le lendemain matin. La pièce doit se jouer en nocturne, Festag dans deux jours.
Il repart avec son manuscrit et le confie à Alido afin qu'elle lui lise et lui fasse répéter.
L'auberge du Violoniste
Excursion dans la quartier de la guilde : impossible de trouver l'auberge.Il faut se rendre à l'évidence, ils ont besoin d'un guide et proposent alors à l'aubergiste de l'Arbre et la Racine de leur servir de guide. Pour 4 pistoles, il pense, moitié sérieux, moitié plaisantant, à se reconvertir.
Il lâche son auberge le temps de guider Alido et Heffengen devant l'Auberge du Violoniste.
L'auberge est fermée - si on peut dire - seuls les murs mitoyens la maintienne debout. Mais l'étage est intact. D'ailleurs descend un homme, le cheveu très noir, souriant d'une bouche édentée qui demande à ses visiteurs ce qu'ils veulent.
Alido lui demande s'il ne serait pas le propriétaire de l'ancienne auberge. Non, il occupe juste les lieux aujourd'hui.
Elle voudrait des renseignements sur la personne qui produit le vin dans la gourde qu'elle lui montre.
Il paraît qu'il est très bon et veulent s'en procurer pour la croisade.
Ils n'insistent cependant pas lorsque l'homme leur fait comprendre qu'il n'est pas dupe de leur histoire et qu'ils semblent se moquer de son intelligence.
Enquêter sur l'Ordre du Voile
Ils retournent dans la camp de la croisade et se renseignent sur l'Ordre du Voile.Il est centré sur la vénération d'un mystérieux bout de tissu. Ils célèbrent des services réguliers à midi ouverts à tous, avec toujours quelque chose à manger pour ceux qui n'ont rien. Un homme vraiment bien ce frère Marcus qui dirige cet ordre.
Le service
La foule est au rendez-vous avant midi et attend calmement.Puis le silence se répand tandis qu'une procession de moines solennels s'avance parmi la foule. Un homme grand au visage creusé par les soucis ferme la procession. Il porte haut devant lui une hampe de bois munie d'une traverse sur laquelle est drapé un vêtement taché. En le regardant attentivement, Heffengen discerne à la surface sale du linge les contours d'une forme, peut-être celle du visage de l'Enfant. Il s'agit certainement de ce mystérieux voile.
Les gens tendent respectueusement les mains pour toucher le vêtement tandis que la procession s'avance, une prière sur les lèvres.
L'homme grand finit par réclamer le silence et son visage sérieux examine les disciples assemblés.
" Je vois de nouveaux visages parmi vous, mes amis. " dit-il d'une voix grave. " Je vais donc raconter pour eux l'histoire du voile miraculeux. "Un discret murmure d'approbation parcourt la foule, puis s'éteint dès que commence le récit.
Du temps où j'étais encore un moine vagabond, j'entendis des histoires à propos d'un enfant remarquable à Marienburg. Je ne perdis pas un instant et gagnai cette grande cité portuaire, car j'étais en quête d'un sens à ma vie d'errance, ayant été déçu par le culte de Sigmar.
En ce sens, je le trouvai en me fixant à Marienburg. Je parlai aux pêcheurs qui avaient vu l'Enfant ; je parlai à l'abbesse de l'orphelinat où il fut élevé. J'aperçus même le garçon de loin en une occasion et j'acquis la conviction qu'il était vraiment spécial. On ne peut contempler le visage du divin sans en être affecté.
Le miracle se produisit des années plus tard. Des hommes mauvais étaient venus chercher l'Enfant et l'avaient enlevé aux bons soins des sœurs de Shallya. J'étais au milieu de la foule qui se dispersait dans les rues de Marienburg à la recherche de l'Enfant.
Finalement, j'arrivai là où j'avais besoin de me trouver afin de voir notre bien-aimé Karl combattre ses ravisseurs. Le marteau à la main et la marque de la comète sur sa poitrine, ces hommes n'avaient aucune chance contre lui et ils furent abattus. Je restai immobile, émerveillé de ce que j'avais vu tandis que Karl fuyait la scène. C'est dans cet état de transe que mes yeux se posèrent sur un vêtement déchiré qui reposait sur le sol à l'endroit où le garçon avait combattu. Je le ramassai et alors mes peurs disparurent et mes yeux se décillèrent pour me révéler enfin la vérité !
Je tenais dans mes mains un objet qui appartenait à l'Enfant, un vêtement qui l'avait couvert et qui en avait gardé sa marque. Ce voile que voici !Frère Marcus élève le vêtement sous les acclamations du public avant de réclamer à nouveau le silence.
Depuis ce jour, mes amis, je n'ai plus jamais douté de la nature de l'héritage de Karl ni de son origine. Il va nous conduire vers de grands accomplissements, pour notre plus grand bénéfice à tous !Un tonnerre d'applaudissements retentit à nouveau. Puis, une fois le calme revenu, les gens rassemblés forment une file devant le frère Marcus afin d'être bénis et d'avoir une chance de toucher le voile, puis, pour les plus pauvres, d'être nourris.
Heffengen et Alido discutent discrètement pour coordonner leur approche du Frère Marcus...

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