mercredi 21 février 2024

En route vers la Passe du Chien Fou


La peste est vaincue.
Las, elle a laissé des veuves, et des orphelins.
Aisha et Rachid font eux aussi partie des victimes : ils auront survécu à la colère des adeptes de Notre Dame de la Veine, mais pas à la maladie !

Reçus par la reine dans son palais en construction sur les hauteurs de la ville, Ahmed Al-Fayed, Baqir Amanullah, André de Mayenne et Germain d'Armignac sont d'abord accueillis avec une certaine distance, le temps que la Reine Fatandira les jauge.
Les salles du palais dont la construction est achevé sont assez somptueuses, mais la reine n'est pas à l'image de tous ces fastes : elle est vêtue très simplement. C'est une femme entre deux âges, au regard dur et aux muscles assez saillants, témoignant de la reine guerrière qu'elle est réputée être. Sa simplicité montre qu'elle n'a pas perdu le contact avec son passé, lorsqu'elle a dû fuir, encore enfant, des villageois qui s'en étaient pris à ses parents, et qui l'ont laissée orpheline.

Mais Fatandira reçoit pour remercier et honorer ceux qui ont œuvré à sauver la ville. Elle les interroge d'bord sur leurs buts et leur demande ensuite de quelle manière elle pourrait leur prouver sa gratitude.

Les bretonniens ne demandent rien, à part remise en état de leur équipement. André explique précisément ce qui l'amène, l'amulette de Shesh, et surtout comment il est arrivé ici.
Ahmed explique, lui, vouloir accompagner les bretonniens pour remonter les traces de son maître, et en apprendre le plus possible sur cette étrange affaire.
Baqir, enfin, en profite pour demander, lui, une récompense plus matérielle. Il souhaite être équipé en armure et bouclier de bonne facture. Ce qui est accordé mais prendra quelques jours après qu'un tailleur a pris ses mensurations.

Fatandira se rembrunit un peu en écoutant l'histoire d'André, mais elle les invite à partager avec elle un thé rouge à la menthe afin de poursuivre une discussion qu'elle aurait d'abord pensé brève.
L'histoire du chevalier, que Karim ibn Abdallah, le maître d'Ahmed, leur aurait racontée, semble coïncider avec certains des problèmes du petit royaume.
Elle tend à montrer qu'un pharaon néhékharéen aurait sa sépulture, sa pyramide, dans les montagnes, à l'endroit le plus septentrional de l'Empire néhékharéen du temps de son apogée. Comme beaucoup de rois néhékharéens depuis des siècles, il aurait été réveillé et existerait dans une forme de non-vie... ou de non-mort.
Il se trouve que depuis plusieurs semaines, des petites troupes de soldats non-morts, en armures antiques, descendent régulièrement dans les plaines.
Par qui sont-ils mus ? Par le pharaon ? Pourquoi ?
Ils parcourent la région, ignorant les vivants terrorisés qu'ils peuvent croiser ou les massacrant avec une sauvagerie inouïe mêlée à un silence macabre accompagnant leurs actions. Seuls le bruit des armes et les hurlements des vivants se fait entendre.
De plus, quelques disparitions non expliquées sont à déplorer. Sont-elles l’œuvre de ces troupes ?Fantandira soupçonnait plutôt la communauté recluse vivant à Vitrolles.

Bref, les buts de Fatandira convergent avec le leur.
La reine leur rappelle toutefois qu'ils comptent agir en son territoire.
Elle donne cependant son accord à André de Mayenne pour mener cette expédition et l'autorise, dans l'hypothèse où il mettrait la main dessus, à apporter l'amulette à l'Empire, en n'omettant pas de signaler la participation du royaume de Fantandira.
Pour le reste, que l'on parle de richesses monétaires, archéologiques ou historiques, selon le point de vue par lequel on considère les opportunités d'une telle exploration, la reine reste assez évasive. Elle souhaite juste que l'expédition qu'elle autorise bénéficie à son royaume. Et elle semble faire confiance à Ahmed, élève d'un érudit réputé, pour gérer la situation de la meilleure des manières.
Quant à Ahmed, elle le dévisager avec concupiscence, et lui enjoint de revenir vivant, mais avec quelques cicatrices qui témoigneront de sa valeur au combat.

Trouver une amulette dans la plus grande étendue montagneuse du monde pourrait paraître insensé. Mais ils ont quelques motifs d'espoir.
Tout d'abord, tout mène à la Passe du Chien Fou et à ses environs.
Ensuite, si le tombeau du pharaon est traditionnel, ce doit être une pyramide. Ici, les sables du désert n'ont pas pu faire leur œuvre et l'ensevelir. Elle doit pouvoir être trouvée. Mais cela ne correspondrait pas au récit. Se reposer sur cet espoir serait insensé.
Ce qui est probable, par contre, c'est que les troupes de soldats non-morts qui descendent des montagnes, vu leur accoutrement, ont un rapport direct avec le tombeau recherché.
Retrouver l'origine de ces soldats pourrait les mener à la tombe. La leur ou celle du pharaon.
Il ne resterait plus alors qu'à trouver l'amulette. Mais les tombeaux des pharaons sont généralement grands, car ces rois ont besoin d'espace dans leur vie après leur mort. Ces tombeaux, recelant de la richesse du roi qui les occupe, sont en outre réputés pour être semés de pièges pour éviter les pilleurs.

Fatandira connaît une jeune guide qui travaille dans la passe. Elle se nomme Saïda Al-Rashid. Un scribe leur écrit un pli pour les introduire à elle. Elle est généralement du côté de Qalat-e-Shirazi, la forteresse qui garde la passe.

La discussion avec la reine s'achève sur ces considérations. A aucun moment ils n'auront échangé sur la situation à Isfahan-Kohzad. Fatandira est-elle seulement informée ?
La mort d'Ahmat, l'abbé, et le silence de Ahmed et Baqir semblent avoir permis au village minier de retrouver son calme sans perdre sa dignité...


La prochaine étape sera donc Qalat. C'est donc là-bas qu'ils commenceront leurs recherches après quelques jours de préparatifs, le temps de récupérer qui son bateau et qui son cheval, et le temps que l'armure de Baqir soit prête.

Ils passent par Al-Azhar, où Ahmed peut faire admirer la richesse de son maître.

Ils arrivent en début de soirée à Qalat, village accroché à flanc de falaise. La gorge est étroite et entièrement occupée par une petite rivière tumultueuse, qui n'est bien sûr pas navigable. La passe est, elle, en altitude. Elle traverse le village et la gorge de la Hurlante par un pont qui doit s'élever à plus de quarante mètres de hauteur.

L'entrée dans le village se fait une fois une fouille effectuée. La petite troupe étant composée de 4 hommes lourdement armés, on leur fait comprendre de bien garder leur attirail au fourreau.

La passe est effectivement bien défendue par ses protections naturelles : il faut s'enfoncer dans un tunnel sous la roche, rempli d'angles et de meurtrières, puis franchir un pont vertigineux avant d'arriver à un petit bourg à une quarantaine de mètres de haut, sis sur un petit plateau et encore loin du sommet de la falaise.

Le village semble être en fête, il est plus animé que ce dont se souvient Ahmed qui y est passé une fois ou l'autre. C'est en effet leur fête patronale, où l'on commémore une victoire contre les orcs pour prendre possession de cette passe et fonder Qalat-e-Sherazi. Les constructions, dont le pont, étaient-elles autrefois naine ?

Ils se rendent dans une petite taverne du bourg dans l'idée de se renseigner sur la présence de Saïda, mais sont surpris de l'accueil. Le tenancier les insulte et, sans autre forme de procès, demande aux chiens de bretonniens de quitter son établissement, ainsi que ceux qui leurs sont avilis. André bout de rage mais parvient, à part l'échange de quelques noms d'oiseaux, à ne pas envenimer la situation.

Ils trouvent ensuite refuge dans une auberge qui leur facture deux suites à prix d'or.

Baqir et André se contentent de rester dans leur chambre après le repas du soir alors que la musique commence à battre son plein à l'extérieur.
Germain et Ahmed se mêlent, eux, à la foule. Pendant cette fête patronale, les cavalcades de marionnettes illustrent la mise à mort de peaux-vertes. Les bonne odeur de la viande grillée vient chatouiller les narines.
Mais Germain subit à nouveau l'agressivité d'un autochtone : un très jeune homme commence à l'insulter et finit par le frapper. Germain garde son sang-froid, répond d'un simple coup de poing en retour - mieux placé - et rompt la bagarre. Ahmed en profite pour s'interposer. Sa présence autoritaire - il est plus âgé et surtout local - fait que, malgré quelques insultes, le jeune homme ne pousse pas plus loin et finit par les quitter en maugréant...

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