mardi 16 février 2021

A l'est, Siegfriedhof


Le Gobelin assoiffé

Il faut se rendre à l'évidence, Siegfriedhof ne sera pas atteint dans la journée, le chemin s'enfonçant dans Morrfen. Les Marais de Morr sont sinueux et la route boueuse.

Dans cette circonstance, dénicher une auberge pour éviter une nuit dans les marais est une bonne nouvelle.

Installations

Le Gobelin Assoiffé est une auberge relais sur la route du Stirland reliant Wurtbad et Siegfriedhof. Cette auberge tentaculaire est située bien à l’écart de la route. On dirait que plusieurs petites ailes de bois ont été bâties sur un bâtiment d’origine en vieille pierre grossièrement taillée. Derrière ce bâtiment principal se trouve une grande écurie capable d’accueillir une douzaine de chevaux et plusieurs chariots, des dépendances, de réserve plus petites (vides), un puits, des logements pour les domestiques, etc. Les fenêtres du Gobelin sont petites et ont les volets fermés, et la seule porte se trouve à l’extrémité ouest. La porte est grande est impressionnante, bardée de métal, avec un grand heurtoir métallique qui fait un énorme vacarme lorsque Tarja l'utilise. Au-dessus de l’entrée est suspendu un panneau de bois représentant un gobelin vert tenant une chope. La porte est barricadée de l’intérieur, et elle n’est déverrouillée qu’après une longue attente par le propriétaire, Leif, un homme trapu de petite taille, avec une tignasse poivre et sel, et une moustache broussailleuse, qu’il tripote de façon compulsive.

Il s’empresse de dire que malheureusement ses domestiques sont absents, et qu’il n’y a pas de repas préparé, à l’exception de mouton froid salé, de lait caillé, et de pain (qui est assez rassis). Le vin qu’il sert a clairement été dilué.

Quelque chose de louche...

Les lieux sont en grande partie vides, poussiéreux, et peu meublés. Dans un coin, un objet de forme humaine est dissimulé sous un drap. Des éraflures et des creux indiquent que du mobilier lourd a été récemment déplacé.

Le seul autre occupant de la salle est Svaegbjorn, un ulricain retournant à Wurtbad à la suite d’un pèlerinage à un petit sanctuaire ulricain à côté de Siegfriedhof, dédié à Saint Nyl Valas. Il s'invite à leur table tandis que Tarja explique que Hadran Nyl Valas était un chevalier commandant du Loup Blanc qui s'est illustré d'abord lors de la bataille de Hel Fen, en Sylvanie, qui a clos les guerres vampires en 2145. Tarja lui explique que c'est justement en Sylvanie qu'elle se rend. Il lui indique comment trouver l'oratoire. Par contre, au détour d'une phrase, elle raconte être initiée d'Ulric. Svaegbjorn ne peut le concevoir : une femme initiée d'Ulric ! N'importe quoi.

La terrible vérité

Malgré les tentatives des Tarja pour se légitimer, Svaegbjorn refuse d'y croire. Tarja se fait donc plus distante, ce que ne semble pas remarquer l'ulricain qui lui explique à part qu'il est là depuis deux jours. Il lui dit qu'une nuit il y a quelques années, des vampires gobelins en voyage tuèrent tout le monde dans cette auberge. Leif fut le seul survivant, mais il est devenu fou. Depuis, ses "amis" le plument au jeu et démantèlent peu à peu son auberge.

D'ailleurs, ses amis arrivent. Trois hommes miteux titubent à l’intérieur.

« Leif ! T’es r’venu ? » demande l’un ;

« Oooooh, des voyageurs ! Pas stirlandais j’parie ? » demande un autre.

« Dans quelle direction vous conduit la route, étrangers ? » Demande le troisième.

Il s’agit de Morresund, Esben, et Dan-dan. Ils semblent déçus que les voyageurs s'arrêtent à Siegfriedhof et ne poussent pas jusqu'en Sylvanie.
Il ne faut cependant pas trop les pousser pour savoir pourquoi.
De façon théâtrale, Leif retire le drap qui recouvre la forme dans le coin, révélant un spectacle épouvantable. Un gobelin empaillé, vieux d’au moins un siècle, a été monté par un taxidermiste dans une sorte de pose menaçante généralement réservée aux ours empaillés. Il est dévoré par les vers. En y regardant de plus près, ses épais crocs supérieurs ont été taillés pour devenir de fines pointes aiguisées comme des aiguilles.
Un pseudo-vampire selon Vigor qui indique en grommellant que ce sont des conneries, alors que Tarja cherche, vainement un dessinateur pendant qu'elle pose à côté de la bête.
Ensuite Leif est assez content de retourner voir ses amis, et il laisse le reste de l’auberge sans surveillance. Les quatre, accompagnés de Heffengen et Vigor, passent leur soirée à jouer au Cul de la Comtesse, un jeu de carte local. Ces derniers y perdent quelques deniers avant de rejoindre leur chambre.

4 jahrdrung

Le lendemain matin, en quittant l'auberge, Tarja se rend compte que des tapis manquent, sans doute encore perdus au jeu durant la nuit. Tarja essaie d'avertir Leif, mais Morresund et les autres sont ses seuls amis.
L'abbaye est atteinte en fin d'après-midi.

Siegfriedhof

Sur la rive nord du lac Svarsee, la ville de Siegfriedhof est édifiée dans la paroi d'une falaise rocheuse surplombant nettement le paysage environnant. Sous la ville neuve s'étalent les ruines du Vieux Siegfriedhof dont il ne reste plus qu'un champ de ruine recouvert par la végétation.

Le monastère de l'Ordre domine la ville et, de là, la forteresse garde la Sylvanie à l'Est.
Les portes de la ville sont fermés et les gardes peu amicaux en demandant aux voyageurs la raison de leur visite.

Un accueil froid

Lorsque Heffengen indique qu'il vient pour que l'Ordre de Morr interprète ses rêves étranges, les gardes, dubitatifs, les laissent entrer mais deux d'entre eux les escortent jusqu'à l'entrée de l'abbaye où ils sont bloqués par deux gardes noirs qui barrent la porte ouverte du bâtiment.

Abbaye du Bienheureux Aethelbert le Vigilant

Quasi immobiles et peut-être muets, ils ne répondent à aucune question, se bornant à bloquer le passage.
Cependant, après une minute, un gong sonne puis un prêtre ou un initié de Morr, étrangement souriant, les accueille. Après qu'il se soit enquis de la raison de leur visite, le prêtre, Horatius, les laissent entrer afin qu'ils puissent expliquer cela en détail.
Heffengen explique en vrac qu'il a eu des rêves étranges, qu'il vient de la croisade, qu'il cherche la tombe de Lanfranchi et, finalement, montre la lettre de Pirello. Pendant ses explications, une imposante chatte noire semble le prendre en affection et se frotte à ses jambes. L'abbaye semble d'ailleurs envahie par les chats.
Tarja indique, elle, qu'elle est initiée d'Ulric en pélerinage vers l'oratoire de Nyl Valas et qu'elle souhaiterait, si c'était possible, faire des recherches dans leur bibliothèque à ce sujet.
Horatius les laisse assis sur un banc dans le vestibule pendant qu'il va voir s'ils peuvent obtenir un entretien avec l'abbé. La chatte en profite pour se coucher sur les genoux d'Heffengen et finit par ronronner lorsqu'il la caresse.

Audience avec l'abbé

Horatius leur annonce qu'ils vont être reçus immédiatement et ils sont guidés jusque dans les quartiers de l'abbé Geistwächt.
L'abbé est très âgé, les cheveux longs, blancs, vêtu de lourdes robes de velour noires. Il accueille les visiteurs dans sa chambre privée.
Avant qu'ils n'exposent l'objet de leur visite, il les met en garde. Les temps sont troublés pour l'ordre de Morr, et pour l'Empire. Les morts-vivants sont agités, pas seulement en Sylvanie, mais aussi en Reikland, Middenland et Ostland. Ils recrutent les serviteurs parmi les vivants à une échelle jamais vue, des pions crédules qui pensent que leurs ignobles maîtres les récompenseront dans la mort. Il est clair que le fait que Heffengen vienne de la Croisade, une secte, ne plaide pas en sa faveur et qu'il peut être du mauvais côté.
Il laisse une pause dans son discours le temps de les observer, surtout Heffengen, de ses yeux perçants.
Malgré l'avertissement, Heffengen lui raconte tout de même l'objet principal de sa visite : les rêves qui le hantent - et ont hanté aussi une prêtresse de Sigmar qui est repartie vers la croisade. L'autre objet de sa visite est qu'il a entendu des rumeurs indiquant que la tombe de Lanfranchi renfermerait une des parties de son triptyque, sachant qu'il est possible qu'Alido ait celui représentant Sigmar.
« Ce ne sont que des rumeurs et, de toutes façons, sa tombe n'est pas accessible, ni ouverte aux visites » déclare l'abbé.

Il lui montre aussi la partie de lettre brûlée signée Lydia. L'abbé semble tiquer sur ce mot qui ne révèle somme toute pas grand-chose.

Liseur de rêves

Cependant, il n'aborde plus ce sujet ni celui de Lanfranchi mais celui des rêves. Ils sont amenés devant le liseur de rêves, l'ancien Gerhard. C'est un vieillard aveugle et faible qui ne quitte plus son lit. L'abbé l'assied avec douceur pendant qu'il fait assoir Heffengen sur une carpette et lui fait raconter ses rêves.
L'ancien Gerhard laisse Heffengen conter son histoire mais, à l'évocation des escaliers noirs et blancs, l'interrompt brièvement pour chuchoter à l'oreille de l'abbé que ces rêves sont en rapport avec la prophétie des Mille Trônes.
Une fois que Heffengen a fini de conter ses rêves, ils sortent de la pièce le temps que Gerhard s'entretienne avec l'abbé.
Ce dernier reçoit à nouveau ces derniers dans ses quartiers.
Il explique que les rêves d'Heffengen son en effet particuliers. Ils lui ont été envoyés. Certains ont rapport avec la prophétie des Mille Trônes. Grosso modo, elle prédit l'arrivée d'une ère où les vampires règneront sur le monde.
Il lui demande si, dans le rêve d'Alido, elle a elle aussi vu sa mère. Heffengen ne sait pas trop. L'abbé Geiswächt pense que cela peut être possible. Cela signifierait qu'il puisse être sous l'influence de sorcellerie. Les dilemmes récurrents que l'on retrouve chez plusieurs personnes sont caractéristiques de sortes de pièges oniriques, envoyés par des sorciers pour percer l'esprit de leurs victimes. Il est, tout comme Alido, potentiellement sous l'influence d'une force extérieure.
Il va donc falloir qu'il affronte une Épreuve de Morr, une ordalie. Et ce, immédiatement !

L'épreuve de Morr

L'épreuve est destinée à savoir s'il est possédé.

Heffengen semblant inquiet pose quelques questions. L'abbé ne cache pas qu'elle est risquée. Morr décidera de son avenir s'il est possédé.

Le monticule styrigien

Heffengen, accompagné par l'abbé, Horatius et deux gardes noirs, quitte l'abbaye, et Siegfriedhof.
Après une vingtaine de minutes de marche au flambeau, ils arrivent à un portail mégalithique derrière lequel se dresse un monticule avec à son sommet 5 pierres levées en cercle, entourant un cairn.
Le mégalithe est gravé de runes correspondantes à celles laissées par le prêtre de Morr assassiné à Talabheim et à celles trouvées dans la cache du dôme de Lanfranchi.
L'épreuve est simple, il suffit à Heffengen de passer le portail, d'aller toucher le cairn et de revenir.
Ca a l'air en effet simple, mais ça se complique vite.
A peine a-t-il passé la porte que 5 fantômes se matérialisent auprès des obélisques. Heffengen prend son courage à deux mains et pénètre dans le cercle de pierre. Les fantômes, sans doute d'anciens druides, des prêtres de l'Ancienne Foi, se jettent sur lui. Leurs mains, lacérées, tentent de l'attraper et passent à travers son corps.
Heffengen sent le froid de la mort s'abattre sur lui. Il est paralysé par la peur.
Des mains décharnées surgissent de la terre meuble et lui immobilisent les pieds.
Il reprend alors ses esprits et remarque que les monolithes ont tous une cavité avec, posée dans chacune, une tablette gravée les runes trouvées sur le portail. Il laisse là ses bottes et reprend sa marche.
Mais il décide contre toute attente de ne pas aller au centre et tente de remettre les tablettes dans l'ordre indiqué par le parchemin trouvé dans le dôme du temple de Myrmidia.
Mais il ne parvient pas à faire abstraction des fantômes qui le harcèlent. Les mains squelettiques finissent par l'immobiliser complètement et il s'enfonce lentement dans le sol meuble.
La voix de Geiswacht se fait alors entendre, implorant ses prière à Morr.
L'étreinte se relâche, les mains retournent dans le sol et les fantômes s'éloignent et se tiennent à distance.
« Vous savez ce que vous faites avec les tablettes ? », crie Geiswäch
« Oui », répond Heffengen
« Alors dépéchez-vous, vous n'avez qu'une minute »

Heffengen ne se fait pas prier et place les tablettes dans l'ordre.

La dernière étant posée, les fantômes se dispersent dans un tourbillon, se regroupent et sont emportés par un vent éthéré.

Heffengen peut alors toucher le cairn et revenir, les manifestations fantômatiques ayant disparu par son action.

L'abbé semble surpris. Heffengen lui explique d'où lui vient la suite de runes.

Cependant, ce qu'il s'est passé prouve qu'il est possédé. Mais comme il s'est sorti, certes aidé, de l'Epreuve de Morr, il va falloir qu'il soit purifié lors d'une cérémonie des rêves.

Tous rentrent à l'abbaye et Heffengen est mené dans ses quartiers, lui laissant une demi-heure le temps de faire des ablutions et de revêtir une simple robe de bure noire. Vigor et Tarja sont invités à participer à la cérémonie.

 

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