mardi 19 janvier 2021

Wurtbad

Après quelques heures de marche, Heffengen est hélé par un homme dans le plus simple appareil, à peine couvert par une branche qui, vu la saison, est dépourvue de feuilles. Heureusement que les températures restent anormalement douces.
Il demande de l'aide, disant que ses maîtres se sont fait voler par des bandits et qu'on leur a tout pris !
Il supplie pour avoir des vêtements.
Alido finit par lui donner son change. Il s'appelle Meinhardtus Baum et est cocher pour les Heiligdorfer, une maison noble de Wurtbad. Heffengen pense se souvenir l'avoir vu la veille au soir à son auberge.
Suivi de loin par Heffengen, et Banek sur ses gardes, ils arrivent à un coche renversé sur le bord de la route. Meinhardtus donne les vêtements à quelqu'un dans le coche. Quelques minutes plus tard, une femme entre deux âges ressort en portant les changes d'Alido.
Elle reconnaît Heffengen et semble décontenancée un instant. Elle le félicite pour sa prestation de la veille au soir, qu'elle a apprécié ! Mais elle se reprend vite et explique sa situation.
Ce sont de hauts nobles, selon eux, de Wurtbad qui rentraient d'un voyage à Talabheim, Wiprecht et Wertha Heiligdorfer.
Elle a besoin de changes pour son mari. Heffengen finit par lui sortir son costume de scène, tout bariolé. Son mari ne peut pas mettre ça, Wertha demande - commande - à ce que Heffengen se change avec son costume - puisque c'est son métier. Son mari prendra les vêtements dont il va se défaire.
Ils sont estomaqués, mais Heffengen finit par céder, se change et donne ses vêtements. Après quelques minutes, un homme ressort du coche, habillé mais engoncé dans la chemise trop étroite d'Heffengen.
Les Heiligdorfer demandent ensuite à être accompagnés jusqu'à Wurtbad, où ils pourront remercier, et surtout récompenser, leurs accompagnateurs.
Ils réclament maintenant leurs bottes, mais là le refus est catégorique. Ils insistent, ne semblant même pas comprendre pourquoi ce refus, mais la mine de Banek les dissuade d'aller plus loin.
Alido consent à protéger leurs pieds avec quelques bandages.
Il vient à Wertha une idée lumineuse. Puisqu'elle et son époux n'ont pas de bottes, ils ne pourront pas marcher jusqu'à Wurtbad. Pourquoi le nain et Heffengen ne tireraient pas le coche jusqu'à Wurtbad. Alido, en tant que prêtresse de Sigmar - donc quelqu'un d'importance - est invitée dans le coche ! Ils sont prêts à payer jusqu'à 15 couronnes par jour et par personne !
La colère monte chez Banek : ils marcheront. Heffengen peut entendre des chuchotements sur la plèbe qui se croit décidément tout permis.
Meinhardtus, lui, est équipé par la couverture de Heffengen qui est découpée, au grand dam de ce dernier, afin d'y passer la tête. 
L'allure est donc lente, et les plaintes, puis les gémissements, nombreux.

Lors de la première nuit de campement, Alido sort sa tente, personnelle.
Wertha va pour s'y installer lorsque Alido lui fait comprendre que c'est sa tente et qu'elle ne compte pas leur laisser.

Aubentag 19 vorhexen

Le lendemain le passage du péage au troll se fait d'une drôle de façon. Alido attire le troll pendant que les autres passent le péage.
Wiprecht est terrorisé, il faut que Wertha le traîne après elle.
Alido se retrouve seule et, après une longue prière... elle commence une ascension en marchant dans les airs et passe par-dessus le troll et le péage.
Tout le monde semble abasourdi en voyant ce miracle. Les Heiligdorfer avouent même qu'ils doutaient du fait qu'Alido soit une prêtresse, mais de là à ce que ce soit une sainte, capable de miracles, ils n'en reviennent pas. Cette appréciation semble d'ailleurs partagée par Banek et Heffengen.

Marktag 20 vorhexen

Ils espèrent atteindre Hermsdorf avant la nuit, mais c'est peine perdue, sans bottes et sans énergie, les Heiligdorfer ralentissent trop la progression.

Backertag 21 vorhexen

Ils songent un instant faire une pause à Hermsdorf atteint en milieu de journée, mais leurs compagnons, leurs fardeaux, semblent capter une conversation qui ne leur était pas destinée lorsque Banek craint entrer dans la ville parce qu'ils vont être recherchés.
Les Heiligdorfer comprennent vite la situation et la nature réelle de leurs sauveurs n'insistent pas pour continuer le voyage en leur compagnie. Ils sont laissés à Hermsdorf avec quelques pistoles.
Heffengen leur promet de venir chercher d'ici quelques jours à Wurtbad une récompense bien méritée.

Bezahltag 22 vorhexen

Maintenant qu'ils sont à nouveau seuls, le rythme est plus soutenu.
Wurtbad, ses murs blancs, ses vignobles, sont en vue rapidement. La petite ville étant visible de loin, ils se rendent comptent qu'ils ne pourront pas l'atteindre avant la nuit.
Ils cherchent longuement un campement loin de la route pour que Banek reste sur place.
En effet, le nain ne souhaite pas entrer en ville.
Les discussions avec les Heiligdorfer lui ont fait comprendre que la garde ne laisse pas entrer n'importe qui et surtout pas de potentiels sources de problèmes. Lucide, Banek se sent visé.
Il est convenu qu'il passe deux nuits tout seul avant de reprendre sa route sans nouvelles d'Alido ou d'Heffengen.

Konigstag 23 vorhexen

Alido et Heffengen arrivent donc aux portes de Wurtbad. Heffengen est toujours vêtu de son costume de scène.
Interrogés par des gardes suspicieux, ils finissent par avoir voie libre, mais Heffengen entend que leur passage est notifié sur une main courante pour être transmis à lors de la relève. Ils sont sous surveillance et se dirigent vers le temple de Myrmidia.

Temple de Myrmidia

Le temple est assez petit, et assez âgé, ou mal entretenu à en juger par son état extérieur. Les colonnes de pierre du bâtiment carré surmonté d'une coupole semblent s'effriter.
Les portes sont ouvertes.

Fresque de Myrmidia, fille bien-aimée de Morr, à l'Arbre de l'Espoir


Le bâtiment est vide. Alido et Heffengen peuvent admirer l'œuvre d'art centrale du temple. Sa coupole peinte, représentant Myrmidia devant l'Arbre de l'Espoir.
Les similitudes entre cette peinture et celle qu'ils ont récupéré chez Farouk est frappantes. Ici, c'est Sigmar devant l'Arbre, là c'est Myrmidia. Ici, une constellation est représentée dans les cieux, là c'est une autre constellation. Ici, le soleil est éclipsé par la lune, là le soleil brille mais la lune est présente. Par contre, des suites chiffrées n'apparaissent que sur la peinture représentant Sigmar.

Un coup de main

Soudain, un grand bruit retentit d'une des alcôves, comme si un meuble massif s'écroulait. Et c'est bien le cas. Une voix demande de l'aide et Alido et Heffengen doivent déplacer les planches du râtelier écroulé pour aider un prêtre de Myrmidia âgé à se dégager du meuble vermoulu et des armures rouillées.
L'homme se présente comme étant Pirello, le prêtre en charge du temple. Il les remercie tout en murmurant à propos de réparations urgentes.
Il se montre un instant surpris devant l'accoutrement de Heffengen et devant l'apparence de celle qui se présente comme prêtresse de Sigmar. Une fois qu'Heffengen a expliqué qu'il a donné ses vêtements à des nobles détrussés de leurs biens et qu'Alido révèle qu'elle œuvre dans la Croisade de l'Enfant, il leur demande ce qu'ils cherchent ici.
Des explications indique Alido.
Pirello commence donc rapidement à expliquer l'histoire du temple, et comme il remarque que ses interlocuteurs sont intéressés et que, avec moult détails, l'histoire peut être longue, il leur demande un coup de main pendant qu'il raconte ses anecdotes. Un corps sain ne doit pas rester au repos dans la journée.
Il approche une échelle branlante et demande à Heffengen de nettoyer les toiles d'araignées sur le dôme, mais ce dernier refuse vu son état et celui de l'échelle. Il demande s'il peut faire plutôt autre chose. Pirello lui montre le plancher écroulé d'une alcôve avec les nouvelles planches qui sont là, non posées depuis des mois... Il va en avoir pour plusieurs heures.
Pendant ce temps Alido aide à remonter le râtelier puis elle est missionnée pour boucher une fuite venant de la coupole. Elle ose, elle, grimper à l'échelle. L'entreprise est en effet périlleuse, mais elle arrive à ses fins. La fuite vient d'une pierre descellée. Cette pierre n'a en fait jamais été scellée car il n'y a pas de mortier. Alido la retire avant de faire la réparation : une étrange boîte en métal a été cachée derrière !

Laissons derrière cette découverte car les heures passées avec Pirello sont pleines d'enseignements.

Sur le temple lui-même.
Durant les premières guerres contre les comtes vampires de Sylvanie, des mercenaires tiléens ont inondé le marché de l'emploi de Wurtbad. Le temple de Myrmidia fut achevé en 2011 CI en tant que lieu de culte pour les mercenaires. Sur le plafond en forme de dôme est peinte une fameuse fresque par Leonardo da Miragliano, inventeur brillant et artiste doué. La fresque a été sa dernière commande avant qu'il n'entre au service de l'Empereur.
Le temple est mal entretenu, mais la fresque fait qu'il reste un monument historique.
La peinture s'est estompée sur cette œuvre fascinante de l'histoire de l'art, connue sous le nom de Myrmidia, fille bien-aimée de Morr, à l'Arbre de l'Espoir. La fresque est basée sur une peinture plus ancienne du prince marchand tiléen, ancien croisé, Giovanni Lanfranchi de Rémas, un très bon artiste et un théologien dévoué, datant de cinq-cents ans avant l'époque de Miragliano. L'original de Lanfranchi est perdu, mais on pense que Miragliano a copié Myrmidia à l'Arbre de l'Espoir sur un panneau du triptyque. Le contenu des deux autres panneaux est très peu connu. L'un d'eux représente la vision de Sigmar à l'Arbre de l'Espoir.
 
Alido révèle alors la peinture en leur possession.
 
Pirello est choqué et émerveillé en même temps. Il se demande même si ce n'est pas l'original qu'elle possède et demande à Alido de quelle faction sigmarite elle fait partie. Il espère, pour l'Art, et l'Histoire, que ce n'est pas celle de Volkmar.
Il remarque cependant qu'elle ignore l'importance de sa peinture et se met en tête de leur expliquer.

Sigmar et le Grand Nécromant

Les historiens de l'art tiléen ont supprimé tous les indices qui suggèrent que l'apothéose de Myrmidia a la moindre ressemblance avec celle de Sigmar.
Sigmar est représenté avec une couronne sur la tête.
La couronne de Sorcellerie joua un rôle central dans la défaite du Grand Nécromant par Sigmar en 15 CI. Tout comme Kadon des années avant lui, Sigmar eut connaissance de l'histoire de Nagash simplement en portant la couronne d'âme forgée. Heureusement pour l'Empire, Sigmar n'était pas aussi facile à corrompre que Kadon, et il put retourner le savoir du nécromant contre lui. La défaite de Nagash fut la dernière grande bataille de Sigmar avant qu'il ne quitte l'Empire pour devenir un dieu. Les érudits prétendent que Sigmar a vu l'Arbre de l'Espoir lors de son voyage hors du monde, comme Nagash auparavant.
Nagash est représenté sur la dernière partie du triptyque.
Les connexions directes entre Sigmar et Nagash sont niées avec véhémence par les érudits sigmarites. Quiconque suggère que Sigmar fut souillé par la couronne de Sorcellerie est accusé de blasphème. Cependant, la résurrection du Grand Théogoniste Volkmar après la Tempête du Chaos provoqua bien des murmures dans l'Empire. Tandis que la majorité des loyalistes d'Esmer, le Grand Théogoniste en exil, préfèrent appuyer leurs attaques contre Volkmar en terme de souillure du Chaos, les théologiens sceptiques d'autres dieux, particulièrement ceux de Morr et Ulric, ont commencé à se demander si l'apothéose de Sigmar n'a pas eu un coût moral terrible.
Nul besoin d'être grand prêtre pour deviner ce qu'il adviendra aux factions de Volkmar dans un premier temps, à l'Eglise de Sigmar dans un second temps et à l'unité de l'Empire dans un dernier temps si cette peinture venait à être révélée.

Les rouleaux de Zandri

Pour en revenir à l'artiste ayant peint le triptyque, le prince tiléen Giovanni Lanfranchi, il fit par erreur, à la fin du XVème siècle, accoster son armée de croisés sur la côté nord de Nehekhara. Ils pillèrent des tombes antiques de la cité de Zandri et en sortirent des monceaux d'or et de rouleaux datant du premier retour de Nagash. Lanfranchi mena ses troupes vers l'Arabie, sans porter attention aux rouleaux. Mais des années plus tard, après s'être retiré des croisades, Lanfranchi traduisit les rouleaux de Zandri avec l'aide d'un prêtre morien, Anton Aethelbert. Leur contenu était particulièrement troublant.

Le Prieuré de la Lance

Pirello ignore en quoi ces rouleaux étaient troublants. Mais il sait que Lanfranchi était sérieusement inquiet à leur sujet. Il employa sa considérable fortune à établir un ordre de chasseurs de vampires myrmidéens d'élite appelé le Prieuré de la Lance. Le quartier général de l'ordre était situé dans la ville de Lanfranchi, Monte Negro, près de Rémas. Une base fut également construite près du village de Siegfriedhof du Stirland, choisi pour sa proximité avec la Sylvanie.
À l'époque de la mort de Lanfranchi, le Prieuré de la Lance avait acquis une certaine notoriété. Anton Aethelbert, maintenant un saint et anciennement commandant de la forteresse de Siegfriedhof, mis en place une réforme de l'ordre sous la supervision d'un culte morien appelé la Confrérie du Suaire. La forteresse de Siegfriedhof fut convertie en abbaye, et la charte de l'ordre fut officiellement réécrite.
Les Chevaliers du Corbeau apparus à la croisade à Wolfenburg venaient de Siegfriedhof.
Des personnalités historiques célèbres ont fourni leur soutien durant les mille années d'existence du Suaire, y compris Leonardo di Miragliano et l'Impératrice Magritta Ière.
Une rumeur prétend que la troisième partie perdue du triptyque original, celle de Nagash, se trouverait dans la crypte de Lanfranchi à Siegfriedhof !

La boîte-puzzle de Miragliano

La soirée s'avançant, Alido et Heffengen demandent l'hospitalité à Pirello, qui accepte de leur laisser une place au chaud dans son modeste presbytère.
De là, ils peuvent examiner la boîte-puzzle.
Cette ingénieuse petite boîte en bronze et en acier était sans doute là depuis de nombreuses années. Elle n'a toutefois qu'un soupçon de rouille. Elle a des pièces mobiles qui peuvent être configurées selon diverses formes.
Elle porte des runes rappelant le dessin laissé à Talabheim par le prêtre de Morr avec son sang.
Heffengen tente longuement d'assembler le puzzle à l'image du dessin et finit au bout d'une petite heure par lui donner la forme d'un cube avec un couvercle pyramidal sur une face. Les autres faces sont ordonnées dans l'ordre des runes vu à Talabheim.
Cela permet l'ouverture de la boîte. Elle contient un minuscule parchemin où cinq mots en classique forment un cercle, chacun étant la traduction d'une des runes. Dans le sens des aiguilles d'une montre, ces mots sont : Homme, Sang, Terre, Vie et Mère.

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